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Michel Arnaud (Traducteur)
ISBN : 2070315010
Éditeur : Gallimard (22/04/2004)

Note moyenne : 4.18/5 (sur 190 notes)
Résumé :
4° de couverture :
(Edition source : Gallimard, Du monde entier - 01/1987 (1° DL : 05/1977))


En ltalie d'abord, où il provoqua un vrai débat national, puis dans tous les autres pays du monde où il fut traduit, le livre d'Elsa Morante fut immédiatement accueilli comme une des œuvres majeures du XX° siècle : un pendant de Guerre et Paix.

Dans ce roman, conçu et rédigé en trois ans (entre 1971 et 1974), Elsa Morante désirait... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
AgatheDumaurier
  16 septembre 2018
Ô mon Dieu ! Ca c'est un grand livre à la papa écrit par la mama ! J'entends un livre-monde, où l'auteure se sent en capacité de traiter L Histoire et l'histoire, narratrice omnisciente, politique, sentiments, grands événements et petits riens, l'univers entier dans un vaste ballet macabre, celui de la seconde guerre mondiale, encore, toujours, comme le reflet de la grande tragédie humaine.
Et waouh ! Comme c'est beau et déchirant ! Comme les personnages sont marquants, inoubliables sans doute.
Nous sommes en Italie, en l'an de grâce 1941..Une si charmante année à passer en Europe...Ida, trente-sept ans, veuve terne, timide, pas très futée, et dotée d'un fils flamboyant de treize ans, Antonio, Nino, Ninarrieddu, se fait violer par un soldat allemand perdu dans Rome. de ce crime naît Giuseppe, dit Uzeppe, petite créature extraordinaire aux mystérieux yeux bleus, innocents, fait pour la joie. Ces trois personnages bouleversants sont accompagnés de Blitz, le chien de Ninarriedu. D'abord, la guerre semble épargner l'Italie, malgré le fascisme omniprésent, puis, peu à peu, l'horreur s'installe. D'autres joueurs entrent en scène, Carlo Vivaldi, les amis de Nino, Bella, Rossella, Maria...J'en oublie, mais la guerre, elle, ne les oublie pas. J'ai mêlé les animaux aux humains, comme le fait Elsa Morante, rassemblant tous les faibles et toutes les victimes dans une même énergie désespérée à vivre.
940 pages qui ne se résument pas, mais qui ne passent rien sous silence, de toute la violence innommable qui est faite à toute créature. Uzeppe en est le centre, il reçoit tout en plein coeur, innocent comme au premier jour.
Il n'y a que dix-neuf critiques à ce très grand livre. Mais comme Morante rime avec Ferrante, et que les deux Italiennes assurent un maximum, j'espère qu'Elsa, l'aînée, trouvera beaucoup de lectrices et de lecteurs qui ne seraient pas aller vers elle sans la lecture des oeuvres de la cadette, Elena.
Vraiment vraiment un grand roman !
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Sachenka
  05 janvier 2017
Fascisme. Nazisme. Totalitarisme. Shoah. Tant qu'à y être, pourquoi pas aussi communisme. L'auteure aurait bien pu remonter le temps et écrire sur les guerres napoléoniennes, celles de religion, le régime des tsars jusqu'à l'empire des césars. Que des horreurs, tout ça ! Et du pareil au même. C'est ça qu'Elsa Morante a voulu nous raconter mais, évidemment, de l'extérieur, car sa protagoniste, Iduzza Ramundo, n'a pas fait la guerre. C'est la guerre qui est venue à elle. Ida n'est qu'une pauvre enseignante, native du sud de l'Italie et qui a suivi son mari dans la capitale, Rome. Il est mort assez tôt, lui laissant un enfant à sa charge, Nino, mais jeune femme s'était toujours bien débrouillée. Puis la Seconde Guerre mondiale a éclaté, entrainant l'Italie dans son sillon. Et Ida.
Dernier fait important que j'ai oublié de mentionner : Iduzza Ramundo est à moitié juive par sa mère. Vous me voyez venir?
La Storia est un roman coup de poing, une bombe littéraire, et je suis surpris qu'on n'en parle pas plus. Quoiqu'il en soi, il est découpé en fonction des années : 1941, 1942, 1943… Vous voyez. Chacun de ces découpages commence par une description des principaux évènements qui se sont produits en Italie, en Europe et dans le monde. Vous l'aurez compris, la guerre y occupe une grande place.
