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ISBN : 2715217706
Éditeur : Mercure de France (09/10/1992)

Note moyenne : 4.44/5 (sur 9 notes)
Résumé :
Le bleu ne fait pas de bruit. C'est une couleur timide, sans arrière-pensée, présage, ni projet, qui ne se jette pas brusquement sur le regard comme le jaune ou le rouge, mais qui l'attire à soi, l'apprivoise peu à peu, le laisse venir sans le presser, de sorte qu'en elle il s'enfonce et se noie sans se rendre compte de rien. Le bleu est une couleur propice à la disparition. Une couleur où mourir, une couleur qui délivre, la couleur même de l'âme après qu'elle s'est... >Voir plus
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Citations et extraits (36) Voir plus Ajouter une citation
patrick75patrick75   27 mai 2016
Ils se déplacent. Ils songent à se placer.

Les cieux dont ils transportent l'espérance règlent leurs conduites : demain vaut bien ces gestes de brute, ces sueurs, ces attentes blêmes. La vie qui vient sera plus belle que celle qui a passé. D'un souci, d'un amour, d'une giclée de désir à une autre, ils se bousculent et larmoient, croyant atteindre bientôt le ciel, aller s'asseoir très haut parmi les muses, causer enfin avec les anges et tenir dans leurs bras celle de toujours toute dont le rire est aussi clair que le regard. Promptement, ils s'habillent, se dévêtent, et se rhabillent encore devant leurs miroirs. Cela, semble-t-il, les occupe. Et les mots qu'ils prononcent n'ont d'autre objet qu'une phrase lointaine qui restera collée sur leurs lèvres à l'heure désormais proche de leur disparition. Combien de fois déjà ont-ils cru toucher au port ? Il est des visages dont la courbure donne à espérer l'impossible, des reins où s'incurve la nuit, des pas que tard l'on voudrait suivre jusqu'au ciel de lit d'une chambre odorante dont les volets de bois ouvrent sur la mer. Il faut aller : c'est vivre. Et cela ressemble à se perdre. Les dieux que nous avons en tête ne meurent pas : nous ne serons jamais délivrés de l'amour.
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patrick75patrick75   24 mai 2016
En été, le soir, sous les parasols rouges de la terrasse, comme sur le pont d'un grand navire, loin dans les tiédeurs de la mer.

Le soleil dans les yeux se couche, au pied du clocher flambant neuf. Les verres tintent et pétillent. Les voix racontent. Le temps s'attarde. Rien à craindre. Le malheur est loin. On oublie de mourir. On songe à des épaules. Chemisiers et rubans de couleur. Lunettes noires et cigarettes blondes. Contre-jour : la chair est tendre sous le tissu. Le cœur fait des bonds dans l'alcool et les rires. Ce bonheur pourtant est étrange. Trop douce est la musique, trop sucrée. Une poudre d'os sur les cheveux. Tant de bleu. Tant de bière. Tant de couronnes et de corolles. Pour ceux-là qui parlent d'amour, en été, les beaux soirs, sous les parasols rouges, au pied du clocher neuf, un peu avant huit heures, jusqu'à la nuit tombée.
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patrick75patrick75   30 mai 2016
Tout ce que j'ai aimé, tout ce que j'ai perdu, avait le goût de mon enfance. Quelque chose aurait eu lieu, naguère, dont je me souviendrais mal, et dont ma vie entière ne serait que la mauvaise mémoire. Dans l'amour et dans la langue, je m'efforcerais pas à pas de le déchiffrer, essayant des mots ou des gestes n'ayant en vérité d'autre raison d'être que de rejoindre cette espèce de couleur ou de clarté dont le monde même m'aurait privé, par erreur ou par mégarde...Le temps innocent que convoite chacune de ces phrases est celui où je n'avait encore presque pas de figure. Faute de jamais le retrouver, je ne puis plus que pressentir, sous l'inutile amoncellement des pages, l'heure proche où de mon visage mangé par les vers s'écoulera une épaisse bouillie noire, bientôt mêlée avec la terre.
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patrick75patrick75   20 mai 2016
La mer en nous essaie des phrases.

Depuis des lustres, la même voix épelle le même alphabet dans le même cerveau d'enfant. Elle balbutie des mots vite envolés, accrochés aux herbes des plages, à la peau brunie des baigneurs, à la proue des barques, aux mâtures. Des mots quelconques, pour rien et pour quiconque. Il n'y est question que de l'amour. C'est pourquoi nous ne savons trop que dire et souffrons que le regard d'autrui s'attarde sur notre visage quand nous voudrions qu'il se pose à même notre coeur. Nos lèvres sont si maladroites, notre corps invisible dans la nuit opaque, et nos mains malhabiles, des éclairs ou des ailes pourtant au bout des doigts.
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patrick75patrick75   19 mai 2016
Nous connaissons par oui-dire l'existence de l'amour.

Assis sur un rocher ou sous un parasol rouge, allongés dans le pré bourdonnant d'insectes, les deux mains sous la nuque, agenouillés dans la fraîcheur et l'obscurité d'une église, ou tassés sur une chaise de paille entre les quatre murs de la chambre, tête basse, les yeux fixés sur un rectangle de papier blanc, nous rêvons à des estuaires, des tumultes, des resssacs, des embellies et des marées. Nous écoutons monter en nous le chant inépuisable de la mer qui dans nos têtes afflue puis se retire, comme revient puis s'éloigne le curieux désir que nous avons du ciel, de l'amour, et de tout ce que nous ne pourrons jamais toucher des mains.
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