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Anna Gibson (Traducteur)
ISBN : 2757803700
Éditeur : Points (05/04/2007)

Note moyenne : 3.87/5 (sur 675 notes)
Résumé :
Le jeune policier Stefan Lindman est sous le choc : il vient d'apprendre qu'il a un cancer, et que son ancien collègue Herbert Molin a été torturé à mort.
Pour tromper son angoisse, il part à l'autre bout de la Suède enquêter sur le meurtre de Molin. Que signifient les traces sanglantes sur le parquet, comme si le tueur avait dansé un tango avec le corps de la victime ?
Les ombres d'un passé très noir se réveillent. Elles ont frappé, et vont frapper en... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (58) Voir plus Ajouter une critique
andman
  03 juillet 2016
Début novembre dans le Härjedalen, le soleil se lève autour de huit heures moins quart.
Là, au coeur de la Suède, entouré d'un million d'arbres, se terre sous un nom d'emprunt un criminel de guerre de soixante-seize ans. Outre la confection de puzzles représentant des oeuvres d'art, Herbert Molin s'adonne la nuit à son passe-temps favori : danser des tangos argentins en serrant dans ses bras une poupée à taille humaine.
Son plus proche voisin, Abraham Andersson, habite à dix kilomètres. Herbert ne le fréquente guère, tout au plus l'aperçoit-il parfois jouant du violon près du lac, un endroit à l'acoustique extraordinaire.
A quelques jours d'intervalle en cet automne 1999, ces deux mélomanes solitaires vont passer de vie à trépas dans des conditions particulièrement atroces. Deux crimes sans mobile apparent, commis par deux meurtriers que tout oppose sauf leur détermination.
Disparu l'an dernier, Henning Mankell avait certainement à coeur de rappeler combien dans les années trente et quarante, la Suède était nazifiée, combien dans ce pays, les idéaux, qu'ils soient littéraires, musicaux ou politiques, venaient essentiellement d'Allemagne.
“Le retour du professeur de danse”, roman paru en 2000, s'apparente au devoir de mémoire qui sied à tout écrivain qui se respecte. L'auteur suédois réussit assez bien à montrer le pouvoir de nuisance de la bête immonde qui, par delà les générations, continue insidieusement à distiller son venin idéologique où elle peut.
Plus de cinq cents pages d'une noirceur glaçante dans les pas d'un inspecteur de trente-sept ans, Stefan Lindman, confronté lui aussi, jusque dans son cercle familial, aux affres du passé et qui se réfugie corps et âme dans cette double enquête criminelle pour "oublier" la tumeur maligne qui lui ronge la langue.
Allez, un peu de musique pour dissiper l'humeur morose générée par ce roman historico-policier : “La revancha del tango” de Gotan Project semble de circonstance !
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domisylzen
  19 décembre 2016
Fin de l'année 1945, un passager est transporté clandestinement, en avion, entre l'Angleterre et l'Allemagne.
Fin de l'année 1999, en Suède, un ancien policier, Herbert Molin, est torturé jusqu'à la mort.
L'enquêté est confié aux services de police du coin, mais un ancien collègue de Herbert s'intéresse de près à cette affaire. C'est un jeune policier à qui l'on vient de diagnostiquer un cancer de la langue. En arrêt de travail, il décide de se rendre sur les lieux du crime pour se faire une idée. Là-bas il rencontrera les enquêteurs en charge du dossier, si le premier est taciturne et l'envoi promené, le second Giuseppe lui fait confiance et lui confie l'avancement de leurs recherches. Ensemble ils collaboreront pour découvrir l'auteur de ce crime odieux. D'autant plus qu'un second, de même nature vient d'avoir lieu chez le voisin d'Herbert.
