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ISBN : 2246718015
Éditeur : Grasset (27/02/2008)

Note moyenne : 3.12/5 (sur 84 notes)
Résumé :
Il vit à Montréal, il lit Mishima et Basho, il drague des Japonaises, il passe ses journées au café, il projette d'écrire un roman ou de faire un film, mais plus particulièrement un roman ou un film à la manière des maîtres japonais.
C'est ce qu'il raconte à une journaliste japonaise en tournée dans la métropole québécoise, et c'est ainsi que le scandale éclate à Tokyo. Comment peut-on, quand on vit à Montréal, se prendre pour un écrivain et un cinéaste japon... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
Sachenka
  18 novembre 2018
Dany Laferrière s'est permis un petit délire. Dans cette dernière autofiction, il se met en vedette et doit écrire un nouveau roman sans avoir vraiment pensé à son contenu. Il lance un peu au hasard le titre Je suis un écrivain japonais. Et ce n'est pas vraiment une plaisanterie car l'artiste se « considère vraiment comme un écrivain japonais. » (p. 15) Remarque audacieuse et originale venant d'un auteur québécois d'origine haïtienne. À bas les étiquettes ! Dans tous les cas, son éditeur est ravi, ne reste plus qu'à écrive le roman.
Mais qu'est-ce qu'un Japonais ? Qu'est-ce que l'identité littéraire ? Pour y répondre, Laferrière plonge dans sa grande culture, auprès d'auteurs nippons – mais d'autres pays aussi – qui l'ont marqué comme Basho ou Mishima. Mais le roman n'est pas tant philosophique ni intellectuel, c'est écrit sur un ton léger, même humoristique. Par exemple, l'écrivain et son projet de roman attirent la curiosité du consulat japonais de Montréal, il rencontre Midori, une chanteuse d'origine nippone, il veut la séduire et, tant qu'à y être, traine un peu avec sa bande d'amies. En même temps, il est même poursuivi par des fans persistants. C'était rigolo, Laferrière ne se prenant pas trop au sérieux.
Je suis un écrivain japonais est agréable à lire, fluide. Toutefois, par moment, je m'y perdais un peu. Quelle est la ligne directrice, à part ce bouillon de culture japonaise dans lequel Laferrière nous plonge. Ainsi, j'essayais de m'accrocher à ses déambulations et ses réflexions. Ce n'était pas toujours facile mais je me suis laissé emporter et ça m'a suffit.
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bilodoh
  31 octobre 2017
L'autofiction d'un écrivain qui écrit sur l'écriture et sur lui-même.

En fait, on ne sait jamais s'il s'agit de roman ou d'autobiographie, mais le texte est écrit au « je », le personnage principal est écrivain et il écrit un livre intitulé « Je suis un écrivain japonais »…

C'est de l'auteur québécois d'origine haïtienne, il n'a vraiment rien de japonais! Mais son héros veut séduire une Japonaise et trouver un titre vendeur pour son roman.
Mais qu'est-ce qu'un écrivain japonais? Existe-t-il une appellation contrôlée en littérature? Il y a pourtant des auteurs qui placent leurs héros dans un autre pays que le leur, et même dans des pays qui n'existent même pas. Si on peut écrire je suis un « alien » ou un vampire, pourquoi pas un Japonais ?

Le roman joue avec la dérision, le rire de soi et de l'absurdité du monde. Même la jaquette du livre est déroutante, avec un alligator dans un bain (à moins que ce ne soit un crocodile?)

Une lecture qui a ses bons moments grâce à la qualité de l'écriture, mais qui n'a pas fait vibrer de corde sensible. Un divertissement sans conséquences, on peut en attendre davantage d'un académicien…
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Myriam3
  10 juillet 2014
Quel personnage ce Dany Laferrière! Oui, bien sûr, ce ne devrait pas être à partir de ça qu'on fait la critique d'un livre, mais on le devine tellement en filigrane de Je suis Un Ecrivain Japonais!
Il y a beaucoup de choses dont j'ai envie de parler au sujet de cette lecture, et j'espère m'y retrouver.
Commençons par le début: le titre. Ultra important, c'est lui qui lance et dirige tout le livre. Un titre choisi spontanément lors de son rendez-vous avec l'éditeur, dit-il un titre accrocheur, vendeur, choisi par le "titreur le plus rapide d'Amérique", dixit Kurt Vonnegut Junior lui-même.
