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Alexandra Lapierre (Éditeur scientifique)Christel Mouchard (Directeur de publication)
ISBN : 2700396715
Éditeur : Editions Arthaud (03/09/2007)

Note moyenne : 4.22/5 (sur 38 notes)
Résumé :
Quatrième de couverture - « Qu'ont-elles en commun, toutes ces femmes aux personnalités si fortes ? Sinon l'intrépidité et le talent unique de savoir reconnaître leur instinct et soutenir leur désir. »
Les grandes aventurières ne sont plus seulement des courtisanes : ce sont des conquérantes d'un type nouveau apparu dans la première moitié du XIXe siècle. Des femmes qui voulaient être des géographes, des botanistes, des ethnologues - bref des exploratrices à ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
ClaireG
  05 septembre 2018
Epoustouflant !
Voilà un livre d'une richesse incroyable que nous devons à la plume luxuriante et efficace d'Alexandra Lapierre et de Christel Mouchard, spécialiste des voyages au féminin.
Elles nous offrent, de 1850 à 1950, 31 portraits de femmes qui ont décidé de donner au mot liberté ses lettres de noblesse. Défiant la morale victorienne, l'hypocrisie américaine, l'esprit collet-monté français et toutes les barrières sociales des autres nations, ces femmes ont exploré avec un courage à toute épreuve et une détermination forcenée les parties du monde jusque-là réservées aux exploits masculins.
Ce qui distingue ces femmes d'autres qui ont également vécu l'aventure avant le 19e siècle, c'est qu'elles ont donné des conférences, ramené photos et illustrations, laissé des écrits passionnants repris dans une bibliographie en fin d'ouvrage,. Pour ma part, je ne connaissais que neuf de ces héroïnes, dont une seule au 19e siècle, Fanny Stevenson, dont j'ai chroniqué la biographie somptueusement écrite par Alexandra Lapierre.
Par contre, j'ai épinglé l'Américaine Fanny Bullock Workman qui, avec son mari, escalade les sommets de l'Himalaya et qui, en 1911, se fait photographier au point culminant du Siachen, avec une pancarte « Votes for Women ». le droit de vote pour les femmes aux USA date de 1920. Ou encore, Mary Kingsley dont la fabuleuse collection de poissons d'Afrique alimente le British Museum et Marianne North qui laisse 832 tableaux de fleurs, dessinés au cours de ses deux tours du monde, à la North Gallery de Londres. J'ai retenu également la journaliste d'investigation, Nelly Bly qui, en 1889, réussit à battre le record de Philéas Fogg en faisant le tour du monde en 72 jours ainsi que les 22 000 papillons ramenés du monde entier par Margaret Fountaine, qui illuminent les salles d'archives du Castle Museum of Norwich.
Au 20e siècle, les noms sont plus connus : Ella Maillart, Alexandra David-Néel, Anita Conti, Karen Blixen, Margaret Mead,... J'ai coché l'archéologue Gertrude Bell – surnommée Bell of Bagdad - qui est le pendant féminin de Sir Thomas E. Lawrence pour le renseignement militaire anglais. Devinez quel nom est le plus connu ?
Quatre à six pages sont consacrées à chacune de ces aventurières, pages tellement imagées et haletantes qu'elles donnent envie d'approfondir chacun de ces destins hors norme.
Je ne résiste pas à l'envie de vous parler de ma préférée, féministe, intrépide et pacifiste : l'américaine May French Sheldon. Spécialiste de la littérature française et traductrice du salammbô de Gustave Flaubert, May est aussi une femme d'affaire avisée. Lassée par les récits effrayants, remplis d'hémoglobine et de cruauté, de l'explorateur en vogue, Henry Morton Stanley, elle décide de prouver qu'une femme peut rivaliser avec un homme en terres hostiles sans effusion de sang. Elle veut être la première à parvenir au lac Chala, à 2 000 m d'altitude, au pied du Kilimandjaro (Kenya). Elle prépare scrupuleusement son voyage, étudie les dialectes locaux et veut constituer une équipe de porteuses. Ce sera son seul échec. Elle se rabat donc sur 300 hommes qui, le premier soir de bivouac, tentent une mutinerie. Ni une ni deux, May prend son fusil et abat un vautour qui tombe dans le camp. Sidérés par son adresse et ses menaces, les porteurs lui mangent désormais dans la main et l'appellent Bibi Bwana, la reine blanche. On serait tenté de croire que ces femmes étaient des garçons manqués, ou des moches, ou des vieilles filles sans avenir, ce serait une grave erreur. May est riche, son mari aussi mais c'est lui qui reste à la maison et May emmène robes de soie, porcelaine et cristaux, une baignoire, sa coiffeuse et son médecin et chaque soir, elle a à coeur de se souvenir des bonnes manières qui lui ont été enseignées. Elle a aussi des malles remplies de cadeaux pour remercier les tribus des Rombos et des Masaïs de lui laisser traverser leurs territoires. Après avoir effectué les relevés cartographiques du lac Chala, elle rentre au pays, donne force conférences et relate son voyage dans « Sultan to sultan. Adventures among the Massai and other tribes of East Africa » (1892). La preuve était faite, elle n'en demandait pas plus.
