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EAN : 9782264059567
288 pages
Éditeur : 10-18 (04/04/2013)
4.2/5   148 notes
Résumé :
Un document exceptionnel : la vie de Shin Dong-huyk, 26 ans, né dans un des redoutables camps de travail de Corée du Nord, seul auteur connu d'une incroyable évasion qui le conduira en Chine, puis aux États-Unis. Un témoignage unique et hallucinant sur le pays le plus secret du monde, et notamment sur ces camps où sont enfermés à vie tous les opposants à la dynastie stalinienne. Un récit terrible, captivant et nécessaire.

Aussi hallucinant que glaçant... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (43) Voir plus Ajouter une critique
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sur 148 notes
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LydiaB
  21 mai 2015
Il faut bien avouer que les livres concernant la Corée du Nord ne sont pas légion (et pour cause...). On sait très bien qu'il est difficile d'avoir quelque chose de fiable puisque rien ou presque ne filtre de ce pays fermé. Aussi, lorsque j'ai pris connaissance de ce livre, je me suis dit que cela serait une bonne façon, toute proportion gardée, de savoir un peu ce qu'il se passe dans ces goulags. Si je mets quand même un bémol, c'est parce qu'un témoignage n'est pas non plus une preuve absolue, quelque chose de fiable à 100%, soit parce que la mémoire peut faire défaut, soit parce que la personne peut mentir délibérément. On en a déjà eu l'expérience. Quoi qu'il en soit, cela permet quand même d'apprendre des choses.
Le journaliste Blaine Harden a été touché par l'histoire de Shin Dong-hyuk, rescapé du camp 14... ou 18 (on y reviendra). Shin est un enfant né à l'intérieur du camp. Il explique que certains prisonniers reçoivent comme récompense le fait de pouvoir se mettre en couple et avoir des relations pendant cinq jours consécutifs après le "mariage". Ils peuvent se voir, par la suite, de temps en temps. Sans le précieux sésame, toute relation est interdite. Inutile de préciser qu'il n'y a pas d'amour dans ces couples factices, arrangés comme il convient par les gardiens. Les enfants nés de ces couples sont considérés comme impurs et traités comme tels. Shin a donc vécu en considérant ses parents comme des étrangers, des parias qui lui volaient sa nourriture. Ceci peut nous choquer mais il ne faut pas perdre de vue que les sentiments n'ont pas leur place. Les prisonniers sont conditionnés. Leur esprit est martelé par des messages de propagande et par l'encouragement à la délation. Aussi, Shin n'hésitera pas une seule seconde à dénoncer le projet de fuite de sa génitrice et de son frère. Cela lui vaudra de multiples tortures, tant physiques que psychologiques, et engendrera la mort - punition suprême - des deux "rebelles". Pour autant, le remords ne s'insère pas chez Shin qui, d'ailleurs, ne comprend pas vraiment ce qu'il lui arrive puisqu'il n'a fait que suivre "les règles". Effrayant, n'est-ce pas ? Et ceci n'est qu'un exemple parmi d'autres...
Je le disais au début, un témoignage reste un témoignage, avec ses qualités et ses défauts. Et celui-ci a déjà montré ses limites. En effet, des polémiques ont eu lieu car il s'avère que certaines choses sont inexactes selon l'aveu récent du rescapé lui-même. Les dates, les lieux ne sont pas forcément réels. Ainsi, Shin n'aurait pas vécu dans le camp 14 (il y serait né cependant), réputé pour être le pire, mais dans le 18, aux conditions un peu moins difficiles. Il n'aurait pas vécu dans un dortoir de garçons mais avec son père. Il n'aurait pas été torturé à 13 ans mais à 20... Pour autant, cela change-t-il vraiment quelque chose ? Certes, on pourra alors se demander si toute l'histoire racontée n'est pas sortie de l'imagination de l'auteur mais il y a quand même des choses qui ne trompent pas : les médecins ont déclaré que toutes les cicatrices, blessures et traumatismes sur son corps étaient bien dus aux tortures subies. de plus, la Corée du Nord a confirmé la mort de la mère et du frère (mais pour assassinat et non pour projet de fuite... Qui croire ?) Les spécialistes disent que lorsqu'on a vécu de telles horreurs, la mémoire est morcelée. Shin, lui, dit avoir menti pour ne pas avoir à revivre ces moments douloureux mais aussi par honte. Cependant, l'on sait que la Corée du Nord a tenté de le faire taire. Il serait donc fort possible qu'il soit revenu sur ses aveux sous la pression. Au final, s'il est bien libre physiquement, on peut noter qu'il est toujours tiraillé psychologiquement.
Quoi qu'il en soit, ce livre reste intéressant pour se faire une petite idée de ce qu'il se passe au-delà de ces murs.
Lien : http://www.lydiabonnaventure..
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Unvola
  22 août 2020
Le journaliste Blaine Harden qui dirige le bureau du Washington Post à Tokyo, a recueilli le témoignage de l'effroyable existence de Shin Dong-hyuk. Ce dernier est né et a survécu jusqu'à l'âge de 23 ans, dans l'un des camps de concentration de l'État Totalitaire Communiste de la dynastie des Kim : le Camp 14.
