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EAN : 9782070126163
128 pages
Éditeur : Gallimard (01/10/2011)

Note moyenne : 3.3/5 (sur 286 notes)
Résumé :

Avec ce roman, Philip Roth poursuit sa méditation sur la vieillesse, la mort et la sexualité , seule capable de rendre à l’être vieillissant un semblant de vigueur. Simon Axler est l’un des acteurs les plus connus et les plus brillants de sa génération : une gloire célébrée jusque dans les provinces reculées. Il a maintenant 65 ans, il a perdu son talent, son assurance, la magie qui, tel Prospero, dans La Tempête, le faisait vivre. Axler n’arrive plus à ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (50) Voir plus Ajouter une critique
Malaura
  27 novembre 2011
Que peut faire un grand acteur célèbre de 65 ans lorsqu'il se rend compte qu'il a « perdu sa magie », qu'il n'est plus capable d'interpréter le moindre rôle, lui qui a joué les plus grands classiques du répertoire théâtral ?
Que peut faire un comédien naguère plébiscité par le public, encensé par la critique, lorsqu'il constate que son charisme, sa force, la spontanéité avec laquelle il vivait ses personnages, n'ont plus aucun fondement, plus aucune base solide, que désormais tout sonne faux dans son jeu à en être grotesque ?
Il pourrait, comme d'autres grands acteurs avant lui, noyer son trac dans l'alcool ? Vaincre son stress dans l'absorption de petites pilules grises ? Se faire assister d'un professeur de théâtre comme le lui conseille son agent et ami Jerry ?
Non, Simon Axler ne fera rien de tout cela car il sait que c'est fini. Son talent à disparu. A l'heure actuelle « le seul rôle à sa portée est celui d'un homme qui joue un rôle ».
« le pire c'était qu'il était lucide quant à sa chute, tout comme il était lucide quant à son jeu. » C'est avec ce pénible discernement, cette compréhension aigue de sa lamentable condition, qu'Axler se laisse sombrer dans la dépression.
Comme si cela ne suffisait pas, sa femme le quitte et il est accablé de douleurs vertébrales.
Envahi de pensées suicidaires, il se résout à un internement psychiatrique de quelques semaines où l'écoute des patients ressassant leur mal-être et brodant à qui mieux-mieux sur le thème du suicide, semble lui apporter quelque réconfort.
Son domicile regagné, il s'installe dans une routine solitaire et morose avec le sentiment douloureux d'être un vieil homme fini, lorsqu'apparaît sur la scène de sa vie, Pegeen Mike avec qui, contre toute attente, il entame une relation amoureuse et sexuelle aussi complice qu'intense.
Pegeen est la fille d'un couple de ses amis. Pegeen à 25 ans de moins que lui. Pegeen, avec ses airs de jeune garçon déluré, est charmante, attachante et ….lesbienne…
Axler la transforme en parfaite hétéro, jouant son rôle de Pygmalion avec autant d'ardeur qu'il en met à expérimenter les accessoires sexuels (nombreux !) de la belle, le triolisme et autres jeux érotiques.
La chute n'en sera que plus rude car la charmante Pegeen est également immature, amorale et peut-être pas aussi modifiable dans sa sexualité qu'elle ne le lui avait laissé croire…
La vie est une grande scène de théâtre où chacun interprète le rôle qui lui est imparti à divers moment de son existence.
Pour Simon Axler, c'est l'heure du dernier rôle dans une pièce qui se joue en trois actes.
Dès le départ, Philip Roth ne nous laisse aucun espoir quant à l'issue tragique de cette histoire où dépression, sexe et suicide se donnent la réplique dans une tragi-comédie à la mise-en-scène fringante et enjouée mais au dénouement funèbre.
C'est le propre du « Cycle Némésis », cette série de courts romans placés sous les lugubres auspices de la déesse de la vengeance et de la mort et dont « le rabaissement » est le 3ème opus après « Un homme » et « Indignation ».