A partir de là tout va s'enchaîner. Dany Lafferrière nous livre les difficultés, la peine liée à l'écriture. Pour s'inspirer, il nous entraîne à la rencontre du voyageur - écrivain Basho, de Mishima, Murakami attiché dans sa jeunesse d'un assassin, et, bizarrement, de Bjork.
Il crée une bande de jeunes Japonaises dont il imagine, observe et photographie les comportements, tout ça allongé dans son lit. Mais l'une d'elle se rendra ensuite chez lui, y commettra un acte irréparable et le mettra sous la pression de la police.
Et puis surtout ce livre, dont il n'a pas encore écrit une seule ligne, provoque curiosité, inquiétudes, conflits diplomatiques et foudres au Japon où il devient célèbre en l'espace de quelques semaines, parce qu'il se proclame japonais, lui qui est noir et n'a jamais mis les pieds au Japon dont il ne connaît que quelques auteurs et un bon nombre de clichés. Et si ce roman, qu'il n'a pas encore écrit, s'avère mauvais? Que pensera t-on de la littérature japonaise??
Vous n'y comprenez rien? En fait, c'est normal: Dany Lafferrière a le don, dans ce livre, de nous mener par le bout du nez entre ce qui paraît la réalité et qui en fait n'est que fictif.
Mais au fil de ces chapitres presque aussi courts et anecdotiques que ceux de Brautigan - et je ne cite pas ce nom de manière fortuite, puisqu'on le retrouve brièvement ici et que ce récit m'a souvent fait penser à lui - les thèmes que Lafferrière abordent sont loin d'être innocents: exil, identité, racisme, pauvreté, écriture, souvenirs, désir, mort, pressions et impossibilité de l'anonymat.
A y regarder de plus près, on y décèle le jeune Dany nouvellement exilé au Québec pour fuir le régime dictatorial de Papa Doc et les menaces de mort de celui-ci, travaillant d'usines en usines avant d'arrêter pour devenir écrivain, dans le dénuement et la solitude. En fait, le Dany dans le livre n'a pas d'âge, ne possède rien hormis un lit, un bureau, une Remington, une baignoire et de vieilles bottes poussiéreuses mais d'une immense valeur. Est-il un écrivain renommé, menant une vie paisible, ou bien un écrivain qui se cache de tout regard et vit un épisode de grande pauvreté?
Ce livre, qui démarre sur les chapeaux de roue, est selon moi loin d'être anecdotique malgré l'aspect qu'il en donne et l'assoit une fois de plus comme un grand écrivain, vivant de et par l'écriture entre flegme et tourments.
Pour plus d'infos sur l'écrivain, je conseille ce lien: http://www.contacttv.net/i_dossier_recherche.php?id_rubrique=383
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daddidoc
  18 mars 2013
J'ai découvert ce livre, ou plutôt son auteur, Dany Lafferière, tout à fait par hasard, lors d'une chronique littéraire...
J'étais sur la route, et "zappant" de station de radio en station de radio, dans le vain espoir d'échapper aux messages publicitaires déjà entendus mille fois (je passe pas mal de temps en voiture), j'ai entendu cette voix, douce, chaude et pleine de malice. D'entendre, je suis passer à écouter. Et quel bonheur d'entendre un auteur raconter son histoire, donner des pistes sur ses sources d'inspiration, partager, tout simplement, son bonheur d'écrire !
Et la critique de ce livre, me direz-vous ? J'y viens. Notant dans un coin de ma tête le nom de l'artiste, qui semblait l'être, du moins, à son écoute, je décidais de découvrir son univers. Et ce fut chose faîte, par l'intermédiaire de ce petit livre.
"Je suis un écrivain japonais" se lit, justement, comme on déguste des sushis, par petites bouchées, tant les chapitres qui composent ce livre sont courts. Mais nous n'en restons pas pour autant sur notre faim, et chaque bouchée en appelle une autre, ce qui fait que l'ouvrage est dévoré en un rien de temps ! Et quel plaisir, que de partager cette aventure pour le moins rocambolesque, de cet auteur qui décide, tout d'un coup, de s'autoproclamer japonais, alors qu'il ne l'est nullement. Et de le suivre dans son parcours d' "écriture".