Shin assista à sa première exécution publique à l'âge de 4 ans seulement, puis par la suite, il assistera régulièrement à de nombreuses autres exécutions…
Dans l'école du camp, les gardes-maîtres armés répètent inlassablement aux élèves, que coule dans leurs veines, un sang impropre. En classe, en juin 1989, Shin alors encore tout petit enfant, vit le maître, pistolet à la ceinture, accuser de « vol » de cinq grains de maïs, une petite fille (page 49) :
« Espèce de pute ! Tu as volé ce maïs ? Tu veux qu'on te coupe les mains ?. »
Furieux, alors que la petite fille n'avait que 6 ans, le maître-bourreau la battit à mort !
Ce camp est le camp de l'enfer. En effet, l'Etat Totalitaire Communiste se sert par exemple, des exécutions publiques, comme « outil pédagogique » pour faire régner la Terreur permanente, non seulement dans les camps, mais également dans tout le pays.
L'infâme rituel est toujours le même : les gardes plantent un poteau, attachent le détenu au poteau, puis les tortionnaires emplissent la bouche du condamné de cailloux, afin qu'il ne puisse pas insulter le Régime avant d'être fusillé. Puis, des gardes fusillent de plusieurs balles la victime. L'autre immonde mode d'exécution est la pendaison.
Shin découvrira que bien plus tard : les noms, l'existence et l'histoire des bourreaux du Peuple Nord-Coréen : le « Grand Leader » Kim Il-sung (le grand-père) décédé en 1994 et fondateur de ce Régime Totalitaire Communiste en 1948 et le fils, le « Dirigeant bien-aimé » Kim-Jong-il mort le 17 décembre 2011. Aujourd'hui, le pays est sous la domination Totalitaire du petit-fils : Kim Jong-eun.
Shin a tellement souffert toute sa jeunesse, que son corps est couvert de stigmates de tortures, et ses bras son déformés par les travaux forcés. Comme beaucoup de Nord-Coréens son développement physique (et notamment sa taille : 1,68 mètre) a été bridé a cause de la malnutrition permanente dans les camps et dans le pays ; surtout suite à la Famine généralisée de la décennie des années 1990, conduisant à la mort de plus de 1 000 000 de Nord-Coréens sur une population totale de 23 millions d'habitants. A cette époque, les Etats-Unis, le Japon et la Corée du Sud envoyèrent une importante aide alimentaire permettant de juguler cette immense famine qui, sinon, aurait été encore beaucoup plus dramatique. Mais les bureaucrates, les cadres du Parti, les officiers de l'Armée et les membres de l'élite détournèrent et volèrent ignominieusement : environ 30 % de l'aide totale, pour la revendre.
Un jour on a coupé, à Shin, la phalange de son majeur droit, pour le punir d'avoir laissé tomber une machine à coudre dans l'escalier d'un atelier de confection du camp.
Lorsqu'il était adolescent, il a également été pendu par les poignets, les chevilles et par…, le pubis à l'aide d'un crochet, le tout maintenu au dessus d'un brasier qui lui a brûlé le dos.
Ses chevilles gardent les marques des liens qui lui ont cisaillé la peau, lorsqu'il fut pendu la tête en bas durant des heures, au cachot…
Son corps est jonché de brûlures, de cicatrices, et ses tibias ont été lacérés et brûlés par les barbelés électrifiés, lors de son évasion.
Constamment tenaillé par la faim, Shin avait comme obligation, pour compléter sa misérable ration de nourriture et pouvoir survivre : de chasser les rats, les grenouilles, les serpents et les insectes.
Né dans le Camp 14, Shin a été élevé sans presque aucune éducation, sans sentiments humains comme : l'amour, la compassion, le partage, l'amitié, la dignité, etc.. Bref, sans principes moraux, ne sachant même pas faire la distinction entre le Bien et le Mal. Il ne possédait donc aucun sentiment altruiste ; il errait dans le camp comme les autres prisonniers, en tant que « non-être » et comme l'écrit fort justement Blaine Harden, finalement pour survivre, Shin devait se nier « en tant qu'être humain civilisé ». C'est comme cela qu'il dénonça son frère et sa mère qui projetaient de s'évader et qui furent exécutés arbitrairement et sommairement. En effet, l'un des seuls enseignements qu'il ait reçu au camp, consistait dans l'obligation de moucharder et de dénoncer tout le monde : famille, amis, voisins, copains de classe, etc..
Tragiquement donc, à l'âge de 14 ans Shin dut assister à l'exécution de son frère, Shin He Geun, qui fut fusillé ; et de sa mère, Jang Hye Gyung, qui fut, quant à elle, pendue en même temps que son fils !
Dans le camp la déshumanisation est totale, d'ailleurs, An, un ancien garde qui s'est échappé de Corée du Nord en 1994, déclare (page 63) :
« On nous a appris à ne pas les voir comme des êtres humains, ajoute-t-il. Les instructeurs nous ont ordonné de ne jamais montrer de pitié. Ils nous ont dit : « Dans le cas contraire, vous deviendrez des prisonniers ». »
Si la pitié est interdite, il n'y a guère d'autres règles pour le traitement des prisonniers. En conséquence, selon An, les gardes peuvent laisser libre cours à leurs pulsions et à leurs excentricités, et s'en prendre souvent aux jeunes et jolies détenues, qui consentent dans la plupart des cas à des relations sexuelles dans l'espoir d'être mieux traitées.
