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EAN : 9782072688393
272 pages
Gallimard (08/09/2016)
3.94/5   449 notes
Résumé :
Quand Roy est né, il s’appelait Raymond. C’était à Clermont. Il y a quarante-deux ans. Il avait une sale tronche. Bâti comme un Minotaure, il s’est taillé son chemin dans sa chienne de vie à coups de poing : une vie de boxeur ratée et d’homme de main à peine plus glorieuse. Jusqu’au jour où il rencontre Guillemette, une luciole fêlée qui succombe à son charme, malgré son visage de "tomate écrasée"…
Et jusqu’au soir où il croise Xavier, l’ex jaloux et arrogant... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (123) Voir plus Ajouter une critique
3,94

sur 449 notes
Raymond... Avec un prénom pareil, il commençait bien mal dans la vie ! Déjà que sa petite gueule, à la naissance, ses parents, surtout son père d'ailleurs, n'osaient y jeter un regard, alors supporter les railleries des autres, très peu pour lui. Roy, ça claque, ça en jette, ça fait ricain tout de suite. Pour sa tronche de tomate écrasée, il devra faire avec. Quoique, sur son profil du site Find her, les photos retouchées font tout de suite meilleur effet. Il clique, il clique, Roy. Ça allait bien finir par mordre ! Et c'est sur Guillemette que ça tombe. Quelques messages échangés et la jeune femme propose aussitôt un rendez-vous dans l'heure qui suit. Pas farouche, la Guillemette, elle ne sait pas encore à qui elle a affaire. Parce que Roy, c'est un Minotaure, un ancien boxeur qui sait donner des coups, un homme de main peu scrupuleux. Et pourtant, dans la pénombre de la chambre, aussitôt, les corps parlent pour eux. La relation devient très vite passionnée et passionnelle. Une chance inouïe pour Roy d'autant que sa petite luciole se moque bien de sa tronche. Dommage que son ex petit-ami va venir tout faire capoter...

Faut pas lui chercher des noises, à Roy. Parce que, avec ses 110 kg, il cause mieux avec ses poings qu'avec sa bouche. Et ce n'est pas ce fâcheux incident avec l'ex de sa luciole qui va l'empêcher de vivre sa formidable histoire d'amour. Non, rien, visiblement, ne peut empêcher ces deux-là de s'aimer. Ni l'ex, ni les anciennes connaissances de Roy, ni La Bête qui sommeille en lui, ni mamie Luger, ni les flics. Ces deux âmes abîmées et tourmentées par la vie attendent d'elle des jours meilleurs et vont tout faire pour en profiter. Benoît Philippon nous entraîne dans un road-movie déjanté, jouissif et émouvant. Il revisite, par à-coups, le passé de Guillemette et Roy. Un passé pas très glorieux, certes, mais qui ne les empêchent pas d'envisager un avenir. Dans ce monde de machos et de gros bras, Roy et Guillemette, deux coeurs cabossés et deux âmes en vrac, font faire des rencontres inattendues, tendres, révélatrices ou au contraire musclées et sanglantes. L'auteur signe là un roman singulier, à la fois profondément noir et lumineux, drôle et touchant. Aux réparties cinglantes, l'écriture se révèle également vive, crue et directe.
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CABOSSÉ

cabossé. Abîmé. Déglingué.

Comme une vieille bagnole qui tient le choc, en roue libre. Il est comme ça Raymond, enfin Roy, parceque Raymond, ça en jette carrément moins. Roy, ça fait boxeur, c'est un nom de bonhomme, de vedette américaine. Roy, c'est un géant, au physique abimé, une gueule cassée.

Il tombe sur Guillemette, tombe en amour et s'en va lui conter fleurette mais à sa manière. Il sera prêt à tout pour défendre sa belle, quitte à laisser sortir la bête ! Débute alors rapidement une folle cavale où ils vont caracoler entre personnages hauts en couleur, comme sait si bien les peindre Benoît Philippon, étreintes furieuses et dialogues truculents à la sauce revancharde !

J'étais déjà tombé sur Roy et Guillemette en lisant l'incontournable Mamie Luger et quel bonheur de découvrir leur périple, et retrouver, le temps d'une escale justement notre mamie nationale…

Benoît Philippon, de sa plume unique, frappe à grands coups de masse sur nos habitudes de lecture et nous offre encore un livre follement romanesque, terriblement authentique et délicieusement déjanté.
Du noir à la guimauve un peu cramée sur les bords, un roman qui assurément ne plaira pas forcément à tout le monde mais moi, j'en redemande encore et encore !

