AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2226229868
Éditeur : Albin Michel (17/08/2011)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.67/5 (sur 769 notes)
Résumé :
Anne vit à Bruges au temps de la Renaissance, Hanna dans la Vienne impériale du début du siècle, Anny Lee à Los Angeles de nos jours. Trois destins, trois aventures singulières, trois femmes infiniment proches tant elles se ressemblent par leur sentiment de différence et leur volonté d'échapper à l'image d'elles-mêmes que leur tend le miroir de leur époque. Tout les éloigne de ce que la société, leur entourage, les hommes ont décidé à leur place. Anne la Flamande re... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Critiques, Analyses et Avis (144) Voir plus Ajouter une critique
Ode
  04 janvier 2014
Connais-toi toi-même : sous sa forme romancée, "La femme au miroir" cache une remarquable réflexion sur la conscience, mais aussi sur la place de la femme dans la société. Cela ne m'étonne pas qu'Éric-Emmanuel Schmitt ait mûri cette histoire pendant de longues années. du XVIe siècle à nos jours, il met en scène trois héroïnes qui, se refusant au mariage ou à la maternité, aspirent à vivre librement, but ô combien difficile dans un monde où les codes sont dictés par les hommes.
Anne est une jeune fille modeste vivant à Bruges au temps De La Renaissance. le matin de son mariage, elle fugue dans la forêt et s'éveille à la nature et aux forces telluriques.
Hanna est une aristocrate autrichienne à l'aube du XXe siècle. Épouse adorée d'un homme charmant, elle se sent pourtant de plus en plus en décalage avec son entourage.
Anny est une actrice américaine contemporaine qui enchaîne films à succès et amants d'un soir. Entre sorties en boîte, alcool et stupéfiants, elle ne sait plus vraiment où elle en est.
Avec la régularité d'un métronome, mais beaucoup plus d'humour, l'auteur alterne les trois récits qui, comme il se doit, se rejoignent à la fin. Dois-je préciser que c'est le destin d'Anne qui m'a le plus touchée, car il est empreint de grâce et de mysticisme ? Toujours à l'écoute, en empathie avec les autres, Anne arrive à communiquer avec la nature et les animaux, notamment un loup. Par sa soif de liberté et son établissement dans un béguinage, elle m'a rappelé Juette de Huy (voir "La passion selon Juette", de Clara Dupont-Monod), autre figure mystique, bien réelle cette fois.
Ici, le miroir représente les apparences, l'image que les autres ont de nous, si différente de notre perception intérieure. C'est ce que découvrent Anne, Hanna et Anny, avec des conséquences plus ou moins tragiques. Chacune rencontre un homme providentiel, seul capable de les comprendre et de mettre des mots sur ce qu'elles ressentent. Anne est secourue par le moine Braindor qui identifie dans ses paroles la présence de Dieu. Hanna est sauvée de ses démons par la psychanalyse grâce au docteur Calgari, un disciple de Freud. Quant à Anny, un infirmier nommé Ethan lui fait prendre conscience de son addiction à la drogue et l'aide à s'en sortir. Mais une seule clé suffit-elle à tout expliquer ?
« le divin, le psychique, le chimique, voilà les clés que divers siècles avaient proposées afin de déverrouiller les portes du mystère. Anne, Hanna, Anny.
Or, si les dés fonctionnaient, le mystère demeurait. »
Oui le mystère demeure, comme mon goût immodéré pour les romans d'Éric-Emmanuel Schmitt… Calme-toi, Ode, calme-toi !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          582
missmolko1
  18 juillet 2013
J'étais impatiente de découvrir un nouveau roman d' Éric-Emmanuel Schmitt car généralement je ne suis pas déçue! J'ai eu un peu de mal a rentrer dans le roman, les personnages sont attachants mais je ne comprenais pas le fil conducteur du roman et ou l'auteur voulait en venir.

Et puis j'ai soudainement été happé, et prise une envie de connaitre le destin de ces trois femmes hors du commun. D'abord il y a Anne qui vit au temps de la renaissance, Hanna qui vit a Vienne au début du XXe et puis enfin Anny, actrice a Hollywood. Rien en commun donc et pourtant ces trois femmes ont le courage et la détermination d'aller au bout de leurs rêves, de leurs convictions.