Si la femme tombe enceinte, son bébé et elle sont tués, dit An en notant qu'il a personnellement vu des nouveau-nés frappés à mort avec des barres de fer. La théorie justifiant les camps est qu'il faut nettoyer jusqu'à trois générations les familles de ceux qui n'ont pas une pensée correcte. Il serait donc illogique de permettre à une nouvelle génération de voir le jour. »
Malheureusement, Shin ne réussit à décrypter les terribles et définitives conséquences de ses actes, que lorsqu'il pût prendre suffisamment de recul sur sa jeune existence, une fois qu'il fût libre en Corée du Sud, puis aux Etats-Unis.
En Corée du Nord, alors que de nombreux Nord-Coréens tentent de mettre fin à leurs jours pour échapper à l'enfer, aussi délirant que cela puisse paraître, même le suicide est condamné par ce fanatique régime Totalitaire Communiste. Ici, Blaine Harden reprend le témoignage d'un autre rescapé, Kang Chol Hwan, issu de son formidable récit : « Les Aquariums de Pyongyang », (page 105) :
« le suicide n'est pas rare dans les camps, a écrit Kang Chol Hwan dans ses souvenirs de la décennie qu'il a passée dans le Camp 15. Nombre de nos voisins ont choisi cette voie (…). En général, ils laissent une lettre critiquant le régime, ou au minimum sa Force de sécurité (…). A dire vrai, des représailles, sous une forme ou sous une autre, attendent toujours la famille, qu'il y ait ou non une lettre critique. C'est une règle qui ne souffre aucune exception. le Parti considère le suicide comme une tentative pour échapper à son emprise et, si le coupable n'est plus là pour payer sa faute, il faut bien qu'on la rejette sur quelqu'un d'autre. »
Il existe encore de nos jours, entre 150 000 et 200 000 prisonniers dans les camps de concentration Nord-Coréens (pages 23 et 24) :
Selon les services de renseignements sud-coréens, on dénombre six camps. le plus grand mesure cinquante kilomètres de long sur quarante kilomètres de large, une superficie supérieure à la ville de Los Angeles. Cinq sont entourés de clôtures électrifiées ponctuées de miradors. Deux des camps, les numéros 15 et 18, recèlent des zones de rééducation où quelques détenus ont la chance de bénéficier des enseignements salutaires de Kim Jong Il et de Kim Il Sung. Si les prisonniers retiennent suffisamment ces enseignements et convainquent les gardes de leur loyauté, ils peuvent être libérés, mais, toute leur vie, ils seront surveillés par les forces de sécurité de l'État.
Le reste des camps constitue des « districts de contrôle total », où les prisonniers, dits « irrécupérables », se tuent au travail. »
Le Camp 14 séquestre environ 50 000 prisonniers et couvre 280 kilomètres carrés, comprenant des fermes, des mines, et des usines.
Dans le camp, ceux qui y sont nés sont séparés des nouveaux arrivants. En effet, le Régime ne veut surtout pas que ces nouveaux prisonniers informent et « contaminent socialement » les « autochtones », totalement ignorant que la tragédie qu'ils vivent est également appliquée à tous les citoyens Nord-Coréens. Car effectivement, la Corée du Nord n'est qu'un gigantesque camp-prison à ciel ouvert, à l'intérieur duquel existent des camps de concentration, de travaux forcés et de rééducation.
Shin a travaillé dans une mine à partir de l'âge de 10 ans, devant charger deux tonnes de minerai dans des wagonnets et les pousser en haut d'une pente. Son quota était de quatre wagonnets par jour à charrier. Un jour, une autre enfant, Moon Sung Sim, trébuchant sur l'un des rails du wagonnet eut le gros orteil écrasé et dut être amputée…, sans anesthésie.
Après des journées de travail éreintantes et interminables, les enfants devaient subir en plus, des séances d'autocritique, après un frugale dîner. Chacun devant avouer des fautes imaginaires, comme c'est la « grande tradition » dans l'absurde univers Totalitaire Communiste.
Au moins 26 autres survivants de camps vivent actuellement en liberté, dont 15 qui ont été emprisonnés dans les quartiers de rééducation du Camp 15. Mais Shin est le seul évadé qui soit né et ait vécu uniquement dans un camp de concentration jusqu'à son évasion, en 2005.
Dans ces camps, ceux qui survivent au manque d'hygiène, à la famine permanente, aux travaux forcés, au froid ou aux exécutions sommaires.., ne dépassent guère l'âge de 50 ans.
Les gouvernements Occidentaux et les organisations des Droits de l'Homme estiment à plusieurs centaines de milliers, les prisonniers morts en détention !
Dans le système Totalitaire Communiste Nord-Coréen, la condamnation d'un membre de la famille, « contamine » tous les autres membres, comme l'a inscrit Kim Il-sung dans la loi de 1972 (page 26) :
« La semence des ennemis de classe, quels qu'ils soient, doit être éliminée sur trois générations. »
Bien que le pays regorge de rivières et de torrents, la dynastie des Kim a été incapable de construire ou de maintenir en bon état, des barrages hydroélectriques. Alors, lorsque l'Union Soviétique a disparu subitement en 1991, cela coupa tout aussi promptement l'alimentation en pétrole bon marché, en Corée du Nord. Depuis cette époque, il n'y a quasiment plus d'éclairage électrique dans le pays, sauf évidemment dans une petite partie de la Capitale, Pyongyang, chasse gardée des oligarques du Parti Communiste, ou seulement quelques heures par jour dans le reste du pays. D'ailleurs, les photographies par satellite de la péninsule Nord-Coréenne, de nuit, montrent un trou noir entre la Corée du Sud et la Chine, illuminées.