Road trip calamiteux, , cette histoire d'éclopés vous embarquera, sans nul doute, à la suite de ces héros dans cette cavale déjantée !

Si vous avez aimé la mamie, dans la famille Philippon, je demande le fils spirituel, Roy ! Bonne pioche assurée, la famille!

Lien : https://labibliothequedejuju..
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Coup de coeur pour ce livre qui pourtant ne fait pas partie de mon registre préféré, les romans noirs je trouve souvent long et ennuyeux à lire. Jusqu'à aujourd'hui et la claque magistrale que je me suis prise en lisant ce bouquin.

Je n'en reviens pas que cela soit le premier bouquin de l'auteur, un style qui vous prend aux tripes et un bouquin qu'il est difficile de lâcher. Une gifle, un uppercut voila ce que j'ai ressenti lors de ma lecture.

Ces deux personnages principaux que sont Roy et Guillemette complètement cabossé par la vie qui se retrouve complétement par hasard. Leur rencontre va être ponctuée d'obstacles de toute sorte et malgré leurs moments sombres (leur passé principalement) on retrouve à chaque fois des moments lumineux.

Je ne comprends pas que l'on en entende pas plus sur ce livre, l'ayant trouver pour ma part en nouveauté à la bibliothèque, un seul conseil foncez le lire!
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Désolé mais je ne peux pas avancer avec ce style qui ne correspond pas à l'idée que je me fais de l'écriture et j'abandonne cette lecture,au risque de choquer les amateurs du genre.Attention,je ne prétends absolument pas que ce n'est pas bien,je revendique simplement le droit de dire que cette façon de s'exprimer ne me convient pas et pourtant,j'ai adoré San Antonio(il est vrai que n'est pas SA qui veut,même si l'auteur ne le revendique pas).Je ne connaitrai donc pas les aventures de Ray et Guillemette.
Le pire de l'histoire est que j'ai acheté et fait dédicacer ce livre par l'auteur,un garçon tres sympathique à qui je souhaite beaucoup de lecteurs et de succès .En principe,sur les 100 livres que je lis chaque année ,un voire deux ne me conviennent pas.Je viens de griller un joker,mais vraiment,je ne peux pas,désolé.
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Mamie Luger m'avait mis au parfum alors je suis au jus (de chaussettes) pour ce qui est de là où j'engage mes arpions avec le bouquin cabossé que je tourne les pages de mes pinces délicates.

Je suis rencardé !

Je vais donc arpenter quelques plombes avec le gars qu'est pas le couteau le plus aiguisé du tiroir, celui qu'avait fait la grasse mat et qui s'était pointé à la méga-bourre le jour où étaient distribués les neurones alors qu'y en navet déjà pas pour tout le monde.
Pas de bol, côté cervelle, c'est plus minitel que 5G, l'a pas la fibre…cérébrale.

C'est comme ça. J'ai choisi.

Coté photomaton, je sais itou qu'on risque pas de le gourer avec Brad Pitt ou what else, notre zéro. Avec lui, Hollywood, c'est que chewing-gum.
Il est pas canon, le couteau à beure, plutôt chair à canon, et après usage même, mais bâti comme un Leclerc, pas Michel-Edouard, mais le char du même nom qui connaît (et a connu) tous les champs de bataille que la terre elle compte (et a compté) de ce jour.

Sa bataille à lui, celle qui compte pour sa compotée de pomme de tarbouif, c'est la boxe. Et il en fout des gros gnons, le grognon, même quand il y met des gants.

Et sur un ring, c'est pas un bleu, Roy (Roy, c'est son blase au taurillon qu'est né à Clermont il y a 42 piges). Quand il marque un point, Le Roy, c'est pas « England one point' » comme à l'Eurovision mais un poing dans la tronche à qui lui a cherché des noises, et même sans faire de bruit (parce que noise égal bruit en rosbif)

Pourtant il a aussi un coeur qui tape, le big costaud, un coeur qui turbine dur dans son grand buffet stylé ‘fort des halles', surtout quand, sans ses deux poings, il ouvre sa Guillemette qu'est menue comme un moineau affamé mais jamais avare en assauts passionnels que ses hormones exacerbent quand elle voit son hercule qu'avance vers elle dard-dard, tout canon dehors, comme le char d'assaut qu'est pas un caddy Leclerc (Michel-Edouard cette fois-ci, pas l'engin de combat homologué ministère des armées, faut suivre)

Comme Guillemette, le décor est planté, on donne pas dans la dentelle de calais si appréciée des bourgeois du même nom.
Maintenant, on est rendu à Paname, pas en Bretagne non plus, il sort pas avec Nolwenn, Le Roy, mais avec Guillemette donc, belle comme un coeur, un coeur comme jamais il aurait cru avoir droit d'en avoir un, la vie, elle est bien foutue, finalement.

