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EAN : 9782130807384
132 pages
Éditeur : Presses Universitaires de France (31/01/2018)
  Existe en édition audio
3.7/5   128 notes
Résumé :
Les idées exposées dans cet ouvrage, publié en 1895, semblèrent alors fort paradoxales. Ce texte est devenu un classique, traduit dans de nombreuses langues, dont la lecture et l'étude sont toujours d'actualité et font partie de la formation de toutes les nouvelles générations de jeunes sociologues.
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
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Unvola
  22 août 2020
Dans cet Essai fort célèbre et visionnaire de Gustave le Bon écrit en 1895, l'auteur analyse et préfigure les phénomènes de masse qui se produiront tout au long du 20ème siècle. Il propose sa démonstration à travers une foultitude d'exemples historiques concrets, et présente le thème général de la manière suivante, page 3 :
« Les foules organisées ont toujours joué un rôle considérable dans la vie des peuples ; mais ce rôle n'a jamais été aussi important qu'aujourd'hui. L'action inconsciente des foules se substituant à l'activité consciente des individus est une des principales caractéristiques de l'âge actuel. »
En effet, dans une foule, l'intelligence individuelle disparaît pour laisser place à des sentiments exacerbés, parfois positifs, mais plus souvent…, négatifs : une foule peut devenir salvatrice, ou extrêmement criminogène. La foule est une sorte de « melting-pot » de gens, quels que soient : leur condition sociale, leur sexe, leur profession, etc..
Puis, la « personnalité consciente » de chaque individu s'évanouit au profit de sentiments globaux, convergents dans une seule et même direction. Il s'instaure alors une sorte d' »âme » collective, nommée par Gustave le Bon : la « Foule Psychologique », érigée en une seule et unique entité, qui plus est, soumise à la « loi de l'unité mentale des foules ».
La disparition de la « personnalité consciente » intervient la plupart du temps, lorsque les individus sont réunis en un seul lieu. Mais parfois, des milliers d'individus peuvent, dans le cas d'une émotion collective violente comme un grand drame national, être soumis aux mêmes critères que ceux de la « foule psychologique ».
En revanche, ce n'est pas parce que des centaines de personnes sont assemblées en un même point, que cela devient forcément une « foule psychologique ».
Il faut que des critères spécifiques et communs à tous les individus, prédominent dans cette foule, pour la muter en une « foule psychologique ».
Le plus surprenant pour Gustave le Bon, se situe dans le fait qu'une foule composée de personnes totalement hétérogènes du point de vue du caractère, de l'intelligence, du mode de vie, etc., peut dans le cadre d'une « foule psychologique » posséder une « âme » unique et commune à tous, mais de manière uniquement temporaire puisque l'état du passage au stade de la « foule psychologique » n'est par définition, que provisoire.
Cette foule est alors transformée en un être unique, comme composée de « cellules » soudées entre elles, formant un être nouveau, alors que chaque « cellule » hétérogène séparément, possède ses propres caractéristiques.
On peut alors parler d'alchimie de la foule, page 12 :
« Dans l'âme collective, les aptitudes intellectuelles des individus, et par conséquent leur individualité, s'effacent. L'hétérogène se noie dans l'homogène, et les qualités inconscientes dominent.
C'est justement cette mise en commun de qualités ordinaires qui nous explique pourquoi les foules ne sauraient jamais accomplir d'actes exigeant une intelligence élevée. Les décisions d'intérêt général prises par une assemblée d'hommes distingués, mais de spécialités différentes, ne sont pas sensiblement supérieures aux décisions que prendrait une réunion d'imbéciles. Ils ne peuvent mettre en commun en effet que ces qualités médiocres que tout le monde possède. Dans les foules, c'est la bêtise et non l'esprit, qui s'accumule. Ce n'est pas tout le monde, comme on le répète si souvent, qui a plus d'esprit que Voltaire, c'est certainement Voltaire qui a plus d'esprit que tout le monde, si par « tout le monde », il faut entendre les foules. »
Plusieurs critères donc, caractérisent le phénomène de foule :
1 / le plus évident, celui qui vient immédiatement à l'esprit, est celui lié au nombre important d'individus qui composent une foule. Cette dernière donne à l'individu : un sentiment d'invincibilité, renforcé par le fait que l'anonymat de cette foule procure également un sentiment individuel d'irresponsabilité. L'individu « noyé » ainsi dans la foule peut alors développer ses instincts les plus vils, chose qu'il ne se permettrait pas, s'il était seul.
2 / Ensuite, le critère de la contagion : dans une foule l'individu sacrifie aisément son intérêt personnel, à l'intérêt collectif.
3 / Puis, le critère de la suggestibilité : En d'autres termes, l'individu en foule est particulièrement influençable, d'où le principe de contagion. L'individu est comme hypnotisé par le phénomène de foule, sa conscience, sa volonté et son discernement sont annihilés.
L'homme cultivé peut redevenir instinctif, voire barbare dans le cadre d'une foule, ou bien il peut devenir héroïque et enthousiaste. Bref, souvent dans le cadre d'une foule, ce sont les instincts primitifs extrêmes qui dominent chez l'individu, et non : la Pensée, la raison ou l'analyse objective.
L'épisode le plus important, le plus proche de la période dans laquelle vivait Gustave le Bon, fut celui de la Révolution Française.
Car en effet, tout au long de cette dernière, il y eut à la fois de la violence impulsive produite par la foule que formait le Peuple, puis à partir de 1792, la Terreur de masse organisée, sous la Terreur Jacobine de Robespierre.
Un phénomène fort bien décrit dans l'excellent ouvrage de Patrice Gueniffey La politique de la Terreur : Essai sur la violence révolutionnaire, 1789-1794, et également ici par Gustave le Bon, pages 13 et 14 :
« Pris séparément, les hommes de la Convention étaient des bourgeois éclairés, aux habitudes pacifiques. Réunis en foule, ils n'hésitaient pas à approuver les propositions les plus féroces, à envoyer à la guillotine les individus les plus manifestement innocents ; et, contrairement à tous leurs intérêts, à renoncer à leur inviolabilité et à se décimer eux-mêmes.