Justement en 1998, Shin participa à la construction d'un barrage hydroélectrique sur le fleuve Taedong. Des milliers de prisonniers-esclaves furent mobilisés pour la construction de cette gigantesque infrastructure. Les enfants des écoles furent eux aussi « embauchés » pour ces travaux forcés. Ce chantier se déroula à une dizaine de kilomètres du Camp 14. le barrage fut construit à l'aide de moyens extrêmement rudimentaires, sans machines, avec seulement des pelles, des sceaux et leurs mains nues. Un véritable travail d'esclaves !
(Cela me rappelle immédiatement et immanquablement, entre autres, la construction monumentale du canal de la mer Blanche ou « Belomorkanal » sous Staline, qui coûta la vie à environ 25 000 zeks (prisonniers) entre 1931 et 1933 ; confer Anne Applebaum : « Goulag : Une histoire »).
Qui plus est, en juillet 1998, lors de la saison des pluies, des centaines d'adultes et d'élèves enrôlés dans la construction du barrage furent emportés et noyés dans les eaux du Taedong ! Shin et ses camardes durent extraire et récupérer les cadavres pour les enterrer (page 115) :
« Trois jours après la décrue, il se souvient d'avoir évacué sur son dos le corps boursouflé d'une fille. Au début, celui-ci était souple, mais il s'est bientôt raidi, les bras et les jambes écartés. Pour faire entrer le cadavre dans la tombe étroite creusée à la main, il a dû briser les membres. »
La Corée du Nord est incapable de se subvenir à elle-même économiquement, à commencer par l'essentiel : la nourriture !
Alors pour pallier à l'aide que fournissait l'U.R.S.S., la Corée du Sud a aidé généreusement son voisin Nord-Coréen, entre 2000 et 2008, principalement : en nourriture évidemment, en engrais et en investissements divers… Depuis 2008, c'est la Chine qui fournie en grande partie l'aide alimentaire et le pétrole.
Un jour les autorités exigèrent une nouvelle fois de Shin, qu'il dénonce et cafarde, à l'encontre d'un certain Park Yong Chul, comme il avait été « dressé » à le faire, dans l'espoir d'obtenir une ration alimentaire supplémentaire. Park distingué et très instruit, décrivit à Shin, la vie dans le monde extérieur et son fonctionnement, en dehors du Camp 14 et de la Corée du Nord. Shin émerveillé, subjugué par ces belles explications, décida pour la première fois de sa vie de ne pas dénoncer et trahir cet homme si cultivé.
Ne supportant plus la persécution qu'il subissait depuis sa naissance, Shin décida à la mi-décembre 2004 de s'échapper, non seulement du Camp 14, mais également de la Corée du Nord. Park et Shin décidèrent ensemble de tenter cette aventure éminemment risquée pour leur vie. Les deux prisonniers se complétaient merveilleusement bien : Shin connaissait par coeur le Camp 14 et Park maîtrisait parfaitement la géographie hors du camp, afin de regagner la Chine, puis la Corée du Sud. C'était décidé, ils programmèrent leur évasion pour le 2 janvier 2005.
Travaillant à proximité des limites du camp, le hasard voulu que ce soit Park qui tenta de traverser l'infranchissable barrière de barbelés électrifiés. Touchant le barbelé du bas, Park fut foudroyé, paralysé par le courant à haute tension et mourut instantanément. le corps de Park affaissant le barbelé du bas, ce léger entrebâillement entre les barbelés permit à Shin de se glisser sur le corps mort de Park, en faisant attention de ne pas toucher le barbelé juste au dessus. Mais malgré tous ses efforts, ses tibias touchèrent le barbelé et ses jambes furent alors brûlées des genoux jusqu'aux chevilles. Par la suite, ses jambes brûlées saignèrent durant plusieurs semaines… Shin eut une chance incroyable de pouvoir franchir ce mur électrique, mais malheureusement…, pas Park…
Depuis 1995, le nombre d'exilés Nord-Coréens en destination de la Corée du Sud a augmenté de manière exponentielle (page 171) :
« Une tendance est pourtant claire : le nombre de Nord-Coréens qui demandent l'asile en Corée du Sud a augmenté presque chaque année depuis 1995. Il y en a eu quarante et un en 1995 et, en 2009, leur nombre avait bondi à près de trois mille. Plus de transfuges nord-coréens sont arrivés dans le Sud entre 2005 et 2011 que pendant toute la période qui précède, depuis la fin de la guerre de Corée en 1953.
Il semble que lorsque Shin a entrepris sa marche vers la frontière, en janvier 2005, les conditions d'évasion étaient assez bonnes. On en a la preuve avec le grand nombre de migrants – environ quatre mille cinq cents – qui sont parvenus à atteindre la Corée du Sud en 2006 et 2007. (Cela prend en général un ou deux ans aux transfuges pour passer de Chine en Corée du Sud).
La perméabilité de la frontière nord-coréenne s'améliore quand les gardes-frontières et les fonctionnaires locaux peuvent accepter des pots-de-vin sans punitions draconiennes de la part de leurs supérieurs. »
Fin janvier 2005, Shin parvint enfin, après un mois d'errance à travers la Corée du Nord, à traverser le fleuve Tumen qui est gelé en hiver et qui sépare la frontière Nord-Coréenne de celle de la Chine.
