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ISBN : 2892950066
Éditeur : L'Hexagone (24/11/1992)

Note moyenne : 4.25/5 (sur 8 notes)
Résumé :
Une nouvelle édition entièrement revue et mise à jour de l’anthologie parue en 1981 : près d’une centaine de pages de nouveaux poèmes, des choix plus rigoureux, une présentation et une bibliographie étoffées. Cet ouvrage offre aux lecteurs un panorama complet et diversifié de la poésie québécoise, depuis le XVIIème siècle jusqu’au milieu des années 1980.
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Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
LaliLali   04 mai 2012
Poids d’angoisse

La terre s’ouvre mon poids d’angoisse
elle tremble sous moi elle a montré
son ventre rugissant et sa nuit noire
et je vois s’enliser les peupliers
Je ne puis supporter que la lumière
s’éteigne et m’abandonne à mourir
qu’elle ne lacère plus le chemin
qu’elle ne distingue plus la maison
où j’avais mis des fleurs où j’avais des chambres
des cerceaux d,enfants suspendus partout
des seaux qui grinçaient remplis d’eau de pluie
J’écoute battre en moi un cœur étrange
qui me frappe au cœur mille fois trop fort
toute chair chancelle et l’âme elle-même
est ce ravin fou qui gronde et qui roule
dans le sein des fleuves désespérés
Vous aviez un nom, même vote songe
traçait des anneaux des dessins parfaits
des cris familiers jaillissaient du monde
et vous habitiez le temps des mourons
La terre sous moi se creuse une tombe
-ses effrois géants brisent le silence-
vous chasse à longs cris, cède sous vos pas
elle vous reprend au fond de son ventre
vous berce et vous tord, vous arrache à l’herbe
aux hortensias aux pluies et aux femmes
au sommeil léger des veilles l’automne
quand on craint pour soi les voleurs de pommes
La terre trahit les noms et les formes
vous changez de chair et tournerez cendres
sans m’avoir laissé le temps d’oublier
la face inconnue qu’elle et vous trompiez.

(Suzanne Paradis)
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LaliLali   04 mai 2012
Émotion

Je tourne mes regards vers l’espace là-bas,
Je songe à ces beautés que je ne verrai pas.
Que de brûlants midis étendus sur les plaines,
Ruisselants de rayons comme l’eau des fontaines,
Que d’enivrants bonheurs, répandus à foison
Qui viendraient, s’assoiraient au seuil de ma maison!
Je n’aurais pas besoin d’aller jusqu’à ma porte,
Le jour prodiguerait une chaleur si forte,
Le soleil danserait dans de si clairs rayons,
Animant les jardins, mûrissant les brugnons,
Qu’il entrerait ainsi, par mes fenêtres closes,
Un long frisson de vie, un murmure de roses.
Le soir s’embaumerait aux fleurs des résédas,
Et serait bruissant comme du taffetas.
Avec tant de lenteur, viendrait le crépuscule,
Qu’on croirait entrevoir l’infini qui recule
Et se recueille, avant de presser dans ses bras,
L’horizon qui s’émeut, s’approchant, pas à pas.
Que d’appels oppressés, de frissons, de musique,
Éperdus, haletants comme un plaisir physique,
Quelle épuisante extase et quel troublant émoi,
Dans les soirs accablés, monteraient jusqu’à moi!…
Mais j’irais, me cachant dans la nuit, sous ses voiles,
Dérober le repos immortel des étoiles,
Et je ne serait plus qu’un doux astre qui luit,
Quand elles pâliraient de langueur dans la nuit…

(Éva Senécal)
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LaliLali   04 mai 2012
À ceux-là

Et que tremble au moins la main
quand le coup part

ils ne sont pas de ceux
qui prennent le monde par la taille

ils ne sont pas de ceux qui donnent
leur nom à des villes
leur nom à des rues

ils courent tout comme jadis
mais comme des hommes sans mains
treblinka oswiecim lauzon coaticook
c’est toujours la même voix qui se plaint
c’est toujours la même tendre peau humaine qu’on déchire
c’est toujours les mêmes yeux qui se baissent

nul bruit de cristal en eux
nul reflet de miroirs
nul mystère dans leur regard
quelques mensonges et c’est tout

nul indien nul nuage nul andin
je ricane parmi les miens
ils sourient tous au bourreau
ils tremblent de peur aussi

nulle course nulle bravoure nuls cris
ils se taisent quelquefois
ils croisent quelquefois l’amour
et lui-même ne les reconnaît pas

(Gérald Godin)
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LaliLali   04 mai 2012
il n’y a rien au monde pas même cet obstacle
perdu au loin dans la prairie l’éloignement
l’isolement coulé dans les veines
je n’ai encore rien vu qui ressemble à l’absence
sauf ici naissance à telle page
d’un côté la forêt de l’autre la terre travaillée
en pratique la forêt n’est plus qu’une terre à travailler
plus tard mais rendue à son vrai souffle
qui lui couvrira la chair
ici ou là
j’entre en toi (passer le seuil)
calme dur clair distant
sur le contour de nos présences l’air ne pèse plus
lentement avancés reculs points de contacts
comme si c’était moi qui t’avais faite
spontanée familière amusante aisée dans le va-et-vient des choses
dominant la matière (la mettre à son service)
la réaction s’avive aux besoins du désir
c’est plutôt glisser en toi qui m’affecte
comme nous pénétrons ensemble la terre dans ses reflets
ses représentations tendues
comme nous touchons le corps étranger

(François Charron)
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LaliLali   04 mai 2012
Avec un livre on cherche et trouve au fond de l’ombre
La lumière et la vie; et le passé qui sombre,
Qui pâlit, qui s’en va, rit et vient resplendir
Au-dessus de la page, inconscient nadir,
Qui devant le zénith fait l’horizon plus tendre
Et le regard plus clair; qui, contemplant la cendre
Grise d’un souvenir, refait l’astre vermeil
Du rêve de l’amour, du cœur et du sommeil.
Ô les humbles feuillets, qui sourdissent dans l’âme,
Le tourment des douleurs, sublime épithalame,
De l’idée à l’amour, du rêve à la raison,
Du soleil à la lune et de l’arbre au gazon!
Vous chantez dans mes mains cette longue romance
De la vie à la mort, du petit à l’immense;
Vos strophes dans mon cœur me chantent qu’ici-bas
Vous êtes le seul bien des hommes de combat,
Des hommes de prière et des hommes de charge,
Car tout homme peut faire un rêve en votre marge.

(Henry Desjardins)
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