N'allons pas croire non plus qu'il s'agissait de promenades du dimanche, que ces femmes ne traversaient d'autre moment éprouvant que de choisir une toilette seyante pour dîner ou d'accomplir trois/quatre kilomètres par jour et de se la couler douce dans un palanquin à l'abri des bêtes sauvages et d'une nature exubérante, ou de désert de glace ou de pierre.
Extraordinaire livre de témoignages, de transmission et d'histoire qui ne magnifie pas la femme mais qui illustre son combat à travers un siècle pour obtenir un statut plus enviable que celui qui lui était dévolu de génération en génération.
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babounette
  21 juillet 2014
Trois critiques (une quatrième avec la mienne!) et une citation pour ce magnifique livre nous racontant avec moult photos en noir/blanc, l'histoire de ces 31 femmes qui ont osé l'impensable à une époque où les femmes étaient encore reléguées pour la plupart aux travaux ménagers. Elles sont parties à l'aventure dans des pays aux climats et coutumes dont elles n'avaient pas idée ou très peu, et pas avec les moyens, loin s'en faut, dont on dispose aujourd'hui.
Elles ont accompli leur rêve, parfois avec un prix très dur à payer, mais avec un courage et une foi inébranlable.
Un livre super intéressant, agréable et magnifique. Bravo aux auteures Alexandra Lapierre et Christel Mouchard qui, à travers ce document, nous éclairent sur ces femmes inconnues du grand public.
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cardabelle
  08 mai 2018
Un ouvrage que j'ai choisi pour la participation d' Alexandra Lapierre afin de retrouver ou surtout découvrir la vie et les récits des aventurières qu'elle connaît si bien .
Un sommaire prometteur présente des femmes hors du commun : voyageuses, certes mais qui resteront dans l'histoire car elles ont transmis leurs épopées par l'écriture et /ou la photographie .
Sans toutes les citer, j'ai juste envie d'écrire le nom de mes préférées : Karen Blixen , Alexandra David - Néel , Osa Johnson (malgré ses photos de safaris ) Margaret Mead ... une trentaine de patronymes , une dizaine de nationalités.
Et , là, commence une merveilleuse immersion dans un monde disparu mais qui renaît pour un instant au coeur des photos anciennes et des gravures .
On va d'un continent à l'autre , de savanes en déserts, de montagnes en océans à la rencontre de peuplades , de croyances , de coutumes . A la rencontre de l'histoire .
Pour chaque aventurière, un chapitre illustré de beaux portraits et nourri d'extraits de textes choisis , d'où l'envie fréquente d'approfondir l'oeuvre de telle ou telle ou de revenir vers les classiques !
Mais, ce livre est aussi un essai par lequel A. Lapierre démontre le lien étroit entre le voyage et le livre qui unit toutes ces femmes . C'est aussi et surtout une mise en lumière d'une émancipation et d'une quête de liberté pour une période qui va de 1850 à nos jours.
Ce beau livre tient vraiment bien sa promesse de superbe voyage et je l'ouvre au gré de mes envies car outre la lecture distrayante , sa densité en fait aussi un outil de références .

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lecteur84
  13 mars 2017
Un ensemble de portraits de femmes aventurières aux histoires splendides, riches. Un moment d"évasion délicieux aux côtés de ces femmes qui sont parties découvrir le monde, braver les interdits et pour certaines, nous livrer dans une prose des plus ciselées des récits qui nous laissent rêveur aujourd'hui. Découvrir le monde, servir l'humanité, l'éclairer, un livre qui devrait être bien plus répandu de nos jours, tant la place des femmes semble fragile, remise en cause par un obscurentisme sorti tout droit du moyen âge...Un très beau livre à découvrir...