Et ce n'est pas seulement par ses actes que l'individu en foule diffère essentiellement de lui-même. Avant même qu'il ait perdu toute indépendance, ses idées et ses sentiments se son transformés, et la transformation est profonde au point de changer l'avare en prodigue, le sceptique en croyant, l'honnête homme en criminel, le poltron en héros. La renonciation à tous ses privilèges que, dans un moment d'enthousiasme, la noblesse vota pendant la fameuse nuit du 4 août 1789, n'eût certes jamais été acceptée par aucun de ses membres pris isolément.
Concluons de ce qui précède, que la foule est toujours intellectuellement inférieure à l'homme isolé, mais que, au point de vue des sentiments et des actes que ces sentiments provoquent, elle peut, suivant les circonstances, être meilleure ou pire. Tout dépend de la façon dont la foule est suggestionnée. »
Voyons à présent, les principales caractéristiques des foules : elles sont héritables et impulsives, dépourvues de tout sens critique, soumises également à l'hallucination collective et à la capacité d'un seul individu par « voie de contagion » à suggestionner tout un groupe.
Une autre caractéristique de la foule : elle est autoritaire et intolérante. Les foules sont souvent plus subjuguées par l'autoritarisme des tyrans qui les oppriment, que par des personnages débonnaires.
Gustave le Bon précise également que les foules sont peu soumises à l'instinct Révolutionnaire, mais plus à des explosions de révoltes éphémères, pour finalement se laisser asservir par un despote. Car les foules sont trop impulsives pour être capables de moralité.
L'Histoire nous le montre, à travers de nombreux exemples, page 24 :
« Que de foules se sont fait héroïquement massacrer pour des croyances, des idées et des mots qu'elles comprenaient à peine. Les foules qui font des grèves les font bien plus pour obéir à un mot d'ordre que pour obtenir une augmentation du maigre salaire dont elles se contentent. L'intérêt personnel est bien rarement un mobile puissant chez les foules, alors qu'il est le mobile à peu près exclusif de l'individu isolé. Ce n'est certes pas l'intérêt qui a guidé les foules dans tant de guerres, incompréhensibles le plus souvent pour leur intelligence, et où elles se sont laissé aussi facilement massacrer que les alouettes hypnotisées par le miroir que manoeuvre le chasseur. »
A ce stade de l'ouvrage, l'auteur présente une limpide synthèse du caractère global d'une foule, page 31 :
« Nous avons montré que les foules ne raisonnent pas ; qu'elles admettent ou rejettent les idées en bloc ; ne supportent ni discussion, ni contradiction, et que les suggestions agissant sur elles envahissent entièrement le champ de leur entendement et tendent aussitôt à se transformer en actes. Nous avons montré que les foules convenablement suggestionnées sont prêtes à se sacrifier pour l'idéal qui leur a été suggéré. Nous avons vu aussi qu'elles ne connaissent que les sentiments violents et extrêmes, que, chez elles, la sympathie devient vite adoration, et qu'à peine née l'antipathie se transforme en haine. Ces indications générales permettent déjà de pressentir la nature de leurs convictions. »
Gustave le Bon montre que les foules idolâtres facilement des personnages charismatiques, d'abord page 30 :
« C'est sur l'imagination populaire qu'est fondée la puissance des conquérants et la force des États. C'est surtout en agissant sur elle qu'on entraîne les foules. Tous les grands faits historiques, la création du Bouddhisme, du Christianisme, de l'Islamisme, la Réforme, la Révolution, et, de nos jours, l'invasion menaçante du Socialisme, sont les conséquences directes ou lointaines d'impressions fortes produites sur l'imagination des foules.
Aussi, tous les grands hommes d'État de tous les âges et de tous les pays, y compris les plus absolus despotes, ont-ils considéré l'imagination populaire comme la base de leur puissance, et jamais ils n'ont essayé de gouverner contre elle. « C'est en me faisant catholique, disait Napoléon au Conseil d'État, que j'ai fini la guerre de Vendée ; en me faisant musulman que je me suis établi en Égypte, en me faisant ultramontain que j'ai gagné les prêtres en Italie. Si je gouvernais un peuple de Juifs, je rétablirais le temple de Salomon ». »
Puis également, pages 31 et 32 :
« Les convictions des foules revêtent ces caractères de soumission aveugle, d'intolérance farouche, de besoin de propagande violente qui sont inhérents au sentiment religieux ; et c'est pourquoi on peut dire que toutes leurs croyances ont une forme religieuse. le héros que la foule acclame est véritablement un dieu pour elle. Napoléon le fut pendant quinze ans, et jamais divinité n'eut de plus parfaits adorateurs. Aucune n'envoya plus facilement les hommes à la mort. Les dieux du paganisme et du christianisme n'exercèrent jamais un empire plus absolu sur les âmes qu'ils avaient conquises.
Tous les fondateurs de croyances religieuses ou politiques ne les ont fondées que parce qu'ils ont su imposer aux foules ces sentiments de fanatisme qui font que l'homme trouve son bonheur dans l'adoration et l'obéissance et est prêt à donner sa vie pour son idole. Il en a été ainsi à toutes les époques. »
Gustave le Bon nous livre donc de célèbres exemples de foules sanguinaires, telles que sous : La Réforme, la Saint-Barthélemy, les guerres de religion, l'Inquisition, la Terreur sous la Révolution Française, animées par un sentiment « religieux » conduisant à massacrer des innocents, pour faire émerger une nouvelle croyance. Les foules engendrent ces massacres, dirigées qu'elles sont, par des tyrans qui les animent.
L'auteur, finalement, se pose la question de savoir s'il est bon ou mauvais, que les foules ne soient pas guidées par la raison, page 50 :
« Faut-il regretter que ce ne soit jamais la raison qui guide les foules ? Nous n'oserions le dire. La raison humaine n'eût pas réussi sans doute à entraîner l'humanité dans les voies de la civilisation avec l'ardeur et la hardiesse dont l'ont soulevée ses chimères. Filles de l'inconscient qui nous mène, ces chimères étaient sans doute nécessaires. »