Je serai bien incapable d'en choisir une et de dire que je l'ai préféré car toutes trois apportent un petit quelque chose au roman. J'ai beaucoup aimé le mélange des genres : on découvre différentes époques et pour le personnage d'Hanna c'est a travers des lettres qu'elle se livre a nous lecteur.
La fin m'a beaucoup émut et touché, je n'en dirais pas plus pour ne pas dévoiler l'intrigue mais je vous recommande vraiment ce livre qui est magnifique.
Lien : http://missmolko1.blogspot.i..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          480
brigittelascombe
  02 septembre 2011
Trois romans en un. Un roman à trois voix.
Mais une seule et même affirmation:"Je me sens différente".
Trois époques et trois femmes "différentes".
Bruges à l'époque De La Renaissance.Anne fiancée à Philippe se voit offrir deux miroirs.Elle fuit au dernier moment, "Anne devinait que le bonheur se cachait derrière un arbre tel un lapin,elle voyait le bout de son nez,elle percevait sa présence,son invite,son impatience" et refuse le saucissonage vengeur d'un fiancé décidé à la soumettre.
Vienne impériale.
Hanna, elle aussi va murmurer "Je crains d'être différente".
Par lettres,elle confie à Gretchen son ressenti durant sa nuit de noces, subie comme un "cours de gymnastique" et face à la glace lorsque chaque matin "elle se déguise en dame" avec jupon,corset et lacets.
"Son désir me fascine sans me déranger, je ne le partage pas".
Le Red and blue une boite branchée du Sunset boulevard.Epoque contemporaine.
"C'est quoi cette pute?" s'effraie Anny, la star saoule de saoule, en contemplant son reflet dans la glace.
Dire qu'elle a couché avec presque tous les garçons présents!
"Suis-je un bon coup?" continue-t-elle.
Dés le début Eric Emmanuel Schmitt ensorcelle ses lecteurs car bien que les trois ambiances, tons et langages soient dissemblables, les histoires s'imbriquent puisque s'alternent les passages successifs,portes ouvertes sur la vie.Tout s'enchaine,tout se suit.
Breaucoup d'interrogations sur le désir,le plaisir,l'égalité homme et femme.
Quel que soit leur parcours, la première qui sait lire le coeur des hommes et l'esprit des animaux, plus mystique, évoluera entre deux images, celle qu'elle est et celle qu'elle donne à voir.
Sainte ou sorcière?
La deuxième s'intéresse à l'orgasme,à la psychanalyse.Est-elle "la spectatrice d'elle même" ou la disciple de Freud qui agit et mène sa vie tambour battant?
La troisième, actrice, "consolidée par chaque coup de pinceau du maquilleur" vivra-t-elle sa vraie vie ou celle de ses rôles?
Et là intervient le talent d'Eric Emmanuel Schmitt, le petit plus qui lie tous les ingrédients d'une excellente recette, le lien qui relie les trois femmes en une,pour leur offrir une âme commune, du grand art de grand chef!
Petit rappel:Eric Emmanuel Schmitt, auteur français à succés,romancier,nouvelliste,dramaturge essayiste contemporain, obtenteur de nombreux prix est connu entre autres pour:Oscar et la dame en rose,Le sumo qui ne voulait pas grossir,La rêveuse d'Ostende...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          320
Aela
  20 avril 2012
Trois femmes. Trois destins. Trois femmes "différentes", en marge de leur époque, trois femmes que rien ne rapproche a priori, ni l'époque, ni les lieux, ni le milieu social. Et cependant, un lien va les réunir bien plus tard.
Qu'ont-elles en commun?
Juste cette phrase par laquelle le roman commence:
- Je me sens différente.
Différente, Anne de Bruges va l'être en effet. Elle va renoncer à un destin tout tracé, d'épouse d'un bourgeois honnête dans les Flandres du XVème siècle pour connaître un parcours qu'elle a choisi, entre le mysticisme et la communion avec la nature, pour s'installer un temps dans le célèbre béguinage de Bruges, un des premiers lieux "féministes" qui aient jamais été créés pour accueillir les femmes en une époque difficile pour elles.
Hanna aussi va vivre totalement en rupture avec son milieu d'origine: celui de la haute aristocratie viennoise du tout début du 20ème siècle.
Elle aussi va renoncer au destin tracé pour elle: le mariage avec un riche artistocrate, pour se découvrir elle-même et se lancer dans la psychanalyse, d'abord en tant que patiente et ensuite en tant qu'analyste.
Enfin Anny, la jeune star hollywoodienne, tranche un peu dans ce portrait de femmes. Sa psychologie et ses aspirations semblent à première vue moins complexes, elle s'inscrit parfaitement dans son milieu: celui de Hollywood, dont elle épouse toutes les ambitions et aussi... tous les vices: drogue, alcool, sexe à outrance..
Et enfin, le fil qui va relier ces trois femmes si attachantes.. mais je ne vais pas le dévoiler, ce serait trop dommage.
C'est un magnifique portrait de femme que nous livre Eric-Emmanuel Schmitt, portrait par trois voix interposées, qui s'entremêlent et se rejoignent à la fin.
C'est aussi un roman philosophique et une superbe réflexion sur la femme et le destin des femmes qui refusent le rôle que leur imposent les hommes.
Trois époques, trois femmes.. mais au final c'est la victoire de la Femme.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          290
kathy
  28 octobre 2012
Dans ce livre Eric Emmanuel Schmitt explore la condition humaine à travers la condition féminine, quel que soit le siècle. Il y parle de femmes, trois femmes : Anne, Hanna et Anny, qui ont mal dans leur siècle et dans leur société.
Toutes trois sont en effet exposées aux injonctions de leur époque quant à la sexualité, la sensualité et ce qu'il faut faire de son corps. Elles luttent désespérément pour être libres, naturelles, sauvages, s'inventer une vie, et ne pas la subir. Elles veulent sublimer l'énergie qui est en elles, la rendre utile, prodigue et tourner cette force vitale vers les autres.
Pour devenir elles-mêmes, ces femmes combattantes devront briser tous les miroirs qui jusque là les emprisonnaient…
Une fois de plus Eric Emmanuel Schmitt nous propose une réflexion philosophique sur le rôle de la femme dans la société…quelles que soient les époques.
Aujourd'hui, par exemple, il suffit de voir le rôle très important que la femme occupe dans la publicité en illustrant aussi bien une publicité pour un aspirateur que pour un parfum. En lien avec le produit, l'image de la femme est souvent utilisée comme un objet de fantasmes, en particulier sexuels. de plus, elle est aussi idéalisées – top-models -, ses capacités intellectuelles niées et le corps féminin réduit à un instrument de séduction ou objet de désir.
Halte-là ! Crions haro au jeunisme, au culte de l'apparence, ne nous soumettons plus au diktat sociétal et masculin… Passons de l'autre côté du miroir ; évitons l'enfermement et soyons nous-mêmes.
Ce roman d'Eric Emmanuel Schmitt : une fois de plus est un agréable roman.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          190

