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EAN : 9782369141020
208 pages
Éditeur : Libretto (02/01/2014)
3.99/5   73 notes
Résumé :
Lawrence Durrell, qui révéla hors de chez nous l'oeuvre de Claude Seignolle, n'hésitait pas à voir en lui le plus grand conteur fantastique de notre siècle. Opinion partagée par Cendrars, Mac Orlan, Hubert Juin et quelques autres. La Malvenue, peut-être le chef-d'oeuvre de l'art seignollesque, nous transporte dans la Sologne d'il y a cent ans, à une époque où la nuit savait faire peur et où les choses de l'amour traînaient encore après elles un arrière-parfum de sor... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
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torpedo
  29 août 2020
Claude Seignolle est l'auteur idéal pour célébrer cette 222ème critique et son chiffre magique.
Son roman nous présente en alternance deux histoires qui se répondent : celle de Moarc'h et de sa fille Jeanne, surnommée La Malvenue.
Début du 20ème siècle. Moarc'h, un Breton pauvre, est parti travailler en Sologne sur une ferme. Taiseux, travailleur, il n'économise guère sa force et finit par épouser Henriette, la fille de son patron. Apre au gain, il s'entête à vouloir cultiver un lopin de terre près des marais. Lors du labour, le soc de sa charrue déterre et étête la statue représentant une femme. Malgré les avertissements, il conserve ce visage de pierre. Ses ennuis ne font que commencer.
Jeanne est née avec une étoile sur le front alors que son père vient de décéder. Seize ans plus tard, le sort s'acharne sur la ferme. Alors qu'elle a trouvé une pierre, Jeanne sème le mal.
Claude Seignolle s'inspire des contes régionaux et des légendes pour nous raconter cette histoire fantastique. Jamais nous ne savons s'il s'agit réellement de sorcellerie, les vieux colportent des récits, les pierres s'échauffent ou bougent toutes seules. Seignolle recrée parfaitement cette époque où la vie est rude dans les campagnes. Les journées de labeur se terminent autour de la grande table près de la cheminée. le patron dort avec sa famille dans la ferme, les employés dans la grange. le soleil couché, tout est enveloppé de noir, la nuit est longue. Au mieux a-t-on recours à la lampe à pétrole pour affronter les ténèbres. le moindre bruit devient suspect, amplifié par la peur. Et ce marécage, lieu de tous les sortilèges…
La Malvenue est un très beau texte fantastique dont l'auteur mérite largement d'être (re) découvert.
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Erik35
  30 août 2017
LE DIABLE EN RIT TOUJOURS.
Entamé en 1946 pour être achevé deux ans plus tard, (pour être publié en 1952), le roman au fantastique assumé de l'écrivain cette année centenaire Claude Seignolle, La Malvenue est, sans aucun doute, non seulement l'un des meilleurs livres de l'auteur mais aussi l'un des sommets du fantastique romanesque.
Prenant source au plus profond de l'imaginaire populaire solognot, dont Seignolle fit la base, la référence, la gangue d'une grande partie de ses textes, nous voici donc, avec La Malvenue, au tournant des deux siècles précédents, les chapitres se répondant les uns aux autres dans un voyage temporel entre le présent de la narration, en 1913, et les derniers mois de vie de son père, le breton Moarc'h, jusqu'à son bizarre décès en 1897. Seize ans plus tôt. L'âge précis de sa fille Jeanne, désormais. Celle que tout le monde surnomme La Malvenue...
C'est encore l'époque où la France est un pays essentiellement rural, où le travail est dur, très dur, mais estimé noble, où le pain quotidien se mérite à la force des bras et du joug des boeufs ; une époque et des lieux bien éloignés des belles dames et des messieurs à haut-de-forme, se baladant à bord de cabs rutilants ou des premières voitures automobiles pétaradantes et que l'on dénommera plus tard "la belle époque" ; nous sommes en des temps où la vie est âpre, âpre au gain, âpre aux êtres, âpre aux heures qui passent, inlassablement, dans la régularité sans faille des saisons et des moissons. C'est une France qui n'a, finalement, guère changé au fil des siècles, où l'on se raconte encore des histoires étranges de lieux maudits et de disparitions inexplicables ; où le diable et ses diableries sont partout, si l'on n'y prend garde ; des petits coins perdus de campagne où l'on fait aussi bien appel au sorcier qu'au curé, lorsqu'il s'agit de régler certaines affaires délicates et peu dicibles. Parce qu'on y croit mais qu'on a tout de même peur du ridicule.