Puis, Gustave le Bon analyse le rapport entre le chef et la foule, la façon dont le maître transforme une foule hétérogène en une organisation sectaire, un « troupeau servile » ne pouvant se passer de son despote.
Le chef est d'abord lui-même imprégné par l'IDEE, et dès lors, il incarne le rôle du prescripteur.
Généralement, ces chefs sont plus des hommes d'action que de Pensée, des illuminés d'une très grande persuasion. le meneur de foule use du mécanisme de répétition pour conditionner sont auditoire.
De même, une foule peut avoir un effet d'imitation ou de contagion sur d'autres foules, comme dans le cas d'une Révolution qui prend forme dans un pays, puis dans d'autres pays (comme actuellement avec les « Révolutions Arabes »).
Gustave le Bon, lui, prend l'exemple de la Révolution de 1848 qui s'étendit sur une grande partie de l'Europe et qui fit vaciller plusieurs Monarchies.
Autres exemples de grands meneurs de foules : Bouddha, Jésus, Mahomet, Jeanne d'Arc, Napoléon, dont l'auteur décrit l'immense fascination qu'ils engendraient auprès des personnes qu'ils côtoyaient.
Le 20ème siècle fut lui aussi largement pourvu en grands meneurs de foules, soit à vocations démocratiques, comme : Nelson Mandela, Winston Churchill, Le Dalaï Lama, le général De Gaulle, etc., soit, tragiquement, de nombreux autres à destinations dictatoriales ou Totalitaires, comme : Lénine, Trotski, Staline, Mussolini, Hitler, Mao Zedong, Pol Pot, Ceausescu, Hô Chi Minh, Kim Il-Sung et Kim Jong-Il, Castro, Pinochet, Ben Laden…, et la liste est encore tristement interminable…
Ensuite Gustave le Bon nous présente ce qu'il nomme les « croyances générales », ce que l'on appellerait certainement de nos jours, l'IDEOLOGIE, qui doit être appliquée inconditionnellement, page 63 :
« Les croyances générales sont les supports nécessaires des civilisations ; elles impriment une orientation aux idées. Elles seules peuvent inspirer la foi et créer le devoir.
Les peuples ont toujours senti l'utilité d'acquérir des croyances générales, et compris d'instinct que la disparition de celles-ci devait marquer pour eux l'heure de la décadence.
(…) Ce n'est donc pas sans cause que les peuples ont toujours défendu leurs convictions avec intolérance. Cette intolérance, si critiquable au point de vue philosophique, représente dans la vie des peuples la plus nécessaire des vertus. C'est pour fonder ou maintenir des croyances générales que le moyen âge a élevé tant de bûchers, que tant d'inventeurs et de novateurs sont morts dans le désespoir quand ils évitaient les supplices. C'est pour les défendre que le monde a été tant de fois bouleversé, que tant de millions d'hommes sont morts sur les champs de bataille, et y mourront encore. »
Gustave le Bon distingue les différentes catégories de foules :
– Les foules hétérogènes, composées d'individus divers ;
– Les foules homogènes : les sectes, les castes, les classes, etc. ;
– Les foules électorales ;
– Les foules des Jurés de cour d'assises ;
– Les foules parlementaires ;
– Les foules dites criminelles qui la plupart du temps, sont menées par des dogmes nommés par l'auteur : des « suggestions puissantes ». Les individus sont persuadés d'accomplir une mission. Gustave le Bon reprend le célèbre exemple du meurtre du gouverneur de la Bastille le 14 juillet 1789, Monsieur de Launay, pages 70 et 71 :
« Après la prise de cette forteresse, le gouverneur, entouré d'une foule très excitée, recevait des coups de tous côtés. On proposait de le pendre, de lui couper la tête, ou de l'attacher à la queue d'un cheval. En se débattant, il donna par mégarde un coup de pied à l'un des assistants. Quelqu'un proposa, et sa suggestion fut acclamée aussitôt par la foule, que l'individu atteint par le coup de pied coupât le cou au gouverneur.
« Celui-ci, cuisinier sans place, demi-badaud qui est allé à la Bastille pour voir ce qui s'y passait, juge que, puisque tel est l'avis général, l'action est patriotique, et croit même mériter une médaille en détruisant un monstre. Avec un sabre qu'on lui prête, il frappe sur le col nu ; mais le sabre mal affilé ne coupant pas, il tire de sa poche un petit couteau à manche noir et (comme, en sa qualité de cuisinier, il sait travailler les viandes) il achève heureusement l'opération. »
On voit clairement ici le mécanisme indiqué plus haut. Obéissant à une suggestion d'autant plus puissante qu'elle est collective, conviction chez le meurtrier qu'il a commis un acte fort méritoire, et conviction d'autant plus naturelle qu'il a pour lui l'approbation unanime de ses concitoyens. Un acte semblable peut être légalement, mais non psychologiquement, qualifié de criminel. »
Gustave le Bon continue sa démonstration à travers le terrifiant exemple, toujours lors de la Révolution Française, du massacre de masse perpétré par les « septembriseurs » en 1792.
En conclusion, cet Essai incontournable possède un réel caractère visionnaire, car nous retrouvons ce phénomène de « foules psychologiques » décrit ici par Gustave le Bon, tout au long du 20ème siècle.
Depuis le début de l'Histoire de l'Humanité, les Peuples alternent invariablement entre barbarie et civilisation. Dans ce passionnant ouvrage datant de 1895, Gustave le Bon utilise les exemples les plus proches et les plus marquants de l'Histoire de France, comme : les guerres de religion, évidemment la Révolution Française, l'Empire Napoléonien, etc., pour construire son Essai sur les « foules psychologiques » ou l' »âme des foules ».
L'Histoire du 20ème siècle a tragiquement confirmé la thèse de Gustave le Bon, consistant à se méfier du phénomène que sont les foules.
Car en effet, il s'est produit dans le 20ème siècle, les plus gigantesques Crimes contre l'Humanité et Génocides, de toute l'Histoire de l'Humanité.
Nous avons vu que certains meneurs ont contribué positivement au développement de notre civilisation, pendant que d'autres s'acharnaient sauvagement à manipuler l' »âme des foules » avec un machiavélisme effroyable.
Alors, nôtre 21ème siècle continuera-t-il cette inlassable oscillation entre barbarie et civilisation ?
Cela dépendra en grande partie de la sagesse ou non des Peuples, des FOULES, possibles bras armés, de tyrans assoiffés de Pensée Unique et de Pouvoir Absolu !
Lien : https://totalitarismes.wordp..