Un livre d'Henning Mankell ou le commissaire Wallander n'apparait pas. Mais en fait rien ne change. Nous avons là une enquête des plus complexe dans le laquelle HM s'attaque à l'un de ces thèmes favoris : la montée du nationalisme en Europe. Même si l'on connait le meurtrier de Molin depuis le début, je suis toujours émerveillé par la plume de Mankell. L'histoire fourmille de détails qui s'enchaînent, qui glissent les uns vers et dans les autres donnant progressivement une vision de ce puzzle cauchemardesque. Tout dans son écriture se révèle important, les affinités entre les gens, du rapport qu'ils ont avec leur vie et les personnages qui leur gravitent autour. Et surtout la région, comment après une lecture de cet auteur ne pas avoir envie d'aller passer ses vacances en Suède : quel extraordinaire conteur. Si vous n'aimez pas le genre policier Henning Mankell saura vous convaincre.
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claudine42
  09 avril 2015
Stefan Lindman est policier dans la ville suédoise de Borås. Âgé de trente-sept ans, il vient d'apprendre que la grosseur qui a poussé sur sa langue est une tumeur. Mis en arrêt de travail par son médecin, Lindman se voit soudain confronté à une éventualité pour le moins désagréable: l'éventualité de sa propre disparition avant même d'avoir atteint quarante ans.

Finalement, le sort en décidera autrement. Dans la salle d'attente de l'hopital il tombe par hasard sur un tabloïd dans lequel un article relate l'assassinat d'un homme âgé de soixante-seize ans dans le nord du pays. Or, cet homme, Lindman l'a bien connu: il s'agit en effet de Herbert Molin, policier en retraite avec qui Lindman avait travaillé auparavant pendant quelques années à la brigade criminelle.
Herbert Molin, qui s'était retiré dans une maison perdue au fin fond de la forêt et s'adonnait à la passion des puzzles et du tango, a été retrouvé à proximité de chez lui, vraisemblablement battu et fouetté à mort. L'assassin semble s'être acharné sur le corps avec une rare sauvagerie, allant même jusqu'à esquisser quelques pas de tango avec la dépouille de sa victime.
Qui pouvait en vouloir à un vieil homme paisible et solitaire. Est-ce l'acte d'un fou ou au contraire un crime savamment organisé?
Stefan Lindman va se rendre dans le Norrland afin de tenter de comprendre ce qui a bien pu arriver à son ancien collègue.
Approfondissant son enquête, Lindman va ouvrir la boîte de Pandore et exhumer de bien douloureux souvenirs qui vont le ramener à sa propre histoire personnelle. Car derrière les apparences convenables d'une certaine frange de la société se cachent d'épouvantables fantasmes idéologiques qui ne renient rien des actes barbares perpétrés il y a plus d'un demi-siècle par les nazis.
Un bon polar, bien ficelé, qui n'a pas besoin de trainer une remorque d'hémoglobine avec lui pour nous passionner jusqu'à la dernière la dernière page.
J'ai beaucoup aimé.



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Aline1102
  02 mars 2014
Je passe d'un extrême à l'autre en ce qui concerne les polars, puisque après la tranquilité de l'écriture de Colin Dexter, je me replonge dans un polar de Mankell.
Pas de Kurt Wallander dans ce récit mais malgré cela, le suédois nous offre une fois de plus un héros déprimé. Mais il a une bonne raison de l'être : Stefan Lindman souffre d'un cancer de la langue et doit bientôt commencer une radiothérapie. Pessimiste, le policier âgé de 37 ans se voit déjà mort avant d'atteindre la quarantaine. Pour ne rien arranger, Stefan n'a pas de famille ou presque : ses parents sont morts, ses soeurs vivent loin et se soucient peu de lui. Seule une petite amie occasionnelle est là pour le réconforter, mais Stefan s'éloigne d'elle dès qu'il apprend sa maladie.
Pour se changer les idées, le jeune homme décide de s'intéresser à la mort de son ancien collègue. Alors qu'il est en arrêt-maladie, Lindman se rend dans les bois où vivait Molin et commence à se mêler à l'enquête. A cette occasion, il rencontre Giuseppe Larsson, le policier chargé de l'enquête. Et même si Stefan n'a normalement pas le droit de participer à l'enquête, les deux hommes vont collaborer.