La galerie des personnages rencontrés est tout à l'avenant : un régal.
Bonne dégustation !!
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NicoleGiroud
  07 juillet 2014
L'éditeur s'impatiente : où en est l'auteur de son livre ? Nulle part mais l'auteur titre plus vite que son ombre, ce sera Je suis un écrivain japonais. Pourquoi un écrivain japonais ? Question subtile pour un écrivain caribéen qui se revendique avant tout comme écrivain, adoptant la façon de penser de son lecteur et sa nationalité comme un caméléon .
Tout s'embraie avec subtilité et humour : comment connaître le Japon où il n'a jamais mis les pieds ? Grâce à sa littérature, bien sûr. Il y a eu Mishima pendant l'adolescence, maintenant c'est Basho, – La Route étroite vers les districts du nord –, dans une traduction de Nicolas Bouvier. Un voyageur japonais du XVIIe siècle traduit par un voyageur suisse du XXe siècle lui-même auteur des Chroniques japonaises pour aider quelqu'un ne quittant guère son lit ou sa baignoire.
On voyage dans le temps et l'espace en compagnie du poète japonais et de son traducteur dans ce texte qui nous promène autour de la littérature en train de se faire, de la notion relative de la réalité pour un écrivain, de ses ficelles qui finissent par faire une corde d'où le livre finira par se hisser à la force des coïncidences et autres rencontres de l'imagination.
Parfois cela tourne au délire, avec les Japonais intéressés par ce non-livre qui n'est pas en train d'être écrit par un noir (racisme, racisme…) qui affirme : Je suis un écrivain japonais. Les Japonais adorent être à la pointe de la modernité. Et voilà messieurs Mishima et Tanizaki, membres du consulat du Japon en train de pister notre écrivain, mais aussi Platon et Hélène de Troie, la fille du concierge, et surtout le groupe de jeunes japonaises un peu suicidaires qui gravitent autour de la chanteuse Midori. le dit groupe reprenant un petit film que l'auteur a commis, manière de rappeler que la matière première d'un romancier est la vie-même, que tout se recycle dans la création.
Las, comment être noir sans éprouver d'angoisse vis à vis de la police ? les vilains policiers arrivent, bien sûr, dans cette histoire où on ne sait plus où l'on se trouve, sinon que l'écrivain nous balade, même quand il prend un bain, ce qui lui arrive souvent. Il y a aussi un tueur réservé qui offre à l'écrivain les bottes et le livre d'un autre écrivain.
Quelle belle leçon de littérature !
Mais est-ce vraiment un roman ? Probablement pas. Je dirai plutôt une fabrique de littérature, un atelier où on nous présente les outils et le matériau de la création, les savoir-faire et les difficultés. Sans aggraver les souffrances de l'auteur, les affres de la création ne semblent pas trop douloureuses...
lEt alors, me direz-vous, est-ce qu'il le termine, ce roman ? Lisez-le, vous verrez bien.
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Citations et extraits (29) Voir plus Ajouter une citation
SachenkaSachenka   20 novembre 2018
Je suis étonné de constater l'attention qu'on accorde à l'origine de l'écrivain. Car, pour moi, Mishima était mon voisin. Je rapatriais, sans y prendre garde, tous les écrivains que je lisais à l'époque. Tous. Flaubert, Goethe, Whitman, Shakespeare, Lope de Vega, Cervantès, Kipling, Senghor, Césaire, Roumain, Amado, Diderot, tous vivaient dans le même village que moi. Sinon que faisaient-ils dans ma chambre? Quand, des années plus tard, je suis devenu moi-même écrivain et qu'on me fit la question : «Êtes-vous un écrivain haïtien, caribéen ou francophone?» je répondis que je prenais la nationalité de mon lecteur. Ce qui veut dire que quand un Japonais me lit, je deviens immédiatement un écrivain japonais.