Cette France-là, on y est en plein, en ces années de changement d'ère pour l'instant imperceptible - la Grande Boucherie va bientôt tout emporter avec elle qui n'attend qu'un signe funeste du démon des hommes pour se déverser sur la terre. -
C'est même une contrée parmi les plus reculées de cette France en sommeil, la Sologne, qui va être le théâtre de l'affrontement démiurgique entre des forces dépassant, et de loin, la pauvre destinée de ces hommes et femmes de peu de chose, mais fier de ce qu'ils sont et de ce qu'ils font, ces paysans des environs d'Aubigny. On y retrouve une famille meurtrie par un sombre secret, habitants la ferme de la Noue. Sous ce toit, entre une vieille servante un peu branlante - mais riche de souvenirs enfouis et d'histoires invraisemblables -, une mère guère heureuse, l'Henriette, un beau-père facilement violent, l'Antoine et un premier garçon pas très futé et assez paresseux, le Lucas, vit une jeune femme ravissante, sensuelle, vive, sûre de son charme et de ses effets auprès des godelureaux des environs, n'était l'étrange marque en forme étoile bleutée qui lui ceint le front depuis l'heure de sa naissance.
Cette marque, on va le comprendre peu à peu, c'est la marque de l'infamie, qu'elle tient de ce que son père défunt, le breton Moarc'h, arrivé en ces terres pour fuir sa propre misère quelques années auparavant, s'était acharné à vouloir transformer en champ de blé un coin de terre jugé malsain, maudit même, depuis la nuit des âges ; un morceau de sol pris aux remugles du marais, à la Malnoue, la mauvaise eau. Hélas, il tranchera de son soc la tête d'une statue aussi antique que malsaine et maudite à force d'acharnement sur cet arpent stérile. Rien ne pourra plus être comme avant entre les habitants de la Noue car, échouant à rendre la tête méphitique à son corps toujours enfoui, la malédiction sera transmise à la petite, pour le plus grand malheur de tous.
Ce texte sombre, parfois angoissant, mêlant avec un art consommé du conte des éléments parfaitement réaliste de la vie paysanne d'il y a désormais un peu plus d'un siècle (lire, à ce propos, l'excellent "Si nous étions en 1913", d'Antoine Prost qui permet de comprendre un peu mieux le quotidien de nos aïeux), et ceux, bien plus énigmatiques, de ce fantastique rural, ces mystères souvent tragiques dans lesquels s'emboîtent sorcellerie noire, histoires macabres, lieux et choses damnés, habités par le malin, intouchables, monstrueux. La plume de Claude Seignolle sait admirablement s'emparer de cette matière, ainsi qu'on appelle les traditions populaires retranscrites, mais ce qu'il parvient à en faire dépasse, et de très loin, la seule dimension folklorique ou, mieux encore, ethnographique (bien qu'il ait ainsi débuté sa carrière).
Car Seignolle est un magicien du verbe, qu'il rend tour à tour coulant comme une "aigue vive", râpeux comme un mauvais vin, bilieux comme ces aigreurs qui vous montent à l'âme les soirs de tristesse ou d'ennui ; c'est un manouvrier du style qui s'insinue sans avoir l'air d'y songer dans l'esprit du lecteur, et l'on se prend à vivre de visu ce qui nous est décrit, raconté, à y croire, croix de bois, croix de fer, si je mens... Il y a fort à parier que le lecteur imprudent (et impudent) sourira à la lecture de cet ouvrage s'il s'attend y trouver l'une de ces histoires à dormir debout, ou à ne plus dormir du tout, dont sont si prolixes les auteurs américains pour ne citer qu'eux (lesquels peuvent être excellents, mais dans un genre peu comparable de fantastique). Cependant, par la finesse de ce qu'il déroule, par la mise en abîme de ses personnages au milieu des endroits où ils vivent jours après jours, avec eux-mêmes, avec leurs secrets honteux et avec leurs ancêtres, Claude Seignolle nous plonge incidemment dans les tréfonds de nos plus intimes frayeurs : cette crainte éternelle du noir profond, des nuits sans lune où, rappelle-t-il, on s'efforce à agir pour conjurer la peur qui finirait par nous saisir dans l'immobilité et le silence. Il y a aussi ces vieilles légendes au sujet de ces places supposés maudites, de ces objets ayant le mauvais oeil, dont on se moque en public et tant qu'il fait grand jour, mais dont il faut reconnaître qu'on aime à les éviter si c'est possible. Il y a encore ces actes incompréhensibles qu'on s'est tous vus accomplir, parce qu'une force extérieure semblait nous y pousser, la plupart du temps parfaitement anecdotiques et sans conséquence, mais d'aucuns admettent que certains des pires crimes sont ainsi provoqués...