En Chine, Shin devait être extrêmement vigilant car il existe des accords à caractères répressifs, entre les deux pays (pages 203 et 204) :
« Durant le demi-siècle qui vient de s'écouler, les gouvernements de Chine et de Corée du Nord ont fait coopérer leurs forces de sécurité pour s'assurer que le passage intermittent de Coréens à travers la frontière ne se transforme jamais en flot continu. Selon le gouvernement sud-coréen, un accord secret sur la sécurité à la bordure a été signé entre les deux pays au début des années 1960. Un second accord, en 1986, a engagé la Chine à renvoyer les transfuges nord-coréens chez eux, où ils risquent le plus souvent d'être arrêtés, torturés et incarcérés pendant des mois ou des années dans un camp de travail.
En emprisonnant ses citoyens dans leur propre pays, la Corée du Nord défie l'accord international qu'elle s'est obligée à respecter. L'accord de 1966 stipule : « Toute personne est libre de quitter n'importe quel pays, y compris le sien. »
En qualifiant tous les transfuges nord-coréens de « réfugiés économiques » et en les renvoyant chez eux où les attendent des persécutions, la Chine trahit ses obligations en tant que signataire de la Convention internationale sur les réfugiés de 1951. Beijing refuse d'autoriser ces gens à réclamer l'asile et empêche le bureau de la Haute Commission pour les réfugiés des Nations unies de travailler sur la frontière avec la Corée du Nord. »
Après un parcours périlleux en Chine, Shin arriva enfin au consulat de Corée du Sud en Chine, grâce à l'aide d'un journaliste. Puis, encore six mois plus tard, il s'envola pour Séoul (la Capitale de la Corée du Sud). Il fut alors recueilli dans le Centre de réinsertion d'Hanawon qui signifie « maison de l'unité ». Ce Centre fut construit en 1999 par le ministère de l'Unification, dans le but d'héberger les transfuges de Corée du Nord, afin de les nourrir et pour qu'ils puissent s'adapter à la culture Capitaliste. Car ils ont énormément de choses à apprendre de la vie d'un pays Libre, Démocratique et Moderne (pages 219 et 220) :
« Dans ce but, le centre emploie des psychologues, des conseillers professionnels et des enseignants de tout ce qu'on peut imaginer, depuis l'histoire du monde jusqu'à la conduite automobile. Il y a aussi des médecins, des infirmières et des dentistes. En trois mois de séjour dans les lieux, les transfuges apprennent quels sont leurs droits selon la loi sud-coréenne, et on les emmène sur le terrain, faire des achats dans une galerie marchande, ouvrir un compte en banque, utiliser le métro. »
P.S. : Vous pouvez consulter ce commentaire, dans son intégralité, sur mon blog :
https://totalitarismes.wordpress.com/2018/10/10/mon-commentaire-du-livre-de-blaine-harden-et-shin-dong-hyuk-rescape-du-camp-14-de-lenfer-nord-coreen-a-la-liberte/
Lien : https://totalitarismes.wordp..
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Ayano
  30 juin 2013
C'est avec une cause qui me tient très à coeur que je vous présente ce livre aujourd'hui. Ayant toujours été très préoccupée par la lutte des droits de l'homme dans le monde c'est avec de la peur, du dégoût mais aussi une certaine admiration que j'ai lu, et ce de manière très attentive, ce témoignage des plus rares.
Il faut savoir que peu de gens à ce jour connaissent l'état dans lequel se trouve actuellement, et ce depuis des décennies, la Corée du Nord. Il est vrai que la fermeture du pays face au monde limite énormément les informations que nous pouvons recueillir, cependant nous avons plusieurs témoignages de nord-coréens qui se sont enfuient de leur pays mais rares sont les témoignages de rescapés de camps. Nous ne possédons aucunes images, hormis les apparitions officielles de Kim Jong Eun, et précédemment Kim Jong Il, pourtant qu'en est-il des camps de travail, de la famille, du cannibalisme, de la corruption ... dont nous connaissons leur existence ?!
Le livre se compose de 3 parties. Dans la première Shin, par le biais du journaliste Blaine Harden, nous raconte les conditions de vie dans le camp 14, un camp qui y enferme les prisonniers politique et qui est connu pour être le plus dur du pays. Forcé de chercher dans les excréments des grains de maïs pour se nourrir, de manger des rats (et encore, manger un rat est considéré comme étant un luxe dans le camp), de porter des uniformes changés que tous les 6 mois, de dormir à même le sol, de ne pouvoir se laver (certains profitaient d'être en atelier à l'extérieur près du Taedong (fleuve) pour le faire)...On nous raconte la violence des gardes « le plus souvent, pourtant, selon An, les détenus sont frappés, parfois à mort, simplement parce que les gardes s'ennuient, ou qu'ils sont de mauvaise humeur. » (p 63), des punitions infligées aux prisonniers, de la torture qu'ils leurs font subir lors d'interrogatoire. Là-bas la confiance entre prisonniers n'existe pas, on s'observe, on rapporte les actions de chacun, on vole. A vrai dire les gardes aussi sont sommés par leurs supérieurs, on leurs ordonne « de ne jamais sourire et de considérer les détenus comme des chiens et des porcs. » (p62) et même si on maudit les gardes et les enseignants on se dit qu'eux aussi sont des victimes du régime de Kim Il Sung, chacun essaie de survivre à sa manière, en mangeant des rats en tant que prisonniers, en tuant les fugitifs en tant que gardes. Qui est bon, qui est mauvais, on ne sait plus trop mais ça reste avec un profond dégoût que l'on continu de lire toute l'atrocité qui pourri le pays.
