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EAN : 9782764432914
204 pages
Éditeur : Les Éditions Québec Amérique (27/07/2017)
3.5/5   3 notes
Résumé :
Qui est Heather Thorne, cette jeune femme frappée d'amnésie qui ne sait plus si elle existe réellement ou si elle n'est que le double d'une inconnue croisée par un jour d'octobre ? Et qui est Andrée A. Michaud, cette écrivaine qui se demande si elle n'a pas usurpé la place d'une morte et si son véritable nom n'est pas Heather, Heather Thorne ? Regardant défiler les saisons depuis les fenêtres de son bureau, l'écrivaine tentera de déterminer de quel passé trouble a s... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Madame_lit
  10 mai 2018
Andrée A. Michaud exploite avec Routes secondaires le thème de l'écrivain et de son double. le lecteur est plongé dans une histoire où deux personnages, Heather Thorne et Andrée A. Michaud, ne font qu'un. L'écrivaine est habitée par son personnage au point qu'elle se fond dans Heather, une jeune femme amnésique, morte mystérieusement depuis très longtemps. En raison des nombreux signifiants tributaires de la vie d'Andrée A. Michaud, l'effet de réel est très fort. le lecteur s'avère entraîné dans une quête marquée par la dualité pour découvrir ce qui va arriver à l'une comme à l'autre. Pour ce faire, l'écrivaine mélange la réalité à la fiction pour brouiller le lecteur sur les routes secondaires de son coin de pays, l'Estrie. En ce sens, le lecteur est dans l'illusion de vie, dans cette expérience affective de l'autre. L'écrivaine a mentionné dans une entrevue accordée à Fabien Deglise du Devoir :
Ce livre montre que l'auteur est toujours présent dans son histoire, qu'il est toujours omniprésent, que créer, c'est une question de réciprocité, d'influence et d'une fusion qui se crée à un moment donné entre lui et son personnage.
Par cette explication de l'écrivaine, l'incipit du roman prend tout son sens. C'est en marchant dans les bois qu'elle connaît bien, en automne, que l'écrivaine a eu son idée de roman :
Je dois m'appeler Heather. Elle doit s'appeler Heather. Ces phrases que je me répète depuis des mois sans parvenir à en fixer le sens ont peu à peu perdu leur limpidité première pour devenir une obsession.
Je dois m'appeler Heather. Elle doit s'appeler Heather. […]
Tous les sens en alerte, j'imaginais un roman dans lequel je pourrais rendre la force obscure de ce sous-bois, quand je m'étais arrêtée au milieu de la route, ébahie, pour murmurer je dois m'appeler Heather, elle doit s'appeler Heather. […]
Je venais d'esquisser le début du roman que je cherchais dans le sous-bois.
Par le biais de ce récit, l'écrivaine démontre les étapes de la création d'un roman et de la construction identitaire d'un personnage tout en se mettant en scène. En ouvrant le bouquin, le lecteur lit cette phrase : «Tous les personnages de ce roman ont vécu entre le 1er mars 2014 et le 19 janvier 2017.» Ainsi, le lecteur est amené dans un univers intimiste qui lui semble vrai. Il y découvre peu à peu l'histoire de cette jeune femme morte depuis très longtemps, Heather, et il en vient à comprendre ses dernières heures. C'est fascinant, c'est déroutant, c'est dérangeant.
Ce livre m'a fait un peu penser à celui de Delphine de Vigan D'après une histoire vraie où il est aussi question de l'écrivaine et de son double à travers le processus de création. Pour lire ma chronique sur ce bouquin, cliquez sur D'après une histoire vraie.
Je n'avais jamais lu de roman d'Andrée A. Michaud. Pourtant, cette dernière a remporté le prix du Gouverneur général du Canada avec Bondrée et elle est finaliste pour gagner le prestigieux prix Giller. Dans Routes secondaires, les descriptions de la forêt sont absolument magnifiques. J'aurais envie de me promener dans les bois avec le livre entre les mains pour réciter des extraits. Ainsi, je pourrais m'imbiber du sens de l'observation de l'écrivaine. Les mots sont bien choisis et on ne peut qu'admirer la plume de l'auteure.
Si vous avez envie de découvrir comment une écrivaine est impliquée dans son processus d'écriture, je vous recommande de lire cette histoire et de vous perdre sur les routes secondaires en suivant le fantôme d'Heather ou d'Andrée A. Michaud.
J'aime beaucoup la phrase suivante :
RIEN DE LA RÉALITÉ NE ME SEMBLE PLUS VRAI. le coeur de juillet est froid et l'été est un mensonge, je l'ai déjà écrit, auquel je me prends parfois à croire lorsque le soleil luit et que je fais couler la sueur sur le front de P. Mais l'automne sera vrai, qui empiète déjà sur la blancheur des marguerites. (p. 146)
https://madamelit.ca/2018/05/09/madame-lit-routes-secondaires-dandee-a-michaud/
Lien : https://madamelit.ca/2018/05..