C'est là que le conteur Claude Seignolle frappe, pour notre plus grand bonheur d'éternels enfants, nos imaginations en mal d'épouvante, d'irraisonnable et de fantasque. C'est pour cela que ce très vieux monsieur des lettres garde une place à part dans notre littérature - longtemps moins portée aux oeuvres dites d'imagination que nos voisins anglo-saxons ou scandinaves, par exemple -, c'est pour cela que de grandes plumes comme Blaise Cendrars (un autre conteur d'exception dans son genre), Pierre Mac Orlan ou le britannique Lawrence Durrell (qui le traduisit outre-manche) en firent un maître incontestable du fantastique. Alors, si le diable en rit encore, nous en sommes toujours les victimes crédules et parfaitement consentantes : Longue vie à vous, Monsieur Seignolle !
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LiliGalipette
  06 mars 2014
Roman de Claude Seignolle.
Jeanne a des désirs de feu. Celle que l'on surnomme la Malvenue en raison d'une marque étrange sur le front couve des passions et des besoins dont elle ne comprend pas l'origine. Tout a commencé quand elle ramassé une certaine pierre dans un roncier. « Il faut que vous sachiez que vous avez chez vous une fille qui aime faire le mal… Son front porte la marque de l'enfer… Un jour proche elle sera punie comme elle le mérite… » (p. 22) La Malvenue subit-elle la malédiction transmise par son père, lui qui est mort d'avoir décapité une étrange statue avec le soc de sa charrue, dans un champ maudit près du marais ? Alors, est-ce vraiment la faute de la Malvenue si elle obéit à des forces sombres ? À la fois, victime du démon et incarnation de cette même entité maléfique, Jeanne la Malvenue subit une hérédité humaine mêlée de monstruosité maléfique. « On donne des surnoms sans penser à mal, en riant… puis on ne vous connaît plus que par ce nom et on se moque de vous toute votre vie… » (p. 27)
J'ai relu ce roman avec un plaisir immense. Claude Seignolle exploite le folklore solognot, les superstitions et les peurs paysannes pour en faire un texte où le fantastique s'exprime dans toute sa puissance. Entre visions terrifiantes et terreurs incarnées, la peur sourd de toutes les pages. En refermant ce livre, on aurait raison de craindre les statues et leur peau de pierre qui semble parfois palpiter d'un mauvais feu.
Un grand merci à Babelio et Libretto pour ce livre qui m'a fait frissonner de plaisir !
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tynn
  11 février 2014
Quelles étaient les peurs de nos ancêtres?
Sorcellerie, envoûtements et malheurs? Au tournant du XXème, la Sologne reste un pays de labeurs et de croyances vivaces, comme toutes les régions aux hommes accrochés à leurs terres. Il suffit d'une cicatrice en étoile sur un front de jeune fille, du souvenir des anciens pour une statue brisée retrouvée dans le marais putride de la Malnoue, fille du diable, pour faire monter la crainte populaire. A la ferme de la Noue, le mauvais sort semble s'acharner sur deux générations, cherchant son tribu de malheurs et décès mystérieux.

