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Georges Pompidou (Éditeur scientifique)
EAN : 9782253005438
540 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (01/04/1974)

Note moyenne : 4.18/5 (sur 274 notes)
Résumé :
"Qu'est-ce que la poésie ?... Qu'est-ce que l'âme ?... Lorsqu'un poème, ou simplement un vers provoque chez le lecteur une sorte de choc, le tire hors de lui-même, le jetant dans le rêve, ou au contraire le contraint à descendre en lui plus profondément jusqu'à le confronter avec l'être et le destin, à ces signes se reconnaît la réussite poétique. "Telle est, bien sûr, l'ambition secrète et démesurée de tout auteur d'anthologie. S'il la commence pour lui-même, c'est... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
tamara29
  14 novembre 2015
Il est plus de 6h et je n'arrive toujours pas à dormir. Une tasse de café froid traîne à côté de 'l'anthologie de la poésie française' de Pompidou qui me suit depuis des années. Ou plus exactement je suis ces poètes si passionnés, si vivants, depuis si longtemps, depuis mon adolescence... Mais cette nuit, ils n'arrivent pas à me parler comme d'habitude.
Mon corps et mes pensées réagissent aux dernières nouvelles. Envie de vomir, de pleurer, de hurler. Et mes utopies s'effritent, celles sur le bien vivre ensemble, le respect de l'autre... face à ces horreurs, à la vacuité de la vie.
Pourtant la vacuité et cette image de vide qu'elle renvoie me paraîtraient plus douces que tout ce sang versé, cette haine et cette violence qui me donnent des haut-le-coeur.
Si je n'étais plus là, cela ne ferait rien. Je ne suis qu'une petite fourmi lambda dans un monde qui convulse, qui implose. Qu'une fourmi lambda qui n'a rien créé, encore moins d'oeuvre signifiante, ni travaillé pour l'Institut Pasteur ni donné assez de son temps à une association caritative. Je ne suis qu'une petite fourmi qui, dans un 'plops' pourrait -comme une bulle de savon- ne plus être sans que cela ne se remarque, ne change quoi que ce soit à la marche du monde. Il n'y aura pas alors d'effet papillon ; la Terre continuera de tourner comme elle tourne mal.
Je n'arrive pas à dormir. Cauchemar éveillé. Besoin de chaleur, de contacts, de sourires d'amis, de mots apaisants pour me prouver qu'il n'y a pas que du froid et des morts. Avec frénésie et anxiété, j'ai écrit à mes amis parisiens pour être rassurée...
Vers 4h du matin, j'ai ouvert l'Anthologie de Pompidou pour y (re)trouver des poèmes, des mots magiques qui effaceraient les images que j'ai encore sous les yeux, qui feraient oublier ces pensées ressassées, incessantes. Je tourne les pages, pressée, oppressée, suffocante, manquant d'air. Je cherche encore à me sauver. Pourquoi ? Ridicule. Les larmes finissent bien par couler. J'ai froid, j'ai mal. Même ces rimes qui d'habitude me réchauffent le coeur ne suffisent pas, cette nuit, et me paraissent presque dérisoires. A côté, toujours, si proches, à peine quelques rimes plus loin, ou même en filigrane, il y a le désespoir, la déchirure, la souffrance de l'être délaissé, esseulé. Il y a toujours le mot "fin". Cette fin qui parfois peut même sembler salutaire. Mieux que ces nuits blanches et tous ces cris, et toutes ces larmes. le noir qui s'impose, qui prévaut à tout, sur tout. Qui remporte à la fin.
Peut-être que dans quelques semaines, je me dirai qu'il faut que je passe à des romans à l'eau de rose pour avoir une vision plus opaque et naïve du monde.
Peut-être plus sûrement, le coeur moins à vif, je retournerai vers ces poètes (Hugo, Rimbaud, Baudelaire, Eluard et tous les autres...) qui me sauvent bien souvent. Et si des larmes seront versées, ce sera peut-être pour la beauté des mots, pour la beauté du coeur. Pour mon utopie retrouvée.
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ThierryCABOT
  14 janvier 2013
Je recommande vivement la lecture de cette merveilleuse anthologie.
Il est agréable de constater qu'un homme politique ayant assumé les plus hautes charges de l'Etat - il fut successivement Premier ministre et Président de la République - était animé d'une véritable passion pour la poésie.
De celle-ci, en préambule, il donne même une définition très heureuse : "Lorsqu'un poème ou simplement un vers provoque chez le lecteur une sorte de choc, le tire hors de lui-même, le jetant dans le rêve, ou au contraire le contraint à descendre en lui plus profondément jusqu'à le confronter avec l'être et le destin, à ces signes se reconnaît la réussite poétique."
C'est donc par ses effets que l'ancien normalien parvient le mieux à appréhender les caractéristiques de ce que l'on appelle la poésie. Souvenons-nous de la célèbre formule de Paul Eluard : "le poète est celui qui inspire bien plus que celui qui est inspiré".
Il va de soi cependant que tout lecteur d'une anthologie se trouve fatalement en désaccord avec certains choix de son auteur.
Ce fut mon cas évidemment. J'eusse aimé que Rimbaud dans ses oeuvres versifiées occupât une place plus importante. Quantitativement, les poèmes classiques de Baudelaire semblent jouir d'un traitement de faveur par rapport à ceux de Victor Hugo. Marceline Desbordes-Valmore est quelque peu réduite à la portion congrue.
Mais qu'importe ! Dans ses grandes lignes, l'anthologie pompidolienne tient ses promesses. Ce sont bel et bien globalement les plus beaux poèmes de la langue française que Georges Pompidou nous invite à découvrir ou à redécouvrir.
Ne cédant en rien aux sirènes de la mode, celui-ci non sans sagacité sait faire la part de l'essentiel et de l'accessoire. Les engouements passagers, les affichages hasardeux, les raccourcis caricaturaux, le snobisme ambiant sont tour à tour dénoncés, pointés du doigt avec la sévérité idoine. Car derrière les mouvements de surface, Georges Pompidou sait voir les oeuvres majeures, les massifs incontournables de notre Panthéon poétique.
Autre point positif à mes yeux, Corneille et Racine y font leur entrée dans des proportions significatives. Après tout, Georges Pompidou n'a pas tort de hisser ces deux dramaturges au rang des meilleurs poètes ; leurs tragédies à maints endroits sont pleines en effet de beautés poétiques, et il eût été dommage de se priver de telles pages.
Un regret pour finir. D'après des critères selon moi fallacieux, Georges Pompidou écarte sans vergogne les poèmes en prose de Baudelaire et de Rimbaud, jugeant que ces derniers restent assez bien représentés par leurs vers. Fâcheuse erreur ! C'était mettre des bornes à un art qui depuis le dix-neuvième siècle avait exploré des voies nouvelles.
Malgré des réserves, un sentiment général prédomine en guise de conclusion. Comparativement aux autres - dans ce domaine le pire côtoie souvent le meilleur - l'anthologie de Georges Pompidou a plutôt fière allure. Equilibrée, riche, exigeante, émaillée de commentaires d'une rare finesse, celle-ci en fait ne manque pas de charme ni de séduction. On s'y plonge avec ravissement. On y fait mille découvertes. D'Eustache Deschamps à Paul Eluard, une évidence bientôt s'impose à chacun : la poésie française est l'une des plus grandes qui soient.
Et Georges Pompidou s'est grandi lui-même en nous offrant ses inestimables pépites.
Lien : http://www.p-o-s-i-e.over-bl..
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marlene50
  19 juin 2020
Voici un petit livre qui va me tenir compagnie un certain temps encore.
Je vais de découverte en découverte et voici l'ambition secrète et démesurée de tout auteur d'anthologie :
.... donner ici l'essentiel de notre poésie, c'est-à-dire les plus beaux vers de la langue française, ceux que je trouve tels, sans doute, mais avec l'espoir qu'ils le sont vraiment.
(Georges Pompidou).
Derrière l'homme politique, voici l'homme en lui-même :
La passion de la poésie, dont on me prédisait lorsque j'étais enfant qu'elle passerait a persisté au-delà "du milieu du chemin de la vie". A cet âge où chacun est tenté de faire le point et de réunir sous le plus petit volume possible tout ce dont il ne pourrait se passer sur l'île déserte imaginaire, l'envie m'est venue tout naturellement de "mettre ensemble" mes poèmes préférés.

