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ISBN : 2021395618
Éditeur : Seuil (03/05/2018)

Note moyenne : 4.39/5 (sur 14 notes)
Résumé :
« Ça m'a pris longtemps pour comprendre pourquoi le varan. Ça se voit ici, dans ces lignes-là. Je ne sens rien. Enfin, si, quelque part dans un espace auquel je n'ai pas accès, je sens. Je dois hurler de haine et de terreur, avec la bouche pleine de bave. Mais je ne m'entends pas. Je suis là, sur le bord du marigot, à épaissir encore, à durcir, à cuire au soleil et à la boue. Je raconte, je dis les faits, je les écris, je les relis, une fois. Je les fais lire. Il y ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Annette55
  28 septembre 2018
" Je me suis longtemps vue comme un Varan.
Je ne comprenais pas vraiment pourquoi. La boue, le secret, la tourbe chaude, s'enfouir, fermer les yeux et hiberner. C'est cela le syndrome du Varan: mon repli, la congélation, m'enfoncer dans la vase et attendre que ça passe à quel point je ne veux pas être là. ..."
Voici un roman choc qui fait dresser les cheveux sur la tête, à propos d'une enfance brisée, bafouée, fracassée dont on ne sortira pas indemne ...
Mais c'est aussi , heureusement , le récit douloureux d'une reconstruction. Personne n'est nommé au coeur de cette lecture crue , dure comme du silex, grinçante , glacée, difficile à lire et à appréhender , affûtée au rasoir à l'aide d'une écriture forte, violente, semblable à un cri rauque, primal, chair à vif et viande nue, tripes à l'air , boue et odeur de m.....e .
Comment dire les plaies purulentes , les blessures à vif?
Cette fìlle a enduré durant son enfance une mère à moitié folle,, à tendance pedophile , perverse , un pére alcoolique , égocentrique, collectionneur de pornographie nécrophile , de viol, bestiale et infantile .....
L'héroïne dont on ne saura jamais le prénom subit des actes de barbarie, de mise en danger de mort, souvent mal nourrie...Elle vit dans la terreur auprès d'agresseurs sexuels dépravés , détraqués : ses propres parents ,...
Plus tard ses blessures seront soignées, sa vie en morceaux recollée et vernie, auprès d'un compagnon.
Il lui a fallu beaucoup, beaucoup de temps ..
Ce sont des lignes criantes de vérité, rageuses ,au goût d'ironie amère, de douleur passée, un non- silence....une révolte ...une catharsis ?
Je souhaite que cela n'ait pas été vécu par l'auteur .
Aurait - elle trouvé cette maniére de régler ses comptes ?
Je ne sais pas....
Un livre que je n'oublierai jamais.
Ma soeur qui me l'a prêté m'avait prévenue ...
Je ne connais pas l'auteur ....
Aux éditions du Seuil.
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zabeth55
  04 juin 2018
« Mon repli, c'est la congélation. C'est le varan. C'est m'enfoncer dans la vase et attendre que ça passe, en montrant à quel point je ne veux pas être là. »
Voilà, c'est ça le syndrome du varan.
Et il faut au moins ça pour supporter tout ce que cette fille a enduré dans l'enfance.
Une mère folle. Un père égocentrique. Tous les deux dépravés sexuels et faisant subir à leur fille ce qu'en enfant ne devrait jamais devoir endurer.
J'espère juste que ça n'a rien d'autobiographique. Et si c'est une pure fiction, elle a pour but de dénoncer l'innommable.
La narratrice a maintenant 37 ans et se débat comme elle peut avec ces souvenirs , avec le marasme de son enfance.
C‘est dur. C'est cru. C'est difficile à lire et à entendre, tout comme il est difficile de savoir que partout, dans tous les milieux, des enfants sont victimes de détraqués.
C'est un roman très fort, à l'écriture tranchante, imagée, glaçante.
Malgré la noirceur, j'ai envie de lire d'autres livres de Justine Niogret, que je ne connaissais pas.
