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ISBN : 2265144118
Éditeur : Fleuve Editions (22/08/2019)

Note moyenne : 4.11/5 (sur 18 notes)
Résumé :
" Des habitants qui ont avalé leur langue. Une forêt où rôde un étrangleur de bêtes. Trois maisons isolées en lisière de forêt et l'Eaulne pour frontière..."

La capitaine Mathilde Sénéchal n'aurait jamais imaginé retourner sur les lieux de son enfance, un petit village non loin de Dieppe. Mais quand Lazaret, son ancien chef de groupe, lui fait parvenir une lettre sibylline, elle comprend qu'elle va devoir rouvrir une enquête vieille de trente ans. Qu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
SZRAMOWO
  24 septembre 2019
Le capitaine Mathilde Sénéchal ne se souvient plus de rien. Jeanne Bihorel a disparu le 24 juillet 1987 ; elle alors âgée de neuf ans a fait une chute de vélo qui lui a laissé une belle cicatrice sur le crâne et un blanc concernant cette journée et ses conséquences.
je n'irai pas plus loin dans la présentation de l'intrigue au risque de dévoiler ce que le lecteur est le seul à pouvoir découvrir.
L'enquête que mène Mathilde, trente ans plus tard, avec l'aide de l'ancien gendarme Pierre Orsalhièr est une longue plongée dans le passée de la commune d'Arcourt près de Dieppe...Les témoins ou protagonistes de la disparition de Jeanne sont nombreux, Solange la mère de Jeanne, François Daucel le grand-père de Mathilde, Hortense Maugris une ancienne résistante, Nils, simon et Edern des personnages sombres....mais surtout Laure sa propre mère qui a renoncé à la vie se retirant dans une institution psychiatrique et se cachant derrière ses aquarelles, et son père Walberg, l'architecte de renom à l'autorité jamais contestée...
Mathilde affronte une vision de la réalité que son mentor aujourd'hui disparu le commandant Albert Lazaret lui a laissé en héritage :
"— Avec ce foutu métier, il me reste une dernière certitude, Mathilde : dans une enquête, à un moment ou à un autre, d'une façon ou d'une autre, tout le monde ment.
— S'il y a une règle, c'est qu'il y a des exceptions. Cent pour cent, c'est statistiquement impossible, Albert. Et puis tous les mensonges ne se valent pas. Il faudrait établir des gradations.
— Petit ou gros, ça ne change rien au problème : personne ne dit jamais
toute la vérité, on a tous quelque chose à cacher.
— Il n'existe personne de fondamentalement honnête, alors ? Moi, pourtant, j'en connais au moins un. Toi.
— Les honnêtes gens mentent comme les autres, mais pour d'honnêtes raisons."
Les secrets de famille sont toujours bien gardé et les souvenirs d'enfance semblent fuir Mathilde où ne sont pas conforme à la réalité car :
"Dans les yeux des enfants, les parentèles se déconstruisent et se reforment à l'aune des liens de proximité et d'affection plutôt que suivant les lois du sang."
C'est cette réalité instable que mathilde fuit et affronte à la fois, jamais certaine de s'y retrouver.
Dans vaste comme la nuit, Elena Placentini joue avec "les déterminismes, sociaux, familiaux" et construit une histoire digne d'intérêt, déguisée en polar.
Son écriture nous fait explorer à la suite, les désarrois des différents personnages, les ressorts de leur comportement qui souvent leur échappe, et l'incompréhension des autres qui les bouleverse et les conduit souvent à faire ressortir les côtés les plus sombres de leur personnalité.
Sans renier un certain lyrisme, Elena Placentini joue avec nos sentiments :
"Laure dispose une brassée de cosmos sous la dentelle des ombelles et panache son bouquet de fougères et de lierre qu'elle fait juponner autour du vase. Après quelques manipulations expertes, sa composition florale pourrait s'intituler « Ode à l'été ». Son visage, lui, chante la mélancolie de l'automne. Ses lèvres fardées de prune sont serrées, son regard rehaussé de terre d'ombre, brouillardeux. Elle tourne son visage vers la forêt dans l'attente de l'humidité du soir, celle qui annonce la trêve bienvenue de la nuit et qui se fait attendre. L'air est sec, encore chargé de poussière prête à s'embraser. Elle renonce à allumer les photophores qu'elle a habillés de papier de soie et lisse un pli du chemin de table avant de le parsemer de galets blancs."
