AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizForum
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 226511636X
Éditeur : Fleuve Editions (13/04/2017)

Note moyenne : 3.77/5 (sur 28 notes)
Résumé :
Manon est strip-teaseuse et escort girl dans le quartier du Triangle d'or à Paris. Elle vit avec sa soeur, étudiante en philo, et le bébé qu'elle a eu avec Bison, incarcéré en préventive pour un braquage raté. Manon ne mène qu'une bataille, celle de son avenir. Le plan : racheter une boutique sur les Champs-Élysées et par la même occasion, sa respectabilité. Mais ça, c'était avant qu'on pirate sa vie.

Pôle judiciaire des Batignolles. Les enquêteurs de... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Critiques, Analyses & Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
babel95
03 mai 2017
Hervé Jourdain a été capitaine de police à la brigade criminelle et à la brigade des mineurs ; il occupe actuellement un poste d'analyste dans un service spécialisé de la Police.
Son dernier roman, Femme sur Ecoute, nous dépeint la manipulation dont est victime Manon Legendre, dite Monica, strip-teaseuse et escort-girl dans un club de nuit branché parisien, le Jardin d'Eden. Manon est la maîtresse d'un truand radicalisé, Bison, soupçonné de braquage et actuellement sous les verrous, dont elle a eu un fils de quatre mois, prénommé Jihad.
Pourquoi s'acharner contre Manon ? vider son compte en banque, mettre son appartement à sac, aller jusqu'à s'en prendre à son fils ?
C'est ce que cherche à découvrir une équipe de policiers du Pôle judiciaire des Batignolles. le mythique 36 quai des Orfèvres a fait son temps, il a été remplacé par un lieu tout aussi impressionnant, le Bastion. C'est dans ce tout nouveau décor du Bastion, en plein déménagement, que nous retrouvons le divisionnaire Compostel, le commandant Richard Kaminski, le commandant Guillaume Desgranges, le lieutenant Lola Rivière, et le brigadier Zoé Dechaume.
Yasmine Toumi, élève de première, mais aussi fille de Dalila Toumi, candidate à l'élection présidentielle, vient de décéder d'une overdose. La journaliste Milena Popovic est retrouvée assassinée dans les Catacombes…. Ces morts sont-elles liées ? Tout porte à croire qu'un lien existe également avec la jeune strip-teaseuse. Mais quel est-il ? Manon est sur écoute, et que peut apporter l'étude de toutes ces écoutes… Les manipulations semblent au coeur du roman. Mais au final, qui manipule qui ?
Le roman d'Hervé Jourdain est un pavé de 524 pages…. Dès l'introduction, nous sommes plongés dans le monde étrange des écoutes, du langage étrange, coloré et comique des retranscriptions. L'intrigue se déroule à un rythme ultra- rapide, nous passons sans aucune pause du Bastion au night-club aux villes de banlieue, nous découvrons les catacombes « sauvages », interdites au public, mais aussi l'hôpital du Val de Grâce.
L'action se déroule en avril et mail 2017, en pleine élection présidentielle... ce qui donne encore plus de réalité à cette enquête.
Les personnages sont dépeints avec finesse et humour ; j'ai particulièrement aimé le duo improbable formé par Manon et sa copine Diana Sangaré, mais aussi Julie, la soeur de Manon, étudiante en philo, spécialiste de Montaigne.
Hervé Jourdain nous présente une police ultra-professionnelle, qui dispose d'un matériel de pointe, en particulier dans le domaine de l'informatique, pour lutter contre les criminels quels qu'ils soient. Hommes et femmes, profondément attachés à leur métier, tout en restant humains, gravement malades, comme Lola, ou incapables de se remettre de la perte d'un être cher, comme Compostel.
J'ai lu Femme sur Ecoute très vite – trop vite peut-être et je vais le reprendre pour mieux l'apprécier, comme je le fais pour tous les livres que j'ai aimés.
Je souhaitais terminer cette critique en remerciant Hervé Jourdain et Pierre Krause, mais aussi toute l'équipe présente de Babélio, et les Editions Fleuve Noir, pour la rencontre de mardi dans les locaux de Babélio. La discussion a été passionnante, les questions ont fusé sans aucun temps mort. Nous avons rencontré un auteur cultivé, souriant, qui a su expliquer le fonctionnement d'une police qu'on connaît mal, qui a parlé avec émotion d'une vocation, et de l'écriture.

