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Véronique Patte (Traducteur)
EAN : 9782259202527
300 pages
Éditeur : Plon (22/03/2006)
3.99/5   84 notes
Résumé :
Ce livre est un extraordinaire voyage où Kapuscinski nous restitue le souvenir de ses premiers périples en relisant Hérodote, cet historien grec considéré comme le " père de l'histoire ". Pologne, Inde, Chine, Soudan, Iran, Congo, autant de pays traversés sur lesquels le journaliste pose un regard acéré mais empreint d'une grande tendresse. Souvenirs du reporter et commentaires sur Hérodote s'entrecroisent pour former une profonde réflexion sur le statut de journali... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
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ivredelivres
  18 juin 2012
Ryszard Kapuscinski était polonais, journaliste et grand voyageur.
Si vous ne l'avez jamais lu je vous envie cette découverte et je vous souhaite de prolonger cette lecture par l'autre grand succès du journaliste : Ebène, une vision de l'Afrique que le temps n'a fait que confirmer, un réquisitoire sans concession.
Dans ce livre c'est le monde qui est son terrain de jeux, l'Inde, la Chine, le Congo, l'Iran, Kapuscinski livre ses souvenirs de reporter, ses débuts modestes et marqué du sceau de la chance.
Dans les années cinquante le rideau de fer s'entrouvre et les journalistes sont invités à aller " voir ailleurs "
Destination l'Inde de Nehru, dans sa valise le jeune journaliste emporte un gros livre qui sera le compagnon fidèle de tous ses voyages : Hérodote le grec, le fameux Père de l'Histoire ( et tout ça avec des majuscules).
Les voyages de Ryszard Kapuscinski assouvissent son envie de " territoires inconnus", de voir " derrière la frontière". La pensée de Kapuscinski est riche, subtile, et toujours empreinte de tendresse pour les pays explorés, pour les personnes rencontrées.
Son ami grec lui est un modèle car dit-il
"Hérodote et les hommes qu'il rencontre m'intriguent dans la mesure où le contenu de nos reportages provient essentiellement des hommes, la qualité de notre texte est tributaire de notre relation à autrui, de la nature et de la température de cette relation."
Sa lecture permanente d'Hérodote a aiguisé sa réflexion, acéré son regard, lui qui connut la Guerre froide, sait aussi bien expliquer, commenter, s'interroger sur les relations entre l'Europe et l'Asie aujourd'hui.
Hérodote voulait comprendre le monde qui l'entourait, déceler les raisons des guerres, connaître les peuples, il s'étonne de ce qu'il voit, s'émerveille devant les contrées traversées et répond au travail de Kapuscinski dans ses reportages.
Les commentaires du livre d'Hérodote s'accompagnent de remarques sur son métier, pour lui le Grec est avant tout un précurseur de l'enquête journalistique, il veut savoir, raconter, comparer et témoigner.
Le reporter d'aujourd'hui se reconnaît en lui au point d'entremêler ses souvenirs au texte d' Hérodote et de faire en sa compagnie une belle réflexion sur la quête des informations, sur la validité des récits, et plus généralement le statut du journaliste.
Quand l'antiquité vient éclairer les événements contemporains et ainsi dévoiler "l'art du reportage" c'est un grand plaisir pour le lecteur.
L'auteur nous communique en sus sa passion et ses propos sur son vieil ami donnent envie d'ouvrir ses fameuses Enquêtes
Cette complicité à plus de deux mille ans de distance m'a séduite, je l'ai lu avec à mes côtés les trois volumes d'Hérodote et je suis revenue plus riche de ce voyage
Lien : http://asautsetagambades.hau..