Ne comptons pas sur Philip Roth, ce diabolique dramaturge, pour faire intervenir un Deus ex Machina venant dénouer cette situation de déliquescence. L'effondrement se jouera bel et bien jusqu'au baisser de rideau.
Nul happy end donc, mais encore un texte brillant sapant allègrement les dernières illusions d'un homme en fin de parcours, un homme qui - et c'est cela aussi qui est terrible - est le témoin lucide de sa propre chute, en est même pour bonne part responsable, mais grisé par l'ivresse sexuelle d'une relation dont il se doute qu'elle sera la dernière, plonge tête la première dans les mirages d'un amour à la finalité hautement prévisible.
« Un jour viendra où les circonstances la placeront en position de force pour mettre un terme à la situation, alors que je me retrouverai en position de faiblesse pour n'avoir pas eu la fermeté de rompre maintenant. Et quand elle sera forte et que je serai faible, le coup qui me sera porté sera insoutenable » s'inquiète Simon Axler en regardant Pegeen Mike le chevaucher comme au manège, ce qui ne l'empêche pas de se laisser entrainer par les remous de ce bain de jouvence illusoire et mensonger.
Et qui pourrait dire non à l'amour lorsqu'il frappe à la porte ? Sauf que l'amour n'est pas un générateur de vigueur lorsqu'on est vieux, l'amour n'arrête pas les aiguilles du temps, ni les dégradations du corps, il n'est ni un rempart contre la dépression, ni un substitut aux problèmes de créativité, ni un personnage que l'on dirige à sa guise.
Il en est simplement l'illusion, l'espoir, le leurre magique que l'on souhaiterait éternel dans ce théâtre d'improvisation qu'est la vie. Mais comme nous l'assène si bien l'auteur dans ce texte-uppercut, à la fin on est toujours tout seul... le peu d'illusions qu'il nous laisse sur la finalité de toute vie humaine à plus où moins brève échéance, est d'une terrible et douloureuse évidence.
Ciselant les thèmes qui lui sont chers – le sexe, la vieillesse et la mort - avec ce même regard acéré de diamantaire à qui aucune des facettes de l'individu n'échappe, Philip Roth taille, avec ce trentième roman, une pièce noire et tranchante aux reflets sombres et bruts.
Non, Philip Roth n'a rien perdu de sa magie.
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Jean-Daniel
  07 février 2018
Célèbre comédien, Simon Axler, 65 ans, ne parvient plus à jouer depuis qu'il a perdu confiance en lui, incapable de se souvenir de ses textes ; il sombre dans la dépression au point de songer au suicide. Son incapacité soudaine à jouer un rôle est évoquée dès la première ligne par Philip Roth : « Il avait perdu sa magie". Sa magie, c'est-à-dire son inspiration, son talent, sa présence, sa capacité de jouer juste… Axler, n'arrive plus à croire en ses rôles, en lui-même, en la vie qui s'en va. Ne plus pouvoir jouer, c'est pour lui ne plus pouvoir vivre, aussi tombe-t-il dans la dépression. Le public l'oublie et son épouse le quitte. Livré à lui-même, il sombre rapidement et seul l'asile psychiatrique où il décide de se faire interner plusieurs semaines lui évite le suicide.
Ce séjour en hôpital et un divorce plus tard, voici Simon Axler retiré seul à la campagne, jusqu'au jour où débarque Pegeen, bien plus jeune que lui, fille d'un couple de ses amis, et qui cherche elle aussi à se reconstruire. L'arrivée de Pegeen réveille Axler et le ramène à la vie en lui apportant comme cadeau la lumière qui s'était éteinte. Celle-ci va lui inspirer une passion érotique et l'entrainer dans une expérience humaine nouvelle pour lui. La création artistique est révolue pour Axler, mais celui-ci se tourne vers une autre forme de création en transformant Pegeen. Toutefois, très vite leur relation va semer le chaos et le départ de Pegeen va précipiter la fin de Axler qui n'a plus rien pour se raccrocher à la vie.