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Kenehan
  15 décembre 2012
Ma culture concernant la poésie en a pris un coup quand je me suis rendu compte que j'étais incapable de réciter un poème français par coeur. Dès lors, et dans un soudain accès de fièvre poétique, je me suis procuré cette anthologie.
Un recueil très pratique pour retrouver de célèbres vers parmi les plus grands poèmes de la littérature française. Tout n'y est pas bien entendu, Georges Pompidou a fait sa sélection parmi ce qu'il estimait être incontournable dans une anthologie. Mais c'est un très bon moyen de découvrir ou redécouvrir certains poètes et ça donne envie d'aller fouiller plus loin dans les oeuvres, voire même de jeter un oeil sur les anthologies de la pléiade (par siècle) ou encore sur les oeuvres complètes de certains auteurs afin de dénicher ces mots qui nous feront vibrer.
Ici, la période survolée est assez importante et intéressante. de plus, c'est tout à fait abordable. Sans compter, que la prise en main est aisée que l'on recherche un auteur précis ou juste un poème au hasard.
Un excellent premier pas pour qui veut s'aventurer du côté de la poésie sans trop savoir par où ou par qui commencer. Et puis, maintenant je suis fier d'enfin pouvoir réciter sans erreur les 3 ou 4 poèmes qui sont désormais ancrés dans mon esprit. En espérant, que petit à petit d'autres les y rejoindront.
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araucaria
  10 février 2014
Une anthologie qui comporte de grands classiques, mais aussi des découvertes... Un bon recueil, cependant comme pour toute anthologie, il y a des poésies que j'aime moins, des écrivains auxquels je suis moins sensibles, d'où ma note tempérée. Bon livre cependant, qui pourra être feuilleté et refeuilleté au gré de mes envies.
Lien : http://araucaria20six.fr/
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Citations et extraits (116) Voir plus Ajouter une citation
djdri25djdri25   15 juin 2012
Sur mes cahiers d'écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable de neige
J'écris ton nom

Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J'écris ton nom

Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J'écris ton nom

Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l'écho de mon enfance
J'écris ton nom

Sur les merveilles des nuits
Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées
J'écris ton nom

Sur tous mes chiffons d'azur
Sur l'étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J'écris ton nom

Sur les champs sur l'horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J'écris ton nom

Sur chaque bouffées d'aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J'écris ton nom

Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l'orage
Sur la pluie épaisse et fade
J'écris ton nom

Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J'écris ton nom

Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J'écris ton nom

Sur la lampe qui s'allume
Sur la lampe qui s'éteint
Sur mes raisons réunies
J'écris ton nom

Sur le fruit coupé en deux
Du miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J'écris ton nom

Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J'écris ton nom

Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni
J'écris ton nom

Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J'écris ton nom

Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attendries
Bien au-dessus du silence
J'écris ton nom

Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J'écris ton nom

Sur l'absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J'écris ton nom

Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l'espoir sans souvenir
J'écris ton nom

Et par le pouvoir d'un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer

Liberté
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araucariaaraucaria   08 février 2014
C'est un trou de verdure où chante une rivière
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

Arthur Rimbaud
+ Lire la suite
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marlene50marlene50   19 juillet 2020
Le Lac (Lamartine)

(....)
Mais je demande en vain quelques moments encore,
Le temps m'échappe et fuit ;
Je dis à cette nuit : "Sois plus lente" ; et l'aurore
Va dissiper la nuit.

Aimons donc, aimons donc ! de l'heure fugitive,
Hâtons-nous, jouissons !
L'homme n'a point de port, le temps n'a point de rive ;
Il coule, et nous passons !

Temps jaloux, se peut-il que ces moments d'ivresse,
Où l'amour à long flots nous verse le bonheur,
S'envolent loin de nous de la même vitesse
Que les jours de malheur ?

Hé quoi ! n'en pourrons-nous fixer au moins la trace ?

Quoi ? passés pour jamais ? quoi ! tout entiers perdus ?

Ce temps qui les donna, ce temps qui les efface,
Ne nous les rendra plus ?

Eternité, néant, passé, sombres abîmes.
Que faites-vous des jours que vous engloutissez ?
Parlez : nous rendrez-vous ces extases sublimes
Que vous nous ravissez ?
+ Lire la suite
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marlene50marlene50   11 août 2020
Ophélie (Rimbaud)

Sur l'onde calme et noire où dorment les étoiles
La blanche Ophélia flotte comme un grand lys,
Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles ...
- On entend dans les bois lointains des hallalis.

Voici plus de mille ans que la triste Ophélie
Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir.
Voici plus de mille ans que sa douce folie
Murmure sa romance à la brise du soir.

Le vent baise ses seins et déploie en corolle
Ses grands voiles bercés mollement par les eaux ;
Les saules frissonnants pleurent sur son épaule,
Sur son grand front rêver s'inclinent les roseaux.

Les nénuphars froissés soupirent autour d'elle ;
Elle réveille parfois, dans un aune qui dort,
Quelque nid, d'où s'échappe un petit frisson d'aile ;
- Un chant mystérieux tombe des astres d'or.
+ Lire la suite
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Nastasia-BNastasia-B   15 avril 2013
À vrai dire, les vers ne sont qu'une des multiples expressions possibles de la poésie. Celle-ci est ou peut se trouver partout. Dans un roman comme dans un tableau, dans un paysage comme dans les êtres eux-mêmes, se manifeste parfois je ne sais quelle puissance de rêve, parfois encore une pénétration singulière, une sorte de plongée dans les profondeurs, provoquant chez le lecteur ou le spectateur une joie mélancolique, une tristesse complaisante ou désespérée, ou encore une jubilation soudaine, qui sont quelques-uns des effets de la beauté poétique. Tous les hommes, ou presque, y sont sensibles. Tous les sujets, ou presque, y prêtent.
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