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ISBN : 2070775941
Éditeur : Gallimard (29/09/2005)

Note moyenne : 4.33/5 (sur 23 notes)
Résumé :

Il n'y a peut-être pas de livre de Ramuz qui soit plus représentatif de son genre que la Vie de Samuel Belet. Dans le déroulement de cette existence qui, par le chemin des passions et de la violence, aboutit au renoncement joyeux et à la paix de l'âme, Ramuz semble avoir fait tenir toute sa riche expérience humaine. Ce petit paysan suisse que l'amour et l'ambition arrachent à son milieu et à sa patrie - pour qui le ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
enjie77
  03 octobre 2018
« Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie, et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir, ou perdre en un seul coup le gain de cent parties, sans un geste et sans un soupir ….
TU SERAS UN HOMME MON FILS »
Lorsque j'ai refermé ce livre, ce sont les vers De Rudyard Kipling qui me sont venus à l'esprit. Ce poème va comme un gant au narrateur Samuel Belet.
Publié en 1913, ce récit, au caractère initiatique, raconte l'histoire d'un jeune vaudois, Samuel, né en 1840 à Praz-Dessus, orphelin de père à l'âge de dix ans, il connait, cinq ans après, la douleur de perdre sa mère. Il est alors placé, par son oncle, chez un riche paysan comme garçon de ferme. Devant ses qualités intellectuelles, entre deux besognes, Monsieur Loup, ancien régent (instituteur), l'aide à étudier et Samuel, encouragé par ce dernier, espère lui aussi devenir Régent. Il découvre ses premiers émois amoureux auprès de Mélanie. Dans l'espoir de pouvoir obtenir la main de la demoiselle, il quitte la ferme pour un emploi de commis à la Ville chez un notaire.
Malgré tous ses malheurs, Samuel est un garçon plein d'enthousiasme devant la vie. Il se dit « simple de coeur » ce qui n'a rien à voir avec simplet mais l'expression est jolie pour dire toute sa fraîcheur. Pour les beaux yeux de sa belle, Il lit et continue d'étudier tard le soir. Mais voilà, Mélanie lui est infidèle et toute sa vision de l'avenir va s'en trouver bouleversée. Il est tellement malheureux, tellement désemparé, dans sa tête, il se fait comme une injonction : « Tu es un paysan Samuel et tu resteras un paysan, il te faudra gagner ta vie ».
Samuel décide de partir, il part à l'aventure, droit devant lui et pour se nourrir, il va vivre de petit métier en petit métier, jusqu'à devenir maçon charpentier.
A chaque endroit où il réussit à s'établir, il ressent le besoin de tout laisser et de repartir comme si quelque chose l'incitait à fuir. On peut y voir le perpétuel refus ou la peur de l'attachement.
Samuel est un homme libre, il conserve son esprit critique, il aime le travail bien fait, il a la reconnaissance de ses patrons, l'amitié a du sens pour lui.
De paysages en paysages, de métier en métier, Samuel arrive à Paris. Mais là encore, poussé par la guerre franco-prussienne, Samuel reprend son chemin.
Son pays, son lac lui manque, il éprouve le besoin de revenir en Suisse. Arrivé à Vevey, il décide de se poser. Il va enfin connaître plusieurs années de bonheur en compagnie d'une jeune veuve, mère d'un petit garçon, Louise à laquelle il va dire « c'est comme les visites le bonheur, il faut bien le recevoir sinon il ne revient pas ».
Et pour illustrer cette citation de Prévert, « On reconnait le bonheur au bruit qu'il fait quand il s'en va », le destin va lui infliger une nouvelle et monstrueuse épreuve.
il finira sa vie dans la paix du coeur et de l'âme au bord du lac Léman comme pêcheur.
C'est beau, c'est très beau ! J'ai aimé le style, c'est une belle écriture poétique, toute simple, mélodieuse, imagée et sous cette apparence de simplicité, il y a une fine analyse psychologique de ces toutes petites gens de la campagne avec leur bon sens des gens de la terre mais aussi avec leurs imperfections.
L'écriture de Ramuz m'a rappelée les expressions que j'entendais chez mes arrières grands-parents et mes grands parents paternels. Il y a cette humilité face à la nature, face au lac, à la montagne.