Le récit commence en 1941 alors qu'Ida est abordée par un soldat allemand en permission et elle se fait violer. Assez brutal comme entrée en matière mais, tout compte fait, assez approprié au propos de l'auteure. de cet acte nait un garçon qu'elle nomme Useppe. Ce petit être fragile sera sa nouvelle raison de vivre et elle passera le roman à le protéger, même jusqu'à son dernier ressort.
On suit le quotidien d'Ida à travers ces années folles. Au début de la guerre, Rome est un havre de paix, les troupes allemandes et italiennes ne font que passer pour se rendre en Afrique ou sur d'autres champs de bataille. Loin, très loin. Mais voilà que le front se déplace, les Alliés prennent position au sud de l'Italie, puis en dehors des murs de Rome. La situation devient précaire, les nazis ripostent en emenant les juifs, Ida a peur. Elle doit se réfugier dans des quartiers mal famés. Son fils Nino se lie avec des résistants italiens, aux idées révolutionnaires et socialistes, plus rien ne va plus. Même quand Rome est prise et que les combats se déplacent au nord, la situation ne s'améliore pas, on manque de tout, on crève de faim. Je vous fais grace des intrigues secondaires.
Quand la Seconde guerre mondiale se termine, on pourrait dire «Ouf, Ida et ses fils l'ont échappé belle!» Mais non, les horreurs continuent. Les Italiens s'entredéchirent, les paysans et les ouvriers agricoles en veulent aux propriétaires terriens, des assassinats se multiplient, la mafia s'en mêle, les socialistes veulent renverser le pouvoir, etc. Quelques rares survivants de la Shoah reviennent mais avec des histoires affreuses à raconter. Décidément, ce monde est terrible. Dans cet enchevêtrement de représailles de toutes sortes, Ida perd son fils ainé Nino. Sa vie ne sera jamais plus la même. D'autant plus que la prospérité n'est pas encore revenue, on vit toujours de rations, etc. Mais le pire reste à venir pour cette pauvre femme esseulée. J'ai été complètement retourné quand elle s'est mise à crier «Useppe ! Useppe!» J'ai surement fait un cauchemar ou deux à ce sujet...
Qu'est-ce qu'on doit retenir de la Storia ? L'Histoire peut n'être qu'un «interminable assassinat». Assez terrible, n'est-ce pas ? Mais certains diront qu'Elsa Morante a visé juste. D'autant plus que cette histoire aurait pu se passer en Allemagne, en Russie ou en Chine, le propos demeure : es innocents seront toujours les victimes. Moi, jl'ai trouvé ce roman profondément émouvant. À vous de juger, si vous vous sentez le courage d'affronter ce pavé de près de mille pages dans le format de poche.
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Allantvers
  23 avril 2016
Il est rare que je m'offre le luxe d'une relecture, tant sont nombreux les livres à découvrir et rare le temps pour le faire, mais « la Storia » m'avait laissé une impression si profonde que je n'ai pas résisté à l'envie de la redécouvrir quelques vingt ans plus tard.
La « Storia » : c'est bien l'Histoire le sujet de ce texte magnifique, l'Histoire âpre et cruelle de l'éternelle domination des uns au profit des autres, de l'infini recommencement de la manipulation violente des faibles par les forts, mais aussi de la lutte acharnée, dérisoire et sublime des millions d'instincts de vie contre la pulsion de mort.
La storia dans cette « Storia » nous emmène plus précisément dans l'Italie de la seconde guerre mondiale où Ida, une veuve timorée, juive par sa mère, mal armée pour le monde brutal dans lequel elle se retrouve ballottée, mais dont l'instinct maternel surpuissant sera le moteur de son instinct de survie, donne naissance à la suite d'un viol par un soldat allemand à l'une des créatures les plus éclatantes de bonheur et de joie de vivre que la littérature nous ait offert, le petit Useppe. Ensemble, ils traverseront tant bien que mal les années de guerre, dont les horreurs finiront pourtant par s'imprégner irrémédiablement dans le regard immense, joyeux et innocent d'Useppe…
« Useppe ! Useppe ! » C'est ce cri récurrent dans le livre, ce cri apeuré de la protectrice Ida appelant son petit qui m'était resté dans la tête depuis toutes ces années et m'a donné envie de le rouvrir et de retrouver ces deux personnages inoubliables, tout poignant que soit le récit. Autour d'eux, le petit peuple de Rome vivace et endurant, Nino le fils aîné d'Ida, bouillonnant d'une jeunesse façonnée par la guerre et fou d'amour pour son petit frère, mais encore la figure lugubre et désespérée de David Segré, partisan, anarchiste, juif en rupture avec ses origines bourgeoises, tous apportent une chair juteuse et amère à la storia d'Ida et Useppe.