+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          161
gruz
17 avril 2017
Des flics ou ex-flics qui se lancent dans l'écriture de polars, il y en a une flopée. Ils le font avec plus ou moins de bonheur. Hervé Jourdain s'était déjà fait remarquer en obtenant le Prix du Quai des Orfèvres en 2014. Son arrivée aux éditions Fleuve risque de faire du bruit.
520 pages sans aucune friture sur la ligne et reçues cinq sur cinq. Un pavé (dans la mare) aussi impressionnant qu'immersif. Un récit bien ancré dans l'actualité (avec le déménagement du 36 ou encore les élections présidentielles), et qui dresse un portrait sans concession de notre société et de nos institutions.
Hervé Jourdain m'a littéralement épaté. Par sa connaissance des rouages de la police, bien sûr, mais aussi par sa manière de mener cette intrigue. Tout y est décrit avec minutie, au point que les mécanismes d'une enquête et d'une mise en écoute sont d'une épatante limpidité, et que les engrenages s'emboîtent avec précision.
Rarement je n'ai vécu avec autant de crédibilité les détails d'un enquête policière, sans jamais avoir l'impression de suivre une démonstration. Car tout est mis au service de l'histoire et des personnages qui la composent.
Parce que Jourdain ne fait pas seulement montre de méticulosité, il met clairement en avant le facteur essentiel qui fait une très bonne intrigue : l'humain.
Les personnages sont formidables, autant par leurs forces que leurs failles. Tout autant crédibles qu'attachants (ou révoltants pour certains), ils sont le sel et le sang de ce récit. Les flics sont des êtres humains comme les autres et ceux de l'autre coté de la barrière ne sont pas tous des monstres.
Et ce sont les femmes qui sont particulièrement mises en avant dans cet échantillon de société qui est décrit par l'auteur. Hervé Jourdain s'est clairement mis à l'écoute des femmes du récit, loin du coté purement macho de bon nombre de romans du genre.
Tenir plus de 520 pages avec un polar dit « traditionnel » tenait de la gageure. Mais Femme sur écoute est formidable, très bien construit, complètement immersif et profondément humain. Toutes les qualités pour un vrai bon moment de lecture policière.
Lien : https://gruznamur.wordpress...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          241
domeva
22 avril 2017
Il n'y a rien de mieux qu'un roman policier écrit par un professionnel.L'auteur m'a prise par la main et donné accès à ce nouveau lieu,le Pôle judiciaire des Batignolles(qui remplace depuis peu le mythique 36 Quai des orfèvres devenu trop petit et vétuste).
La femme sur écoute du titre c'est Manon "fille de la nuit",manipulée par Bison,truand et père de son fils Jihad. Elle est toujours au mauvais endroit au mauvais moment.
Beaucoup d'enquêtes à résoudre qui vont s'entrecroiser et qui toutes contribueront à un final plus qu'honorable pour les enquêteurs.
L'auteur a pris un soin particulier dans la personnalisation de chacun des caractères rencontrés au cours de cette intrigue:Lola,lieutenant déterminée malgré une santé fragile qu'elle cache à son entourage,le commandant Kaminski,hostile à la féminisation du métier,le commandant Compostelle,le brigadier Zoé Dechaume......
Ce roman a cette particularité de paraître avoir été écrit hier,aujourd'hui et même demain,tellement il colle à l'actualité politique.J'ai pris beaucoup de plaisir à participer aux enquêtes,ragé avec les enquêteurs empêchés de fouiller dans les poubelles du pouvoir,ressenti la douleur de ceux qui ont perdu un être cher.Sans langue de bois,l'auteur met en scène la corruption des uns,la loyauté des autres,l'intelligence au service du meilleur comme du pire,la difficulté du métier d'enquêteur.
J'ai beaucoup aimé ce roman.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
migdal
01 mai 2017
Imaginez un état qui écoute les communications téléphoniques, qui lise les courriers, qui observe chacun avec des caméras de video surveillance, qui piste tout le monde avec des systèmes de trianguation suivant le déplacement du moindre smartphone ou en espionnant les GPS, qui fiche la totalité des flux financiers ... voici le cauchemar que nous dépeint Hervé JOURDAIN, policier pantouflant dans une société privée.
Imaginez que cet état se fasse pirater ses données ou que cet état s'approprie vos identifiants pour s'accaparer votre propre identité.
