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Jean-Noël Schifano (Autre)
EAN : 9782070377367
512 pages
Éditeur : Gallimard (23/05/1986)

Note moyenne : 3.57/5 (sur 27 notes)
Résumé :
À Milan, en 1975, un homme d'une quarantaine d'années, mal dans sa peau et dans la société, décide d'entreprendre un voyage en Andalousie à la recherche de l'unique femme de sa vie, celle qui l'a à jamais fasciné, sorcière et fée, madone et putain, l'aimante, la belle et rebelle Aracoeli : sa mère.

Entre l'agonie de Franco et l'assassinat de Pasolini, plus meurtri par son enfance que par la sanglante Histoire, Manuele reparcourt ainsi, à travers le t... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Baldrico
  18 décembre 2018
Voilà le dernier roman d'Elsa Morante.
Un monument, où se retrouvent toutes les obsessions de l'auteur, mais dans des teintes plus sombres.
Manuele, passé la quarantaine, décide d'aller visiter le lieu de naissance de sa mère, Aracoeli. Elle est d'origine espagnole, de la région d'Almeria.
Manuele mène une vie sans joie et sans amour. Il se trouve laid et ne trouve aucune relation amoureuse satisfaisante. Son homosexualité est manifestement mal assumée. Son voyage à Almeria est surtout l'occasion de se rappeler les expériences de son enfance, depuis le quartier populaire de Monte Sacro (Totétaco dans la bouche du jeune enfant), jusqu'aux "Hauts quartiers" nouvellement construits dans les années 1930 et enfin chez ses grands parents à Turin et dans le Piémont, pendant la guerre.
Aracoeli est un grand livre sur la mémoire. En rappelant à lui ses souvenirs, Manuele prend conscience de sa sélectivité et de sa latence insoupçonnée. Comment un adulte peut-il se souvenir des fantasmagories de l'enfance? le monde était enchanté alors, et il l'est resté pour une part. Mais fantasmagorie ne veut pas dire irréalité. Elle est un regard individuel posé sur le monde. Un regard à la forme singulière, aussi parce que Manuele est très myope. Selon qu'il met ou enlève ses lunettes le monde prend un autre visage. Si, chez Elsa Morante, le monde est enchanté, il n'est pas enchanteur. Manuele est un gamin esseulé. Sa seule relation vraiment humaine, il l'a avec sa mère. D'où le travail de mémoire. le reste du monde, et parfois Aracoeli aussi, est dur, hostile, humiliant.
C'est donc sur une vision sombre de la vie qu'Elsa Morante clôt le cycle de ses grands romans. Mais Aracoeli est aussi un livre flamboyant, à l'écriture somptueuse, qui sait nous faire voir la richesse des points de vue sur ce monde hostile et inquiétant dans lequel nous vivons.
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stcyr04
  21 janvier 2020
Ma lecture commença par un malentendu. Aracoeli était, dans mes souvenirs, la Basilique Santa Maria in Aracoeli, jouxtant et couronnant le Capitole, impressionnante par le volume de son espace intérieur. Néanmoins, l'action se déroule effectivement et principalement à Rome. Dans le livre qui nous intéresse c'est tout simplement le singulier prénom de la mère du narrateur, aucun rapport donc.
Manuel est un homme de la quarantaine, un peu paumé et qui, à la recherche de ses racines maternelles, s'embarque dans un voyage en l'Andalousie. Sa mère et son oncle étant morts depuis longtemps, on devine l'absurdité de sa quête qui n'en est pas moins légitime. Il se retrouve dans un village du bout du monde, pelé, qui pourrait être à la limite, dans son aridité, décor d'un improbable et quelconque western spaghetti. Cette errance mentale est l'occasion de réminiscences sur l'enfance du narrateur, dont les parents, installés originairement dans un quartier peu fréquentable, déménagent dans un immeuble "respectable". le petit Manuel est affligé d'une vue comparable à celle d'une taupe; il en a aussi la "grâce". Paradoxalement, c'est en fermant les yeux que le garçon pénètre dans un monde très coloré. L'enfant, dans une naïveté entretenu par une propension à l'onirique, se réfugie dans l'imaginaire. Son père est dans la marine et sa mère ne travaille pas, bardée d'une fierté et d'une morgue qui ne se justifie pas, comme si habiter dans la proximité de gens de conditions suffisait à la respectabilité.
