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EAN : 9782364684546
144 pages
Éditeur : Editions du sous-sol (20/08/2020)
3.64/5   192 notes
Résumé :
Un divorce forcément douloureux, une grande maison victorienne troquée contre un appartement en haut d'une colline dans le nord de Londres, deux filles à élever et des factures qui s'accumulent... Deborah Levy a cinquante ans quand elle décide de tout reconstruire, avec pour tout bagage, un vélo électrique et une plume d'écrivain. L'occasion pour elle de revenir sur le drame pourtant banal d'une femme qui s'est jetée à corps perdu dans la quête du foyer parfait, un ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (51) Voir plus Ajouter une critique
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Bookycooky
  07 octobre 2020
Deborah Levy raconte sa vie, La Vie. Elle débute son livre avec une citation d'Orson Welles qui dit qu'une fin heureuse dépend où l'on arrête l'histoire. En faites ça dépend de ce qu'on considère comme « Fin ». Car tout a une fin, tout s'use. L'éternité dont on rêve pour nos vies, nos sentiments, nos pensées n'existent qu'utopiquement et les «  Happy Ends » ne se trouvent que dans les livres et les films. le problème comment affronter cette usure de quelque chose dans laquelle on y a passé une vie ? Comment ou peut-on changer de carapace ? Levy raconte sa propre expérience douloureuse mais finalement probablement bénéfique pour elle. Un changement radical à la cinquantaine, dont elle paiera le prix fort pour sa liberté (“Freedom is never free. Anyone who has struggled to be free knows how much it costs.”*).
L'intérêt du livre de Levy vient de sa perception subtile de ce changement qu'elle arrive à nous exprimer à travers les détails de son quotidien, comme son exemple d'Elle en chemise de nuit en soie noir avec une épaisse veste de facteur en coton bleue passée par dessus pour se tenir chaud en train d'essayer de réparer la tuyauterie de la salle de bain glacée dans son appartement communautaire de Londres. Un contraste vestimentaire qu'elle trouve ambiguë, homme / femme ? Et qu'elle pousse encore plus loin avec ses pantoufles fourrées que sa fille appelle « pantoufles de shaman »......psychanalyse maison.
C'est une féministe qui supporte mal tout mâle imbu de lui-même( macho et autres catégories ), même son meilleur ami y passe. Elle critique aussi souvent toute personne non sociétale ou sociétale, mais le premier le vivant mal, le second le vivant hypocritement ou superficiellement. Mais elle reconnaît aussi que sans tous les désagréments de la vie qu'elle voudrait en théorie éviter, elle n'aurait pas de matériel pour écrire . Eh oui les écrivaines aussi sont des humains comme vous et moi, pleines de contradictions. Elle a choisi « la liberté » mais finalement je ne suis pas sûr qu'elle soit convaincue elle même de que c'est cette liberté et où ça la mènerait (“The destination was to head towards a freer life. That is a vague destination, no one knows what it looks like when we get there.”). Réfléchir, agir, lire, écrire ne change pas grand chose à notre destin de mortel, mais peuvent nous aider sûrement à mieux vivre. Déborah Lévy a écrit un livre sincère qui n'a pas de « Happy End ».
« Life is only worth living because we hope it will get better and we'll all get home safely. »***




*La Liberté n'est jamais gratis. Quiconque qui s'est battu pour sa liberté en connaît le prix.
**Le but était d'avoir une vie plus libre. C'est une destination vague, personne ne sait à quoi cela ressemble une fois qu'on y arrive.
***La vie ne vaut la peine d'être vécu seulement si on pense qu'elle s'améliorera, et quand rentrera sain et sauf .
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diablotin0
  03 janvier 2021
"Le coût de la vie" m'a été conseillé par ma bibliothécaire et j'ai d'emblée aimé le chant de cette écriture poétique. L'écriture est vraiment agréable et il est facile de se laisser bercer par ces mots choisis.
Deborah Levy nous raconte sa vie à Londres où elle décide de refaire sa vie après avoir quitté son mari. Des réflexions sur le féminisme viennent ponctuer son récit. Comment vivre libre ? Comment se réinventer une vie nouvelle ? c'est le coût de la vie.
La part faite aux hommes n'est pas toujours très belle. Elle pointe leur côté nombrilisme, ceux qui ne nomment jamais la femme par son prénom mais uniquement par sa situation, son statut, ceux qui ne savent pas regarder. Mais ce n'est pas un acharnement contre les hommes, elle montre également le côté mesquin de certaines femmes comme cette voisine Jean qui ne cesse de la harceler pour une place de vélo.
Ce petit livre est un manifeste pour la liberté et l'amour écrit avec intelligence, fraîcheur et humour. C'est une belle découverte.
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Zakuro
  27 septembre 2020
Une couleur jaune paille comme le soleil, une belle photo en noir et blanc extraite d'un film de Jean-Luc Godard, et le titre qui interroge, « le coût de la vie «  de Deborah Levy m'a attirée immédiatement dès sa sortie. Et quelle merveilleuse lecture ! Je n'ai pas lu les romans de Deborah Levy mais je vais vite y remédier car coups de coeur immédiats pour ce récit autobiographique et le suivant ce que je ne veux pas savoir.