Pas dans la dentelle, donc, ici c'est plus rustre, plus rêche, on pète pas dans la soie, mais on pète plutôt des gueules autour de soi, surtout celle du cave qui se dit être le régulier à la Guillemette, qui veut se la récupérer pour la torgnoler dans son deux pièces cuisine alors qu'elle, elle parle du divorce en instance.
Du coup, ça ping, ça pong, ça gicle, ça pisse le sang et ça étale la sauce blanche dans le caniveau (comprendre cervelle) un soir de pleine lune!

Alors il faut prendre la tangente, mettre les bouts, la poudre d'escampette et se faire oublier grave.

Ça va pas être crème ! Préparez le café.

On vient de passer de Roméo et Juliette (version X quand même) à Bonnie and Clyde ou Thelma et Louise (version mixte).

Ça va défourailler dur, alors jartez vos miches, Le Roy est dans la place !

Et que dire aussi des ‘seconds rôles' bien hauts en couleurs qui piquent les yeux:
- de la fiancée, belle comme une fleur de printemps mais…aveugle et cancéreuse,
-de la vieille et grosse pute déniaiseuse au coeur de beurre qui fond à la chaleur de sa vielle camionnette poisseuse,
-de la famille tuyau de poêle qui s'auto-trucide à qui mieux-mieux (du rififi à Clermont),
-du mari tortionnaire qui a l'intelligence moindre que celle d'un bulot sans sa mayonnaise,
-du rade miteux tenanciéré par une Ginette qui git net au passage des fuyards,
-de Mamie Luger qui, étant passée par là, repasse sans trépasser par ici,
-des truands pas tubulaires encore moins neuronés que Le Roy (c'est dire)
-et de la petite Lili, putienne de station service d'autoroute, sans torts mais au travers de la route des fugueurs comme un rayon de soleil coquin entre les deux pare-soleil du pare-brise dégueulsse de leur tire.

Alors bien sûr, soyons honnête, c'est un style particulier (euphémisme au carré).
Si les mots bite, couille, cul et baise vous révulsent, passer votre chemin, le lisez pas au plumard ce bouquin, c'est pas pour, vous risqueriez le haut le coeur voir le vomito à quasiment toutes les pages (j'exagère juste un peu) donc l'insomnie et la nuit blanche, paradoxal  pour un roman noir !

C'est fleuri, très fleuri même, comme une carte postale de Hollande (le pays, pas l'ex taulier du château).
Et c'est sombre, très sombre même, un peu comme du Zola mais réécrit par Frédéric Dard et dialogué par Audiard corrigé par Baffi, c'est dire.
Il y a du Blier aussi, celui des valseuses qui mettait également en scène une cavale qui déglingue à toute berzingue, mais à trois tètes (de gland décontracté), celle-là.

Autant dire que ça décoiffe et que Schwarzkopf n'y pourra rien pour vos bigoudis. C'est la tempête Ciaran de la littérature, des troncs vont tomber en pagaille. Vous êtes prévenus, venez pas me jouer les pucelles façon la Jeanne.

Mais si ces derniers points intégrés l'aventure vous tente quand même et que, comme moi, vous considérez ce style comme de la pure poésie de bitume (rassurez vous, ce langage n'est pas mon quotidien), alors vous allez passer un excellent moment de lecture au risque, tout de même, de vous faire un claquage, mais des zygomatiques uniquement,  tant nombreuses sont les occasions qui font le larron.
Le lardon c'est à coups de bastons (qui sont nombreux) qu'il est détaillé même si notre héros ne fait pas, lui, dans le détail mais plutôt dans le gros et directement à la sortie des abattoirs !

Une note positive, pour chlore ce résumé à désinfecter à la javel tant il a répendu de fluides, je vous jure qu'il y a de l'amour, qu'il y a de la tendresse, pas que du sang et de la barbaque !!