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critiques presse (3)
LeJournaldeQuebec   22 janvier 2018
Les lecteurs qui aiment les mystères et qui ont aimé Bondrée, son roman précédent, retrouveront une ambiance inquiétante et le motif du double, cher à l’œuvre d’Andrée A. Michaud, dans son nouveau roman, Routes secondaires.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
LaPresse   28 septembre 2017
Après le succès de Bondrée qui lui a valu entre autres le prix du Gouverneur général et une sélection comme finaliste au prestigieux prix Giller, Andrée A. Michaud nous revient avec Routes secondaires, exploration sous forme de thriller du thème de l'écrivain et son double.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LaPresse   07 septembre 2017
Son dernier roman, Bondrée, a remporté plusieurs prix. Cette fois, l'auteure prend l'identité d'une jeune femme disparue et, jouant sur la frontière entre la réalité et la fiction, nous entraîne sur ses traces.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Citations et extraits (4) Ajouter une citation
profprof   03 janvier 2018
Ce soir le ciel est clair et je n’arrive pas à dormir. Je compte les fissures du plafond tout en me demandant si mon intervention aurait pu sauver le bombyx et s’il m’est encore possible d’épargner à Heather une nuit de douleur et d’épouvante. Je pourrais bien entendu déchirer la page où je propulse sa Buick dans la forêt et la laisser filer vers le couchant, mais il me faudrait pour cela vouloir revenir sur mes pas.
C’est la prérogative de l’écrivaine que de pouvoir effacer ses empreintes si celles-ci s’engluent dans des terres glaiseuses, mais cela est un faux-fuyant ne profitant qu’au lecteur qui ne verra pas le bombyx sous les semelles boueuses. Sur mon bureau, il y aura toujours un papillon mort, couché sous l’amas d’autres créatures que je n’aurai sauvées d’une fin certaine qu’en détruisant la page sur laquelle elles agonisaient. Ce type de sauvetage n’est qu’apparence. Dans la corbeille, l’agonie se poursuit. Dans la forêt, Heather tâte sa tête endolorie en attendant que je remette le temps en marche et permette au soleil de se lever.
Sur l’étendue de son territoire, l’écrivain règne en maître, abusant d’un pouvoir dont il ne sait parfois que faire, tel un dieu en proie au doute mais n’en conservant pas moins la nécessaire cruauté des dieux.
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Madame_litMadame_lit   10 mai 2018
Je dois m’appeler Heather. Elle doit s’appeler Heather. Ces phrases que je me répète depuis des mois sans parvenir à en fixer le sens ont peu à peu perdu leur limpidité première pour devenir une obsession.
Je dois m’appeler Heather. Elle doit s’appeler Heather. […]
Tous les sens en alerte, j’imaginais un roman dans lequel je pourrais rendre la force obscure de ce sous-bois, quand je m’étais arrêtée au milieu de la route, ébahie, pour murmurer je dois m’appeler Heather, elle doit s’appeler Heather. […]
Je venais d’esquisser le début du roman que je cherchais dans le sous-bois.
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profprof   04 janvier 2018
Derrière le premier chat, une femme est assise à son bureau, qui me fait signe d’entrer. Une rafale fait voler mon foulard, que j’enlève pour sentir la douceur de l’automne au-delà de l’arche, et je rejoins la femme, Heather, qui a besoin de moi pour dénouer les fils de cette histoire dans laquelle je m’enlise, dans laquelle j’ignore le rôle que jouera peut-être Gilles Ferland, et de laquelle j’aurais dû expulser H. W. Thorne avant qu’il s’y incruste. Or les dés sont jetés et l’épuisement que j’anticipe à la seule idée de revenir sur mes pas excède de loin celui que me causera la présence de ces deux personnages. Je vieillis, c’est un fait, et n’ai plus le courage d’appuyer sur la touche « Retour » pour écrire sur mes propres palimpsestes et fouler l’ombrage de trop de papillons agonisants.
J’ouvre la porte et m’installe à mon bureau. Dehors, mon foulard s’enroule autour de l’arche en des formes fantomatiques me rappelant que seule la mort, seule l’absence de vent peuvent anéantir nos hantises et les déposer doucement au sol.
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Madame_litMadame_lit   10 mai 2018
RIEN DE LA RÉALITÉ NE ME SEMBLE PLUS VRAI. Le cœur de juillet est froid et l’été est un mensonge, je l’ai déjà écrit, auquel je me prends parfois à croire lorsque le soleil luit et que je fais couler la sueur sur le front de P. Mais l’automne sera vrai, qui empiète déjà sur la blancheur des marguerites. (p. 146)
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Videos de Andrée A. Michaud (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Andrée A. Michaud
Rentrée Frissons pour ce premier Cercle polar de l'année 2020. Tempêtes, le nouveau roman de la Québécoise Andrée A. Michaud explore la montée de la peur et de la folie chez deux personnages prisonniers de la fureur de la montagne. le Français Patrice Gain plonge une famille dans la violence d'une rivière qu'ils tentent de descendre en raft. Quant à l'Américain T.E. Grau, c'est dans le chaos de l'esprit d'un soldat retour du Vietnam qu'il enferme le lecteur, façon Apocalypse now. Bonne année à tous !
"Tempêtes" d'Andrée A. Michaud, éd. Rivages/Noir "Le sourire du scorpion" de Patrice Gain, éd. le mot t le reste "Je suis le fleuve" de T.E. Grau, traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Nicolas Richard, éd. Sonatine
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