J'ai lu et relu les deux titres, allant de l'un à l'autre, picorant les passages comme on attrape le bonheur pour le glisser furtivement dans un coin de mon coeur.
Avec le coût de la vie, j'ai été éblouie par le sillon des émotions qui bordent les phrases. Des perles de joie avec le vieux cabanon où la narratrice se réfugie pour écrire et invente son nouvel avenir comme si elle écrivait un roman avec des personnages principaux et secondaires. C'est amusant, frais et espiègle, j'aime beaucoup cette tonalité dans le texte.
Pour autant, les flash-back plus douloureux ne sont pas absents quand la vue d'un seul brin de romarin rappelle la maison familiale et touche en plein coeur comme une balle.
J'ai été totalement charmée par le regard de l'auteure, en femme de 50 ans, simple et ordinaire qui ose contre toute attente voler de ses propres ailes vers une nouvelle vie. Quitter le foyer conjugal avant de couler avec le navire. Se défaire du poids imposé par une société patriarcale.
Etre libre mais rester mère de 2 enfants à charge.
Vivre sa vie demande bien du courage, de la volonté et des tourments.
C'est un très beau voyage dans la vie de l'autrice qui se lit comme un carnet fourmillant d'anedoctes, d'instants et de rencontres chemin faisant avec son vélo électrique. Des rencontres humaines et des rencontres littéraires comme Emily Dickinson ou Marguerite Duras.
Un récit raconté d'une manière si simple et vivante que tout semble proche et familier.
Vraiment, un très joli coup de coeur !
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michfred
  02 février 2021
Suite de l'autobiographie de Deborah Levy. ..
Anutant Ce que je ne veux pas savoir m'avait paru peu attachant et dénué d'intérêt , autant le coût de la vie, malgré son titre désastreux, m'a touchée et motivée.
Une vision très personnelle et féministe de l'accession à l'independance, à travers cette" chambre à soi" où l'écrivain s'installe apres avoir quitté sa terre natale pour aller vivre en Angleterre. Deborah Levy troque son statut de femme mariée et de mère de famille pour celui d'écrivain célibataire, et se consacre à la création et à l'écriture ce qui n'est pas un boulot de tout repos..
Toujours ce part pris de privilégier, au récit construit et circonstancié, l'anecdote mineure qui prend un relief particulier d'avoir été ainsi montée en épingle et qui éclaire singulièrement un parcours volontairement elliptique. Mais cette fois le procédé ne m'a pas gênée ! J'y étais habituée ou il était moins artificiel, je ne sais.
J'ai été particulièrement touchée par les pages consacrées aux relations de l'écrivain avec sa mère, si différente d'elle, avec laquelle elle semblait avoir de vraies divergences intellectuelles et affectives, et dont elle se rapproche à l'occasion de la maladie qui va l'emporter.
Cette autobiographie pose assez justement - et avec une fine ironie- le problème de l'autonomie matérielle et pratique de ces amazones qui veulent assumer leur indépendance vis à vis de la gent masculine .. .et qui ne savent pas déboucher un évier ou percer une cloison.. (J'en fais la cuisante expérience même si je SAIS maintenant déboucher un évier! Mais je passerais volontiers un stage de formation au bricolage "outillé" qui me jette dans des abîmes de perplexité et d'effroi!)
Pas la révélation littéraire qu'elle semble avoir été pour certains , mais finalement une autobiographie courte, pertinente, alerte.
À mon humble avis, mieux vaut commencer par le tome deux que voici , moins déconcertant et décousu que le premier...
Ou peut-être, comme Jack Palmer devant son pilier de parking enfumé de cannabis, est-ce une simple question d'accoutumance...
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Laccrocheplume
  02 novembre 2020
Voilà un Prix Fémina très mérité pour une écrivaine qui gagne à être (re)connue et on espère vivement que Céline Leroy traduira tous ses textes.
Ces deux volets autobiographiques sont d'une puissance extraordinaire. On est très loin du « Je effusif » tel que décrié par Pierre Michon. D. Levy s'appuie sur ses lectures et ses réflexions d'écrivaine, de mère, de femme qui ne parle pas assez fort pour nous raconter son devenir, pour tenter de comprendre pourquoi elle écrit, et comment son travail d'écrivaine et de dramaturge la transforme, l'interroge sur son rôle défini par une société d'hommes. Les deux livres sont écrits avec un ton très différent. le premier est grave et revient sur les quelques images fortes qui ont fait d'elle ce qu'elle est comme le bonhomme de neige aux yeux creux qui a fondu après que son père ait été emporté par l'unité spéciale qui torture les prisonniers politiques. le deuxième qui correspond au passage de la cinquantaine est beaucoup plus drôle tout en étant corrosif et lucide.