L'ambiance de ce polar est assez sombre, mais elle est aussi très prenante. On se retrouve plongé dans l'automne suédois, dans des bois sombres et isolés où plusieurs personnes ont trouvé la mort : de quoi donner des frissons aux plus sensibles. Mais Mankell fait des merveilles dans ce polar. Contrairement à son habitude, il nous dévoile presque directement l'identité du meurtrier de Herbert Molin. Nous suivons alors pas à pas le chassé-croisé entre la police et le coupable, tout en essayant de deviner le mobile du meurtre (qui ne nous est pas révélé). Et puis, Molin n'est pas la seule victime : d'autres personnes sont en danger et on ne sait pas forcément qui les menace ni pourquoi.
Mankell profite également de ce polar pour dénoncer la collaboration de la Suède avec les Nazis : il n'hésite pas à nous révéler les bassesses de ces Suédois qui, croyant leur pays en danger de perdre son identité à cause des étrangers, n'hésitaient pas à rejoindre les rangs des SS et de l'armée allemande.
En bref, le retour du professeur de danse est un excellent polar et permet de passer quelques bons jours en compagnie d'une bonne intrigue très bien maîtrisée par Mankell.
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Eric75
  05 mars 2011
Henning Mankell délaisse provisoirement son commissaire favori et vieillissant pour donner ici toute sa place à un nouvel enquêteur : Stefan Lindman. Et, n'en déplaise aux inconditionnels regrettant déjà le commissaire Kurt Wallander, on peut affirmer tout de go que Stefan Lindman s'en sort haut la main ! Beaucoup plus jeune, celui-ci insuffle me semble-t-il un regain de dynamisme et une détermination sans faille dans le déroulement de l'enquête. Pourtant, jusqu'au bout, il hésite et temporise en se demandant s'il ne va pas tout plaquer pour faire du tourisme au soleil, car (c'est dit dès la 4ème de couverture, donc je ne trahis rien en l'écrivant) il vient d'apprendre qu'il a un cancer et qu'il n'a peut-être que quelques mois à vivre. Ouf ! On est quand même chez Mankell, l'optimisme et la fraîcheur juvénile de l'inspecteur peuvent donc laisser place à un certain désenchantement, voire à un état dépressif et une baisse de forme physique nuisant à l'efficacité de l'enquête ! Pour Stephen Lindman, en congés et dans l'attente de son traitement, cette enquête est surtout le moyen d'oublier son cancer et d'échapper à l'angoisse d'une thérapie qu'il redoute.
Stephen Lindman, nouvel héros mankellien donc, évolue dans l'univers de Wallander, même si ce dernier n'apparaît pas. L'inspecteur Stephen Lindman demandera sa mutation pour le commissariat d'Ystad dans Avant le gel, où il se liera d'amitié avec Linda, la fille de Kurt Wallander (bien que publiée avant le retour du professeur de danse en France, l'histoire racontée dans Avant le gel est située chronologiquement après). de plus, sous la forme d'un clin d'oeil qui n'aura pas échappé aux fans de Mankell, une allusion au Guerrier solitaire apparaît au détour de l'interrogatoire d'un témoin.
Sur la forme et la construction du roman, nous sommes comme toujours assez vite informés de l'identité du coupable (il faudra tout de même attendre la deuxième partie qui met en scène le criminel). Pourtant, le mystère reste épais car un second crime vient obscurcir le canevas désormais classique, et sur ce second crime, nous ne saurons pratiquement rien avant le dénouement final.
Sur le fond, ce livre est une dénonciation en règle, comme souvent chez Mankell, d'une dérive de la société suédoise actuelle, ici, la résurgence des organisations néonazies. Mankell rappelle que la Suède a joué un rôle ambigu au cours de la seconde guerre mondiale, affichant une fausse neutralité, et que beaucoup de suédois revendiquaient une sympathie non déguisée pour les thèses hitlériennes, certains allant même jusqu'à s'engager dans l'armée allemande. Ce thème semble fasciner de nombreux auteurs scandinaves, la Norvège ne faisant pas exception à la règle (voir Rouge-Gorge de Jo Nesbo qui développe une problématique semblable). Et les démons du passé sont encore bien présents, même s'ils restent provisoirement cachés sous la surface. La métaphore du nid de cloportes, citée plusieurs fois, est à ce titre édifiante.
