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ISBN : 2211239382
Éditeur : L'Ecole des loisirs (13/02/2019)

Note moyenne : 4.11/5 (sur 38 notes)
Résumé :
Dans le monde de Léa et Tom, les rues et les établissements scolaires ont des noms de femmes célèbres, et ce sont les hommes qui s'occupent des enfants. Comme dans toutes les écoles, on apprend que le féminin l'emporte sur le masculin, "parce qu'il est réputé plus noble que le masculin à cause de la supériorité de la femelle sur le mâle". Il en est ainsi depuis la nuit des temps, et personne ne semble vouloir remettre en cause cet ordre établi. Pourtant, Léa et Tom ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
Ichirin-No-Hana
  02 mars 2019
Renversante de Florence Hinckel est un très court roman jeunesse percutant et particulièrement intelligent !
Léa et Tom sont frère et soeur et vivent dans un monde inversé. Les femmes sont celles qui ont façonné le monde, les majorités des rues portent leurs noms et c'est bien entendu, toujours le féminin qui l'emporte sur le masculin. Un jour, le père tentera de créer un dialogue autour des inégalités avec sa fille qui n'y croient pas et cherchera à le prouver. En cherchant cela, elle se rendre compte que son père n'aura pas tellement tord...
A travers ce simple renversement, Florence Hinckel nous questionne et nous surprend sur des choses qui nous paraissent tellement naturelles alors que ne le devraient pas. Même en étant alerte sur le sujet, j'ai été particulièrement surprise par certaines tournures de phrases utilisées par Léa, car même en parlant d'un groupe exclusivement masculin, le féminin est utilisé et j'ai eu besoin de ce « renversement » pour m'en rendre compte !
Ce que j'ai particulièrement apprécié également c'est que l'auteure ne dénonce pas seulement le patriarcat de notre société et son anti-féminisme mais elle nous expose également la pression faite aux hommes sur ce besoin absolu de virilité.
Renversante est donc un roman jeunesse à lire et qui, je le pense sincèrement, devrai être proposé dans les établissements scolaires en vue de, peut-être, changer un peu les mentalités ou au moins déclencher un débat ! Merci Florence Hinckel pour cet ouvrage qui fait du bien !
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Nadael
  26 mars 2019
Quelle belle idée de livre : renverser les genres pour mieux visualiser le non-sens! L'autrice a en effet inversé un « ordre établi » depuis des millénaires le temps d'une lecture. Un temps suffisant pour éclairer avec pertinence habileté et drôlerie, les inégalités entre les hommes et les femmes.
Ainsi, dans le monde de Léa et Tom, soeur et frère d'une dizaine d'années, les femmes y ont une place de choix. Les noms de femmes célèbres apparaissent à tous les coins de rue, des poétesses, des politiciennes, des chercheuses, des inventrices, des autrices…, elles ont souvent des vies professionnelles brillantes et laissent aux hommes le soin de s'occuper des enfants. Les hommes ont constamment au-dessus de leur tête un plafond de verre qui freine leur ascension sociale. Évidemment, en grammaire française, c'est la règle – et on ne discute pas un système – : le féminin l'emporte sur le masculin. Quel que soit le genre, tout s'accorde au féminin. Même si à l'oreille, ça sonne d'une étrange façon, c'est comme ça. On ne change pas ce qui existe depuis toujours.
Le père de Léa et Tom est anti-sexiste. La domination féminine pèse un peu plus chaque jour sur son quotidien et l'avenir de son fils et de sa fille l'inquiète. Il souhaiterait que Léa prenne conscience des inégalités, du sexisme, des stéréotypes dans cette société matriarcale. Il lui demande alors de réfléchir à la place dévolue aux filles et aux garçons dans la vie de tous les jours et ce qu'elle en pense.
Un petit bouquin malin et audacieux qui fait perdre nos repères pour en éclairer l'absurdité et provoque forcément des réflexions et des interrogations. À glisser dans les mains des enfants à partir de dix ans – l'inversion de genre, la subtilité du langage demandent un effort de compréhension qu'un enfant plus jeune ne pourra pas assimiler -.
Lien : https://lesmotsdelafin.wordp..
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8tiret3
  05 avril 2019
Renversante est raconté par Léa, une jeune fille qui grandit dans une France qui ressemble en tout point à celle que nous connaissons de nos jours à une exception près : les femmes dominent. Les rues et les institutions publiques sont nommées en hommage à des femmes célèbres, la grammaire stipule que le féminin l'emporte sur le masculin, les hommes sont relégués au mieux au rang de père au foyer, au pire à celui d'objet décoratif pour faire vendre dans les publicités. Léa prend conscience progressivement des inégalités sexistes qui l'entourent après que son père, antisexiste convaincu et militant, lui a demandé de réfléchir à la place accordée aux filles et aux garçons dans la société, lui assurant que cela leur permettrait, à elle et son frère jumeau Tom, de mieux vivre. La jeune fille accepte, persuadée qu'elle ne découvrira rien de renversant. Mais peut-elle en être si sûre ?

