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EAN : 9782072891922
160 pages
Éditeur : Gallimard (02/04/2020)

Note moyenne : 1.5/5 (sur 1 notes)
Résumé :
Un jour, Jim Sams, cafard au destin extraordinaire, se réveille dans le corps du Premier ministre britannique. Il sait une chose : il a une mission à accomplir. Rien ni personne ne l'arrêtera dans sa volonté de porter la « voix du peuple », le Réversalisme. Ce Projet national qui rendra sa grandeur à la Grande-Bretagne a pour but l'inversion du sens de la circulation de l'argent. Désormais, les magasins rémunèrent leurs clients pour leurs courses. Les citoyens peuve... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
culturevsnews
  21 mai 2020
Un groupe de cafards conspire pour s'emparer des corps des membres dirigeants de l'actuel gouvernement conservateur britannique afin de faire passer le "Reversalisme" - une théorie économique folle qui est destinée à symboliser Brexit et aussi, dans une moindre mesure, le socialisme marxiste. Ils le font afin de provoquer l'effondrement de la société britannique au profit de la communauté des cafards, à laquelle ils retournent à la fin, ayant réussi leur mission.
En tant que courte satire contemporaine (100 pages dans l'édition de poche, et non 112 comme on le prétend ci-dessus), c'est étonnamment faible et unidimensionnel. Les personnages ne sont guère plus que des marionnettes, dont les identités sont facilement décodées. Jim Sams, le principal cafard, doit quelque chose à Theresa May, mais il s'agit essentiellement de Boris Johnson. le conseiller spécial de Jim, Simon, est évidemment Dominic Cummings. Benoît, le seul humain dans le cabinet, est clairement Philip Hammond. le chef de l'opposition, Horace Crabbe, est Jeremy Corbyn. Jane Fish semble devoir quelque chose au député Jess Phillips. Et ainsi de suite. Mais aucun de ces personnages, à part Jim, n'a de vie intérieure. Ce sont des découpages en carton. La plupart sont propulsés par le nihilisme. En tant que satire, le livre est beaucoup moins drôle que n'importe quelle édition du magazine Private Eye.
C'est un livre pour le plus zélé des restants. le chancelier allemand demande à savoir "Pourquoi faites-vous cela ? Pourquoi, dans quel but, déchirez-vous votre nation ? La cafetière n'a pas de véritable réponse à sa sagesse pénétrante : "Parce que. C'était, en fin de compte, la seule réponse : "parce que". En arrière-plan, on entend dire que les citoyens ont changé d'avis sur le résultat du référendum et qu'ils expriment "leur inquiétude quant à ce pour quoi ils ont voté, ce qu'ils ont déclenché". Mais au final, ce sont les cafards qui l'emportent, aidés par Horace Crabbe, chef de l'opposition.
Le sens de l'ironie de McEwan est étonnamment lourd. le Premier ministre Jim Sams, nous dit-on, "savait différemment". Sa compréhension, tout comme sa vision, était limitée". Sams est un menteur en série : "Il était important de garder la face". Il n'est pas nécessaire d'aimer Boris Johnson pour trouver ce genre de satire grossière et unidimensionnelle. McEwan ne résiste pas à une blague sur Nigel Farage qui se fait verser un milkshake. C'est de l'humour paresseux, conçu pour un certain type de lecteur.
Au final, le livre ressemble à un hurlement de désespoir de la part de McEwan. Sa vision est sombre, le Parlement étant infesté par une masse bouillonnante de vrais cafards derrière ses murs et sous ses planchers. Mais sa colère contre Brexit semble avoir obscurci sa conscience d'artiste. Pour aimer la politique de ce livre (anti-Johnson mais aussi anti-Corbyn), il faut la partager. Il y a aussi le problème que McEwan réduit le grand débat sur Brexit à une seule question, l'économie. En tant que satire, il est centré sur Londres et se déroule presque entièrement à Westminster. L'humour plaira sans doute à certains lecteurs mais il y a quelque chose de grossier et d'inhumain au coeur de cette histoire et elle est peut-être aussi réactionnaire au final que les politiciens de droite dont elle se moque. Il est troublant de constater que vers la fin du livre, McEwan dépeint "un récit de harcèlement, d'intimidation, de railleries obscènes et d'attouchements inappropriés" comme une concoction cyniquement inventée pour les médias afin de détruire un homme décent. C'est une perspective étrange à représenter dans une fiction à un moment où, dans le monde réel, de plus en plus de femmes s'avancent pour faire de telles affirmations contre des hommes importants.
Lien : https://culturevsnews.com/
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