critiques presse (5)
Lexpress   03 novembre 2011
A travers ces trois destins singuliers, Eric-Emmanuel Schmitt explore la culpabilité, l'aliénation, le sentiment de ne plus s'appartenir. Il tisse un lien invisible entre les personnages mais, surtout, entre les époques. Une mystique de l'amour à laquelle il importe peu d'adhérer se dégage de ce roman remarquablement construit.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Telerama   28 septembre 2011
Sain­te et sorcière, brillante mondai­ne convertie à la psychanalyse, star déjantée : les trois héroïnes sulfureuses se réuniront magiquement grâce à l'admiration généreuse que porte visiblement l'écrivain au deuxième sexe.
Lire la critique sur le site : Telerama
LesEchos   06 septembre 2011
Eric-Emmanuel Schmitt n'écrit pas en mineur. Son livre palpite en mode majeur, simple, carré. Ses tableaux sont vifs, colorés, parfois un peu naïfs.
Lire la critique sur le site : LesEchos
Lexpress   29 août 2011
Le récit, comme le livre tout entier, se transforme ainsi au fil de sa plume en un remarquable manifeste de mentir-vrai romanesque, élégant et sans concessions.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Lexpress   14 août 2011
De retour à la forme romanesque, après des recueils de nouvelles et un livre consacré à Beethoven, Eric-Emmanuel Schmitt signe un étonnant plaidoyer en faveur du beau sexe, de ses failles et de ses forces.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (198) Voir plus Ajouter une citation
thalinaththalinath   06 décembre 2017
- Que vous a appris le succès ?
- Rien. Je l'ai reçu comme un cadeau, c'est tout.
- Que vous a appris l'échec ?
- Que j'aime mon métier davantage que la réussite.
Commenter  J’apprécie          50
thalinaththalinath   06 décembre 2017
- les mots ne poussent pas dans les prés, Anne. Si tu t'étonnes de ne pas cueillir les mots justes, ce n'est pas parce que tu penses faux ou que tu ressens mal, c'est par ignorance. Tu manques d'instruction. Surtout en théologie. Les mots furent créés par les hommes pour s'adresser aux hommes ; ils ne surgissent pas avec évidence. La qualité de tes pensées importe plus que leur expression, crois-moi.
Anne semblait découragée. L'acquisition des verbes, concepts, formules qui lui donneraient l'aisance rhétorique lui semblait hors de portée.
Braidor réfléchit à une solution.
- as-tu déjà écrit des poèmes ?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
thalinaththalinath   06 décembre 2017
selon Ulla, les béguines ont été les premières femmes émancipées du Moyen Âge puisqu'elles avaient conçu un modèle de vie autonome, sans faire couple, sans fonder famille. Elles échappaient aux modèles ordinaires - mariage, maternité, veuvage, galanterie - et rêvaient au-delà des couches et des draps souillés. Organisées en communauté non religieuse, elles offraient un modèle alternatif dans ces temps de domination masculine.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
AelaAela   20 avril 2012
Je visitais la Belgique avec Ulla, une amie de Zurich qui enseigne l'histoire à l'école secondaire de filles.