La « Storia » est un très grand livre, dont a d'ailleurs été tiré un beau film avec Claudia Cardinale, que je recommande à tous les amateurs d'histoire dans l'Histoire, n'ayant pas peur de regarder en face la mort se mêler à la luxuriance de la vie, ni de vider une boite de mouchoirs.
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lafilledepassage
  22 juin 2018
C'est à travers l'histoire (avec un petit h) d'Ida, qu'Elsa Morante nous emmène revisiter l'Histoire de l'Italie, et par là même l'Histoire de l'Europe, de la première moitié du vingtième siècle.
Ida est une petite institutrice, dont la mère était juive, et qui élève seule son fils. Mais Ida est surtout « restée, au fond, une fillette, car sa principale relation avec le monde avait toujours été et restait (consciemment ou pas) une soumission apeurée ». Un soir de janvier 1941, elle est victime d'un viol par un soldat allemand aviné. Un enfant naitra de cette relation, Useppe qu'Ida aimera d'emblée et pour qui elle nourrira les pires angoisses, en ces temps barbares de deuxième guerre mondiale. Des angoisses dignes d'une louve pour son petit, des angoisses viscérales, irrationnelles pour ce petit être si fragile et surtout, surtout, innocent.
Cette histoire, somme toute banale (je devrais écrire tristement banale), est l'occasion pour Elsa Morante de témoigner du climat politique de l'Italie durant les années 1930 à 1950. Tout est passé en revue, les courants anarchistes, les groupuscules fascistes et la fascination du peuple d'avant-guerre pour les pouvoirs forts, sur fond de pauvreté du Sud. Puis les lois raciales, la déportation des Juifs du ghetto de Rome et la résistance communiste et antifasciste (tiens, j'entends le refrain de Bella Ciao en sourdine). Et enfin l'énorme espoir, qui a accompagné la libération, vite effacé devant la monstruosité des bombardements d'Hiroshima et de Nagasaki.
On devine une Elsa Morante désenchantée, déprimée, désespérée même. Elle dira elle-même : « Par ce livre, moi, qui suis née en un point d'horreur définitive (c'est-à-dire notre vingtième siècle) j'ai voulu laisser un témoignage documenté de mon expérience directe, la Deuxième Guerre mondiale, en l'exposant comme un échantillon extrême et sanglant de tout le corps historique millénaire. »
Un mot sur le style, maintenant … En toile de fond d'un tel roman, se pose la question de « comment écrire sur la Shoah quand on ne l'a pas vécue soi-même, quand on en a été que le témoin ou le dépositaire ? Où trouver les mots pour dire l'horreur ? Y a-t-il seulement des mots ? » Epineuses questions, je trouve. Je dirai même plus questions insolubles.
Elsa Morante choisit le ton neutre, au risque de passer pour indifférente. Elle fait aussi appel aux rêves qui assaillent Ida, rêves très « réalistes » dans le sens qu'ils ressemblent à nos propres rêves, parfois en noir et blanc, parfois sans aucun son. Puis Elsa montre Ida en proie à des voix imaginaires entendues par elle seule. le risque est bien sûr de faire passer Ida pour à moitié folle ou bien pire d'insinuer le doute quant à la véracité des camps de concentration, de la persécution des Juifs et autres races impures et êtres dégénérés (ce ne sont bien sûr pas mes mots, mais ceux de la propagande nazie).
Mais Morante manipule ces rêves, ces images, ces voix avec brio, avec infiniment de brio, de sorte que l'on comprend que cette façon d'écrire permet une infinie délicatesse, une distance respectueuse, un flou salutaire. Et aussi une certaine honnêteté intellectuelle, puisque l'auteure n'était pas directement présente. En plus, en utilisant les rêves, elle dote les images d'une force symbolique très puissante, et du coup donne bien une idée des événements terribles. Et nous, nous savons que la réalité était encore bien au-delà que les pires cauchemars d'Ida.
