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EAN : 9782021243642
640 pages
Éditeur : Seuil (25/08/2016)

Note moyenne : 4.33/5 (sur 29 notes)
Résumé :
Synthèse sur la première moitié du XXe siècle en Europe, ensanglantée à vingt ans de distance par deux conflits mondiaux. L'auteur s'interroge sur les causes de ces deux guerres et leur enchaînement fatal, mettant l'accent sur quatre facteurs : l'explosion du nationalisme ethnique, la virulence des révisionnismes territoriaux, l'acuité des conflits de classe et la crise prolongée du capitalisme.
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
Achillevi
  14 avril 2018
1914-1949 : 35 années de guerre qui caractérisent l'histoire européenne de la première moitié du XXième siècle. Dans cet ouvrage de près de 600 pages Ian Kershaw évoque l'Europe d'avant 14, la première guerre mondiale, ses effets immédiats, l'éphémère redressement des années 20, l'effet cuisant de la crise de 1929, la montée vers la seconde guerre mondiale, son déroulement puis l'effondrement dévastateur qui l'a suivie.
Ce qui a mené l'Europe au seuil de l'autodestruction, c'est, selon lui, l'imbrication sur tout le continent de quatre composants : une explosion de nationalisme ethnico-raciste, des revendications territoriales âpres et inconciliables, de profonds conflits de classe qui nourrirent la révolution bolchévique et une crise prolongée du capitalisme. Ces quatre facteurs ont engendré une crise politique, socio-économique, idéologique et culturelle sans précédents.
La trame du livre est bien évidemment chronologique, mais elle se complète à la fin par une approche thématique qui s'intéresse aux changements démographiques et socio-économiques, à la position des églises chrétiennes, à l'attitude des intellectuels et à l'essor des divertissements populaires.
Le style est agréable à lire, le propos pédagogique et structuré et la vision est, naturellement, toujours élargie à l'échelle européenne. L'auteur ne sombre pas dans une érudition exagérément détaillée et permet ainsi au lecteur de suivre facilement la trame de sa thèse et garder les idées claires.
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Bigmammy
  04 janvier 2017
Un tableau saisissant, comme peut l'être, par exemple, le « Guernica » de Pablo Picasso : la trame de ce livre est la suite des malheurs qu'a dû subir l'Europe depuis la première guerre mondiale jusqu'au « miracle » qu'a été la paix et la prospérité, pour l'Ouest européen tout au moins, à partir de 1949.
Ian Kershaw, universitaire britannique « émérite », c'est à dire jeune retraité, a consacré sa vie d'enseignant-chercheur à l'histoire européenne contemporaine. Il s'est fait connaître par un portrait analytique de Hitler, riche de clés pour comprendre le personnage.
Kershaw a aussi analysé, dans un livre paru en France en 2009,  les « choix fatidiques » opérés à certains tournants de la guerre par Roosevelt, Churchill, Hitler, Mussolini, l'état-major japonais de 1941.
Pour ce chercheur, les faits historiques ne doivent pas seulement être décrits : ils sont le résultat de facteurs qu'il faut analyser en recourant à l'économie politique, à la sociologie de la vie politique, du travail et des religions, à la psychologie : on reconnaît ici les apports de l'Ecole française des Annales (Lucien Fèbvre, Marc Bloch, Fernand Braudel).
Le livre commence à l'été de 1914, et s'achève en 1948-50, avec la réforme monétaire et la Constitution démocratique de l'Allemagne de l'Ouest, puis la fondation de l'Europe communautaire (Traité sur la Communauté européenne du charbon et de l'acier)
Pour chaque période – avant guerre, 1ère guerre mondiale, entre-deux-guerres, seconde guerre, après guerre -  et, pour chaque région européenne, l'auteur se livre à une analyse détaillée des facteurs d'évolution de l'histoire.
Et il le fait avec une impressionnante connaissance des faits et une grande lucidité de jugement. C'est un travail considérable, auquel le lecteur doit, lui aussi, consacrer du temps : il en est largement récompensé.
Lien : http://www.bigmammy.fr/archi..
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Latias
  19 octobre 2020
J'ai lu L'Europe en enfer de Ian Kershaw pour remédier à ma connaissance très fragmentaire de l'histoire de l'Europe durant la première moitié du 20ème siècle. L'ouvrage a parfaitement répondu à mon objectif.
Néanmoins, j'ai eu quelques frustrations à sa lecture. Traiter un tel sujet en 600 pages oblige à rester très superficiel : de nombreuses questions naissent à la lecture auxquelles l'ouvrage ne peut répondre.