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Luria
  06 janvier 2019
"Je suis quelqu'un qui aime mais qui reste loin"
Je vais une fois n'est pas coutume, mêler des tripes à mes mots. Mes excuses pour l'inhabituelle longueur et les violons.
J'ai déjà remarqué que ceux qui avaient eu une enfance souillée ne se reconnaissent pas.
Comme tout le monde on se dit "mais qu'est ce qu'il/elle a ?" Même quand ses réactions sont les vôtres. Alors on comprend trop tard.
On sait aussi que c'est dur de se construire.
D'être aimé. D'aimer. D'être. Parmi les autres êtres.
Qu'on a peur d'être un monstre pour ses enfants. Qu'on souhaite leur offrir une enfance exemplaire. Pour en faire des adultes sereins. Pour créer du beau dans la vie d'un autre, enfin essayer, à sa micropuscule échelle.
Je referme mon egotrip.
Car on est au delà.
On est dans la vie de quelqu'un que les parents ont souillé.
Sciemment.
Avec joie. Délectation.
On est au delà.
Au delà de tout.
D'habitude je suis émue à en pleurer à lire les horreurs des autres. Je crois que le chimique, cette parenthèse qui en ce moment me protège du réel, me laisse assez froide. Ça me touche mais... de loin.
Alors... Connement, je louerai l'écriture. Simple, incisive. Agaçante en première partie du roman parce que répétitive. Je l'ai lu d'une presque traite (j'ai tabassé des zombies entre), happée, alors que je voulais juste attendre qu'un petit faune s'endorme pour faire plus de bruit. Alors d'une traite on remarque très bien les effets de style. Ici les répétitions. Grr.
Je me suis demandé. Pourquoi parler de haine dans ce livre, j'ai cru, par ce récit cru, qu'au contraire Justine Niogret vomissait et chiait d'amour. D'amour non reçu, d'amour contrarié, d'amour non dit. D'amour trouvé. Perdu. Myope. D'amour.
Je n'ai pas tout lu de l'auteur. Mais. Medieval, historique, autobiographique... Qu'importe le genre, le récit est maîtrisé et on y retrouve sa patte. On prend plaisir à la lire.
Ça paraît un peu dégueulasse pour un tel récit, mais je voulais vous dire Madame Justine Niogret, bravo, quel talent. Quel plaisir (et horreur) de vous lire.  Je souhaite, très Égoïstement, que vous écriviez encore beaucoup.
Je souhaite moins Égoïstement que vous vous aimiez adulte. Que vous allez bien, mieux qu'Eleanor Oliphant. Ça prend du temps paraît il mais j'ai envie de croire, en ce début d'année, que ça vaut le coup.
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NicolasElie
  09 mai 2018
En général, je laisse passer du temps avant de poser des mots sur les livres que je termine. Pas tellement parce que je sais pas quoi en dire, mais plutôt parce que parfois, j'ai tendance à être grave méchant, et c'est pas forcément judicieux.
Toujours se méfier des réactions primales après une lecture qui ne laisse pas de traces.
J'ai lu, en quelques heures, le dernier roman de Justine Niogret.
Tu sais déjà ce que je pense de la dame si tu as jeté un oeil sur une chronique qui s'appelle « La viande des chiens, le sang des loups ».
Après la lecture de ce roman, il n'y a pas vraiment de raison pour que je change d'avis…
Comment dire les blessures de l'enfance, je sais pas.
Ce que je sais, parce que des chiffres te le disent, c'est que plus d'un enfant sur dix a été victime de maltraitance.
C'est un mec, ouvrier au chômage, qui tente d'expliquer ce qu'il lui est arrivé, et puis c'est un couple qui sort de cet immeuble avec une couverture sur la tête, pour ne pas être reconnu. C'est le secret qui entoure ces actes et dont les familles ne parlent pas, ne veulent pas parler, ou ne peuvent pas dire. Ces actes liés à la sexualité contre lesquels « les héros » hurlent dans la rue « sans jamais foutre le feu à la maison qui abrite les pédophiles ». Les chiffres, encore eux, disent que plus de la moitié des victimes n'en parlent jamais. Comme un tabou, une tare de notre société humaine qu'il faut taire à tout prix.