Un roman original qui nous fait découvrir "la psychogénéalogie" et les "scénarios transgénérationnels" , renouvelle le genre du polar et se lit avec beaucoup de plaisir.
Elena Piacentini nous donne un dernier conseil dans sa note aux lecteurs en fin d'ouvrage :
"« Il y a une chose qui est quelquefois abominable à voir, c'est l'intérieur des familles », disait la poétesse Constance de Théis. Je ne saurais que trop vous conseiller d'aller jeter un oeil dans la vôtre. Tout ce qui n'est pas dit nous empoisonne. Nous n'avons qu'une vie, ce serait dommage de la gâcher à réparer ou à répéter les erreurs de nos aïeux. Autant vivre pleinement la nôtre."
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Lilou08
  12 octobre 2019
J'avoue que pour moi, lire Elena Piacentini est toujours un grand plaisir, et j'attends maintenant ses nouveaux romans avec impatience et gourmandise. J'aime son écriture si belle, ses personnages toujours très attachants et qu'elle cisèle avec brio et empathie. Bien sûr, ils sont toujours un peu, voire beaucoup cabossés, mais aussi pétris de valeurs et parfois lumineux comme la jeune Adèle qui est pétillante de vie tout comme Mathilde Sénéchal l'a été avant un drame survenu lorsqu'elle avait 9 ans et qu'elle a complètement oublié depuis. Amnésie douloureuse. Sa mémoire la hante la nuit mais la jeune femme qu'elle est devenue n'arrive pas à s'en souvenir, ou ne veut pas.
C'est avec plaisir que j'ai retrouvé la capitaine Mathilde Sénéchal découverte dans le précédent roman d'Elena Piacentini, « Comme de longs échos ». Ce n'est pas complètement indispensable de l'avoir lu avant de découvrir « Vaste comme la nuit » mais je pense vraiment qu'il vaut mieux de l'avoir fait pour le déguster tout à fait et de mieux comprendre toutes les subtilités de l'histoire. Dans ce récit, la capitaine Mathilde Sénéchal enquête sur sa propre histoire, son enfance, sur ce drame oublié qui l'empêche de vivre sereinement sa vie de femme. Elle retourne pour la première fois depuis 30 ans dans son village natal, avec son amoureux ariégeois Pierre Orsalhièr et la jeune Adèle qu'elle a pris sous son aile car sa mère est défaillante. le trio a fort à faire avec les silences des villageois et de la famille de Mathilde, les secrets bien enfouis et les inimitiés de cette communauté villageoise qui remontent à plusieurs générations. Il faudra à Mathilde persévérer dans sa quête et aller au-delà de sa peur… avec le soutien de Pierre, Adèle et Albert son ancien supérieur et grand ami, récemment décédé et des amis retrouvés de son enfance, qu'elle avait totalement oubliés. C'est une quête qui va l'aider à se retrouver, à se reconnecter avec la petite fille qu'elle a été et à pouvoir enfin continuer sa vie de femme plus sereinement.
C'est un très beau livre, fort, émouvant. L'intrigue qui dénoue peu à peu les fils de la vie de Mathilde est haletante et bien menée jusqu'au bout. Il y a aussi beaucoup de poésie dans l'écriture d'Elena Piacentini. Si vous avez envie de passer un très beau moment de lecture, ne passez pas à côté de « Vaste comme la nuit » et de toute l'oeuvre d'Elena Piacentini.
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gruz
  29 août 2019
Mathilde Sénéchal, flic de son état, étonnante personnalité à la fois forte et qui cache de nombreuses fêlures. Les lecteurs l'ont suivie dans un précédent roman d'Elena Piacentini : Comme de longs échos.
Alors que son devancier était axé sur un fait divers, Vaste comme la nuit se recentre sur le passé de Mathilde. Autre histoire, autre ambiance et même évolution de l'écriture.
Ce nouveau roman touche à l'intime. Bien caché, enfoui depuis des années, des décennies. Retour à l'enfance de la protagoniste, mais bien au-delà aussi. Dans une France de l'intérieur, loin du tumulte parisien, où les langues ne se délient pas habituellement, où les secrets pourrissent la terre.