En outre, en dehors des considérations ethniques, la grille de lecture privilégiée est politique : tout est expliqué par le jeu des partis, considérés comme représentatifs de grandes classes (les élites, la bourgeoisie, les ouvriers, les paysans) ou de grands corps (églises, armée). S'il est fait mention de l'influence des politiques économiques, des institutions de chacun des pays et du progrès technique, j'aurais apprécié que ces aspects soient approfondis. Analyser les valeurs dominantes des cultures des différents peuples m'aurait aussi semblé intéressant. Mais, il aurait fallu plusieurs tomes.
Quelques critiques de forme enfin :
- le plan adopté, certes présenté en préface, s'avère peu clair à la lecture et donne l'impression d'un grand patchwork ;
- l'absence de notes est gênante : il est pratiquement impossible de relier le texte aux ouvrages énumérés dans la "bibliographie sélective" (de 30 pages !), située en fin d'ouvrage.
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Frederic524
  28 août 2018
Noël approche à grand pas et les idées cadeaux fleurissent ici et là. Sous le sapin et durant le temps des vacances, un livre peut être une valeur sûre, surtout lorsque celui-ci est l'oeuvre de Ian Kershaw, que je ne présente plus, historien britannique spécialiste notamment du nazisme et auteur d'une formidable biographie sur Adolf Hitler (Flammarion, 2000 et 2001) qui fait l'unanimité tant dans les cerces universitaires qu'auprès du grand public. Si vous aimez l'histoire notamment la période allant de 1914 date du début du premier conflit mondial jusqu'à la fin de la seconde guerre mondiale et chose plus qu'intéressante et logique, son immédiat après guerre jusqu'au rideau de fer plongeant l'Europe en 1949 dans près de 40 longues années de « Guerre Froide », si vous aimez l'érudition mais aussi la clarté du propos, si vous désirez en apprendre plus sur cette première moitié du XXème siècle et sur les mécanismes qui ont conduits au suicide cette Europe, maîtresse du monde en 1914 avant de sombrer corps et âmes et de n'être plus qu'un champ de ruine partagé entre deux visions du monde irréconciliable en 1945 : celle du capitalisme, du libéralisme des Etats-Unis et celle de l'Union Soviétique avec son modèle communiste Stalinien.. ce livre est pour vous. Outre le talent de l'historien qui embrasse ici avec brio tant l'histoire de l'Ouest de l'Europe que celle de sa partie la plus à l'Est, ce que j'ai apprécié dans ce livre c'est que Kershaw nous parle aussi bien de la Roumanie, des pays Baltes, que de la Croatie ou des grandes puissances européennes d'alors. C'est une synthèse magistrale qui insiste non pas tant sur les événements des deux guerre mondiales en eux mêmes, récit que tout le monde connaît, mais bien plutôt sur ce qui a pu produire, amener, provoquer l'enfer en Europe. La période de l'entre deux guerre constitue le coeur du livre : les germes de la guerre dans le traité de Versailles en 1919, l'arrivée au pouvoir de mouvements d'extrême droite un peu partout, du fascisme en Italie mais bien plus grave encore l'irruption du nazisme et de Hitler au coeur de l'Europe avec entre ses mains la première puissance européenne à savoir l'Allemagne et son désir de suprématie; Kershaw parle aussi de façon abondante de l'Union soviétique et notamment du pendant tout aussi maléfique de Hitler qu'était Joseph Staline. Un récit apocalyptique qui ne peut laisser indifférent celui ou celle qui le lit tant notre époque présente semble faire écho à ces temps en enfer. Pour expliquer l'enchaînement des faits dramatiques, les rouages de ce suicide européen, Kershaw identifie quatre facteurs majeurs : « l'explosion du nationalisme ethnique, la virulence des révisionnismes territoriaux, l'acuité des conflits de classe et la crise prolongée du capitalisme« . C'est un ouvrage majeur qui nous est offert ici avec « L'Europe en enfer 1914-1949 » de Ian Kershaw aux éditions du Seuil, paru en Août 2016. Je vous le recommande.
Lien : https://thedude524.com/2016/..
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LIAZID
  25 décembre 2018
Ian Kershaw résume très bien ce livre : «la seconde guerre, en l'espace d'une génération fut le travail inachevé de la première ».