Comme toujours le style de Roth, qui cherche à nous emmener au bout du chemin, est bien construit, plaisant et clair. Philip Roth décrit les conséquences de la marche du temps et les tourments dus au vieillissement. On retrouve les thèmes qui lui sont chers et qui semblent devenir ses préoccupations majeures : la solitude, le regard implacable sur nos illusions, le sexe, la difficulté liée à nos passions, la vieillesse, la mort. Cette fois, cependant, ses personnages ne suscitent ni empathie ni véritable émotion chez le lecteur.
Tout comme son héros, Philip Roth semble avoir un peu perdu de sa magie mais comme l'a écrit Shakespeare : La vie n'est qu'un théâtre et chacun y joue son rôle.
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Asterios
  25 juin 2018
Pas facile de trouver des ouvrages de Roth à la médiathèque. Depuis son décès en mai dernier, il faut croire que ses livres s'arrachent. J'ai pris le dernier qui restait car ça faisait un bout de temps que je m'étais mis en tête de le lire mais je ne comptais pas commencer par celui-ci. Tant pis.
Tout de suite le verbe de Roth est accrocheur, il décrit très facilement l'homme dans sa complexité. c'est assez déconcertant, la plume est souple mais puissante, il sait capter l'attention et maintenir le lecteur dans le courant de ses mots.
Il nous conte l'histoire d'Axler, un acteur de soixante cinq ans en perte de vitesse, qui se voit déposséder en un rien de temps de son talent par on ne sait quel sortilège et qui va s'enfoncer dans une profonde déprime. Puis il croise le chemin de Pegee, la fille d'amis de longue date. Elle est jeune, elle est lesbienne... au début de leur rencontre.
Cette femme l'entraine dans la folie amoureuse, avec le sentiment permanent que ce bonheur ne pourra pas perdurer il se bat pour préserver leur relation et vit avec elle en quelques mois ce qui pourrait lui sembler une vie entière. Cette jeune femme excentrique et passionnée sera tour à tour son remède et son poison.
L'espoir désespéré, l'amour passionnel, l'illusion du bonheur, tout cela peut se jouer sur le dernier acte d'une vie déjà trop remplie.
Capté par l'écriture de Roth, je sais dors et déjà que ce ne sera pas le dernier de ses livres que j'aurai entre les mains.
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Petitebijou
  15 octobre 2013
C'est le troisième roman que je lis - je devrais dire dévore - de Philip Roth, après "Que la bête meure" et "La tache".
En 120 pages, Philip Roth m'a de nouveau happée par son art incroyable de portraitiste de l'âme humaine, l'acuité de son regard sans concession : assurément, et nous sommes nombreux à le penser, cet écrivain diabolique est un artiste majeur de notre temps.
Cela a commencé par un éblouissement : les premières pages, et l'annonce de la déchéance pour cet acteur génial qui soudain perd son talent, mais hélas, pas sa lucidité, sont d'une virtuosité étincelante. Précision du style, sagacité, sobre mais dense, l'écriture est ensorcelante. Pour ma part, j'ai rarement lu un portrait plus juste d'un comédien, ces êtres sans cesse dans l'ambivalence, vivant leur jeu et jouant leur vie. Simon Axler est une sorte de Laurence Olivier, monstre sacré, ego démesuré, sûr de son talent et de sa vocation, jouissant de son succès, n'ayant vécu que pour le théâtre et la gloire, et trouvant naturels les lauriers récoltés.
Et un jour tout s'arrête. le talent n'est plus là. le désespoir suicidaire s'installe mais même dans ce rôle Simon se trouve mauvais. Ce qui faisait sa richesse, sa raison d'être, ces identités multiples parfaitement assumées, font place à un vide abyssal de l'être qui a perdu tous ses repères. Les acteurs ne cessent de se regarder vivre, agir, narcisses triomphants pour un temps, et le malheur de Simon tient dans le fait que s'il perd son génie, il conserve sa caméra subjective. Non seulement il est devenu une loque, mais il s'observe devenir une loque. Double peine.
La suite n'est qu'une longue chute. Clinique psychiatrique, isolement, quête amoureuse, errances sexuelles, froidement Philip Roth assassine son héros et nous en sommes fascinés.