La prose poétique confine à l'abstraction. On a toutes les peines du monde à rentrer dans l'univers d'Elsa Morante, de plus la typographie minuscule du Folio n'arrange rien. Mais un livre de cinq cents pages n'est pas une nouvelle, point d'accroche immédiate, il faut de la patience. Comme Sterne le dit quelque part dans son Tristram Shandy, tout est dans le contraste, c'est à dessein qu'il ménage des passages ennuyeux dans l'intention de rendre plus distrayant les épisodes loufoques. Les deux tiers ou la grande moitié du récit sont d'une lecture fastidieuse. Jamais il ne faut abandonner un livre, Aracoeli en est la meilleur des preuves. La mère du narrateur donne naissance à une fille qu'elle appelait de ses voeux, reléguant au second plan Manuel, dont la mère tolère à peine la présence, le papa étant souvent absent, ayant privilégier l'exercice de ses devoirs militaires. Cependant le nourrisson meurt après quelque jours. Commence alors un basculement dans l'esprit de la mère, le style change, le récit devient passionnant dans son extrême dureté. Manuel va subir des vexations, des violences psychologiques, des traumas d'une telle gravité, qu'on s'étonne qu'à l'âge adulte ce dernier, bien que marginal, n'ai pas sombré dans la folie. On devient pervers, psychopathe ou tueur en série pour moins que çà.
Vous l'aurez compris Aracoeli est un roman qui se mérite, qui découragera les moins aguerris, mais récompensera le lecteur patient et volontaire. C'est un roman dérangeant, éprouvant même.
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Siladola
  19 janvier 2019
Ma critique est sur l'édition Biblos, après celle de la Storia (lien ci-dessous).
Lien : https://www.babelio.com/livr..
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
BaldricoBaldrico   07 décembre 2018
Il n'est en effet point de retour de l'Oubli, sinon à travers son jumeau, la Restitution. C'est dans cet autre fleuve, que l'on reboit les mémoires perdues; mais comment s'assurer que ses eaux ne sont pas droguées, et polluées par des présages ou des séductions, des fabulations ou des leurres?
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rkhettaouirkhettaoui   22 juin 2016
À cet acte final seulement, le dessin, que chacun de nous va traçant dans sa vie quotidienne, prendra une forme cohérente et accomplie, où tout acte précédent aura son explication. Et ce sera ce choix – fût-il caché à nous-mêmes, ou masqué, ou équivoque – qui aura déterminé nos autres choix, nous aura livrés aux événements, et marqué nos corps dans chacun de leurs mouvements, les conformant à lui. Nous le portons écrit, indélébile, jusqu’à l’intérieur de chacune de nos cellules. Et le classique connaisseur à l’œil pénétrant pourrait sans doute déjà le lire dans nos gestes, nos linéaments, et dans chaque pli de notre chair vulnérable. Et il ne pourrait pas, en son âme et conscience, dénoncer des erreurs, ou des remplissages, ou des contresens dans sa trame. Bien plutôt, il apprendrait, en le lisant du début à la fin, qu’il renvoie partout à une logique sûre, constante, qui lui appartient.
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rkhettaouirkhettaoui   22 juin 2016
La nature, en général, fournit aux animaux terrestres, aquatiques et aériens, les instruments sensibles pour qu’ils s’orientent selon les moyens qui leur sont propres. Il est donc naturel, pour un hirondeau qui a grandi, de suivre l’envolée collective vers l’Afrique, ou pour une jeune anguille de remonter, avec les autres, depuis la Mer des Sargasses le cours des rivières. L’instinct primaire de chaque créature est d’égaler – ou de dépasser – ses semblables, ceux qui appartiennent à la même espèce, en s’orientant dans le milieu commun avec les instruments qui lui sont propres.