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Sly
  14 mars 2013
Une lecture vraiment intéressante !
Ecrit en 1895, la première chose qui m'a frappé, est que l'étude qui y est faîte est totalement d'actualité. Au fil des pages et des réflexions de l'auteur, je me suis mis à vérifier ces idées en les transposant à ce qu'il ce passe actuellement. Et là, j'ai pris un claque. Incroyable, voilà qu'un livre nous montrant un grand nombre de nos erreurs commises et qui explique comment fonctionne la mutation des sociétés et qu'à priori personne n'a eu l'idée d'utiliser pour améliorer notre société.
La foule abaisse irrémédiablement le niveau intellectuel de ses membres, et les rapproches de leurs instincts primaires. C'est un fait, le contester au regard de l'histoire est inutile. de plus, il est très difficile de manipuler un homme, mais mettez le dans une foule, dans un contexte qui va permettre de l'associer à d'autres personnes et là il va se transformer en mouton et vous pourrez en faire ce que vous voulez, si vous contrôlez l'ensemble du groupe. Et voilà que nous faisons en sorte que les personnes qui dirigent les pays se regroupe en parlement, que ceux qui votes les lois se regroupe dans des sénats faisant fi de leur qualité intellectuel individuel pour aboutir une intelligence collective moindre.
Les révolutions sont utiles parce qu'elles préparent la société à évoluer, mais il faut bien comprendre que pour que la société évolue, il faut que les membres qui la compose aient fait évoluer leur mentalité. Les révolutions sont éphémères, leurs effets aussi si la société n'est pas prête. Inévitablement, la seule chose qui permette l'évolution des mentalités et des sociétés, c'est le temps.
Qui contrôle les foules, gouverne le monde ! Mais attention à la chute lorsque la foule ne croit plus en vous.
La lecture fut très intéressante et enrichissante, et reste très accessible dans ses termes. En refermant le livre, je me suis poser cette question « Pourquoi ce livre est si peu connu ? Existe-t-il beaucoup de livres comme celui-ci qui nous donnent des clés et que nous n'utilisons pas ? »
Un livre qu'un plus grand nombre devrait prendre le temps de lire, afin qu'il leur ouvre les yeux.
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Enroute
  09 août 2019
Gustave le Bon maîtrise son sujet : il s'agit de démontrer la manière dont on convainc par le discours un grand nombre d'individus anonymes. Quoi de mieux que de le réaliser dans un livre ?...
Bon, à partir de là, on peut s'amuser à étudier la méthode de le Bon, qui reprend ce qu'il en révèle effectivement : il faut d'abord un meneur, quelqu'un qui fasse autorité, comme par exemple un auteur ; il s'agit ensuite de répéter souvent la même chose, par exemple que les foules agissent sans raison, sont animées par des forces qui les dépassent, comme par exemple la race, ou qu'elle est capable du meilleur comme du pire ; puis de posséder pour le mener un certain prestige, comme d'être un sociologue reconnu, où l'on peut se demander si on n'acquiert pas aussi du prestige par la capacité qu'on vous reconnaît d'avoir convaincu, le tout formant un cercle ; d'user de mots qui séduisent les ensembles visés, comme par exemple liberté et démocratie, mais on pourrait aussi penser à foule, race, peuple, religion, pourquoi pas ; de faire image, les mêmes mots reviennent à l'occasion ; d'avoir plus de volonté et d'autorité que les autres qui se laisseront conduire, tiens c'est le cas du lecteur qui se place volontiers sous l'autorité de l'auteur. A ce tarif, qui sont donc réalisées dans un livre, comme par exemple celui-ci, on peut donc faire croire toutes sortes de choses.
Par exemple qu'à traquer l'illusion et le faux, la foule ne se rendrait pas compte que le vrai et le réel ont disparu. Et oui, dans ce livre, "toute croyance généralisée n'étant guère qu'une fiction ne saurait subsister qu'à la condition d'échapper à l'expérience" ; donc ce qui échappe à l'expérience est une fiction. On en déduit que la mort, la vie, la conscience... on apprend aussi que "les peuples ont toujours senti l'utilité d'acquérir des croyances générales" ; les fictions sont donc "utiles"... Ah ça se complique alors sur ce qu'est la vérité... mais donc aussi sur l'illusion, celle dans laquelle évolue la foule, qui n'est plus douée de raison !... Quant à se demander ce que peut être un "peuple" qui ne partagerait rien, on pourrait penser que la phrase est une tautologie... mais faisons-nous l'"expérience" du "peuple", ne serait-ce pas une croyance généralisée ?...
On pourrait se dire alors que ce qui axe le vrai, ce serait la volonté, puisque le meneur est doué surtout de volonté, mais non car : "un peuple n'a donc nullement le pouvoir de changer réellement ses institutions", c'est le temps qui agit, par des petites modifications incessantes contre lesquelles on ne peut rien, l'expérience montrant qu'"on ne refait pas une société de toutes pièces sur les indications de la raison pure". Donc finalement, le vrai, si ce ne sont pas les croyances partagées qui sont des fictions, si ce n'est pas la volonté qui induit en erreur, si ce n'est pas la raison pure ni l'imagination débordante et irrationnelle des foules, ce serait quelque chose comme l'huître ou le bigorneau, un être qui est assuré de ne pas vivre dans l'illusion ou la frénésie de la foule, puisqu'il ne pense pas, ne croit rien, ne fait que des expériences réelles, quand bien même il ne le sait pas...
C'est qu'en effet, la foule, c'est le nombre : la révolution bien sûr, mais aussi la rue, le corps électoral, et même, accrochons-nous bien, les assemblées parlementaires, les jurés des cours d'assises ! Tous ces gens qui agissent, donc, hallucinés, sous l'autorité d'un seul, selon les premiers chapitres :-) On ne sait plus faire ici la différence entre la "foule ordinaire" et la "foule organisée", toujours dans le cas où un juré, une assemblée, un corps électoral forme une foule naturellement.
On peut même, quand on maîtrise bien son sujet, l'introduire en évoquant l'urgence du temps présent "l'ère des foules", celle de "l'époque actuelle [qui] constitue un des moments critiques", appuyer cette singularité sur la disparition des religions (p.1), et, au cours du discours, mélanger Napoléon et Jésus-Christ, César et Boudda. C'est donc l'ère des foules, c'est-à-dire l'ère de l'humanité sans doute, l'éternité, quoi.