Je ne sais pas trop comment parler de ce livre sans débuter par des platitudes du type « j'ai adoré » ou « ce livre est génial ». Je ne vois pas comment faire d'autre, tout simplement parce que j'ai adoré Renversante qui est, aucun doute possible, un livre génial. le fait que Florence Hinckel garde toutes les caractéristiques de notre société actuelle en intervertissant les hommes et les femmes donne toute sa force au roman. D'abord parce que ça va forcément parler aux enfants de pouvoir transposer si facilement ce qu'ils lisent à leur réalité, ensuite parce que ça montre très clairement le ridicule de la situation, de façon plus limpide que si l'autrice s'était acharnée à inventer un tout nouvel univers.

Prenons quelques instants pour nous attarder sur un terme que j'ai employé dans la phrase précédente : « autrice ». J'ai l'habitude, quand j'emploie ce mot, de voir les sourcils se froncer, ou d'entendre que ce mot n'a pas lieu d'être, qu'il est moche, etc. Florence Hinckel, qui déclare dans la dédicace mise en exergue de son roman avoir été inspirée par les travaux de la linguiste Éliane Viennot, donne l'occasion à Léa de s'interroger sur la « masculinisation » des titres et professions. Et ce sont exactement les mêmes arguments qui ressortent pour discréditer le pendant masculin des noms exclusivement féminins : « Maintenant, on essaie de réhabiliter ces mots, même si, entre nous, ils sont vraiment moches et ridicules. Comme poète, par exemple, ça fait pouet pouet ! ». Plus tard, quand Tom emploie le mot « professeur », masculin de « professeuse », Léa avoue que, même si ça lui faisait bizarre au début, elle a fini par s'y habituer. La preuve que l'on pourrait nous aussi nous habituer à une modification des règles orthographiques et/ou grammaticales pour rendre la langue française un peu plus égalitaire ?

Ce que j'aime particulièrement dans Renversante, c'est que tous les aspects de la lutte féministe y sont abordés : la langue, la place accordée aux hommes et aux femmes dans nos représentations culturelles, l'importance donnée à la santé sexuelle des unes et des autres, la considération apportée aux succès des personnes en fonction de leur genre, sans oublier la masculinité toxique, ce revers de la médaille sexiste qui blesse autant les filles que les garçons. Mention spéciale au sixième chapitre dans lequel il est question de la puberté et où les règles sont célébrées au lieu d'être perçues comme quelque chose de sale, qu'il faut cacher et dont il faut avoir honte.