L'histoire enseignée à l'école est un réel survol rapide des événements, c'est le sentiment que m'a donné ce livre que je conseille de lire attentivement pour enrichir ses bases historiques scolaires. On y découvre une Europe du début du siècle très paradoxale, relativement saine économiquement et socialement et riche d'une culture et d'un siècle des lumières qui l'a prédisposait à un avenir radieux. Malheureusement les haines, les passions, les tensions et l'obstination impérialiste et nationaliste l'ont malheureusement emporté sur tout cet héritage positif et précipité le continent en enfer. Résultat : 2 grandes guerres successives et des millions de morts sur 30 années.
Ce livre a le grand mérite de nous amener à avoir cette réflexion paradoxale. Réflexion que l'on ne peut se faire qu'aujourd'hui grâce au recul de plus d'un demi siècle. Pourtant il doit y avoir une logique à ce paradoxe que Ian Kershaw ne parviens pas à déceler malgré la riche documentation historique qu'il a su rassembler dans cet ouvrage. Nous sommes donc très éloignés des codes humains et politiques de l'époque pour comprendre cette énigme.
Le récit est bien détaillé de toutes les luttes, guerres et insurrections, de l'évolution des nouveaux courants tels qu'eugénisme et darwinisme ainsi que de l'antisémitisme très ancré dans les esprits partout en Europe.
Kershaw, à l'inverse des enseignements scolaires qui laissent une impression focalisée sur l'Allemagne nazie, a pris l'initiative de promener sa loupe historique sur tous les autres états européens, si petits soient-ils, pour nous raconter dans des détails factuels et chiffrées la diversité des affrontements, ce qui donne une épaisseur encore plus effroyable aux évènements notamment, à mon sens, dans la partie Est de l'Europe.
Très bon livre d'histoire !
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
OsmantheOsmanthe   16 septembre 2016
Les Juifs occupaient une place unique dans la panoplie des phobies nazies. Pour Hitler et nombre de ses partisans, les Juifs représentaient un danger qui menaçait l'existence de l'Allemagne. A l'intérieur, ils étaient accusés d'empoisonner sa culture, de miner ses valeurs et de corrompre sa pureté raciale. A l'extérieur, on voyait en eux une puissance internationale nuisible du fait de leur domination présumée sur le capitalisme ploutocratique et le bolchevisme. L'élimination de la puissance juive et de son influence présumée était donc le pivot même de la vision utopique du renouveau national construit sur la pureté raciale.
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AchilleviAchillevi   04 février 2018
En 1918, alors que les quatre années de carnage touchaient à leur fin, l'écrivain autrichien Robert Musil nota cyniquement dans son journal : "On peut ramener la guerre à la formule : on meurt pour ses idéaux, parce que cela ne vaut pas la peine de vivre pour eux."
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CelkanaCelkana   01 septembre 2019
En France aussi, la Dépression intensifia les préjugés contre les femmes. Leur place était à la maison ou à la ferme, en tant que mères et épouses; au mieux devaient-elles faire un "travail de femmes" - de travailleuses sociales ou d'infirmières. La crise s'aggravant, beaucoup de femmes perdirent leur emploi ou virent leurs perspectives de carrières bloquées; mal venues à l'université, elles étaient victimes de discrimination à presque tous les niveaux (notamment en France où on leur refusa le droit de vote jusqu'en 1944).
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AchilleviAchillevi   04 février 2018
Les tirs d'artillerie furent responsables des trois quart des victimes françaises entre 1914 et 1917. A l'époque comme plus tard, les soldats observèrent comme il était facile de tirer à distance sur un ennemi anonyme. Les combats rapprochés - sauter dans les tranchées ennemies pour tuer un homme d'un coup de baïonnette, par exemple - étaient bien plus rares. Au printemps 1917, sur le front ouest, 0,1% seulement des victimes allemandes tombèrent au combat dans des combats corps à corps, et 76% sous les tirs d'artillerie.
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Anne578869Anne578869   01 novembre 2017
Pour beaucoup, la guerre ne finit pas en novembre 1918. Le choc de la défaite, de la révolution et du triomphe du socialisme, la peur panique de la "terreur rouge", nourrie des horreurs rapportées par les réfugiés fuyant la guerre civile alimentèrent une mentalité brutale : tuer et estropier ceux que l'on tenait pour responsable du désastre devint un devoir, une nécessité et un plaisir : un véritable mode de vie.
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Videos de Ian Kershaw (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Ian Kershaw
Entretien avec l'historien Ian Kershaw à la librairie Millepages le 12 octobre 2016.
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