Voilà. Avec cela, on a bien compris comment enfumer les autres et on est au moins deux à être d'accord, l'auteur et le lecteur, car le lecteur ne saurait manquer de raisonner par soi-même sur la base de ces généreux discours qui dénoncent et créent l'émotion sur la bêtise des autres (serait-ce la seule vérité qui soit ? j'en suis pour ma part persuadé, Gustave est d'accord - mais être deux à croire la même chose, est-ce que ce n'est pas déjà former une foule ? (p.10) aïe, méfions-nous). En revanche, si on sait très bien quoi et qui dénoncer (à peu près l'humanité depuis le premier homme - ou la première femme, bien sûr, qui, sans doute, n'était pas plus fine, faut pas pousser), on ne sait plus très bien où se trouverait la manière dont s'assurer qu'on est dans le vrai, le juste, le raisonné, le légitime, le pur, c'est cela surtout qui compte, ne pas vivre dans l'illusion, sinon à se convaincre soi-même qu'on en sait plus que les autres... Ah, c'est là qu'on en revient à une croyance très profonde de l'individu, sa propre supériorité, mais je l'ai dit je suis sûr pour ma part que c'est vrai, qu'il faut peut-être justement tenter de dépasser pour lui éviter de se prendre pour un futur meneur (mais qu'est-ce que je dis, j'espère que je ne donne pas l'impression d'en savoir plus que les autres au moins ! je m'en voudrais de devenir meneur), au risque de créer un nivellement commun de croyances qui va mener à une foule anonyme irraisonnée, que peut-être quelques pensées individuelles vont percer avant qu'à nouveau un nivellement se fasse, tout cela est sans fin.
Le Bon possède donc très bien son sujet puisqu'on en est encore à faire des commentaires un siècle après et qu'il faut reconnaître que son essai engage un grand nombre de réflexions tout au long de sa lecture qui se présente comme un excellent traité de théorie littéraire, et on a surtout appris sur la manière dont convaincre autrui plus que sur une vérité réelle du monde concret (qui si ça se trouve n'est qu'une fiction). J'espère que personne n'est d'accord avec moi, je crains trop d'avoir achoppé à penser par moi-même et d'avoir engagé la création d'une irrationnelle foule. Pensez par vous-même mais je ne sais plus ce que cela veut dire, je préfère dire comme vous.
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Chrichrilecture
  08 février 2017
A oublier
De nos jours ce roman n'a pas d'intérêt, il est écrit dans un vieux français. Il n'y a aucune ponctuation. Encore un roman à ne pas faire lire aux jeunes pour ne pas les dégoutter de la lecture.
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Luniver
  08 février 2012
Bien que se présentant comme une étude scientifique, l'écrit de Gustave le Bon est bien plus proche de l'essai que de la démonstration rigoureuse : ses affirmations sont présentées sans preuve, il ne fait référence qu'à d'autres livres qu'il a lui-même écrit. Il se permet également des petits détours par d'autres thèmes, l'enseignement en France et le meilleur (ou le moins pire) mode de scrutin par exemple. Même s'il prétend avoir laissé de côté les dogmes de son époque, ses idées sont aussi biens de son siècle ("[...]l'impulsivité, l'irritabilité, l'incapacité de raisonner, l'absence de jugement et d'esprit critique, l'exagération des sentiments, et d'autres encore, que l'on observe également chez les êtres appartenant à des formes inférieures d'évolution, tels que la femme, le sauvage et l'enfant[...]"). Il parle fréquemment de "races", même si j'ai eu le sentiment que ce terme n'était pas spécialement péjoratif, et a la même signification que le mot "culture" à l'heure actuelle. Ses opinions personnelles transparaissent aussi nettement: le socialisme est une dangereuse utopie basée sur du vent, les foules anglaises sont bien plus posées et réfléchies que les foules latines, notamment.
Malgré ces petits défauts, la lecture est saisissante : le livre fourmille d'idées, le style clair et concis nous entraîne tout au long de l'exposé. Les réflexions sont sensées, les exemples pertinants. On ne peut pas s'empêcher de faire des parallèles avec ce qu'il se passe actuellement. le livre est d'ailleurs tellement d'actualité qu'il faut croiser des mots ou des idées qui n'ont plus cours aujourd'hui pour se rappeler qu'il a été écrit il y a plus d'un siècle.
Les idées qu'expose l'auteur commencent à être bien connues (même si les connaître ne nous empêche pas d'en être toujours victimes) : le comportement des individus dans une foule est totalement différent de celui qu'aurait chaque personne qui ferait face seul à la situation ; la foule suit aveuglément les meneurs charismatiques ; des slogans frappant, même vides de sens, séduisent bien plus qu'un long discours raisonné ; la foule est conservative et ne se débarasse que très lentement des idées pourtant prouvées fausses ; à l'inverse, une fois qu'une nouvelle idée s'est imposée, elle est défendue avec rage et fanatisme par les nouveaux convertis.
Gustave le Bon parait un peu cynique par moment, notamment dans la dernière partie du livre où il analyse quelques foules particulières. Pour lui, tous les scrutins se valent plus ou moins, la constitution d'assemblées, de parlement, de sénat, n'apportent rien de plus à la démocratie puisque ses participants restent soumis aux mêmes lois que les foules ordinaires : nivellement par le bas, obéissance aux meneurs. Il conseille également aux politiciens de faire toutes les promesses possibles même en sachant qu'il ne pourra pas les tenir, puisque personne ne s'en souviendra et ne lui en tiendra rigueur (ce qui, malheureusement, se vérifie souvent).
Un ouvrage fondateur dans son domaine, qui nous bouscule dans nos convictions. Cerise sur le gâteau, il est libre de droit et disponible gratuitement en version numérique. Par exemple sur ce site :
Lien : http://classiques.uqac.ca/cl..
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Citations et extraits (50) Voir plus Ajouter une citation
AlexeinAlexein   10 novembre 2018
Si nous envisageons dans leurs grandes lignes la genèse de la grandeur et de la décadence des civilisations qui ont précédé la nôtre, que voyons-nous ?