Elsa se devait aussi d'écrire dans cette Europe d'après-guerre, qui ne voulait pas savoir, où « les récits des Juifs ne ressemblaient pas à ceux des capitaines de navire ou d'Ulysse, le héros de retour dans son palais. Ils étaient des figures aussi spectrales que des nombres négatifs, en dessous de toute vision naturelle et incapables de susciter même la plus banale sympathie. Les gens voulaient les éliminer de leurs journées, comme dans les familles normales on élimine la présence des fous ou des morts. »
En conclusion, c'est une lecture difficile, nécessaire, indispensable. Bien loin d'une lecture de vacances. Lisez « la storia », en dépit de sa longueur (940 pages quand même), de certains passages fastidieux et de l'atmosphère assez plombante qui s'en dégage. Et n'oublions que nous aussi nous sommes les enfants de cette époque …
Et puis tout à la fin surgit une mince lueur d'espoir. Ce magnifique explicit, cet hommage masqué à Antonio Gramsci, philosophe italien, emprisonné par les fascistes dans la prison insalubre de Turi où il trouvera la mort : « Toutes les graines n'ont rien donné sauf une : je ne sais pas ce qu'elle peut être, mais c'est probablement une fleur et non une mauvaise herbe ».
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tolbiac
  31 mars 2013
Oulala. Que trois critiques? Combien d'entre-nous a eu la chance de tomber sur ce livre?
La storia ; c'est de l'Bombe. C'est le cuir d'une époque déchiré par les yeux d'une femme. C'est les misérables à la sauce italienne. C'est la grande histoire dans la petite. C'est l'histoire d'un destin.
Un petit bout de femme, Iduzza (diminutif de Ida) dans le maelström de la guerre, tente de survivre à Rome, avec son fils Useppe.
La Storia ; c'est la folie des hommes décortiqués par Elsa Morante.
La Storia ; Elle cri, pleure, fait trembler, fait froid dans le dos ; La Storia.
La Storia ; C'est la vie d'une saison en enfer entre les mains de l'amour.
J'avais lu le Christ c'est arrêté à Eboli ( et non pas à Ebola, quoique là… Il a du faire demi-tour) de Carlo Levi ( entre parenthèse un tout petit petit ouistiti qui mérite d'être dévoré cru), qui déjà m'avait plongé dans cet Italie sans italique. Dans ce décor derrière les épaules de Musso-Lit-Ni, dans ce décor qui nie le monde ; on est happé. Parce tout est là, dit, avec les non-dits. On entend la voix des sans-voix, on boit avec ceux qui ne boivent rien d'autres que la poussière de l'histoire. On suit cette mère, cet amour de femme, on est là, entre 1940 et 1947, on plonge dans cette période dantesque et on hésite, on marche d'un pas peu assuré, puis on espère, on croit, on se bat, on entend l'armée allemande passer, les fascistes danser, on sent la résistance se lever. On est là et Ida nous porte à bout de bras…
Elsa Morante a écrit là, une oeuvre majeur du long et éphémère XX siècle.
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critiques presse (1)
LeMonde   18 mai 2018
Une passionnante enquête sur l’auteure de « La Storia » (1912-1985), signée René de Ceccatty.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (53) Voir plus Ajouter une citation
SachenkaSachenka   29 décembre 2016
1- Le mot fascisme est de frappe récente, mais il correspond à un système social de décrépitude préhistorique, absolument rudimentaire et, même, moins évolué que celui en usage chez les anthropoïdes (comme peut le confirmer quiconque a des notions de zoologie) ; 2- Ce système est fondé, en effet, sur la domination par la violence de ceux qui sont sans défense (peuples, classes ou individus) par ceux qui disposent des moyens d’exercer la violence ; 3- En réalité, depuis les origines primitives, universellement et tout au long de l’Histoire de l’humanité, il ne subsiste pas d’autre moyen que celui-ci. Récemment, on a donné le nom de fascisme ou de nazisme à certaines de ses manifestations extrêmes d’ignonomie, de démence et d’imbécillité, propres à la dégénérescence bourgeoise : mais le système en tant que tel est en activité toujours et partout (sous des apparences et des noms différents, voire contradictoires…), toujours et partout depuis le début de l’Histoire de l’humanité.