Pour exprimer les sentiments, tout au long du livre, Ramuz procède par analogie avec la nature. Par exemple lorsque Samuel découvre l'infidélité de Mélanie.
« Il ne resta en moi qu'une grande place brûlée, comme celle qu'on voit dans les champs après qu'on a arraché les broussailles et on les met en tas et on y met le feu ; ».
Voilà, je ne sais si je vous ai donné envie de lire Ramuz mais son écriture m'a parlée, elle recèle tellement d'authenticité, loin du tumulte des livres médiatisés, c'est un vrai retour aux sources.
Charles-Ferdinand Ramuz m'était totalement inconnu à ce jour, je remercie Dourvach et Michfred pour leurs chroniques qui furent de belles incitations à le découvrir.
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michfred
  23 juillet 2018
Une écriture paisible, large, forte, qui laisse passer l'air.
Une vie humble, pleine d'épreuves, jalonnée de pertes - mais dans les mailles hasardeuses de son filet , que de poissons, brillants comme des pépites!
De quoi donner un sens à la souffrance d'une vie.
De quoi parler de joie, malgré la mort, la solitude ou le malheur.
Impossible de résumer à quelques lignes factuelles ce grand roman paysan et montagnard, si ancré dans le pays de Suisse romande, et pourtant si universel, si élevé,  si aérien.
 Si existe-en-ciel.
Essayons quand même. Samuel Belet est orphelin très jeune: sa pauvreté, sa solitude le désignent à une vie d'exploitation et de labeur obscur. Pourtant il y a quelque chose en lui qui le porte au travail bien fait, à  la joie d'apprendre, d'aller de l'avant et de s'élever.
Ses maitres l'apprécient, louent son sérieux, son ardeur à  l'ouvrage. Déjà le régent -l'instit' du village- entrevoit pour ce petit paysan courageux un autre avenir que celui de journalier ou d'ouvrier à tout faire...mais le destin met sur sa route une jolie fille, coquette, rieuse et tellement plus légère que le grave Samuel...il l'aime , elle le quitte.
Toute cette ligne de vie bien tracée et opiniâtre se brise. Samuel quitte son protecteur, son maître, son village, ses amis et se livre au hasard avec ses mains habiles et son coeur pur. Mais sans cette confiance , sans cet optimisme qui lui donnaient des ailes.Samuel ira se frotter à la grande ville, et verra, sans la comprendre, la Commune de Paris. Il aura d'autres amours, d'autres amis. Mais pour mieux revenir au pays.
Un roman de formation régionaliste alors? Pas du tout.
Revenir , mais histoire de boucler la boucle, de ne pas laisser le hasard signer au bas du parchemin. Lentement, ses amitiés, ses amours, son expérience -difficile- de la "paternité " avec le fils d'un autre lui apprennent  des choses sur lui-même et sur les autres.
Au couchant de sa vie, il devient pêcheur, et ce n'est pas un hasard.
Samuel Belet relève un à un les filets de son passé pour y lire les secrets de son âme et les battements de son coeur, pour mieux accueillir un savoir philosophe sur les êtres  et les choses, pour apprivoiser la vieillesse et la mort, pour ne pas être venu là pour rien.
La Vie  de Samuel Belet est un  "bildungsroman" moins "performatif'" que spéculatif et spéculaire, qui, comme l'eau du lac, reflète et ranime les années défuntes, les âmes mortes,  donne à lire les sentiments incompris, les désirs mystérieux, et éclaire avec une tendresse poignante la complexité d'un coeur simple.
Magnifique lecture, très GRAND livre,  mythifié et admiré en Suisse. Quasi ignoré en France ou réduit à cette étiquette  régionaliste  qui est plus qu'une ignorance, une méprise!
Pourtant Ramuz est, de l'aveu de l'auteur de Regain, le maître de Giono. Sa langue, déjà belle , charnelle, lyrique dans ce roman de jeunesse, évoluera vers des formes incroyablement modernes, puissamment originales qui lui vaudront l'admiration inconditionnelle d'un autre grand styliste, d'un autre Ferdinand, non pas Charles- Ferdinand, mais Louis-Ferdinand , eh oui, Céline en personne!