Claude Seignolle est un conteur hors pair pour nous faire revivre le quotidien de campagnes perdues, pétries de craintes et superstitions d'un autre âge. Sa Malvenue est aussi sulfureuse que charmeuse et la plume du narrateur, à la précision d'orfèvre, enveloppe cette histoire de beaucoup de poésie, créant des images fortes de la nature et des villages de paysans taiseux, aux rapports humains rugueux.
Entre roman fantastique et roman du terroir, c'est le dépaysement assuré. Ce roman écrit et publié autour des années 50 n'a pas pris une ride. Un choix judicieux de réédition par Libretto pour la littérature d'un érudit du folklore de nos régions françaises.
Pour ma part, j' adore!
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AugustineBarthelemy
  21 octobre 2019
Jeanne a le feu en elle. Dans la ferme de la Noue où tout le monde dort, épuisé par la moisson qui s'est finie, les reins douloureux, les mains fatiguées, Jeanne est parfaitement réveillée. Elle étouffe, cherche la fraîcheur dans la pesante nuit d'août. Ouvre sa chemise, libère sa poitrine. Soudain, la nuit l'appelle, un besoin impérieux s'impose à elle : elle sort de sa chambre, saisit les braises rougeoyantes dans l'âtre et, les transportant dans son sabot, se précipite à l'extérieur et les jette sur la meule de paille qui aussitôt s'embrase. Jeanne exulte en voyant les flammes grandir, engloutir la paille, détruire le dur labeur des moissonneurs. le feu consume la récolte et Jeanne s'enfuit. Mais elle est surprise dans son crime par le garçon de ferme Lucas. D'abord effrayée, elle se détend. Lucas est son domestique, elle est sa maîtresse. Il est un homme, elle est une femme. Elle saura le faire taire. Car Jeanne a seize ans, et son corps est taillé pour la volupté des hommes. Des hommes dont le désir s'éveille mais qui se dépêchent de baisser les yeux au passage de la Malvenue, le surnom odieux de Jeanne, qui de naissance est marquée par une cicatrice bleuâtre au milieu du front.
Cette marque, serait-elle le signe du Mal ? La transmission d'une malédiction héritée de son père ? Jeanne est la fille de Moarc'h, le précédent maître de la ferme de la Noue. C'est un Breton, un quasi-étranger pour les Solognots, un taiseux dur à la tâche. En épousant Henriette, la fille du maître, il est devenu le nouveau propriétaire de la Noue. Allant à l'encontre des croyances des Solognots qui se méfient des eaux marécageuses de la Malnoue, Moarc'h décide de labourer les terres qui la bordent. Les abandonner, c'est renoncer à un bon profit. Et alors qu'il laboure ces terres prétendument maudites, il sectionne, avec le soc de sa charrue, une statue enfouie, séparant sa tête du reste du corps. Fasciné, attiré par le gain que ce qu'il devine comme une antiquité pourrait lui apporter, il s'en empare et la ramène à la ferme de la Noue. Les femmes, Henriette et la Galiotte, la vieille servante, lui conjurent de la remettre à sa place. Il hausse les épaules, superstition de bonnes femmes. Mais le malheur semble être entré à la ferme de la Noue en même temps que la tête de la statue. Et la mort du maître, Moarc'h, survenue après une lente descente dans la folie, coïncide avec la naissance de sa fille, Jeanne. le Mal se serait-il transmis à la génération suivante ? Et Jeanne est-elle condamnée à reproduire un drame dont elle ignore tout ?
Claude Seignolle tisse une intrigue faite d'angoisses et de ténèbres. Entre folklore populaire et vieilles rémanences païennes, La Malvenue est un roman où le sentiment d'inquiétante étrangeté vous entoure telle la brume pestilentielle qui émane du marais de la Malnoue. Les espaces nocturnes, les orages, le cri du hibou dans la campagne déserte, les croyances populaires et l'ombre du malin sont explorés avec finesse, jouant avec des frayeurs intimes venues d'un autre âge mais encore bien présentes dans notre imaginaire. Derrière le fantastique du récit, Claude Seignolle nous parle aussi des interdits et des désirs des hommes, de leur goût pour la transgression. Les phénomènes surnaturels et les légendes sont autant de façon de nous parler de la folie des hommes face à leurs désirs inavouables.
