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ISBN : 2823600078
Éditeur : Editions de l'Olivier (10/01/2013)

Note moyenne : 3.51/5 (sur 64 notes)
Résumé :
Oh les beaux jours! « J'ai répondu que j'étais libre dès maintenant. Il a eu l'air enchanté. Il m'a assigné une première mission : acheter quatre grosses boîtes en carton. Il a ajouté un sandwich au poulpe à la commande. J'ai noté l'adresse du traiteur grec et de son appartement. » Un été à Paris, le narrateur, un doctorant en anthropologie, est chargé par Samuel Beckett de classer ses archives : cette rencontre lui semble si improbable qu'il en tient le journal afi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
Tempuslegendae
  05 avril 2014
C'est un petit livre au grand charme. Si le propos se veut sobre, l'histoire, elle, est totalement loufoque. Un «apprenti anthropologue» est recruté comme assistant par Samuel Beckett pour l'aider à classer ses archives. Durant l'été 1985, ce jeune chercheur consigne anecdotes et échanges avec l'énigmatique écrivain irlandais. Très vite, ceux-là vont s'entendre comme larrons en foire. Une complicité qui donne à ce journal imaginaire un véritable sens, un mouvement et un titre.
Métamorphose. Dans son appartement parisien, Samuel Beckett, longue barbe, reçoit en tenue exotique ou en blouse blanche et masque d'apiculture. Bientôt octogénaire, l'homme est resté athlétique, passablement lubrique et volontiers fine gueule. Il mange comme un glouton, projette d'écrire un spectacle pour Coluche et s'occupe de six ruches sur son toit. «Nous devons être à la hauteur des abeilles. Être des alchimistes et faire notre miel», assène-t-il à son acolyte.
S'étonnant d'être l'objet d'une telle attention chez ses pairs universitaires, il décide de fabriquer des archives, toutes plus farfelues les unes que les autres. C'est un véritable acrobate, il s'attarde à brouiller les pistes dans un «Paris transformé en terrain de jeu», en collectant des revues, manuels d'exercices physiques et gadgets en tous genres. Je passe sur les lubies dont il s'approprie.
Si les mots de ma chronique peuvent aboutir à des sourires ou des malentendus, autant appliquer la dérision jusqu'au bout, mettre à mal l'image officielle de l'écrivain, et renvoyer tout le monde dos à dos: «Ce qui compte, c'est la biographie de ceux qui lisent mes livres, plus que la mienne. Les universitaires feraient mieux d'enquêter sur leur propre vie s'ils veulent comprendre quelque chose à mon oeuvre.»
Évidemment, le cocasse serait ici l'envers d'une lucidité bien triste: «Il faut abandonner l'idée d'être compris et bien lu (…). C'est la paradoxale félicité des artistes.»
Dans cet ouvrage, Martin PAGE a l'élégance de mettre son érudition en retrait, c'est un art. Sous sa plume vive, Samuel rédige un magnifique journal imaginaire. Un bel hommage d'une éclatante simplicité.
Je vous conseille cette lecture.
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brigittelascombe
  03 mars 2013
Juin à octobre 1985.
"Samuel Beckett avait besoin d'un assistant pour trier ses archives" relate le narrateur, étudiant parisien préparant sa thèse d'anthropologie, dans son journal.
Tenté par cette incroyable expérience, enthousiaste, admiratif de ce "prix Nobel" dont il n'a pourtant lu que deux livres, ce solitaire nostalgique accepte.
L'apiculture selon Samuel Beckett, court roman fictif (basé sur des faits authentiques) dépeint un Beckett fantaisiste en chemise hawaïenne et casquette de marin, qui possède des ruches, sur son toit, dont les abeilles butinent des orchidées, mais un Beckett très littéraire aussi qui concocte une autre sorte de miel.
Entre deux chocolats chauds sublimes et deux tartines de miel également sublimes, le narrateur, travailleur énergique se voit proposer de fabriquer de fausses informations pour pallier le manque de documents à archiver.
De sex shop en Galeries Lafayette et gare Montparnasse, les joyeux drilles prennent du bon temps.Parallèlement, un metteur en scène veut faire jouer En attendant Godot, oeuvre culte de Beckett, par des détenus dans une prison suédoise. Ce sera l'occasion pour Martin Page (s'exprimant à travers le narrateur et faisant s'exprimer Beckett) de réfléchir sur ce qu'est l'oeuvre (ne réduit-on pasBeckett au seul Godot?), l'héritage littéraire,le statut d'artiste, la "figure de l'écrivain",la renommée, l'image imposée (l'oeuvre de Beckett par exemple, n'est-elle pas interprétée et sujette à des malentendus?, l' "idiote étiquette collée théâtre de l'absurde") . Il montre Beckett en intellectuel s'élevant contre l'image imposée, contre la réputation imposée aussi, pour l'abolition des classes sociales afin que le théâtre soit ouvert à tous (car les riches spectateurs dans cette prison-théâtre ne sont-ils pas les vrais détenus?).