 Ces hautes  filiations vaudraient bien que les lecteurs français aillent faire un petit tour dans la barque de ce roi-pêcheur valaisan...
Quant à moi, je dois reconnaitre avoir éprouvé,  en le lisant, une vraie révélation littéraire, en même temps  qu'une émotion forte  - comme devant une parole absolument sincère et essentielle.
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dourvach
  03 mai 2014
Samuel grandit, perd sa mère ; doit travailler ; malgré ses efforts à "apprendre", ne deviendra jamais "régent" (instituteur) ; vit, trime et aime ; vit la Commune à Paris ; puis rentre ; aime à nouveau, longtemps, puis perd son aimée ; Samuel au soir de sa vie, veut retrouver tous les siens, un à un disparus : n'ont-ils pas versé au fond du Lac, sous sa barque ?
"Vie de Samuel Belet" : ce chef d'oeuvre d'existentialisme "avant la lettre", de recul et de douloureuse sérénité : on repense à ce sujet aux exquises nouvelles humanistes de Rabindranath Tagore, "Le Vagabond et autres contes"...
Bref, un joyau de PURE Littérature qui nous vient de 1913 !
Pas un "bout de gras", pas une once de platitude en chaque ligne... Tout est lyrique et chante : tranquillement... Tout est vrai. Juste. Sobre. Et tout émerveille ! Samuel et Ramuz, comme vous nous manquez !!!
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"Vie de Samuel Belet" de C.-F. RAMUZ = zéro critique à ce jour dans Babelio... Y a comme une énigme ! Et oui, notre France se prend toujours pour la "République des Lettres" (comme d'autres pour Napoléon). Aujourd'hui que des tombereaux de NON-littérature vite fabriquée et mal foutue (pléonasme) sont abondamment achetés, frénétiquement lus et 15.000 fois commentées (moutonnisme/suivisme)... Mais pas une ligne sur ce livre...Dans la France houellebecquisée de 2015, on ne connait même plus l'existence d'un pareil joyau de la Littérature mondiale, cent ans après sa parution : l'art littéraire n'a plus qu'à aller se rhabiller et les "oeuvres" de Foenkinos ("Je vais mieux") et autres Angoteries narcissiques (bientôt : "L'inceste, tome V" ?) continuer à régner.... Ne serions-nous pas UN PEU complices (involontaires et "sous influences") de ce triste état de fait ? Amicalement à tous.
Lien : http://www.regardsfeeriques...
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marguerite18
  07 avril 2019
Relecture de ce très beau roman de Ramuz.
Arrivé à la soixantaine, Samuel Bellet, né en 1840 à Praz-Dessus, éprouve le besoin de coucher sa vie par écrit. Il ne raconte pas son enfance, son récit commençant alors que, déjà orphelin de père à dix ans, il voit mourir sa mère à l'âge de quinze ans. Un oncle lui annonce sans ménagement que, pauvre, il devra - malgré son goût et ses dons pour l'étude - quitter l'école pour travailler et le place comme domestique de ferme chez un paysan prospère à Vernamin. Samuel fera ensuite bien des métiers (commis aux écritures chez un notaire, menuisier, couvreur, charpentier) et connaîtra chagrins et ruptures. Après avoir vécu sept ans à l'étranger, d'abord en Savoie puis à Paris, il revient au pays lorsqu'éclate la guerre de 1870. Il épouse Louise - veuve et mère du petit Henri - qui tient l'auberge où il a pris pension. Leur bonheur ne dure toutefois que quelques années au terme desquelles meurt sa femme, suivie six mois plus tard d'Henri.