La 2ème partie commence avec l'élaboration de la fuite car si Shin, étant né dans le camp, n'avait jusqu'ici jamais rêvé de découvrir l'extérieur, il commence lorsqu'un prisonnier dénommé Park est placé sous ses ordres. Park a l'air d'être un homme haut placé, il connaît la vie à l'extérieur, il sait qui sont Kim Il Sung et Kim Jong Il, ce qu'est un téléphone, ce qu'est une télévision, il connaît la géographie du monde mais il connaît surtout la bonne nourriture dont Shin ne cesse de vouloir goûter. Celui-ci le dit d'ailleurs très bien dans ses multiples interviews, s'il s'est enfuit c'était uniquement pour la nourriture. On suit alors sa fuite jusqu'en Chine et sans le vouloir particulièrement, on pleure. On reste ébahis devant toute la force de Shin car il n'y a pas autant d'hommes possédant une énergie de vivre aussi profonde que la sienne.
La 3ème partie quant à elle raconte sa prise en charge en Corée du Sud, le système utilisé pour aider les transfuges à s'adapter à une vie qui leur est inconnu, aux interviews que Shin commence à donner, à sa vie entre la Corée du Sud et les États-Unis mais surtout son envie de devenir militant des droits de l'Homme et de se battre pour aider son pays et les millions de personnes qui y sont enfermées, violentées et lessivées par un régime totalitaire.
On ne peut qu'être admiratif du parcours de Shin, on a le coeur serré du début jusqu'à la fin du livre. On voit toute la difficulté de réadaptation, certains et beaucoup même ne s'habitueront jamais à leur liberté, car comment être libre après avoir vécu une vie préfabriquée où l'on travaille dur du soir au matin pour laver les erreurs de sa famille ? On se demande si un jour il comprendra pleinement ce que signifie "amour" ; "bonheur" ; "empathie", s'il arrivera à vivre une vie normale, du moins une vie qui se rapproche le plus possible de la vie telle que nous la connaissons nous, citoyens d'une démocratie. Ce livre fut un réel déclic pour moi, un déclic si fort que j'envisage sincèrement moi aussi de participer à la lutte pour les droits de l'Homme. Comme je l'ai dis au début, jusqu'ici je m'y intéressais de près mais en lisant ce livre je me suis vraiment rendu compte que je me contentais de vivre ma vie sans m'investir nulle part et je me dis que si j'ai lus ce livre ce n'est pas pour l'oublier après, ce n'est pas juste pour me dire qu'en effet les droits de l'Homme sont loin de s'appliquer partout. Si Shin a accepté de témoigner, s'il a accepté que ce livre soit publié c'est pour en plus de s'aider lui, mobiliser le monde, face aux droits de l'Homme en Corée du Nord comme partout ailleurs. Quelque part j'aimerais sincèrement le remercier, de m'avoir donné, à moi et sûrement à d'autres, l'envie de me battre pour quelque chose.
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Nastie92
  21 février 2013
Que la Corée du Nord soit sous un régime de dictature et l'un des pays les plus fermés au monde, nous le savons tous plus ou moins.
Mais la lecture de ce livre est édifiante, et ce qu'on y apprend dépasse l'entendement.
Blaine Harden nous livre l'histoire de Shin, rescapé miraculeux d'un camp. Ce témoignage a d'autant plus de force que tout y est vrai : des spécialistes de la Corée du Nord, d'anciens gardes de camps, d'anciens prisonniers ont authentifié tout ce qui est écrit.
Le récit de la « vie » dans le camp me hante encore : la barbarie la plus complète et la déshumanisation la plus totale fondent le quotidien.
Shin, né dans le camp, n'a rien connu d'autre, ne sait pas, n'imagine même pas qu'un autre monde, qu'une autre vie puissent exister.
Ce qui explique ses difficultés à s'adapter à sa nouvelle vie d'homme libre. Shin ne connaît pas l'amour, l'empathie, la confiance : pour survivre dans le camp, il fallait ne penser qu'à soi, n'éprouver aucun sentiment, dénoncer ses codétenus et se méfier de tout et de tous. Comment retrouver une psychologie « normale » après plus de vingt ans d'un tel conditionnement ?
Et là, j'ai trouvé que la dernière partie du livre (l'arrivée puis la vie de Shin aux États-Unis), bien que dépourvue de toutes les horreurs de la première était presque plus dure : on peut penser que Shin ne se remettra jamais de ce qu'il a subi, et qu'il ne pourra jamais avoir une vraie vie d'homme libre.
Pire : sera-t-il un jour véritablement un Homme ?
Tout le long du livre l'auteur étaye le récit d'explications et la lecture est passionnante, bien que difficile, voire insupportable par moments.
Une lecture indispensable pour prendre conscience de ce qui se passe, de nos jours encore, en Corée du Nord.
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zorazur
  28 avril 2012
Ce témoignage hallucinant nous mène aux confins d'une entreprise de déhumanisation.
Shin est né dans le camp 14. Un camp pour prisonniers politiques auquel ses parents ont été condamnés pour expier les mauvaises intentions de leurs proches.