Et imaginez que cet état soit infiltré par des personnes mal intentionnées ... et vous avez la trame de "femme sur écoute" ... où un policier dévoyé détourne l'identité de Manon, diffuse des vilenies sur son profil Facebook pour nuire à sa carrière professionnelle, repère un rendez vous et en profite pour assassiner son interlocuteur , récupère dans les poubelles des détritus portant des traces ADN pour les déposer sur une scène de crime, etc.
Imaginez de plus qu'un policier diffuse auprès des médias des listings bancaires supposés provenir de Panama ... pour fausser une élection présidentielle ...
Ce cauchemar que dépeint Hervé JOURDAIN c'est celui d'un état où vous devez faire la preuve que vous êtes innocent et non un état de droit où la justice doit apporter la preuve qu'un prévenu est réellement coupable.
En 500 pages ce roman dissèque la pitoyable situation dans laquelle nos états de droit, nos démocraties, ont sombré en sont devenues des états policiers, des états dont la justice s'est effacée par manque de moyens, par manque de courage devant le monopole des médias qui sont devenus les procureurs qui de matin au soir jettent des anathèmes sur leurs proies.
Qu'un policier ait le courage de dévoiler cette face sombre de notre actualité est d'autant plus méritoire.
Big brother devient une réalité et une actualité terrifiante et c'est la précision des pages de ce roman qui fait de "femme sur écoute" un cri d'alarme.
Puisse le lecteur en comprendre la portée philosophique et en déduire une réaction salutaire si cela est encore possible. A voir l'actualité de notre pays, je ne suis pas certain sur ceci soit envisageable.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
chevalierortega33
07 avril 2017
C'est le quatrième roman de cet infiltré du 36 et une découverte pour moi.
L'action démarre quelques jours avant le premier tour de l'élection présidentielle de 2017 et se termine au soir du second tour. Ce choix est déterminant dans le traitement de cette enquête ou plutôt devrait-on dire de ces enquêtes. On y retrouve des flics, ripoux, cassés ou « borderline », des politiques corrompus, des entreprises oeuvrant dans le trafic d'influence et quelques accommodements avec les procédures … On y évolue dans le Paris trouble des boîtes à strip-tease, des escortes, de la prostitution de luxe … et le monde carcéral. On assiste en prime au déménagement du mythique « 36 » et à l'inauguration des nouveaux locaux.
En fait toute ressemblance … ne reflète que la qualité de ce thriller criant de réalisme qui mérite bien qu'on s'y attache. Sans doute alléché, le lecteur ira voir, comme moi assurément, les autres productions de cet auteur déjà finaliste du prix du Quai des Orfèvres en 2009
Commenter  J’apprécie          60
Citations & extraits (5) Ajouter une citation
babel95babel9504 mai 2017
J’ai peur, reconnut-elle.
Lola aussi avait peur. Pour d’autres raisons. Peur de la mort en particulier.
- J’ai appris que vous prépariez un mémoire de philo sur la mort….
- Montaigne et la mort, précisa Julie Legendre.
- Pourquoi ce choix ? s’enquit Lola.
Elles étaient assises à la table du salon, l’une en face de l’autre.
- Peut-être parce que philosopher, c’est apprendre à mourir. Ce n’est pas de moi, c’est Montaigne qui l’a écrit. Et Montaigne est bien placé dans ce domaine. Il a vu mourir cinq de ses six enfants. En fait, il a considéré à un moment de sa vie que la philosophie devait être un remède contre l’angoisse quotidienne que suscite la fatalité de sa propre mort. Par la suite, il a changé d’avis, disant que la mort était trop momentanée pour qu’elle soit l’objet d’un sujet d’étude à part entière.
Lola n’avait comme référence qu’un vague souvenir de la Lettre à Ménécée d’Epicure. Elle laissa Julie poursuivre sur les causes d’un tel choix.
- Je me destine à l’enseignement de la philo. Alors, cette thèse ou une autre…. Peut-être aussi que la disparition de mes parents y est pour quelque chose.
- Ils sont morts de quoi ?
- Accident de la route. Un petit vieux qui roulait à contresens sur l’autoroute A1 les a percutés de plein fouet. Vous aussi, vous devez avoir un rapport particulier à la mort, non ?
Lola repensa à l’héritière des cimenteries Defoe, à Yasmine Toumi, à l’autopsie de Milena Popovic.
- Ce sont juste des objets d’étude, pour nous.
- Pas davantage ? Vous ne vous y attachez pas ?
- Si, parfois. Il y a des dossiers sur lesquels on a tellement travaillé qu’il arrive un moment où on souffre de ne pas avoir connu la victime de son vivant. Mais ça n’arrive pas souvent.