À l’aurore de ces civilisations, une poussière d’hommes, d’origines variées, réunie par les hasards des migrations, des invasions et des conquêtes. De sangs divers, de langues et de croyances également diverses, ces hommes n’ont de lien commun que la loi à demi reconnue d’un chef. Dans leurs agglomérations confuses se retrouvent au plus haut degré les caractères psychologiques des foules. Elles en ont la cohésion momentanée, les héroïsmes, les faiblesses, les impulsions et les violences. Rien de stable en elles. Ce sont des barbares.

Puis le temps accomplit son œuvre. L’identité de milieux, la répétition des croisements, les nécessités d’une vie commune agissent lentement. L’agglomération d’unités dissemblables commence à se fusionner et à former une race, c’est-à-dire un agrégat possédant des caractères et des sentiments communs, que l’hérédité fixera progressivement. La foule est devenue un peuple, et ce peuple va pouvoir sortir de la barbarie.

Il n’en sortira tout à fait pourtant que lorsque, après de longs efforts, des luttes sans cesse répétées et d’innombrables recommencements, il aura acquis un idéal. Peu importe la nature de cet idéal. Que ce soit le culte de Rome, la puissance d’Athènes ou le triomphe d’Allah, il suffira pour doter tous les individus de la race en voie de formation d’une parfaite unité de sentiments et de pensées.