Autorisés à se marier dans le camp, c'est-à-dire à passer ensemble 5 nuits par an, ils ont réussi à avoir deux fils. Deux esclaves. Dans le contexte du camp 14, être père ou mère n'a pas de signification. Shin ne sait pas ce que veut dire l'amour d'un père ou d'une mère, ce qu'est une famille, ce qu'est l'amour tout court. Il ne peut ressentir d'émotions. Il ne connait ni relation amicale ni relation amoureuse. Au camp 14 on dresse les prisonniers les uns contre les autres, la délation est érigée en mode de survie, la violence et la brutalité sont les seuls rapports humains. Shin ignore la solidarité, la compassion, l'altruisme.
L'hostilité du décor et du climat et la malnutrition aident au maintien de la terreur. Pour ne pas mourir de faim, Shin réussit parfois à attraper un rat qu'il fait cuire - ou pas.
On est en Corée du Nord, début des années 2000.
Shin est né dans le camp. Il ne sait pas ou à peine qu'il existe un monde extérieur. Il sait tout juste lire et compter. La notion même de connaissance, de savoir, lui est étrangère. Il ne soupçonne pas l'existence du moindre des objets qui font notre quotidien. Un oreiller. Un grille-pain. Un manteau. Un autocuiseur. Une carte de crédit. Un téléphone. Un train. Un ordinateur. Une savonnette.
Et le plus hallucinant de tout est que les prisonniers vivent dans l'ignorance de leur propre pays et du culte du Grand Leader.
Un jour, un prisonnier révèle à Shin qu'il existe un monde extérieur, un pays qui s'appelle la Chine, un autre qui s'appelle la Corée du Sud.
En 2005, Shin s'évade. Il a 23 ans et n'a jamais connu que le camp 14. Il ne sait pas où il est, ni dans quelle direction aller. Il n'a jamais vu une carte. Et pourtant il réussit au terme d'un périple incroyable et porté par une chance inouïe, à parvenir en Chine.
Puis toujours avec la même chance incroyable, ce sera la Corée du Sud. Puis les Etats-Unis. Commence une très lente, très progressive, incroyablement difficile, entreprise d'adaptation à notre mode de vie. Celui que nous considérons comme normal, en tous cas plus normal que la vie au camp 14.
Mais comment vivre, après avoir connu le camp 14, après n'avoir jamais rien connu d'autre que le camp ? Comment apprendre à parler, à pleurer ? Et comment Shin peut-il faire partager ce qu'il a vécu, trouver les mots, susciter l'intérêt ?
Shin est le seul prisonnier né dans un camp nord-coréen à avoir réussi une évasion. Alors la dernière question est elle-ci : combien de temps encore ce régime tiendra-t-il ?

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critiques presse (3)
NonFiction   28 novembre 2012
Tout le récit de Shin Dong-hyuk est instructif car il dépeint l'économie en voie de sous-développement rapide autant que les pratiques du Bowibu.
Lire la critique sur le site : NonFiction
Lexpress   16 mai 2012
A l'histoire inouïe de Shin, qui se lit comme un roman d'aventure où le rêve se mêlerait au cauchemar, Harden ajoute de nombreuses précisions sur la Corée du Nord et son épouvantable régime.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LeFigaro   26 avril 2012
Ce récit est étayé par des témoignages d'anciens gardes, enrichi d'enquêtes que Blaine Harden, qui a recueilli le témoignage de Shin et écrit le livre, a menées sur la Corée du Nord dont la population ne survit que grâce à l'aide alimentaire des États-Unis et de la Corée du Sud.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
LydiaBLydiaB   21 mai 2015
Quand la mère de Shin réalise son quota de travail du jour, elle peut rapporter à manger chez elle pour le dîner et pour le lendemain. À quatre heures du matin, elle prépare le petit déjeuner et le déjeuner pour son fils et elle. Les repas sont tous identiques : bouillie de maïs, chou au vinaigre et soupe de chou. Shin devra se contenter de ce même menu presque chaque jour pendant vingt-trois ans, sauf quand on le privera de nourriture pour le punir.
À l'époque où il est trop jeune pour aller à l'école, sa mère le laisse souvent seul à la maison, le matin, et rentre des champs à midi pour déjeuner. Shin, rongé par la faim en permanence, dévore sa portion de la mi-journée dès le départ de sa mère au travail.
Il mange aussi le repas de sa mère.
À son retour, ne trouvant rien pour se nourrir, elle se met en colère au point de frapper son fils à coups de houe, de pelle, de tout ce qui lui tombe sous la main. Il se retrouve le nez en sang et le crâne couvert de bosses. Il arrive que ces corrections soient d'une violence comparable à celles qu'il subira de ses gardes quand il sera plus grand.
Shin continue pourtant à prendre à sa mère autant de nourriture qu'il le peut, aussi souvent qu'il le peut. Il n'a pas conscience qu'elle aura faim s'il mange son repas. Des années plus tard - elle déjà morte et lui vivant aux États-Unis -, il me dira qu'il aimait sa mère, mais il s'agira d'une construction rétrospective, après avoir appris que les enfants civilisés doivent aimer leur mère. À l'époque du camp, dépendant d'elle pour tous ses repas, lui volant de la nourriture, subissant ses coups, il la considère comme une rivale dans sa lutte pour survivre.
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SpilettSpilett   28 octobre 2014
Les dix lois du Camp 14.

1. Ne tentez pas de vous évader.
2. Le rassemblement de plus de deux prisonniers est interdits.
3. Ne volez pas.
4. Il faut obéir inconditionnellement aux gardes.
5.Toute personne qui voit un fugitif ou une personne suspecte doit la dénoncer au plus vite.