La Malvenue est un court roman fantastique absolument fascinant. Au milieu du portrait réaliste de la campagne solognote du début du XXe siècle, de ces paysans soumis aux caprices du temps, aux travaux harassants et aux superstitions, Claude Seignolle convoque des visions terrifiantes et des terreurs séculaires comme autant d'avertissements adressés aux hommes pour les prévenir de leurs folies, de leurs silences et des non-dits dévastateurs. La peur émane de ces pages comme un poison délicieux, et le lecteur suit Jeanne, cette malvenue ambivalente, en se demandant si elle est le jouet innocent du Mal, victime d'un désir dont on ne dit pas le nom ni à cette époque ni dans ce milieu, ou son incarnation terrifiante, taillée pour tromper les hommes et les mener à leur perte.
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
Erik35Erik35   31 août 2017
Les premières gouttes se prennent dans les cheveux de Jeanne et de Blaise serrés l'un contre l'autre. Le gars s'efforce de protéger Jeanne en l'enveloppant de ses grands bras, mais il ne défait pas ses lèvres des lèvres de la fille. Les grandes flammes d'en-haut grésillent à l'échelle du Bon Dieu, ou du diable (allez savoir qui menace ainsi!...) Bientôt la pluie s'épaissit, elle meurtrit. Hargneuse, elle frappe ce couple qui reste là, sous ses giflées. Blaise résiste mais, dans ses bras, Jeanne chancelle de plaisir. Le gars la soulève et la porte à l'abri des bois. Les longs cheveux de la Malvenue sont plaqués par l'eau qui, aussi, blanchit la peau de son visage. L'étoffe est collée sur ses formes qui sont comme nues. Il la serre avec force contre sa poitrine. Dans sa bouche reste le goût sauvage et parfumé des lèvres de Jeanne. Il la savoure comme s'il n'avait eu à boire qu'une seule gorgée de vin merveilleux et rare. Elle a mis son front contre son cou. A présent, Blaise porte Jeanne juste comme il voulait porter ce gibier qui jusqu'ici lui a échappé et qui, maintenant, vient de se jeter dans le piège de ses bras. Une fine vapeur blanche monte de la terre. Par moments, le soleil cherche à percer entre les nuages sombres et gras qui poissent le ciel. Le bruit de l'eau hachant le sol est assourdissant.
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torpedotorpedo   27 août 2020
La pierre pèse dans sa main, la Malvenue comprend qu'elle veut frapper une nouvelle fois. Ecraser la face de ces gendarmes indécis. Eclater à nouveau le visage de ce bavard de Lucas qui peut encore accuser. Un balancement se communique à son bras. Mais Jeanne ne voudrait pas la jeter sur les femmes ni sur Antoine qui a pris sa défense contre les Turpault. Elle serre le morceau de statue et prend peur car il se fait mou sous la pression des doigts. Elle serre plus fort et la pierre semble se faire chair. A présent, elle a une tiédeur humaine et cherche à se glisser hors de sa prison aux barreaux de doigts. Elle glisse et frétille comme une rainette prisonnière. La fille tremble de frayeur mais serre rageusement. Elle comprend que la vie y est revenue. Il ne faut pas que les autres voient ce caillou maintenant vivant. Le balancement de son bras se fait de plus en plus menaçant.
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LiliGalipetteLiliGalipette   06 mars 2014
« Il faut que vous sachiez que vous avez chez vous une fille qui aime faire le mal… Son front porte la marque de l’enfer… Un jour proche elle sera punie comme elle le mérite… » (p. 22
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rkhettaouirkhettaoui   14 novembre 2012
On donne des surnoms sans penser à mal, en riant… puis on ne vous connaît plus que par ce nom et on se moque de vous toute votre vie…
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rkhettaouirkhettaoui   14 novembre 2012
La grande porte de chêne, celle qui regarde vers le porche de l’église, peine d’un de ses battants qui geint. L’autre est immobile depuis longtemps. Ses gonds sont enflés de rouille. Ni les fortes poussées des hommes ni la caresse de l’huile ne pourront la faire revivre. Rien n’y peut, c’est l’un des pires maux dont souffre le fer qui, aussi, a ses maux.
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