La fascination tient de l'excitation et de la peur, et je ne connais pas d'autre écrivain qui sache aussi bien distiller ces deux ingrédients dans sa prose. Je n'avais pas envie de lire comment cela allait se terminer, mais je n'ai pu m'arrêter dans ma lecture, éblouie par l'art de l'auteur. Je sais que cela est la vie, mais je sais que pour vivre il faut oublier de le savoir.
Les ravages du vieillissement, la cruauté des sentiments, la part d'ombre de chaque être qui émerge un matin, le mystère du sexe, l'addiction à l'autre qui vous sauve puis vous précipite dans le gouffre, tout cela est inscrit dans chaque phrase de ce court roman. On ne peut en sortir indemne. Les moments de joie ou de plaisir - car il y en a, sont au mieux les illusions que l'on se donne pour continuer à vivre. Même sincère, Simon n'est dupe de rien. Pourtant, dans la catastrophe, ses larmes ne sont pas feintes. Elles le surprennent lui-même. Cet être vieillissant, éternel enfant comme tous les acteurs, voyant s'éloigner celle qui lui a tout donné et tout repris, la forte qu'il croyait faible, affronte une dernière fois son image dans le miroir, sans fard et sans artifice. Aurons-nous tous cette vision sans concession à l'heure de notre mort, cette lucidité implacable qui nous laissera misérables ? C'est ce que nous semble dire Philip Roth, et cette vision pessimiste ne pourra être vérifiée qu'une fois seuls dans nos derniers instants.
Le génie de Roth est de ne pas nous laisser désespérés, malgré cette noirceur. D'une part, Simon renoue avec son essence et se retrouve enfin lui-même à l'instant ultime, mais alors que ce constat de vanité de l'existence pourrait nous entraîner à notre tour au bord du gouffre, l'écriture de Philip Roth, non pas dans ce qu'elle dit mais dans ce qu'elle transpire de talent nous ramène à la vie par ce émerveillement et cette consolation que seule la création peut engendrer.
Lien : http://parures-de-petitebijo..
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Under_the_Moon
  16 novembre 2016
Simon Axler a 65 ans. Il a connu ses heures de gloire comme acteur brillant, mais aujourd'hui rien ne va plus. Il n'arrive plus à jouer un rôle même simple ou à se souvenir de ses répliques.
C'est le début du cercle vicieux : celui de la dépression.
J'ai pioché ce livre dans ma PAL car Philip Roth est plutôt une valeur sûre, mais j'ai été déçu par ce petit roman écrit comme une pièce en 3 actes (ici, 3 chapitres).
Ce qui m'a gêné, c'est d'une part le fait que Philip Roth ressasse vraiment beaucoup les mêmes thèmes : la dépression, les appréhensions de la vieillesse qui diminue, la maladie, l'échec et les désillusions en chaîne qu'amène l'échec - notamment le difficile deuil de nos attentes de la vie.
Pourtant, souvent la manière dont Roth traiter ses thèmes et de mettre en scène ses personnages empêche l'ennui , mais pas ici. Certes, les références et clins d'oeil au monde du théâtre sont bien vues, que ce soit les références directes à La Mouette de Tchekhov ou à certaines tirades de Shakespeare.
Le Grand Will l'a dit : nous sommes les acteurs de nos propre vies, et elles se révèlent souvent tragiquement banales et loin de nos attentes.
Si j'ai beaucoup aimé la première partie, les deux autres avec les dernières tentatives d'exploits sexuels et rêveries avortées du protagoniste m'ont vraiment saoulées. Il était temps de se sevrer de ce petit roman.
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critiques presse (8)
Lexpress   20 octobre 2011
Ce trentième livre de Philip Roth est un bref roman d'une noirceur éblouissante, qui porte un regard implacable sur nos illusions, avec autant de sobriété que d'éloquence.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Lexpress   11 octobre 2011
Dans Le rabaissement - le trentième roman de Roth -, la mort s'invite à nouveau mais, cette fois, c'est la question du suicide qui le taraude.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LeSoir   10 octobre 2011
Rondement mené, le temps d'une représentation, Le rabaissement touche là où ça fait mal, rappelle que la vie est facétieuse et offre des sursis inattendus, mais aussi que personne ne peut empêcher sa propre chute finale. Une leçon morale et littéraire.