C’est alors que peut naître une civilisation nouvelle avec ses institutions, ses croyances et ses arts. Entraînée par son rêve, la race acquerra successivement tout ce qui donne l’éclat, la force et la grandeur. Elle sera foule encore sans doute à certaines heures, mais, derrière les caractères mobiles et changeants des foules, se trouvera ce substratum solide, l’âme de la race, qui limite étroitement les oscillations d’un peuple et règle le hasard.

Mais, après avoir exercé son action créatrice, le temps commence son œuvre de destruction à laquelle n’échappent ni les dieux ni les hommes. Arrivée à un certain niveau de puissance et de complexité, la civilisation cesse de grandir, et, dès qu’elle ne grandit plus, elle est condamnée à décliner rapidement. L’heure de la vieillesse va sonner bientôt.

Cette heure inévitable est toujours marquée par l’affaiblissement de l’idéal qui soutenait l’âme de la race. À mesure que cet idéal pâlit, tous les édifices religieux, politiques ou sociaux dont il était l’inspirateur commencent à s’ébranler.

Avec l’évanouissement progressif de son idéal, la race perd de plus en plus ce qui faisait sa cohésion, son unité et sa force. L’individu peut croître en personnalité et en intelligence, mais en même temps aussi l’égoïsme collectif de la race est remplacé par un développement excessif de l’égoïsme individuel accompagné de l’affaissement du caractère et de l’amoindrissement des aptitudes à l’action. Ce qui formait un peuple, une unité, un bloc, finit par devenir une agglomération d’individus sans cohésion et que maintiennent artificiellement pour quelque temps encore les traditions et les institutions. C’est alors que, divisés par leurs intérêts et leurs aspirations, ne sachant plus se gouverner, les hommes demandent à être dirigés dans leurs moindres actes, et que l’État exerce son influence absorbante.

Avec la perte définitive de l’idéal ancien, la race finit par perdre aussi son âme. Elle n’est plus qu’une poussière d’individus isolés et redevient ce qu’elle était à son point de départ - une foule. Elle en présente tous les caractères transitoires sans consistance et sans lendemain. La civilisation n’a plus aucune fixité et tombe à la merci de tous les hasards. La plèbe est reine et les barbares avancent. La civilisation peut sembler brillante encore parce qu’elle conserve la façade extérieure créée par un long passé, mais c’est en réalité un édifice vermoulu que rien ne soutient plus et qui s’effondrera au premier orage.