- Pourquoi ?
- Peut-être parce que beaucoup de nos clients qu’on retrouve la tête dans le caniveau naviguent dans des eaux troubles.
Julie Legendre finit par se lever de sa chaise. Elle se dirigea vers les étagères, se saisit d’un ouvrage qu’elle tendit à Lola.
- Tenez ! Je vous le prête.
Il s’agissait d’une biographie de Montaigne.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
babel95babel9530 avril 2017
Les murs étaient nus et propres, ça puait encore la peinture fraîche. Une multitude de spots incrustés dans le plafond éclairaient l'immense bureau de Compostel, avec son mobilier aux angles arrondis, son double vitrage, et surtout sa vue panoramique sur l'ensemble de la capitale, à l'exception du Sacré-Coeur, déjà caché sur la gauche par le monumental tribunal de grande instance de Paris.
Label "haute qualité environnementale", avait vendu l'architecte au moment de chiffrer son projet. Les fonctionnaires ne seraient plus perturbés par les sirènes de police et les coups de klaxon intempestifs, les administratifs ne tomberaient plus malades à cause des courants d'air. Et - ô merveille - les conditions de sécurité étaient enfin réunies, avec des locaux de garde à vue et des couloirs entièrement sécurisés sous l'œil vigilant d'innombrables caméras de surveillance.
Mais il ne subsistait rien de la vue plongeante sur le Pont-Neuf et la Seine, de ce cœur apaisé à l'aurore qui, au fil du jour, s'agitait au rythme des péniches. L'heure était au changement. Beaucoup, au siège de la préfecture de police, voyaient là l'occasion de tourner la page d'une histoire du 36 quai des Orfèvres dont l'épilogue n'était pas joyeux. Une page écornée par une succession d'affaires, de bavures, de bêtises qui avaient entaché la police judiciaire pour des années.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
babel95babel9530 avril 2017
"Les mots cachent toujours quelque chose", lui avait dit un Chinois chez lequel elle se ravitallait le midi lors de son séjour à Singapour. Elle avait longuement médité sur cet adage prononcé dans la pénombre d'un food court, alors qu'elle fixait le dos d'un Asiatique priant à voix haute le Bouddha qui lui faisait face. Depuis peu, Lola Rivière essayait de l'appliquer à son nouveau job, à ses nouveaux "clients". En l'occurrence, aujourd'hui, elle entendait déchiffrer cette langue qui ne parle pas, celle qui est inaudible, ces silences, soupirs et sanglots, ces notes blanches ou noires, ces demi-croches qui donnaient du corps, du sens au propos rétif, au discours retenu, au mensonge.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
babel95babel9504 mai 2017
Installer un ancien taulier d’un service d’enquête financière à la tête de la prestigieuse brigade criminelle avait été une décision délicate à prendre. Il y avait un monde entre le dépouillement des livres de comptes et le traitement des criminels de sang. D’un côté les cols blancs, les puissants, les riches ; de l’autre les sanguins, les vicieux, les désaffiliés. Mais au milieu, les victimes étaient toujours les mêmes : les faibles, les pauvres, les naïfs, les dupes.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
babel95babel9504 mai 2017
Au sortir de son rendez-vous, Lola avait filé chez elle pour déjeuner. Elle avalait un jus de carotte lorsqu'elle salua son meilleur ami, Google. Ce dernier, sourd, aveugle et muet, savait tout faire, tout trouver, à condition de bien le guider.
Commenter  J’apprécie          00
Videos de Hervé Jourdain (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Hervé Jourdain
Entretien avec Hervé Jourdain à l'occasion de la rencontre entre l'auteur et les lecteurs de Babelio.com, le 2 mai 2017 pour son roman Femme sur écoute, publié chez Fleuve édition.
La page du livre : https://www.babelio.com/livres/Jourdain-Femme-sur-ecoute/931168
Retrouvez-nous sur : F A C E B O O K : Babelio T W I T T E R : @Babelio I N S T A G R A M : @babelio_ P I N T E R E S T : Babelio S N A P C H A T : babelio_off
autres livres classés : romans policiers et polarsVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle





Quiz Voir plus

Littérature et politique

"Famille, je vous aime : Politique et vie privée à l'âge de la mondialisation". Qui est l'auteur de ce livre?

Michel Onfray
Bernard-Henri Lévy
Luc Ferry
Franz-Olivier Giesbert

10 questions
156 lecteurs ont répondu
Thèmes : politique , écrits politiquesCréer un quiz sur ce livre
. .