Nous venions de parcourir la riche Wallonie et, par contraste, la Flandre nous semblait pauvre, sauf quand Anvers nous dévoila ses splendeurs et que, par la suite, ce bijou de Bruges nous accueillit le long de ses canaux.

Alors que nous n'avions plus guère de temps, Ulla tint à passer au béguinage.
Pour que tu comprennes cette insistance, je dois te préciser qu'Ulla milite pour la libération des femmes, contestant le rôle accessoire que la société nous octroie depuis des siècles.

Selon Ulla , les béguines ont été les premières femmes émancipées du Moyen Age, puisqu'elles avaient conçu un modèle de vie autonome , sans faire couple, sans fonder famille.
Elles échappaient aux modèles ordinaires - mariage, maternité, veuvage, galanterie - et rêvaient au-delà des couches et des draps souillés.
Organisées en communauté non religieuse, elles offraient un modèle alternatif dans ces temps de domination masculine.
D'ailleurs , très vite,les mâles s'en étaient pris à elles; plus d'une fois ils attentèrent à leur mode de vie, voire le supprimèrent.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
Marie-HiMarie-Hi   15 août 2015
Les empreintes du loup marquaient la boue. Impressionnantes. Des griffes plus larges que le poing d'un homme.
En s'accroupissant, elle examina les traces : déjà sèches, elles dataient d'au moins un jour. Il n'était donc pas trop tard.
Anne se traîna jusqu'au coude de la rivière, se désaltéra, rafraîchit ses jambes, se désaltéra de nouveau. Ensuite, elle s'assit sur une souche et contempla les étoiles qui dévoilaient les derniers nuages qui s'enfuyaient.
Un son puissant et vertical ébranla les ténèbres.
Le hurlement jaillissait des hêtres, plus proche que jamais.
Anne frissonna.
Le cri, enroué, rageur, racontait la soif, la faim, mais portait en lui une question : "Qui es-tu ?"
Anne sut alors que le loup l'avait suivie pendant son périple.
"Qui es-tu ?"
Dans ce cri guttural, quel sentiment prédominait ? La curiosité ou l'étonnement ?
Il hurla encore, livrant à Anne sa réponse : la colère !
La jeune fille tressaillit. Soudain, elle s'affola; d'un coup, elle comprit la sottise de sa démarche, elle allait être dévorée.
Le loup bondit du bois.
Après trois sauts, l'animal ralentit et chemina, assuré, d'un trot dansant. A mesure qu'il progressait, tout se taisait autour de lui, le paysage se pétrifiait. Aucune mastication de rongeur. Plus un bruissement d'ailes. Un silence dru s'étendait, tissé d'angoisses, de souffles retenus. L'épouvante montait vers le ciel. Même les feuilles s'empêchaient de frémir. Seule la lune semblait à l'abri de la terrible bête.
Anne voulut s'enfuir mais une voix intérieure la retint. "Qui se fait brebis, le loup le mange." En se rappelant ce proverbe, Anne s'obligea à calmer la panique qui accélérait son coeur, dressait ses poils, asséchait sa bouche.
Elle se tourna doucement vers le loup et l'attendit.
Il avançait très droit, le corps raide sur des pattes souples, le haut agressif et le bas nonchalant. Poils du dos hérissés, queue levée, les oreilles pointées vers l'avant, il menaçait Anne de ses crocs, découvrant des canines longues comme des poignards, solidement implantées dans sa gueule large, écumante, hostile.
Anne courba la nuque en signe de soumission.
Surpris, le loup stoppa à deux mètres d'elle.
Anne baissa les paupières. Néanmoins, par des regards fugaces, elle l'étudiait, effrayée, redoutant à chaque instant qu'il se ruât sur elle.