C'était ma première chronique de l'année que je vous souhaite excellente (l'année, pas la chronique), l'ai-je bien torchée (la chronique, pas l'année) ?
Bonne Année à tous !!
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Citations et extraits (113) Voir plus Ajouter une citation
- T'aimes bien les ricains, , hein, Roy ? (...)
- Ouais. J'avoue. Plaisir coupable.
- Pourquoi coupable ?
- On est en France. Ça fait mauvais effet d'aimer les Ricains. Sont venus dézinguer du Boche sur nos belles plages normandes vu qu'on a pas été foutus de le faire nous-mêmes, y nous ont collé du Coca en intraveineuse et fait bouffer du cinéma pop-corn alors que nous, « les Français », on coule des bronzes en lisant du Voltaire, alors on se sent supérieurs. Voltaire, j'sais pas, j'ai pas lu. Paraît qu'c'est un mec brillant. Perso, un coup d'oeil en coin de Brando, j'trouve ça plus tripant et j'ai pas envie de m'excuser. Ça déplait aux bouffeurs de camembert ? Ben, qu'ils restent dans leur village de Gaulois à s'enculer entre cousins. Moi, quand j'écoute Sam Cooke dans mon Chesterfield en buvant mon whisky, j'me sens dans un vieux film en noir et blanc et ça m'plaît. J'suis loin du snobisme parisien puant. D'toute façon, j'habite à Belleville. Ça sent plus la pho que le bœuf bourguignon alors venez pas me parler du drapeau français et laissez-moi prendre mon pied sur ma musique ricaine et si j'ai envie de m'appeler Roy, ça m'regarde, j'vous fais pas chier parce que vous vous coltinez des noms de merde comme Marcel ou Robert sur votre carte du FN...
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Quand Roy a mis les pieds pour la première fois dans la bibliothèque du village, inutile de dire que l'événement a été un choc, non pas des cultures – encore faut-il en avoir une -, mais existentiel. Roy avait toujours connu un monde intellectuel anémié, où une soirée TF1 était le climax philosophique d'une journée déjà très intense en léthargie cérébrale. Et un bouquin, à part le bottin, il en avait jamais tenu dans les mains. Alors qu'est-ce qu'il foutait là ? Pourquoi d'un coup il avait eu cette pulsion irrépressible d'entrer dans une bibliothèque et de se jeter à corps perdu dans le sanctuaire de la mémoire de l'humanité ? Cherchait-il une raison à son existence ? Avait-il découvert la physique quantique en rêve et allait-il maintenant se nourrir de la recherche de ses pairs ? Avait-il compris que le mot était la vie et qu'il devait s'en nourrir pour que sa pensée soit lue et chantée de par le monde ? Rien de tout ça. Il était venu réparer les chiottes.
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Il allume son téléphone intelligent. Le gars de la boutique lui a tout bien paramétré. C'était pas du sang qui coulait dans ses veines, c'était de la fibre optique. Être plus connecté que ce gars-là, fallait être une prise. Il lui a mis de l'appli, de l'update, de l'option qu'optimise la batterie, de l'option qu'optimise l'optimisation.
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Les grands-mères, rien au monde peut leur faire plus plaisir qu'un invité qui reprend de leur soupe. Tu t'assois, tu manges, elles te resservent, tu remanges, elles te resservent, t'en peux plus, elles se vexent, t'en reprends, elles se réjouissent et elles te resservent. Les grands-mères sont simples, elles veulent juste que tu reprennes de la soupe.
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Les escrocs des bas-fonds, c'est pas d'une grande complexité diplomatique. C'est juste des mecs qui escroquent, extorquent, détournent et se font une marge au passage. Comme à Wall Street. Et pour se faire cette marge - d'aucuns diraient du détournement de fonds, mais d'aucuns feraient mieux de fermer leur gueule s'ils veulent pas la voir éclatée en deux sur le bitume à coups de manche de pioche -, pour faire cette marge donc, on recourt à des gens d'expertise. Des traders, dans le cas de Wall Street. Ou on recourt à Roy, dans le cas de la rue tout court. Celle qu'est sale, celle qu'est moche, celle qui pue. Celle des 99% qui ont le caniveau pour seule ligne d'horizon, et la bouche d'égout pour seule perspective d'avenir. Eh bien Roy, c'est le trader de ces 99%. Il marge, mais pas à coups de transactions virtuelles. Ses transactions sont très concrètes. Des phalanges en béton armé pour discuter les termes et un bon coup de boule pour sceller l'accord. Roy est un businessman très professionnel. Très carré. Cent trente centimètres d'une épaule à l'autre.
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Vidéo de Benoît Philippon
Extrait du livre audio « Mamie Luger » de Benoît Philippon lu par Fabienne Loriaux. Parution numérique le 25 janvier 2023.
https://www.audiolib.fr/livre/mamie-luger-9791035411961/
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