Si tu crois que c'est seulement chez les « pauvres » que ça se passe, t'as tort. C'est partout. Dans tous les milieux. C'est sans doute juste à côté de chez toi, ce môme que tu croises et qui te regarde jamais dans les yeux. Tu crois qu'il est timide, tu crois que cette gosse est bien élevée, mais non. Ils ont peur des adultes. Ils ont peur de ceux qui les blessent et qui les empêchent de vivre leur enfance. Ils ont peur de ces hommes, de ces pères ou de ces oncles, qui viennent la nuit, et qui ouvrent les portes de l'enfer.
La suite, sur le blog :



Lien : http://leslivresdelie.org
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noid
  17 septembre 2018
C'est tellement violent, tellement dur, rude, la chair à vif, la viande à nu, la merde et la tripaille à l'air. Un cri rauque, primal.
Je suis confus, parce que ce livre oxymore est magnifique, alors que ce qu'on y lit force à vomir.
Le livre d'une enfance démolie par une mère perverse et un père pédophile. Comme un cri pour tenter de revivre et reprendre son souffle.
Et aussi un livre qui ne laisse pas le lecteur ni la lectrice sagement installés dans leurs canapés mais les forcent « a minima » à un poil d'introspection. Et moi, suis-je un héros ?
Lien : http://noid.ch/le-syndrome-d..
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
Annette55Annette55   28 septembre 2018
" Les parents ne nous élèvent pas avec des mots, ils nous élèvent par ce qu'ils font . "
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rampapapamrampapapam   24 mai 2018
Je n'imagine pas un instant Mamie accoucher devant qui que ce soit, c'était une Viking, Mamie, son cancer a mis plus de dix ans pour la tuer, et elle m'envoyait des lettres où elle riait, elle me racontait les centaines de grammes de tumeurs et de la chair qu'on lui avait retirées, elle m'écrivait ; "Que trois cents grammes !" ou bien "Là ça tire un peu". Elle me disait qu'elle n'aurait pas le temps de finir de lire son livre sur les Celtes, qu'elle mourait bête et que c'était son grand regret. Elle me disait d'apprendre un sport de combat, que c'était important pour une femme, que c'était épanouissent. Elle avait tenu un magasin de bijoux pendant l'Occupation, le propriétaire était rentré du jour au lendemain, après la Libération, l'avait jetée dehors, physiquement. Elle avait monté son propre magasin de bijoux, avait vendu à des princesses japonaises, des femmes de présidents, avait racheté le magasin d'où on l'avait chassée. Mamie n'avait pas besoin de chocolat, Mamie n'aurait pas pleuré de peur en voyant des Allemands, Mamie n'aurait pas accouché devant des inconnus. Mamie n'était même pas morte devant son cancer, alors trois peigne-culs de vingt ans, elle leur aurait mouché le nez jusqu'à ce qu'il en pisse du lait.
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rampapapamrampapapam   24 mai 2018
Je me suis longtemps vue comme un varan. Je ne comprenais pas vraiment pourquoi. La boue, le secret, la bourbe chaude, s'enfouir, fermer les yeux et hiberner. La puissance des reptiles géants, des choses qui devraient être mortes mais qui vivent encore, de vieux poumons pour ventiler un air sableux à la place du bel air bleu dont on nous parle. Il n'y a pas d'air bleu dans les bayous, dans les marais ; du sable en suspension dans l'eau épaisse, des poumons qui grincent, qui saignent une buée collante, qui fait de la morve rouge sur les narines. Je me voyais comme ça, une tête aux yeux plissés, un komodo épuisé et haletant, à moitié sorti d'une purée primordiale, la gueule encroûtée de boue et de vieux sang.
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LuriaLuria   05 janvier 2019
Marrant comme ces gens vous aiment, tous, mais à leurs conditions, et au milieu d'insultes et de reproches. Tous.
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LuriaLuria   05 janvier 2019
Je suis quelqu'un qui aime, mais qui reste loin.
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