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rkhettaouirkhettaoui   22 juin 2016
Je ne sais comment les hommes de science expliquent l’existence, au cœur de notre matière corporelle, de ces autres organes occultes de sensation, sans corps visible, et isolés des objets ; mais pourtant capables d’entendre, de voir et de capter chaque impression de la nature, et d’autres encore. On les dirait munis d’antennes et de sondeurs à écho. Ils agissent dans une zone exclue de l’espace, mais de mouvement illimité. Et c’est là, dans cette zone, que se produit (du moins tant que nous vivons) la résurrection charnelle des morts.
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rkhettaouirkhettaoui   22 juin 2016
Quant au Prince plein de charme, qu’elle attendait, il faut imaginer, d’après différents indices, que, dans ses pensées, il devait ressembler à certains Grands de l’époque, dans lesquels s’incarnait, selon elle, la vraie puissance virile ; et à qui il lui semblait doux de se soumettre et de se consacrer en esclave, sur le modèle des héroïnes d’Eléonore Glyn. Sans doute fut-elle amoureuse de Mussolini, présent aux murs – sur des photos magnifiquement encadrées – dans des poses solennelles et des costumes variés (guêtres et melon, grand uniforme, fez) de même que, par la suite, elle fut amoureuse du Généralissime Franco. Et sans doute serait-elle aussi tombée amoureuse du Généralissime Staline, si cela ne lui avait été interdit par sa terreur et son horreur des Communistes.
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Videos de Elsa Morante (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Elsa Morante
En 2005 a paru Dictionnaire égoïste de la littérature française , immense succès immédiat critique et public. Chroniqué par tous les médias en France et beaucoup même à l'étranger, ce livre qui n?avait pas d?équivalent a reçu cinq prix littéraires. Il est aujourd?hui devenu un classique.  Le Dictionnaire égoïste de la littérature mondiale est consacré aux littératures des autres pays du monde. Et non pas « étrangers ». Un article l?explique, l?auteur ne croit pas à la notion d?étranger, surtout en matière de littérature. Nous ne sommes pas seuls au monde, et aucun lecteur français n?a été constitué par l?unique lecture de livres français. de même, aucun lecteur n?est constitué par l?unique lecture des livres de son temps. Un lecteur est de tous les temps et de tous les pays. Et c?est ainsi que ce livre comprend aussi bien Eschyle (le plus ancien) que Gabriel García Márquez (le plus récent). Pour « égoïste », cela signifie que l?auteur ne parle que de choses qui, en bien ou en mal, l?intéressent, le passionnent, l?éveillent, et non à partir d?on ne sait quels canons de la littérature.  Le « DELM » comprend, comme son frère aîné, quatre types d?articles : sur des auteurs (Karen Blixen, Jorge Luis Borges, F.S. Fitzgerald, Yukio Mishima, Elsa Morante, Platon, Gertrude Stein?), des ?uvres ( Amant de Lady Chatterley (L?) , Guépard (Le) , Petit Livre rouge (Le)? ), des personnages (Ali-Baba, Lady Bracknell, Mademoiselle Else, le prince André, Arturo Ui?), des notions (« Bonheur », « Enterrements d?écrivains célèbres », « Imagination », « Verbes réfléchis »?). Il a, en plus, des « express » (« Esthétique Express », « Machiavel Express »?). On y retrouvera tous les grands noms célèbres, et on y découvrira des méconnus délicieux. On y trouvera un esthétique, et des anecdotes qui sont peut-être un peu plus que des anecdotes, comme Joyce en train de dicter Finnegans Wake à Beckett qui répond « entrez » à un visiteur, Beckett écrivant le mot par mégarde et Joyce lui disant : « Laissez. » Allègre, partial, drôle, sérieux, brillant, inattendu. Un livre qui donne envie d?en parler avec l?auteur. Venez converser avec Charles Dantzig...
En savoir plus sur le "Dictionnaire égoïste de la littérature mondiale" : https://www.hachette.fr/livre/dictionnaire-egoiste-de-la-litterature-mondiale-9782246820741
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>Littérature (Belles-lettres)>Littérature italienne, roumaine et rhéto-romane>Romans, contes, nouvelles (653)
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