Secrets de famille, guerre larvée entre plusieurs lignées. La mémoire de certains défaille, celle d'autres ne pardonne rien. Voilà donc la capitaine Sénéchal obligée d'enquêter sur son propre passé.
Pas vraiment un polar, ce livre est un vrai roman noir qui met en scène les ressentis, les dissensions. Ne cherchez pas un thriller, n'attendez pas un rythme soutenu, l'écrivaine donne du temps aux temps passé et présent. Elle creuse, racle le terreau des inimitiés et de l'hostilité jusqu'à en trouver les racines.
Elena Piacentini a toujours apporté un soin tout particulier à l'écriture. Plonger réellement dans son univers se mérite, ce nouveau livre en est un nouvel exemple. Voilà bien le genre de récit qui ne se survole pas, il ne fait qu'un peu plus de 300 pages, et pourtant il se lit lentement.
Chaque phrase est travaillée, ciselée. Encore davantage que dans ses précédents romans, à mon sens. Même si j'aurais aimé parfois davantage de rythme, cette plume soignée fait ressortir les sensations, les sentiments avec une belle et noire poésie.
Elena Piacentini est une auteure singulière dans le monde du roman noir. Vaste comme la nuit est une plongée dans l'âme humaine, les secrets de(s) famille(s), le poids du passé. Et une immersion émotionnelle dans ce qui fait la complexité du personnage de Mathilde Sénéchal et son cheminement de vie.
Lien : https://gruznamur.com/2019/0..
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collectifpolar
  04 septembre 2019
Avoir le dernier Elena Piacentini entre les mains c'est comme tenir le Saint Graal. Vous êtes bêtement heureux sans trop savoir pourquoi, ça vous met de baume au coeur et des papillon plein les yeux. Il faut dire qu'elle est près belle la couverture de son dernier bouquin, Vaste comme la nuit.
Et ce titre, n'est-il pas prometteur ? Ne nous invite-t-il pas au voyage voire même à la contemplation, que dis-je au rêve éveillé ! Vaste comme la nuit
Elena Piacentini a une place à part dans la littérature policière française. Elle est unique. Elle est une magicienne des mots.
Oh je sais il y a de nombreux excellents auteurs de polar et de noir à avoir une écriture sublime. A sublimer le noir, à lui donner ses lettres de noblesses. A faire en sorte que les littératures policières soient le reflet du monde, de notre monde. Ils sont de plus en plus nombreux nos auteurs français à transcender la littérature à travers le prisme du polar et du noir. Ils sont un peu moins nombreux à le faire à travers une simple enquête policière. Et Elena est de ceux-ci. Elle a vraiment une singularité qui la démarque. Elle a ce don des mots, cette facilité pour les assembler, pour les épurer, magnifier chacun d'entre eux. le mot juste à sa juste place, c'est ça le style Piacentini, Une écriture au cordeau pour nous faire ressentir chaque aspérité de l'âme humaine.
Comme le disait si bien Véronique son éditrice chez Au-delà du raisonnable, dans ses romans, Elena orchestre avec psychologie une humanité malmenée, souvent victime de ses choix entre l'ombre et la lumière.
Ici c'est à nouveau exactement ça !
Ici elle plonge le lecteur dans une ambiance fiévreuse et mystérieuse.
On retrouve ici Mathilde Sénéchal et Pierre Orsalhier . Sans oublier Adèle, la jeune ado que Mathilde à pris sous son aile avec bienveillance.
Mathilde si froide, si solitaire habituellement. Mathilde qui ose à peine avoir confiance en l'humain. Et Pierre Orsalhier, l'ancien flic retiré dans un petit village de la Haute-Ariège, délaissant flingue pour appareil photo. Ces deux là tentent de s'apprivoiser. Et Adèle est là pour y veiller elle aussi ! Et puis il y aura toujours Lazaret dans les parages.
Ces quatre là on les a rencontré pour la première fois dans Comme de longs échos. On a appris à les connaître. Ici l'intrigue tourne essentiellement autour de Mathilde. Mathilde et son don olfactif. Mathilde alergique au odeurs de menthe depuis son enfance.
Mathilde devenu capitaine de Police et qui repousse sans comprendre l'instant où elle affronterait son enfance, ou elle ferait parler son passé…
Aussi Lazaret, son chef de groupe tout juste parti à la retraite, se sachant condamné par la maladie, a choisi de l'aider dans sa quête.