Deborah Levy loue ses hésitations, elle en parle même comme d'un cheminement indispensable pour construire ce devenir qu'elle condense dans ces deux livres d'une intensité folle et d'une érudition non moins folle. Les références qu'elle cite sont nombreuses : Woolf, Duras, Zofia Zalinska, Orwell grâce à qui elle dresse l'architecture du premier volume, mais jamais l'on ne sombre dans le pédant ou la paraphrase. Et de toute façon après une réflexion profonde, on se retrouve nez à nez avec un poulet rôti qui est mort deux fois. Ici, le ton est le ton de Déborah Levy, la voix est nouvelle et c'est un vrai bonheur de découvrir cette nouvelle voix de la littérature merveilleusement bien traduite (puisque harmonieuse, puisque les images sont parlantes, puisque sa voix est maintenant mienne).
Je n'en dirai pas plus parce que je pense que toute femme trouvera un écho dans ce récit à sa propre trajectoire. Et de toute façon quand vous aurez lu l'un, vous sauterez sur l'autre ! Depuis que je les ai lus (il y a un mois), ils sont sur ma table de nuit et j'y reviens souvent, preuve que l'on a là des petits bijoux à conserver précieusement dans notre bibliothèque.
4,5/5 pour cette plume affutée!
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critiques presse (2)
LaCroix   13 octobre 2020
À travers deux moments clés de sa vie, la passionnante écrivaine Deborah Levy livre en deux récits une réflexion sensible sur l'écriture, la féminité et la liberté.
Lire la critique sur le site : LaCroix
LeFigaro   24 septembre 2020
Dans un un récit impeccablement allusif, elle s'interroge sur la féminité.


Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (48) Voir plus Ajouter une citation
BookycookyBookycooky   05 octobre 2020
Bourgeois had learned to sew at an early age in he
parents’ tapestry business. She thought of the needle as an object of psychological repair-and what she wanted to repair, she said, was her past.
(Bourgeois* à appris à coudre très jeune dans l’entreprise de tapisserie de ses parents.Elle considérait l’aiguille comme un outil de réparation-et ce qu’elle voulait disait-elle c’était réparer son passé .)
*Louise Bourgeois, artiste américaine d’origine française.
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diablotin0diablotin0   03 janvier 2021
(...) C'est ce qui me contrariait le plus, de voir qu'il avait kidnappé mon esprit et l'occupait entièrement. Ça n'était rien de moins qu'une occupation. Mon chagrin était en train de devenir une habitude qui rappelait la tristesse décrite par Beckett, "à laquelle on peut toujours ajouter jusqu'à ce que mort s'ensuive (...) comme à une collection de timbres-poste ou d'œufs d'oiseaux".
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nath45nath45   19 novembre 2020
Arracher le papier peint de ce conte de fées qu’est la maison familiale où le confort et le bonheur des hommes et des enfants ont été prioritaires... Il faut de l’habilite, du temps, de la dévotion et de l’empathie pour fonder un foyer qui fonctionne et dans lequel tout le monde se sent bien. C’est surtout un acte d’une générosité immense que d’être l’architecte du bien-être de tous les autres. Beaucoup de gens pensent encore que cette tâche revient aux femmes. Par conséquent, on utilise toutes sortes de mots pour minimiser cet effort monumental. (Pages 21-22)
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JIEMDEJIEMDE   02 octobre 2020
Il est si mystérieux de vouloir supprimer les femmes. C’est encore plus mystérieux quand les femmes veulent supprimer les femmes. Je suis obligée d’en conclure que nous sommes si puissantes qu’il nous faut sans cesse être supprimées.
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ZephirineZephirine   10 avril 2021
J'ai pleuré comme une femme quand j'ai su que mon mariage était terminé. J'ai vu un homme pleurer comme une femme, mais je ne suis pas sûre d'avoir déjà vu une femme pleurer comme un homme.
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Videos de Deborah Levy (8) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Deborah Levy
Rencontre animée par Elisabeth Philippe - Interprète : Marguerite Capelle
Après Ce que je ne veux pas savoir et le coût de la vie (diptyque couronné par le Prix Femina du roman étranger en 2020), la britannique Deborah Levy clôt son cycle autobiographique. Ces trois textes captés « dans la tempête de la vie », disent une manière d'être au monde et revendiquent avec brio la conquête d'un espace à soi. Une idée qui traverse aussi le nouveau livre d'Emanuele Coccia qui fait de la maison, notre maison, une expérience de pensée. Elle le conduit à élaborer une philosophie du vivant, qui construit une intimité avec ce qui l'entoure, préalable essentiel à l'altruisme.
Au coeur de ces deux textes en forme de promenades réflexives, une méditation belle et profonde sur ce que c'est qu'habiter.
À lire – aux éditions du Sous-sol : Deborah Levy, État des lieux, trad. de l'anglais par Céline Leroy, 2021 – À paraître le 4 novembre : Coffret trilogie Deborah Levy : Autobiographie en mouvement (Ce que je ne veux pas savoir / le Coût de la vie / État des lieux).
Emanuele Coccia, Philosophie de la maison, trad. de l'italien par Léo Texier, éd. Rivages, 2021.
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