Martin Page, romancier (qui a également publié aux éditions de l'Olivier: Peut-être une histoire d'amour) dans L'apiculture selon Samuel Beckett donne envie à son lecteur de découvrir Beckett, une tartine de miel à la main!
Frais, distrayant, original et bien écrit....à lire!
Et à commander bien sûr par la Médiathèque de Bandol, puisque je l'ai lu dans le cadre du comité de lecture.
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zabeth55
  19 septembre 2017
Un petit livre très court mais très étrange.
L'auteur imagine un assistant de Samuel Beckett. Etudiant en anthropologie, il est chargé de l'aider à classer tous ses documents et pendant quelques mois partage pratiquement son quotidien.
Je ne sais pas trop quoi en penser sinon que ça se laisse lire.
On découvre un Bechett original, excentrique dans ses tenues, profond et fatécieux à la fois….
Il me semble avoir apprécié « Comment je suis devenu stupide », bien que ne m'en souvenant plus vraiment.
Je ne pense pas que celui-ci me laissera un souvenir beaucoup plus significatif. Mais au moins il m'aura donné envie de me replonger dans Beckett à l'occasion.
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mfgaultier
  29 juillet 2013
Ne pas se fier au titre, mensonger : L'apiculture selon Samuel Beckett n'est pas un manuel pour féru d'abeilles. Il s'agit plutôt d'une ballade, certes irréelle, mais ô combien enchanteresse en compagnie de l'un des auteurs les plus importants du siècle dernier.
Suite à un incendie à l'université de Reading (qui existe vraiment, j'ai vérifié !), en Angleterre, un professeur retrouve un texte d'un « homme se présentant comme l'assistant de Samuel Beckett » datant de l'année 1985. Et c'est ce texte, un journal intime, qui forme la trame de ce livre. Un jeune étudiant, reclus dans sa chambre de bonne parisienne, termine sa thèse. Un libraire le met en relation avec Samuel Beckett qui cherche quelqu'un pour classer ses papiers. Une drôle de relation se noue entre les deux hommes, relatée dans le journal intime que tient l'étudiant. En filigrane, un metteur en scène demande à Beckett, l'autorisation de monter une de ses pièces dans une prison…
Même « si le coeur de ce texte est véridique », l'auteur insiste dès le départ pour en souligner le côté fantaisiste. Samuel Beckett, dont nous connaissons tous le profil austère, à défaut d'avoir lu son oeuvre, apparaît ici comme un homme heureux de vivre, cuisinant allégrement, récoltant son miel et même affublé de vêtements richement colorés. A l'exact opposé de ce que nous aurions pu imaginer de son intimité.
Martin Page a gaiement butiné dans l'oeuvre de Beckett pour imaginer ce très court roman qui m'a enchantée. Son texte est un habile et subtil support pour interroger le lecteur sur la place de l'artiste dans la société, son rapport à la célébrité et sa philosophie artistique. Voici un aperçu de ce que dit Samuel Beckett au jeune étudiant : « ce qui compte, c'est la biographie de ceux qui lisent mes livres, plus que la mienne. Les universitaires feraient mieux d'enquêter sur leur propre vie s'ils veulent comprendre quelque chose à mon oeuvre ».
Parallèlement, Martin Page insuffle beaucoup d'humour et de légèreté au texte, ce qui donne un ensemble très original à mon goût. Un mélange de sérieux et de fantaisie. le seul reproche que je donnerai à ce livre, c'est sa brièveté : j'aurais aimé cheminer encore un peu avec Samuel Beckett, l'écouter disserter sur l'art tout en l'observant préparer un chocolat chaud.
Lien : http://blogs.lexpress.fr/les..
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bookworm23
  26 juin 2013
Voilà, un petit livre d'un peu plus d'une centaine de pages qui m'a fait passer un bon moment de lecture mais qui ne marquera pas tant que ça mon esprit.
Ce livre est écrit sous la forme d'un journal imaginaire écrit par l'assistant fictif de Samuel Beckett, jeune étudiant en thèse d'anthropologie, employé par cet auteur pour lire son courrier, trier et classer ses papiers entre le 28 juin et le19 octobre 1985.
Ce concept est original mais aurait mérité d'être plus approfondi.
Le récit est très factuel et il manque quelques peu d'émotions. Certes le lecteur peut s'amuser de l'image décrite de Samuel beckett. Il nous est donné à voir un Beckett, un peu hippie, un peu dépassé par le succès de ses oeuvres ayant un mode de vie et des réactions complètement décalés par rapport à l'image que l'on se fait de cet écrivain.
Mais finalement, peut être faut-il avoir une double lecture de ce livre pour mieux l'apprécier?