Ce roman, très riche, traite des diverses formes d'amour, depuis l'engouement naïf et juvénile éprouvé par Samuel pour Mélanie, plus dégourdie et moins éprise que lui, qui le néglige et qu'il surprend dansant avec un autre, jusqu'au sentiment empreint de tendresse et de compassion qu'il porte à Louise, en passant par la découverte de la relation physique - traduite chez Ramuz par une ligne de points de suspension - avec Adèle, une forte fille de ferme qui a le béguin pour lui sans réciprocité. Il parle aussi du désir d'enfant inassouvi, celui de Samuel et Louise jetant une ombre sur leur entente et de la difficulté à être beau-père. Samuel échoue dans ce rôle puisque, malgré sa bonne volonté, il ne parvient pas véritablement, du vivant de Louise, à aimer Henri comme son fils - qui, de son côté, reste distant avec lui - et, après le décès de celle-ci, ne peut lui donner le goût de vivre, bien qu'ayant reporté sur lui toute sa capacité d'affection. le livre parle aussi de l'amitié qui lie Samuel à Louis Duborgel, avec lequel il se rend à Paris, mais qui prend abruptement fin, ce dernier n'acceptant pas que ses idées socialistes et révolutionnaires ne soient pas partagées. de son côté, Samuel pense que les idées et les mots ont moins d'importance que les choses, à savoir le travail et la vie partagés, les soins que son ami lui a apportés durant une maladie. Il y a aussi les rêves et l'ambition avortés, Samuel abandonnant son espoir de suivre l'école normale et de devenir régent malgré de longs mois d'efforts accomplis dans ce but avec l'aide d'un ancien instituteur, M. Loup, lorsqu'il découvre la trahison de Mélanie.
La mort est très présente, très prégnante dans l'ouvrage. Mort de la mère de Samuel, suicide par noyade de Rose, la fille de David Barbaz chez qui Samuel était en place à Vernamin, et de son amoureux, fils d'une mercière, qui composait des vers et écrivait des articles de journaux, le père de Rose refusant de la voir l'épouser, mort d'une vieille voisine de Louise que celle-ci soigne avec dévouement, mais qui l'accuse de l'empoisonner, mort de Louise, puis de son fils. Malgré quoi, le roman n'est pas d'une tonalité sombre ou désespérée, parce qu'il y a aussi l'attention à la nature et aux moments heureux.
A la fin de l'ouvrage, Samuel trouve la sérénité dans une paisible existence de pêcheur au bord du lac.
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Fleurs68
  09 septembre 2019
Samuel Belet est un jeune valet de ferme dans le canton de Vaud. À la suite d'un amour malheureux, il devient domestique de campagne et travaille pour différents patrons, d'abord en Suisse, puis en Savoie où il apprend, sur le tas, le métier de maçon et de charpentier. Il paraît indifférent à tout et reste confiné dans son chagrin d'amour. Quand son compagnon charpentier le convainc d'aller avec lui à Paris, il part tenter sa chance et vivra là-bas plusieurs années de petits boulots et de galère. Lorsqu'éclate la guerre entre la France et la Prusse, Samuel revient sur les bords du lac Léman et épouse Louise, une jeune femme veuve, mère d'un petit enfant de 6 ans. Ce sera une période de bonheur, avant une nouvelle épreuve, la plus terrible.
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
enjie77enjie77   02 octobre 2018
Entre temps, la paix avait été signée, mais pas avant que Paris n'eût été mis à feu et à sang par la Commune, et il y avait eu encore cela qu'après s'être battus contre l'ennemi, les français s'étaient battus entre eux. Des cadavres étaient entassés tout le long des quais de la Seine ; les feuilles des arbres, nouvellement sorties, avaient été coupées par la mitraille comme avec des ciseaux.
Les jeunes gens d'aujourd'hui ne pensent plus à ces choses et, quand on les leur raconte, elles ne les intéressent pas. Mais, nous autres qui avons vécu là-dedans, quel frisson, quand on y repense!... Ils brûlaient les livres, ils brûlaient les tableaux. Ils arrosaient les maisons avec du pétrole ; ils mettaient le feu aux maisons.
Tout cela pourtant fut vite oublié ; les morts pouvaient dormir tranquilles. Quant aux vivants, ils étaient tout heureux de reprendre leurs habitudes, en attendant le moment où elles leur déplairaient de nouveau, parce que tout est balancement, tout est recommencement dans le monde.


Page 150
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dourvachdourvach   24 août 2018
Je m'assieds sur le banc du milieu, j'empoigne les rames ; je tire dessus de tout mon poids, me renversant ; et eux alors, là-bas, n'est-ce pas ? Ils m'attendent et je me dis bien qu'ils me voient venir.
La terre m'a quitté, avec tout ce qui est petit ; je laisse derrière moi ce qui change pour ce qui ne change pas. Que je me tourne seulement un peu et la rive disparaît tout entière ; il ne reste plus que le ciel et l'eau. Encore est-ce la même chose à cause de l'image des nuages renversée qui se balance autour de moi, et ce bleu, aussi renversé, par quoi elle a une couleur.