Lire la critique sur le site : LeSoir
LeFigaro   03 octobre 2011
Les personnages parlent comme dans les livres. Les dialogues sont pâteux, longuets, la prose claire, sobre, corsetée. Ce roman d'une centaine de pages aérées est pauvre, atone, exsangue. Où est l'humour ? Où sont l'inquiétude, la profondeur ? On dirait un chantier abandonné. Il y a la charpente et les fondations, mais le maître d'œuvre a planté les travaux là.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LeMonde   03 octobre 2011
Le Rabaissement est le trentième livre de Philip Roth. A sa sortie, en 2009, la critique américaine l'a boudé. A tort. De bout en bout, on le savoure comme on garderait en bouche une friandise délicate et subtile. Et qu'on fait durer... Comme au théâtre, on se laisse délicieusement manipuler jusqu'à la chute. Tirera, tirera pas ? Les ficelles en tout cas, Roth les tire jusqu'au bout.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Telerama   28 septembre 2011
De ce combat perdu d'avance entre Eros et Thanatos, Le Rabaissement est une nouvelle et magnifique variation - une admirable composition d'intelligence, d'érotisme et de désolation.
Lire la critique sur le site : Telerama
LaLibreBelgique   27 septembre 2011
Philip Roth est de cette race qui jette dans l’écriture et l’imagination toutes ses forces pour nous offrir encore ses magnifiques romans sombres et drôles, ses comédies de mœurs sur nous-mêmes, ses regards sur l’Amérique vue depuis ses chambres à coucher et ses névroses. Nos névroses.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LePoint   20 septembre 2011
Reprenant ici la musique grinçante et funèbre de ses romans du vieillissement et de l'impuissance sexuelle et créatrice […], Roth ajoute un thème nouveau, celui d'un engagement de Pygmalion dans la fabrication d'une femme désirante et désirable […]
Lire la critique sur le site : LePoint
Citations et extraits (42) Voir plus Ajouter une citation
SachenkaSachenka   31 mars 2017
Ce que tout le monde cherche à faire, à propos du suicide, c'est l'expliquer. L'expliquer et porter un jugement. C'est tellement épouvantable pour ceux qui restent qu'ils veulent à tout pris qu'on puisse en penser quelque chose. Certains y voient une lâcheté. Certains, un geste criminel, un crime commis contre les survivants. Une autre école de pensée y voit de l'héroïsme, une preuve de courage. Et puis il y a les puristes. Pour eux, la question, c'est : était-ce justifié, y avait-il un motif suffisant?
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AsteriosAsterios   22 juin 2018
Au cinéma, les gens passent leur temps à tuer, mais la raison pour laquelle on fait ces films, c'est que 99.9% des spectateurs sont incapables de passer à l'acte. Et c'est si difficile de tuer quelqu'un, quelqu'un que vous avez toutes les raisons du monde de vouloir détruire, imaginez la difficulté de réussir à se tuer soi-même.
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PetitebijouPetitebijou   15 octobre 2013
Il voyait se rapprocher de plus en plus le moment où ce serait à lui de jouer, et il savait qu'il en serait incapable. Il attendait que la liberté lui vienne, et que le moment prenne corps, il attendait d'oublier qui il était pour entrer dans son rôle. Au lieu de quoi il était là bras ballants, complètement vide, jouant comme un acteur qui ne sait plus où il en est. Il ne savait pas donner et il ne savait pas garder pour soi ; il n'avait pas de fluidité et il n'avait pas de retenue. Jouer consistait, soir après soir, à tâcher de s'en tirer le moins mal possible.
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rogbilrogbil   04 novembre 2011
Au cinéma, les gens passent leur temps à tuer, mais la raison pour laquelle ont fait ces films,c'est que 99.9 % des spectateurs sont incapables de passer à l'acte. Et si c'est si difficile de tuer quelqu'un,quelqu'un que vous avez toutes les raisons du monde de vouloir détruire,imaginez la difficulté de réussir à se tuer soi-même.