Et Mathilde va la décider à reprendre le chemin du village normand où elle a grandit. le Petit-Caux, où elle a perdu une partie de ses souvenirs d'enfance suite à un accident de vélo.
Aussi va-t-elle rouvrir une enquête vieille de trente ans. Avec Orsalière et Adèle, elle va remonter le temps jusqu'à l'été de ses 9 ans. le jour où Jeanne sa professeure d'alto a mystérieusement disparu. le même jour où Mathilde a perdu la mémoire à cause d'une chute à vélo dont elle n'a gardé qu'une cicatrice à la tête. Un fameux 24 juillet 1987.
Mais le passé est coriace, et le habitants du coin sont des taiseux,
« Des habitants qui ont avalé leur langue.
Une forêt où rôde un étrangleur de bêtes.
Trois maisons isolées en lisière de forêt et l'Eaulne pour frontière…«
Notre auteure nous offre une plongée dans la transgénéalogie. Quand le passé conditionne le présent, quand la vie de chacun est réglée par ses secrets et ses drames.
Quand la vie de tout un village repose sur des querelles de cloché immémoriales. Quand les erreurs séculaires pèsent et régissent la vie de toute une communauté. Quand les secrets de famille gouvernent et conditionnent les rapports humains. Quand ceux-ci sont la cause de troubles affectifs qui se transmettent de parents à enfants. Quand les non-dits sont les maîtres silencieux de nos destins et qu' ils empoisonnent plusieurs générations.
C'est à tout cela que va être confrontée Mathilde en se confrontant aux gens de son passé. Et ce second opus mets les femmes en lumière, ce sont-elles les gardiennes du passé, elle les survivantes. Ici Solange et encore plus Hortence sont les dépositaire de la mémoire collective. Mathilde va devoir les affronter et asservir son passé enfin d'accomplir cette quête personnelle qui devra la mener à sa propre résilience. Et la Mathilde adulte et Mathilde enfant devront elles aussi se réconcilier.
Aussi ce deuxième opus sonne comme la fin d'un cycle. Elena Piacentini nous propose t-elle une fin, met-elle un terme à sa nouvelle série. Les enquête de Mathilde Sénachal ne se résumeront-elles qu'à ce parfait diptyque ? J'avoue que j'aurai aimé retrouver notre héroïne tant je n'étais attachée à elle et aux quelques autres héros récurrents de cette mini série.
Mais je me console en sachant que je pourrais retrouver l'écriture sensorielle d'Elena auprès du commissaire Léoni et sans doute dans bien d'autres histoires que saura nous conter Eléna Piacentini. Car c'est certain, conteuse elle l'est dans l'âme pour faire ainsi si bien résonner ses mots avec nos émotions !
Lien : https://collectifpolar.com/
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Killing79
  08 octobre 2019
Je ne connaissais ni Elena Piacentini ni son oeuvre. Mais comme mon année 2019 est placée sous le signe des bonnes découvertes de polars/thrillers francophones, elle avait de fait toute sa place dans mon planning de lecture. Et je ne le regrette pas.
L'héroïne de « Vaste comme la nuit » est de retour sur les lieux de son enfance. Elle est à la recherche de la vérité sur un drame de cette époque, qui s'est effacé de sa mémoire. Pour les besoins de son enquête, elle va s'immiscer dans le quotidien de ses anciens voisins. Et en grattant un peu la vie de chacun, elle va déterrer un certain nombre de cadavres. Tous les coups bas et les actes de traitrise du passé remontent à la surface. Plusieurs histoires sordides se recoupent et le village si paisible en apparence se révèle être en réalité un agglomérat de ressentiments.
Cette deuxième aventure de Mathilde Sénéchal entre dans la catégorie des polars bien écrits et dont la lecture est agréable. J'ai été un peu déboussolé au début par la multitude de personnages et d'époques. Mais une fois ces éléments digérés, j'ai pris un grand plaisir à assister aux dénouements de ces énigmes. Au fil des révélations, la tension monte et on est pris dans la spirale des secrets de cette communauté.