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NicoleGiroudNicoleGiroud   07 juillet 2014
Couché, je feuillette les magazines en notant des scènes et des noms dont j’aime la graphie et la musique. J’ai fini par aligner : Eiko, Hideko, Fumi, Noriko, Tomo, Haruki et Takashi (…) C’est à ce moment-là que j’ai commencé à monter la petite cour autour de Midori. Un roman rêvé. Tout se passe derrière mes paupières au moment de la sieste. Tout allait bien jusqu’à ce que j’aie commencé à penser que quelqu’un devait mourir. Pourquoi ? Aucune raison particulière. Ça roulait trop bien. Il me fallait intervenir pour briser le rythme afin de faire mienne cette histoire. Toujours s’approprier l’histoire. Pour que la littérature existe vraiment, il faudrait que les livres soient anonymes. Pas d’ego, plus d’intervention personnelle. Vous verrez. Alors j’ai sorti Noriko du groupe. Maintenant il faut faire face à la question du temps. La question fondamentale pour un roman. Pour la vie d’un individu aussi. Quand va-t-on mourir ? (…) Moi, je sais quand Noriko va mourir, mais je ne dois rien laisser paraître. Pour obéir à la règle du suspense. (…) Il suffit, je crois, de veiller à un certain équilibre. Je vois de mieux en mieux l’histoire, ce qui manque, c’est une perspective. Une bonne raison d’écrire un tel livre. Je me demande à quoi tout ça rime. Et pourquoi toute cette agitation ? On s’agite dans le livre, et on s’agite hors du livre. Pourtant, je n’ai pas bougé du divan.
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tamara29tamara29   05 juillet 2015
Je savais que la littérature comptait pour du beurre dans le nouvel ordre mondial. Il n'y a que les dictateurs du Tiers-Monde qui prennent les écrivains au sérieux en les faisant régulièrement emprisonner, ou fusiller même.
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Myriam3Myriam3   11 juillet 2014
Et c'était aussi un écrivain très délicat et légèrement délirant. Il écrivait comme il pêchait. Il se plantait au milieu du livre et ne bougeait plus. De temps en temps, on sentait un léger frémissement. Un poisson venait de mordre à l'hameçon. Le problème c'est qu'on ne voyait jamais le poisson. Il s'arrangeait pour le laisser filer en douce... [ ...] Et j'ai déposé sur la table, les vieilles bottes de co-boy de l'auteur de Tokyo-Montana Express.
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Myriam3Myriam3   06 juillet 2014
Tout va mal depuis que l'heure de la sieste a disparu de notre cadran solaire. La machine humaine n'est pas faite pour tenir debout et alerte pendant dix-huit heures consécutives. Un temps de repos est nécessaire. la société industrielle a éliminé la sieste tout en poussant la machine à fond de train. Pour tenir, on se dope. Toutes sortes de drogues.
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Videos de Dany Laferrière (83) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Dany Laferrière
Il est le plus haïtien des Canadiens et le plus québécois des Académiciens français ! Dany Laferrière relève le défi du grand entretien et l?on peut s?attendre à ce qu?on ne s?ennuie pas au cours de cette soirée? Car ce spécialiste mondial de la sieste, qui n?aime rien tant que lire ses auteurs favoris confortablement installé dans sa baignoire et enseigner « l?art de regarder ailleurs », sait capter comme personne le monde tel qu?il va. Son éclectisme est sans limite, sa curiosité aussi : « Pour devenir écrivain, dit-il, le caractère est plus important que le talent ».
Né en 1953 à Haïti, Dany Laferrière quitte son pays natal pour l?Amérique du Nord en raison de la situation politique. En 1985, il publie Comment faire l?amour à un nègre sans se fatiguer, qui le révèle au public. Ce livre, comme d?autres (Le Goût des jeunes filles, Vers le sud?), sera adapté au cinéma. Les neuf romans qui vont suivre forment ce que Dany Laferrière appelle « une autobiographie américaine ». En 2009, il obtient le prix Médicis pour L?Énigme du retour où il raconte sa relation à Haïti après trente ans d?exil. Il vient de faire paraître un incroyable roman dessiné dont il signe les illustrations et calligraphie les textes, Autoportrait de Paris avec chat. Son narrateur (qui lui ressemble) y déambule dans Paris, une ville de littérature devenue espace de fiction où Borges converse avec Montaigne et Villon rappe avec Doc Gynéco?
Accompagné par son éditrice, Laure Leroy, celui qui écrivait en 2015 dans son discours de réception à l?Académie française « C?est un étrange animal que celui qui vit hors de sa terre natale. Sa condition d?exilé lui permet d?ourdir une littérature qui n?est ni tout à fait de là-bas, ni tout à fait d?ici, et c?est là tout son intérêt » pourrait bien ce soir nous offrir une grande leçon de vie et de littérature.
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