En effet, ce récit ne cherche-t-il pas, tout simplement à montrer la scission entre l'image officielle que se font et qu'attendent les journalistes, la presse et peut être même le public de l'écrivain, et la personnalité réelle de celui-ci en l' occurrence ici Samuel Beckett? L'intention de Martin Page, par l'intermédiaire de ce livre, voulait sans doute nous amener à cette réflexion que l'on peut sans doute généraliser à l'ensemble des écrivains médiatisés, mais pour cela le lecteur doit alors prendre un peu de recul par rapport à ce récit.
Bien que j'ai lu d'une traite ce livre, il me reste un sentiment quelque peu désagréable en ayant l'impression d'être passé à côté de quelque chose et en restant sur ma fin, sans doute parce que je n' ai pas une connaissance suffisamment approfondie de Samuel Beckett et ses oeuvres.
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critiques presse (3)
Culturebox   27 mai 2013
Martin Page a inventé une histoire autour de Samuel Beckett dans un court roman imaginatif, qui fait du dramaturge irlandais, auteur d"En attendant Godot", un hurluberlu comique, désinvolte et attachant, bien loin de l'image glacée et austère du prix Nobel.
Lire la critique sur le site : Culturebox
LaPresse   28 février 2013
Un ovni fascinant: L'apiculture selon Samuel Beckett, faux journal intime d'un secrétaire fictif qui a été l'assistant ébahi du célèbre dramaturge le temps d'un été. Le jeune homme y dresse un portrait iconoclaste de l'auteur, éleveur d'abeilles, maniaque de chocolat chaud, excentrique barbu aux cheveux longs...
Lire la critique sur le site : LaPresse
Lexpress   05 février 2013
Lu en une heure, ce petit livre se savoure sur le coup, sans laisser, néanmoins, un souvenir impérissable. Comme une cuillerée de miel.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (35) Voir plus Ajouter une citation
fanfanouche24fanfanouche24   12 juillet 2014
Nous avons parlé de cette mode des institutions qui récupèrent les archives des écrivains. Ca n'avait plus le même sens qu'avant : n'importe quel écrivain débutant organise consciemment la mémoire de ce qu'il léguera aux chercheurs (il a cité l'exemple de Gide, recopiant les courriers qu'il envoyait à ses correspondants pour une édition future, j'ai parlé de Freud, détruisant les lettres compromettantes). L'autocensure et la manipulation sont la norme des archives. Beckett pensait que cet appétit pour la cellulose était dénué de toute valeur scientifique. C'était un pur désir de possession, quelque chose qui avait plus à voir avec le fétichisme qu'avec la recherche universitaire. (p.20/ Editions de l'Olivier, 2013)
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zellerebzellereb   19 mai 2016
Je ne supporte pas les discours sur le mode "nous sommes tous en prison, chacun habite sa cellule, la liberté n'est qu'une illusion". Croyez-moi, la prison réelle c'est autre chose, c'est d'une autre nature que nos propres prisons mentales et sociales. L'oublier, c'est abject.
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Alice_Alice_   07 juin 2013
J’ai alors compris que l’art est lui aussi un crime, mais un crime contre la réalité. Par ses incessantes transformations, il remet en cause l’intégrité du monde et de la société, comme le meurtre remet en cause l’intégrité du corps d’une personne. Une œuvre d’art coupe le souffle, accélère notre cœur, change notre rapport aux formes, aux couleurs et aux sons. Nous ne sommes pas changés au point de mourir. Mais la réalité jusque-là connue meurt pour être remplacée par une autre, plus complexe, plus étrange. Plus belle également.
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Maya26Maya26   09 août 2014
Il avait cessé de traduire et de dactylographier des textes sérieux et littéraires pour traduire et dactylographier pour la Résistance. Il avait alors découvert un monde ou les classes sociales étaient abolies : l'intellectuel se trouvait aux cotés de l'ouvrier, le riche était le complice du pauvre. C'est à cette époque, et peut être seulement à celle-là, qu'il avait eu le sentiment que la communication était possible, qu'on pouvait se parler et s'entendre. Se comprendre. Il n'avait pas la nostalgie de la guerre et de l'occupation allemande, mais d'un temps où les gens avaient conscience que la vie était précieuse et se jouait à chaque instant, et qu'on n'avait pas de temps à perdre en simagrées sociales.
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bookworm23bookworm23   24 juin 2013
L'autocensure et la manipulation sont les normes des archives. Beckett pensait que cet appétit pour la cellulose était dénué de toute valeur scientifique. C'était un pur désir de possession, quelque-chose qui avait plus à voir avec le fétichisme qu'avec la recherche universitaire. "Il faut prendre les archives comme une fiction construite par un écrivain et non comme la vérité, a-t-il dit. Et que nous dit cette fiction? Voilà le travail des chercheurs."
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