Je mettrais juste un petit bémol à ce roman et il concerne la relation de Mathilde avec Albert. Abordée par le biais de quelques petits chapitres, elle m'a paru un peu mièvre et emplie de phrases toutes faites… tout le contraire du reste du livre. Mais cela n'est qu'un détail. L'ensemble de l'aventure est parfaitement maîtrisé et le résultat palpitant. Je recommande donc cette sombre histoire, un polar psychologique plein de mystères. Et je suivrai dorénavant les oeuvres d'Elena Piacentini de très près.
Lien : http://leslivresdek79.com/20..
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
AngeliqueLeslecturesdangeliqueAngeliqueLeslecturesdangelique   17 octobre 2019
- Le gros dossier concerne la disparition en 1987 d'une jeune femme de vingt-cinq ans, une certaine Jeanne Bihorel.
- Et ils l'ont retrouvée morte, je parie…
L'œil sombre, Orsalhièr secoue la tête.
- Ils n'ont rien trouvé du tout.
Pas même un corps… L'instruction Bihorel appartient à ces vingt pour cent d'affaires non élucidées dont le temps lisse les stigmates en apparence seulement. […]
- La cicatrice, sa phobie et son amnésie. L'accident de Mathilde s'est produit le jour où Jeanne Bihorel s'est évanouie dans la nature. Et c'était sa voisine.
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Lilou08Lilou08   12 octobre 2019
Le village de Goulier émerge peu à peu des brumes. Un vent descendu des sommets de la Haute-Ariège le vivifie, soufflant un parfum de neige et de pierres. Bientôt, après des loopings dans la vallée de Vicdessos, il se réchauffera des senteurs melliflues de fleurs, des odeurs de mousse. Assise sur la dalle froide, Mathilde Sénéchal est hermétique à la magie du jour qui se lève. Un cauchemar l’a tirée du sommeil. Toujours le même. Elle, enfant, filant sur sa bicyclette, la gorge et le nez agressés par une puanteur mentholée, fuyant elle ne sait quoi ou qui. Et la chute, immuable dénouement de cette course effrénée, insensée. Une culbute vers l’abîme qui la laisse nauséeuse et remue des questions demeurées en suspens.
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Lilou08Lilou08   12 octobre 2019
— Albert et Mathilde, faut pas te faire des nœuds au cerveau. Ils viennent juste de la même planète chelou. Quand t’as plus personne qui te ressemble, que t’es le dernier extraterrestre de ta race, tu te demandes si t’es pas une erreur de casting et quelle est ta place… Enfin, s’il y en a une pour toi… Un peu comme Superman, tu saisis ?
Il saisit. Une minotte de treize ans vient de lui délivrer un cours de psychologie. Il prend cette main toute neuve et la serre avec tendresse.
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Lilou08Lilou08   12 octobre 2019
À nouveau seule, Hortense referme les tentures du salon et s’étend sur la méridienne. La chatte quitte son perchoir et se roule en boule contre son sein. Les vibrations régulières de son ronronnement nourrissent les battements de son cœur élimé. La question de Nils lui revient en écho tandis que ses paupières s’abaissent. Quand en aura-t-elle fini ? Jamais, tranche-t-elle sans l’once d’une hésitation. Pour leur faire payer la somme de toutes leurs hypocrisies et les arriérés de leurs lâchetés, elle vivra. Tant qu’il restera une ou un de ces salauds ordinaires, tant que leur sang vicié ne sera pas tari, le sien viendra gonfler ses veines. Si la volonté prenait forme, la sienne serait lave. Son incandescence, inaltérée. À défaut d’amour, la haine constitue la plus efficace des jouvences.
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Lilou08Lilou08   12 octobre 2019
Dans le miroir, Adèle admire sa coiffure sous tous les angles. Sa double tresse africaine, c’est la grande classe. Bien sûr, il y a ce fichu bouton en plein milieu du front qui gâche le tableau, mais bon, elle n’y peut pas grand-chose, sauf attendre que ça passe. Surtout ne pas le percer, bien que l’idée soit tentante. Même si elle n’avait pas pioché ce conseil dans un traité de dermatologie, elle l’aurait deviné à voir la gueule d’une copine qui n’arrête pas de traire son sébum. Adèle dépose une goutte de fond de teint et l’estompe, ce qui a pour effet d’effacer ses taches de rousseur dans un rayon de trois centimètres autour de l’objet du délit. C’est pire qu’avant. Elle y va d’un coup de gant rageur. Encore quatre ou cinq ans au bas mot ! C’est long, l’adolescence.
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