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michelekastnermichelekastner   06 septembre 2012
Sa souffrance était atroce et, en même temps, il n'était pas sûr qu'elle fut authentique, ce qui ne faisait qu'empirer les choses. Il ne savait pas comment il allait passer d'une minute à la suivante, il avait l'impression que son cerveau était en train de fondre. Etre seul le terrifiait, il ne parvenait à dormir que deux ou trois heures par nuit, il mangeait à peine, chaque jour il envisageait de se tuer avec le fusil qu'il avait dans le grenier - un fusil à pompe Remington 870 qu'il gardait dans sa ferme isolée pour se défendre le cas échéant - et tout cela demeurait malgré tout du théâtre, du mauvais théâtre. Quand on joue le rôle de quelqu'un qui craque, il y a une structure, un ordre. quand vous vous observez vous-même en train de craquer, que vous jouez le rôle de votre propre fin, c'est tout autre chose qui est submergé par la peur et l'épouvante.
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Videos de Philip Roth (54) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Philip Roth
4/4 Philip Roth : Le refus de l'idylle (2016 - La compagnie des auteurs / France Culture). New York, le 17 septembre 2010. Portrait de Philip Roth, écrivain américain à son domicile new-yorkais. Photo Pascal PERICH. Diffusion sur France Culture le 10 novembre 2016. Production : Matthieu Garrigou-Lagrange. Avec la collaboration de Corinne Amar, Didier Pinaud et Anne-Vanessa Prévost. Réalisation : Laurence Millet. Réaliste, satirique, sarcastique, voire érotique, Philip Roth écrit des romans complexes dans lesquels il se joue des clichés. Guy Scarpetta et Alain Finkielkraut analysent dans ce dernier volet les grandes thématiques rothiennes et son rapport à la politique américaine. Philip Roth s'emploie à mettre en évidence les dérives du politiquement correct et joue de l'artificialité de certaines représentations. Guy Scarpetta, romancier et critique, et Alain Finkielkraut, philosophe et académicien, nous parlent dans ce dernier temps de la poétique de Philip Roth ainsi que de son rapport à la politique.
« L'histoire est toujours là. Mais ce qui intéresse Roth ce n'est pas l'histoire en tant que telle, (...) ce sont les effets qu'elle produit sur les subjectivités et les effets d'incertitude, de paradoxes, d'ambiguïtés, qui peuvent être révélés dans l'expérience humaine de certaines circonstances historiques. » Guy Scarpetta
« Si le roman de Philip Roth nous dit quelque chose, c'est à travers précisément cette critique du politiquement correct, de cet antiracisme devenu fou, parce que précisément Donald Trump a joué sur cette idéologie. Il est en quelque sorte la Némésis du politiquement correct. Toute une part de l'Amérique étouffe sous le poids de cette bien-pensance idéologique et le malheur est qu'elle se soit choisi comme porte-parole un homme comme lui. Le politiquement correct est une calamité politique et morale, mais ce que Donald Trump combat sous ce nom c'est le tact, la nuance, la complexité, la civilisation elle-même. » Alain Finkielkraut sur “La tache”.
À 15h30, Bernard Geniès de “L'Obs” nous parle de l'exposition “L'histoire commence en Mésopotamie” qui se tient du 2 novembre 2016 au 23 janvier 2017 au Louvre-Lens. Et à 15h55, Jacques Bonnaffé lit W.B. Yeats.
Musique générique : “Panama” de The Avener (Capitol) fin : “Dwaal” de Holy Stays (Something in Construction) Musique chronique : “Self portrait” de Chilly Gonzales.
Intervenants :
Guy Scarpetta, romancier, essayiste, critique d'art Alain Finkielkraut, philosophe, académicien, et producteur de l'émission “Répliques” sur France Culture Bernard Géniès, journaliste Jacques Bonnaffé, comédien
Source : France Culture
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