Il m'est difficile de me retenir de parler de chaque passage du bouquin tant il m'a enthousiasmé. Je pense d'ailleurs que, pour rendre hommage à ce roman, il serait bien plus efficace d'en citer des passages entiers (voire de citer le texte dans son intégralité) que de rédiger un avis dont la lecture ne saurait rendre compte totalement de l'intérêt que peut présenter ce livre. Si j'étais moi-même un homme professeuse des écoles, je me hâterais de le faire lire à mes élèves pour lancer une réflexion sur le sexisme sociétal en classe.
Lien : https://8tiret3.blogspot.com..
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Celkana
  09 mai 2019
Un tout petit livre qui se lit en moins de deux mais qui recèle des trésors d'intelligence, de réflexions et d'humour qui aujourd'hui sont plus que nécessaire!
On se retrouve avec Léa et Tom, deux soeurs et frères en élémentaire, qui vivent dans un monde où ce sont les femmes qui ont la main et non plus les hommes! Mais où la société est toujours aussi inégalitaire, ce qui rend le thème encore plus drôle et sarcastique car la mise en évidence de situations absurdes et injustes est encore plus prégnante que lorsque l'on évoque le sujet aujourd'hui de façon classique...
Les hommes s'occupent donc des enfants, de la maison, sont sous-payés, en temps partiel, etc. Et les femmes décident, commandent, font ce que bon leur semble aux détriments de l'autre moitié de l'Humanité....
C'est drôle, et surtout ça présente une situation qui, tournée dans ce sens, prend une autre dimension car relève tout ce qui est pris en défaut dans la place de l'homme et de la femme dans la société.
A mettre dans toutes les petites mains avec quelques explications pédagogiques peut-être et aussi entre toutes les mains d'adultes car j'ai réellement pris plaisir à le lire et à mettre en place quelques pistes supplémentaires de réflexion sur les changements à apporter dans cette société patriarcale...
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MLClerc
  20 juillet 2019
Dans le monde de l'histoire de ce livre, tout est à l'envers: ce sont les hommes qui s'occupent des enfants; les femmes qui donnent leurs noms aux rues, aux écoles ou aux stades; on apprend que le féminin l'emporte sur le masculin et les hommes sont relégués à des emplois moins prestigieux et moins bien payés que les femmes.
C'est sur les conseils de son père (anti-sexiste) que la jeune héroïne du roman réfléchit à cette question de l'égalité des genres. Et elle se rend compte évidemment de grandes différences... mais au final; est-ce si grave que cela?
Un livre bien écrit, adapté aux jeunes lecteurs dès 10 ans, avec une multitude d'idées loufoques, de jeux de mots, de questionnements,... Une belle base de réflexion pour jeunes filles et jeunes garçons, et même pour les adultes, car il y a là beaucoup de choses tellement bien implantées dans notre culture et notre quotidien, que nous ne nous en rendons même plus compte!
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critiques presse (2)
Ricochet   20 août 2019
L'autrice se réfère de très près à des éléments actuels de notre société, simplement en les inversant avec application. L'effet est remarquablement instructif.
Lire la critique sur le site : Ricochet
Actualitte   27 mai 2019
Adressé aux enfants. Réellement, il vaut la peine d'être lu par tout adulte. Il n'est pas de petit genre. Et pas de petite pensée. Je vous jure en tout cas mes grands dieux que je le prêterai sans hésiter à ces adultes qui m'entourent. Tout comme moi, ils en ressortiront un point d'interrogation en plus dans la tête.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
MilleviesenuneMilleviesenune   22 août 2019
Depuis la nuit des temps, ce sont les hommes qui s’occupent des enfants. C’est normal et naturel, puisque les femmes, elles portent les enfants dans leur ventre pendant neuf mois, puis elles les allaitent si elles veulent, ce qui les fatigue beaucoup. Elles n’allaient pas, en plus, s’en occuper le reste du temps.
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Ichirin-No-HanaIchirin-No-Hana   14 février 2019
Avoir des règles, c'est la preuve qu'on est en bonne santé, et qu'un jour on pourra avoir une enfant si on en a envie. Heureusement qu'on fait la fête pour ça. Déjà que ce n'est pas pratique, alors si en plus il fallait avoir honte et ne jamais en parler, ce serait horrible !
Commenter  J’apprécie          110
NadaelNadael   26 mars 2019
« – Pourquoi les filles auraient le droit de « ne pas vouloir se mettre dans la peau d’un homme », alors qu’on exige de nous, les garçons, incessamment, sans nous demander notre avis, de nous mettre dans la peau des femmes?
Il était furieux. C’est vrai, j’ai bien dû me rendre à l’évidence : dans notre société, la femme est un modèle, et l’homme en est une déclinaison. D’ailleurs, ce matin, j’ai entendu une philosophesse dire à la radio : « Auparavant, on prenait un homme pour époux par instinct de propriété ». Le « on » désigne généralement les femmes, par défaut. (…) – C’est pour cette raison que la majorité des histoires ont une héroïne, a expliqué ma mère. Parce que les filles sont considérées comme des modèles auxquels tout le monde peut s’identifier. »
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Ichirin-No-HanaIchirin-No-Hana   14 février 2019
Bleu = garçons, cela signifierait que les garçons sont vraiment mal perçus ? J'ai un petit peu de mal à le croire.
La société n'est tout de même pas aussi sexiste !
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ReveursEtMangeursDePapierReveursEtMangeursDePapier   14 février 2019
C'est comme dans les publicités. On voit plein d'hommes nus ou en sous-vêtements. Par exemple : "Mesdames, achetez cette voiture ! " , et sur l'image on voit un homme en slip allongé sur le toit, comme s'il était à vendre avec. On voit aussi des tas de publicités qui incitent les hommes à être plus beaux, plus forts et plus sexy, afin de plaire aux femmes. Certains hommes tombent dans le panneau et se ruinent en produits de beauté. Ils sont encore plus terrifiés que les femmes à l'idée de vieillir, parce que les hommes vieux ont moins de chances que les femmes vieilles d'apparaître dans les médias ou d'être pris au sérieux...
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Vidéo de Florence Hinckel
Présentation de "Nos éclats de miroir" de Florence Hinckel.
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