6. Les prisonniers doivent se surveiller les uns les autres et dénoncer immédiatement tout comportement suspect.
7.Les prisonniers doivent faire davantage que réaliser le travail qui leur est assigné chaque jour.
8. Hors du lieu de travail, il ne doit pas y avoir d'échanges entre les sexes pour des raisons personnelles.
9. Les prisonniers doivent se repentir sincèrement de leurs erreurs.
10. Les prisonniers qui violent les lois et le règlement du camp seront abattus sur-le-champ.
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Under_the_MoonUnder_the_Moon   04 mars 2017
[...] ils symbolisent les antipodes où se situent les privilèges et les privations en Corée du Nord, une société officiellement sans classes sociales mais où, en fait, le sang et la naissance déterminent tout.
Kim Jong Eun est né prince communiste, élève derrière les murs du palais. Il a fait ses études en Suisse sous un faux nom avant de regagner sa patrie pour suivre les cours d'une université d'élite portant le nom de son grand-père. En 2010, il a été promu général quatre étoiles de l'Armée du peuple nord-coréen, malgré son manque total d'expérience militaire de terrain. pour lui, tout est possible en Corée du Nord. [...]
Shin, né esclave, élevé derrière une clôture, n'a appris à l'école qu'à lire et à compter. Comme son sang est perverti par les crimes présumés des frères de son père, aucune loi ne le protège. Pour lui, rien n'est possible. La carrière que l’État lui a prescrite ne lui propose que des travaux forcés et une mort prématurée, causée par la maladie et la faim chroniques - le tout sans mise en accusation, sans procès, sans appel envisageable, et dans le plus grand secret.
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aminegiaminegi   05 septembre 2020
Les dix lois du Camp 14 (suite)
4. Il faut obéir inconditionnellement aux gardes.
Toute personne qui montre de la mauvaise volonté ou qui agresse physiquement un garde sera abattue sur-le-champ.
Toute personne qui ne se pliera pas totalement aux instructions d’un garde sera abattue sur-le-champ.
On ne doit ni répondre ni se plaindre à un garde.
Quand on rencontre un garde, on doit s’incliner avec respect.
5. Toute personne qui voit un fugitif ou une personne suspecte doit la dénoncer au plus vite.
Toute personne qui fournit une cachette à un fugitif ou qui le protège sera abattue sur-le-champ.
Toute personne qui garde ou qui cache les biens d’un fugitif, qui conspire avec lui ou qui néglige de le dénoncer sera abattue sur-le-champ.
6. Les prisonniers doivent se surveiller les uns les autres et dénoncer immédiatement tout comportement suspect.
Tout prisonnier doit observer les autres et rester vigilant.
Les paroles et la conduite des autres doivent être observées attentivement. Si quoi que ce soit suscite des soupçons, un garde doit immédiatement en être informé.
Les prisonniers doivent assister fidèlement aux réunions de lutte idéologique et ils doivent se critiquer et critiquer les autres avec véhémence.
7. Les prisonniers doivent faire davantage que réaliser le travail qui leur est assigné chaque jour.
On considérera que les prisonniers qui négligent leur quota de travail, ou qui ne réussissent pas à l’atteindre, suscitent le mécontentement, et ils seront abattus sur-le-champ.
Tout prisonnier est personnellement responsable de son quota de travail.
Atteindre son quota de travail, c’est laver ses péchés et récompenser l’État pour la mansuétude dont il a fait preuve.
Le quota de travail assigné par un garde ne peut pas être modifié.
8. Hors du lieu de travail, il ne doit pas y avoir d’échanges entre les sexes pour des raisons personnelles.
En cas de contact sexuel physique sans approbation préalable, les auteurs du délit seront abattus sur-le-champ.
Hors du lieu de travail, les personnes de sexe différent ne doivent pas converser sans accord préalable.
Il est interdit de se rendre sans accord préalable dans les salles de bains assignées aux membres du sexe opposé.
Sans raison spéciale, les personnes de sexe opposé ne peuvent se tenir la main ou dormir l’une auprès de l’autre.
Sans accord préalable, les prisonniers ne peuvent se rendre dans les quartiers où vivent les personnes du sexe opposé.
9. Les prisonniers doivent se repentir sincèrement de leurs erreurs.
Toute personne qui ne reconnaît pas ses péchés et qui, à l’inverse, les nie ou exprime une opinion déviante sera abattue sur-le-champ.
Chacun doit réfléchir en profondeur aux péchés qu’il a commis contre son pays et contre la société, et tout faire pour s’en laver.
Ce n’est qu’après avoir admis ses péchés et réfléchi en profondeur à leur sujet qu’un prisonnier peut recommencer de zéro.
10. Les prisonniers qui violent les lois et le règlement du camp seront abattus sur-le-champ.
Tous les prisonniers doivent sincèrement considérer les gardes comme leurs professeurs et, en appliquant les dix lois et le règlement du camp, se laisser laver de leurs erreurs passées par le travail et la discipline.
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zorazurzorazur   29 avril 2012
Je ne savais rien de l'empathie ou de la tristesse. On nous formait dès la naissance à ne pas être capables d'éprouver des émotions humaines normales. Maintenant que je suis sorti, j'apprends ce que sont les émotions. J'ai pu pleurer. Je sens que je deviens humain.
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Rescapé du Camp 14 - la vie dans le Camp 14
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