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SachenkaSachenka   31 décembre 2016
«... car, en somme, l'Histoire toute entière est celle de fascisme plus ou moins larvé... dans la Grèce de Périclès... et dans la Rome des Césars et des Papes... et dans la steppe des Huns... et dans l'Empire aztèque... et dans l'Amérique des pionniers... et dans l'Italie du Risorgimento... et dans la Russie des Tsars et des Soviets... toujours et partout ceux qui sont libres et les esclaves... les riches et les pauvres... les acheteurs et ceux qui sont vendus... les supérieurs et les inférieurs... les chefs et le troupeau... Le système ne change jamais... il s'appelait religion, droit divin, gloire, honneur, esprit, avenir... rien que des pseudonymes... rien que des masques... Mais avec l'ère industrielle, certains masques ne tiennent plus... le système montre les dents, et tous les jours il imprime dans la chair des masses son vrai nom et son vrai titre... et ce n'est pas pour rien que, dans son vocabulaire, l'humanité est appelée MASSE, ce qui veut dire matière inerte... Et ainsi, nous y voilà maintenant... cette pauvre matière de servitude et de travail devient une masse à exterminer et à désintégrer... [...]»
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thisou08thisou08   28 octobre 2018
Dans les derniers jours de ce mois d'avril (1945 NDL), des divers points d'Europe où les Allemands se débattaient encore, les destinées de la guerre prirent toutes ensemble un cours précipité vers la conclusion finale. Les fameuses "armes secrètes" du Reich avaient échoué; par ici la Ligne gothique avait cédé, de même que, ailleurs, toutes les autres lignes, toutes les autres fortifications et tous les autres fronts. En Italie, l'armée allemande, après s'être retirée de Milan, capitulait; et dans les ruines de Berlin, encerclée de toutes parts, entraient déjà les premiers soldats russes. A quelques heures de distance l'un de l'autre, Mussolini qui tentait de s'enfuir camouflé en Allemand était pris et fusillé près de la frontière d'Italie; et Hitler se tuait d'un coup de pistolet ( tiré par lui-même ou par autrui ) dans l'ultime domicile où il vivait déjà enterré, son bunker anti-aérien sous la Chancellerie de Berlin...
Environ une semaine plus tard, la reddition totale de l'Allemagne mettait fin, au bout de six années de massacres, à la guerre-éclair en Europe.
P 346
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PilingPiling   20 juillet 2008
incipit :
Un jour de janvier de l'an 1941, un soldat allemand, jouissant d'un après-midi de liberté, se trouvait seul, en train de flâner dans le quartier de San Lorenzo, à Rome. Il était environ deux heures de l'après-midi, et à cette heure-là, comme d'habitude, peu d egens circulaient dans les rues. Aucun des passants, d'ailleurs, ne regardait le soldat, car les Allemands, bien que camarades des Italiens dans la présente guerre mondiale, n'étaient pas populaires dans certaines périphéries prolétaires. Et ce soldat ne se distinguait pas des autres de la même série : grand, blond, avec l'habituel comportement de fanatisme disciplinaire et avec, en particulier dans la position de son calot, une correspondante expression provocante.

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thisou08thisou08   30 octobre 2018
Le silence, en réalité, était parlant ! Et même, il était fait de voix, qui, au début, parvinrent plutôt confuses, se mélangeant au tremblement des couleurs et des ombres, jusqu'au moment où cette double sensation devint une seule : et alors, on comprit que ces lumières tremblantes, elles aussi, étaient toutes, en réalité, des voix du silence. C'était vraiment le silence, et pas autre chose, qui faisait trembler l'espace, serpentant comme une racine plus profondément que le centre embrasé de la terre et montant dans une tempête énorme plus loin que le bleu du ciel. Le bleu du ciel restait bleu ou plutôt il était plus éblouissant, et la tempête était une multitude qui chantait une seule note (ou peut-être un seul accord de trois notes) semblable à un hurlement ! Mais dedans on distinguait, Dieu sait comment, une par une, toutes les voix, toutes les phrases et toutes les conversations, par milliers et par milliers de milliers : et les chansonnettes, et les bêlements, et la mer, et les sirènes d'alerte, et les coups de feu, et les toux, et les moteurs, et les convois pour Auschwitz, et les grillons, et les bombes, et le tout petit grognement du petit animal sans queue... et « tu me donnes un petit bécot, Usé ?... »
P 477
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