Tous les ingrédients sont réunis pour faire de ce polar un excellent thriller, parfaitement adaptable à l'écran, mixant de manière intelligente l'action et la réflexion. Scénario en béton, description des lieux et des décors, personnages attachants et profondément humains, mystère et suspense renouvelés, intérêt historique, dénonciation politique : il existe de nombreuses raisons d'aimer ce livre. Avec son sens particulier des anecdotes, Mankell, on le savait déjà, ose tout, il arrive ici à surprendre encore (et je ne donnerai aucun exemple, m'enfin !). le maître est de retour, entrez vous-même dans la danse !
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Citations et extraits (49) Voir plus Ajouter une citation
domisylzendomisylzen   27 décembre 2016
Les gens ont toujours gaspillé leur vie en absurdité diverses. En ce moment, ils aiment crever devant leur téléviseur, le regard rivé à ces séries idiotes et misanthropes dont on ne voit jamais la fin.
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CCocoCCoco   23 mars 2013
L'obscurité était encore compacte. Le long, le profond hiver du Noorland prenait lentement ses quartiers. Né à Ostersund quarante-trois ans plus tôt, Giuseppe ne comprenait pas ceux qui se plaignaient de la nuit et du froid. Pour lui, c'était la période de l'année où un calme infini descendait sur l'existence. De temps à autre, bien sûr, un type rendu fou par l'hiver se suicidait ou assassinait un proche. Il en avait toujours été ainsi, même la police n'y pouvait rien.
Mais ce qui s'était produit près de Sveg ne relevait pas de la folie ordinaire.
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BMRBMR   06 août 2007
[...] - Je suis parti de Boras parce que je suis malade. J'ai un cancer. Je suis en attente de commencer une radiothérapie. J'avais le choix entre Majorque et Sveg. J'ai choisi Sveg parce que je voulais comprendre ce qui était arrivé à Herbert Molin. Maintenant je me demande si j'ai bien fait.
Giuseppe hocha la tête. Ils restèrent une minute silencieux.
- Les gens veulent toujours savoir d'où je tiens mon prénom, dit enfin Giuseppe. Toi, tu ne m'as pas posé la question. Parce que tu pensais à autre chose. Je me suis demandé ce qui te préoccupait à ce point. Tu as envie d'en parler ?
- Je ne sais pas. En fait, non. Je voulais juste que tu saches.
- Alors je ne t'interrogerai pas.
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domdu84domdu84   11 novembre 2012
Le mort, avait-on appris, était un policier à la retraite qui avait emménagé dans le Härjedalen après une longue carrière d’enquêteur à la brigade criminelle de Borås. La veille au soir, Giuseppe s’était installé dans le canapé pour lire les fax transmis par Borås. Il possédait maintenant toutes les informations relatives à la victime. Pourtant, il lui semblait toujours être face à un grand vide. Aucun mobile, aucune trace, aucun témoin. À croire qu’une ombre bestiale s’était détachée de la forêt pour agresser Herbert Molin avec une cruauté inouïe, avant de se volatiliser.
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totototo   01 avril 2010
Doucement, s'intima Stefan. Ne pas trop en dire, ni trop peu. Trouver les mots justes. Il veut savoir s'il a une part de culpabilité dans cette mort. Bien sur que oui. En tuant Herbert Molin, il a retourné une pierre. Les cloportes, pour parler comme Giuseppe, ont filé dans toutes les directions et, maintenant, ils veulent se réfugier sous la pierre. Ils veulent que quelqu'un remette la pierre au même endroit - là où elle était avant que la grande angoisse ne se propage dans la forêt..
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Videos de Henning Mankell (25) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Henning Mankell
Swedish crime author Henning Mankell speaking on migration and xenophobia, the creation of Wallander, the problems of Africa and his attitude to death.
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