Au-dessus des babines retroussées, les prunelles fixes du loup avaient une luisance quasi surnaturelle ; elles ne reflétaient pas la terne lueur de la lune ou des étoiles ; elles avaient emprisonné la lumière orangée du jour pour la rendre à la nuit. Ces yeux là ne se contentaient pas de voir, ils éclairaient.
Anne et le loup demeuraient face à face.
Elle percevait son haleine chaude. Elle discernait la force contenue dans ce corps exaspéré. L'odeur du loup l'envahissait, une odeur brune, capiteuse, de feuilles mortes, de mare croupie, à laquelle s'ajoutaient par éclats, pour la rehausser, des parfums de sang ou de viande macérée.
[...] mais par les pores de sa peau, elle sentait que le péril s'écartait, que l'atmosphère s'allégeait. Courageusement, sans brusquerie, elle releva le crâne et planta ses yeux dans ceux du loup.
Ils se dévisagèrent enfin.
Et par le regard, ils se comprirent aussitôt.
Nulle malveillance ne subsistait entre eux; elle s'était évanouie avec la crainte. Anne n'était pas la proie du loup ni lui la sienne. Ils ne se voulaient pas de mal. Ils se rencontraient sous la lune, eux qui habitaient dans des mondes si différents.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
Videos de Eric-Emmanuel Schmitt (73) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Eric-Emmanuel Schmitt
Retrouvez l'émission sur: http://www.web-tv-culture.com/
Il est l'un des auteurs francophones. les plus lus et des plus conus, traduit en une quarantaine de langues. Eric-Emmanuel Schmitt a écrit une cinquantaine d'ouvrages, qu'il s'agisse de romans, d'essais, de recueils de nouvelles, tels « Oscar et la dame rose », « La nuit de feu » ou « La part de l'autre ». EES est aussi homme de théâtre, on se souvient notamment de « La nuit de Valognes » eou de « M. Ibrahim et les fleurs du Coran ». Elu en 2016 à l'académie Goncourt, EES délaisse le roman philosophique pour revenir à la nouvelle. Avec « La vengeance du pardon », il nous raconte, à sa façon, quatre histoires qui font basculer un destin. Quatre histoires d'hier ou d'aujourd'hui dans lesquelles la jalousie, la convoitise, la haine, la bêtise trouvent place. Et pourtant, quel que soit l'acte commis, il est toujours possible de se racheter, de vivre en paix avec sa conscience, de tendre la main à l'autre. On retrouve avec plaisir l'écriture fluide et légère d'EES, sa jolie façon de transmettre et de partager ses idées à travers des histoires originales, tantôt drôles ou dramatiques. Quel secret cachent les s?urs Barbarin ? Qui est ce William Golden englué dans sa fortune ? Pourquoi Marie Meunier rend-elle visite chaque jour en prison au meurtier de sa fille? Pourquoi la lecture du Petit Prince bouleverse t'elle tant ce grand-père ? 4 histoires qui nous interpellent, nous interrogent sur notre propre regard au monde et sur notre propension à pardonner. Une fois encore, EES nous parle au c?ur et à l'âme... « La vengeance du pardon » d'EES est pubié chez Albin Michel
+ Lire la suite
autres livres classés : femmesVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle





Quiz Voir plus

"La femme au miroir" Eric-Emmanuel Schmitt

De combien de femmes Eric-Emmanuel Schmitt décrit-il la vie dans son livre?

1
2
3
4

8 questions
87 lecteurs ont répondu
Thème : La femme au miroir de Eric-Emmanuel SchmittCréer un quiz sur ce livre
. .