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Kickou
  28 juillet 2017

Voilà un très beau livre pour ceux qui aiment les voyages dans le temps, la géographie et l'Histoire, ainsi que nos rapports à la lecture. Ryszard Kapuscinski était (1932-2007) un grand reporter polonais, son récit commence dans les années 50, quand il n'est encore qu'un jeune journaliste, il est envoyé en reportage en Inde alors qu'il ne rêvait que de franchir la frontière tchécoslovaque. Ce premier voyage est un choc pour lui. Dans ses bagages il emporte un livre, « Les Histoires » d'Hérodote. Hérodote est considéré comme le premier historien mais Kapuscinski le voit aussi comme le premier grand reporter (La traduction d' « histoire » en grec ancien est plus proche du mot « enquête »). Il emportera ce livre partout ensuite dans ses voyages en Chine, puis en Iran, et au Soudan, au Congo, au Sénégal ... Dans son récit, Kapuscinski, entremêle ses propres témoignages et les « histoires » d'Hérodote, il nous montre les similitudes entre le travail du grec et le sien à 2500 ans d'intervalle. Il nous dit aussi la subjectivité de ce travail, il se pose plus de questions (qu'il nous pose aussi d'ailleurs) qu'il n'a de réponse. Mais tout comme Hérodote, il reste curieux et ouvert au monde et à sa diversité. le ton du livre est plutôt léger, plaisant. L'auteur aborde des sujets variés : les spiritualités indiennes et chinoises, la fin du colonialisme, le problème de la mémoire historique, de l'art dans la culture ... Bien sûr on revisite une partie de notre Histoire récente, des années 50 aux années 70, et on replonge en même temps dans l'Histoire de l'antiquité grecque. Un bouquin facile à lire, enrichissant et dépaysant qui vaut 5*. Allez salut.
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umezzu
  01 mai 2018
Après Ébène, lecture marquante car éloignée de la vision de l'Afrique un peu idéalisée généralement diffusée, je m'étais précipité sur les autres ouvrages de ce journaliste polonais qui a eu l'occasion de se balader un peu partout dans le monde.
J'avais donc enchaîné avec ces Voyages avec Hérodote, qui promettaient de mêler textes antique et analyse contemporaines. Déception. Si la volonté d'avoir un regard critique sur le monde est rappelée sans cesse, le contenu final est très limité.
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Acerola13
  21 septembre 2021
Je poursuis mon overdose de Kapu avec son ouvrage Mes voyages avec Hérodote, qui diffère quelque-peu de ses autres écrits : la dimension biographique (au-delà des pérégrinations du journaliste dans des pays étrangers) est plus marquée ; l'auteur s'attarde sur sa vie polonaise, son enfance, ses impressions face au monde qui s'ouvre à lui, et les barrières qui se dressent entre ce monde et son univers communiste.
On y découvre les débuts journalistiques de Kapuscinski, qui ose évoquer un désir de voyager, mais attention, pas à l'Ouest ! Plutôt en République tchèque, histoire de passer une frontière. le reporter en devenir va être servi, puisqu'il est envoyé tour à tour en Inde et en Chine, dont les immensités culturelles l'effraient, l'épuise ; il est confronté à son incapacité à embrasser tant de subtilités, codes, et croyances millénaires. Si ses voyages en Inde et en Chine sont les plus développés, on retrouve également des anecdotes, plus succinctes, de ses autres destinations "favorites" : Congo, Soudan, Algérie, Éthiopie, Iran...qui, lorsque l'on connaît bien l'oeuvre de Kapuscinski, font office de souvenirs éloignés, de réminiscences d'expériences vécues et connues du lecteur. Il m'est arrivé à plusieurs reprises de repérer à plusieurs reprises des évènements, des situations déjà dépeintes ailleurs, avec plus de détails.
La vraie différence avec ses autres ouvrages est bien sûr aussi la place majeure que prend Hérodote et son oeuvre dans le récit de Kapuscinski : l'auteur revient sans cesse à sa lecture de l'historien grec qu'il cite, commente, questionne sans cesse. le lecteur alterne donc entre récits antiques des Perses contre les Scythes, puis contre les Grecs, descriptions du monde et des coutumes de l'époque, et voyages de Kapuscinski. Il est certes intéressant d'en apprendre plus sur Xerxès, Darius et autres tyrans, mais cela se fait parfois au détriment du réel de Kapuscinski, qui déclare d'ailleurs tout de go parfois préférer la lecture d'Hérodote à la découverte du monde extérieur...Curieux lorsque l'on est reporter !
Finalement, le véritable coup de force de cet ouvrage est probablement la manière dont Kapuscinski questionne l'histoire et ceux qui la racontent, traçant des ponts entre un monde antique rapporté et un monde réel tout aussi difficilement palpable, avec pourtant de nouveaux moyens considérables. Pour les amateurs d'analyses ou d'anecdotes du XXe siècle, il vaut mieux se tourner vers les autres ouvrages de l'auteur (sauf pour les chapitres sur la Chine et l'Inde) ; ses promenades africaines sont en effet ici tout juste évoquées...
Une lecture en tout cas singulière !
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ninamarijo
  26 juillet 2015
Ryszard Kapuscinski est un écrivain journaliste et un grand reporter, il nous emmène voyager en Egypte, Iran, Chine, Inde et Afrique. Cet humaniste passionné d'Hérodote celui que l'on considère comme le premier historien, nous fait partager ses souvenirs de voyage entrecoupés de lectures et commentaires de l'oeuvre de l'illustre grec.