Il n'y a plus de différence en rien ; tout se confond, tout se mêle ; est-ce au-dedans de moi ou au-dessous que je regarde ? Mais ils sont là et je les vois. Je ne suis plus jaloux ; eux, ils n'ont plus peur. Au lieu de reculer, ils se soulèvent sur le coude ; moi, je me penche encore un peu.

[C.F. RAMUZ, "Vie de Samuel Belet", 1913, IIIème partie, chapitre III - page 834 de la réédition La Pléiade "C.F. RAMUZ : ROMANS", Tome I, 2005]
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dourvachdourvach   28 août 2018
Un dimanche, j'étais monté jusqu'à Blonay voir une maison qui avait brûlé. On entrait dans le printemps. Il y avait comme une mousseline verte autour des arbres, qui était les petites feuilles pas encore dépliées. La pente douce menait l'oeil jusqu'au lac un peu agité, et qui semblait couvert d'écailles. Il faisait tellement doux que j'avais ôté ma veste. Mais cette douceur n'était pas seulement dans l'air, je la sentais aussi qui m'entrait dans le coeur.

[C. F. RAMUZ, "Vie de Samuel Belet", 1913, IIème partie, chapitre V - page 731 de la réédition La Pléiade, "C.F. RAMUZ : ROMANS", Tome I, 2005]
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michfredmichfred   19 juillet 2018
Il y en a tant qui sont déjà morts quand la mort de la chair vient les prendre. Ils sont morts dans leur coeur depuis longtemps déjà, quand arrive la mort du corps; et c'est sur ce coeur que je veille, afin qu'il dure jusqu'au bout.
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dourvachdourvach   23 septembre 2018
Il y avait une fontaine, avec une espèce de colonne au milieu, et quatre goulots en partaient, versant l'eau dans quatre bassins. Autour de la fontaine, des femmes attendaient leur tour. Je m'arrêtais à causer avec elles. Je n'avais plus du tout cette timidité qui me rongeait à Paris, ni cette méfiance qui venait de ce que je ne m'y sentais pas à ma place.
" On ne la voit guère, votre femme.
– C'est qu'elle a beaucoup d'ouvrage.
– Et vous aussi.
– Oh ! moi aussi.
– Alors, les affaires vont bien ?
– Elles vont bien.
– Tant mieux. "
Un à un les seaux étaient avancés et, contre le fond de fer-blanc, l'eau faisait une jolie musique qui se mêlait au bruit des voix.

[C. F. RAMUZ, "Vie de Samuel Belet", Gallimard, 1913 : IIème partie, chapitre VI - page 738 de l'édition de la "Bibliothèque de La Pléiade", "C.F. Ramuz : Romans", Tome I, 2005]
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Vidéo de Charles Ferdinand Ramuz
La Fête du Livre de Bron propose chaque année une journée de réflexion sur des enjeux majeurs de la littérature contemporaine. le vendredi 8 mars 2019, nous proposions un focus sur les liens entre littérature, nature sauvage, grands espaces, sciences humaines et environnement. Lors de cette 33ème édition, nous avions la chance d'accueillir Pierre Schoentjes, professeur à l'Université de Gand, spécialiste du « nature writing » en langue française pour un grand entretien exceptionnel, animé par Thierry Guichard, à revivre ici en intégralité.
Dans Ecopoétique, Pierre Schoentjes étudie les spécificités du « nature writing » en langue française – le terroir plus que la terre, le lieu plutôt que le paysage, l'esthétique plutôt que l'éthique – en délimitant un corpus littéraire constitué d'écrivains comme Jean-Loup Trassard, Pierre Gascar, Charles-Ferdinand Ramuz ou Philippe Jaccottet. Mais il explore aussi les oeuvres d'écrivains très contemporains comme Emmanuelle Pagano, Belinda Cannone ou Marie-Hélène Lafon. En partenariat avec l'Université Lyon 2, la Médiathèque Départementale du Rhône et Médiat Rhône-Alpes.
©Garage Productions.
Un grand merci à Stéphane Cayrol, Julien Prudent et David Mamousse.
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