Passer de la barbarie à la civilisation en poursuivant un rêve, puis décliner et mourir dès que ce rêve a perdu sa force, tel est le cycle de la vie d’un peuple.
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AlexeinAlexein   10 novembre 2018
Le second des dangers mentionnés plus haut, la restriction des libertés par les assemblées parlementaires, moins visible en apparence, est cependant fort réel. Il résulte des innombrables lois, toujours restrictives, dont les parlements, avec leur esprit simpliste, voient mal les conséquences, et qu’ils se croient obligés de voter.

[…]

Cette réduction progressive des libertés se manifeste pour tous les pays sous une forme spéciale, que Herbert Spencer n’a pas indiquée : la création d’innombrables mesures législatives, toutes généralement d’ordre restrictif, conduit nécessairement à augmenter le nombre, le pouvoir et l’influence des fonctionnaires chargés de les appliquer. Ils tendent ainsi à devenir les véritables maîtres des pays civilisés. Leur puissance est d’autant plus grande que, dans les incessants changements de gouvernement, la caste administrative échappant à ces changements, possède seule l’irresponsabilité, l’impersonnalité et la perpétuité. Or, de tous les despotismes, il n’en est pas de plus lourds que ceux qui se présentent sous cette triple forme.

La création incessante de lois et de règlements restrictifs entourant des formalités les plus byzantines les moindres actes de la vie, a pour résultat fatal de rétrécir progressivement la sphère dans laquelle les citoyens peuvent se mouvoir librement. Victimes de cette illusion qu’en multipliant les lois, l’égalité et la liberté se trouvent mieux assurées, les peuples acceptent chaque jour les plus pesantes entraves.

Ce n’est pas impunément qu’ils les acceptent. Habitués à supporter tous les jougs, ils finissent bientôt par les rechercher, et perdre toute spontanéité et toute énergie. Ce ne sont plus que des ombres vaines, des automates passifs, sans volonté, sans résistance et sans force.

Mais les ressorts qu’il ne trouve plus en lui-même, l’homme est alors bien forcé de les chercher ailleurs. Avec l’indifférence et l’impuissance croissantes des citoyens, le rôle des gouvernements est obligé de grandir encore. Ces derniers doivent avoir forcément l’esprit d’initiative, d’entreprise et de conduite que les particuliers ont perdu. Il leur faut tout entreprendre, tout diriger, tout protéger. L’État devient alors un dieu tout-puissant. Mais l’expérience enseigne que le pouvoir de telles divinités ne fut jamais ni bien durable ni bien fort.

La restriction progressive de toutes les libertés chez certains peuples, malgré une licence qui leur donne l’illusion de les posséder, semble résulter de leur vieillesse tout autant que d’un régime quelconque. Elle constitue un des symptômes précurseurs de cette phase de décadence à laquelle aucune civilisation n’a pu échapper jusqu’ici.
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BVIALLETBVIALLET   28 avril 2012
Les foules ont des opinions imposées, jamais des opinions raisonnées. »
« La puissance des foules est la seule force que rien ne menace et dont le prestige ne fasse que grandir. L'âge où nous rentrons sera véritablement l'ère des foules. »
« Le droit divin des foules va remplacer le droit divin des rois. »
« Les foules n'ont de puissance que pour détruire. »
« Les foules sont incapables d'avoir des opinions quelconques en dehors de celles qui leur sont imposées. »
« On conduit les foules en cherchant ce qui peut les impressionner et les séduire. »
« Dans les foules, c'est la bêtise et non l'esprit qui s'accumule. »
« La foule ne peut qu'être d'une crédulité excessive. »
« Les Jacobins de la Terreur étaient aussi foncièrement religieux que les Catholiques de l'Inquisition et leur cruelle ardeur dérivait de la même source. »
« Les foules ont une telle soif d'obéir qu'elles se soumettent d'instinct à qui se déclare leur maître. »
« La foule est toujours intellectuellement inférieure à l'homme isolé. »
« C'est l'intelligence qui guide le monde, mais elle le guide de fort loin.»
« L'homme moderne est de plus en plus envahi par l'indifférence. 
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YgrecYgrec   12 décembre 2012
Les grands bouleversements qui précèdent les changements de civilisations, tels que la chute de l'Empire romain et la fondation de l'Empire arabe par exemple semblent, au premier abord, déterminés surtout par des transformations politiques considérables : invasions de peuples ou renversements de dynasties. Mais une étude plus attentive de ces événements montre que, derrière leurs causes apparentes, se trouve le plus souvent, comme cause réelle, une modification profonde dans les idées des peuples. Les véritables bouleversements historiques ne sont pas ceux qui nous étonnent par leur grandeur et leur violence. Les seuls changements importants, ceux d'où le renouvellement des civilisations découle, s'opèrent dans les idées, les conceptions et les croyances. Les événements mémorables de l'histoire sont les effets visibles des invisibles changements de la pensée des hommes.
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LuniverLuniver   01 février 2012
[...]l'individu en foule acquiert, par le fait seul du nombre, un sentiment de puissance invincible qui lui permet de céder à des instincts que, seul, il eût forcément refrénés. Il sera d'autant moins porté à les refréner que, la foule étant anonyme, et par conséquent irresponsable, le sentiment de la responsabilité, qui retient toujours les individus, disparaît entièrement.
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