Cet ouvrage m'a intéressé, il est facile à lire et passionnant car il permet de découvrir Hérodote et son époque.
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Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
lanardlanard   17 août 2010
Provincialisme temporel

p. 279 Je craignais de tomber dans le piège du provincialisme. La notion de provincialisme est souvent associée à l’espace, le provincial étant une personne dont la pensée se réduit à un espace marginal auquel il attribue un importance excessive, universelle. Mais T. S. Eliot nous met en garde contre un autre type de provincialisme, celui du temps. «  A notre époque, écrit-il dans son essai sur Virgile en 1944, où les hommes sont plus que jamais enclins à confondre sagesse avec savoir, savoir avec information, où ils tentent de régler leurs problèmes par la technique, on voit apparaître une nouvelle sorte de provincialisme non pas de l’espace, mais du temps ; l’histoire n’est plus un qu’une chronique d’inventions humaines qui ont fait leur temps et on été mises au panier ; le monde est devenu la propriété exclusive de vivants, de laquelle les morts sont rejetés. Le danger de ce type de provincialisme est que nous tous, hommes de la planète, risquons de devenir des provinciaux, quant aux récalcitrants, il ne leur reste qu’à devenir des ermites. »
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ninamarijoninamarijo   08 juillet 2015
En un mot, pour Hérodote le multiculturalisme du monde est un phénomène vivant, un tissu palpitant, ou rien n'est donné ni défini une fois pour toutes, mais se transforme constamment, change, trame de nouvelles relations, établit de nouveaux contacts.
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ninamarijoninamarijo   13 juillet 2015
Cette langue basée sur des expressions du visage et des gestes subtils est beaucoup plus sincère et vraie que la langue écrite ou parlée, car elle tolère difficilement le mensonge et l'hypocrisie. La culture chinoise a sans doute élaboré l'art du visage immobile, du masque impénétrable et du regard vide afin que l'homme puisse dissimuler des pensées dangereuses et se mettre à l'abri derrière ce rempart.
+ Lire la suite
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KickouKickou   10 juillet 2017
Pour la défense de leur langue, ils étaient prêts à donner leur vie (...) l'identité passe par la langue que l'on parle. Par exemple, un Bengali est un individu dont la langue maternelle est le bengali. La langue est même plus qu'une identité, c'est un visage, une âme. Les conflits sociaux, religieux, nationaux peuvent aussi dégénérer en guerres linguistiques.
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ninamarijoninamarijo   13 juillet 2015
Cette langue basée sur des expressions du visage et des gestes subtils est beaucoup plus sincère et vraie que la langue écrite ou parlée, car elle tolère difficilement le mensonge et l'hypocrisie. La culture chinoise a sans doute élaboré l'art du visage immobile, du masque impénétrable et du regard vide afin que l'homme puisse dissimuler des pensées dangereuses et se mettre à l'abri derrière ce rempart.
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Videos de Ryszard Kapuscinski (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Ryszard Kapuscinski
25 octobre 2013
Quand Ryszard Kapuscinski arrive comme journaliste en 1958 à Accra, la capitale du Ghana, il ne peut soupçonner que ce voyage sera le début d'une passion qui ne le quittera plus jamais. Pendant des années, ce grand reporter doublé d'un écrivain sillonne le continent noir, habite les quartiers des Africains, s'expose à des conditions de vie qu'aucun correspondant occidental n'aurait acceptées. Observateur exceptionnel, il croise des potentats comme Nkrumah, Kenyatta ou Idi Amin, témoigne de coups d'Etat et de guerres civiles ; il essuie des fusillades, affronte des tempêtes de sable et supporte l'indescriptible chaleur africaine. Mais Kapuscinski s'intéresse surtout aux gens et sait gagner leur confiance. le tumulte de la vie quotidienne africaine le passionne davantage que les corruptions, les épidémies et les guerres meurtrières. Ce livre majeur, attendu depuis longtemps, a reçu en 2000 le prestigieux prix littéraire italien Viareggio. "(...) un chef-d'oeuvre hybride et bouleversant ; peu de livres ont fait sentir l'Afrique d'aussi près." Jacques Meunier - "Le Monde"
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Dans la catégorie : Voyages autour du mondeVoir plus
>Géographie générale. Voyages>Récits de voyages>Voyages autour du monde (51)
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