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mediatheque-de-valence
  29 avril 2009
Superbe galerie de portraits de femmes, célèbres ou non : Ida Pfeiffer, Daisy Bates, Gertrude Bell, Alexandra David Néel, Ella Maillard……………..
A travers l'espace et le temps, toutes ces femmes aux personnalités si différentes ont osé dire « NON » au conformisme et aller jusqu'au bout de leur désir d'être des exploratrices.
Elles ont en partage la pugnacité et le courage, la liberté de coeur et d'esprit.
C'est la transmission de leur expérience par l'écriture qui les différencie des centaines de voyageuses et des milliers de touristes.
Ce beau livre aux nombreuses photos est facile à lire, donne envie d'en « découvrir » plus sur ces grandes aventurières et de se pencher sur leurs écrits avant peut-être de partir à notre tour ?
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
ClaireGClaireG   05 septembre 2018
Mary Kingsley : « Je l’affirme sans hésitation, dans toute l’Afrique de l’Ouest, en une semaine, vous rencontrerez le quart des ivrognes que vous rencontrez en deux heures passées dans Vauxhall Road un samedi soir ». Elle, dénonce le prétendu « fardeau de l’homme blanc » cher aux émules de Kipling. Elle reproche ouvertement aux autorités coloniales et aux missionnaires de délaisser l’approche ethnologique des populations africaines pour une politique qui repose sur « les bonnes intentions, l’ignorance et les fusils », ce qui lui vaudra d’être qualifiée par le Colonial Office de « femme la plus dangereuse du camp adverse ».

p. 115
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mesrivesmesrives   04 mars 2018
Ce qui différencie les grandes aventurières des centaines de voyageuses et des milliers de touristes, c'est la transmission de leur expérience par l'écriture.
"... Tout de même et avant le reste", aurait, semble-t-il,
affirmé Ella Maillart qui a longuement fréquenté les sommets, "le meilleur moyen de se débarasser d'un désir obsédant, c'est de le réaliser!".
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babounettebabounette   21 juillet 2014
Une jeune fille de quinze ans en habit de novice, seule dans un bois de châtaigniers, non loin de la ville de San Sébastian, en Espagne...
Nous sommes en 1607.
Penchée sur son ouvrage, elle coud..."sagement", dit-on souvent quand il s'agit d'une jeune fille et de couture.
Pourtant, Catalina de Erauso ne coud pas sagement.
A ce moment de sa vie, elle vient de s'enfuir du couvent où sa famille l'a placée, et confectionne en toute hâte les vêtements d'homme qui vont lui ouvrir les portes de la liberté.
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charlottedesudermaniecharlottedesudermanie   10 septembre 2013
"Il n'y a rien de tel pour explorer l'Afrique qu'une bonne vieille jupe". Mary Kingsley.

Ni courtisane, ni hussarde, ni monstre, voici l'aventurière nouvelle: la Voyageuse. En 1850, le chemin est long à parcourir pour ennoblir le mot. Il y a tant de choses à prouver. Qu'une dame peut marcher pieds nus dans la jungle de Bornéo en restant une dame, qu'elle peut manier la théodolite et calculer sa position sans se tromper, qu'elle peut affronter victorieusement (à sa manière qui est tout en douceur) anthropophages et desperados. Et surtout, qu'elle peut voyager sans chaperon tout en restant vertueuse. En somme, la Voyageuse va s'attacher de toutes ses forces et de toute son âme à montrer qu'elle est honnête femme et, même plus, "honnête homme".
Corset bien sanglé, jupes longues et sobres, chignon serré sous un chapeau ou un bonnet sage: le costume de la Voyageuse est son armure et son étendard. Il proclame qu'elle franchit les frontières pour la science et non pour l'amour. Sa vigilance sur ce point est extrême -Isabella Bird exigera de son éditeur qu'il provoque en duel un journaliste qui a écrit qu'elle montait à cheval en pantalon. (...) D'aucuns peuvent trouver peu séduisante, au premier abord, la Voyageuse des années 1880. Mais elle cache un trésor de passion, d'intelligence et souvent d'humour.
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lecteur84lecteur84   10 mars 2017
On s’enfonçait peu à peu dans l’épaisseur du silence. Un silence qui n’était pas un arrêt ou une attente ou un passage, mais un ordre essentiel définitif, la somme de multiples silences établis en larges cercles concentriques d’horizon en horizon sur une immensité vide.
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