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ISBN : 225813479X
Éditeur : Omnibus (10/03/2016)

Note moyenne : 3.33/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Si le grand voyageur que fut Simenon s'est inspiré des lieux qu'il a visités pour écrire certains de ses romans, c'est avant tout pour analyser les ressorts psychologiques des êtres qui les fréquentent. C'est Julien, dans le train qui le ramène de Venise ; c'est François à New York et sa rencontre avec la troublante Kay ; c'est enfin M. Serge, résidant au col de la Schlucht, dans les Vosges, que l'on soupçonne de vol.
Avec ces trois romans sélectionnés pour l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
lechristophe
  01 juin 2016
Avant tout, je tiens à remercier la Masse Critique de Babelio et les éditions Omnibus pour m'avoir envoyer ce recueil de trois romans de Georges Simenon.
Le premier "Le Train de Venise" écrit en 1965 est un roman psychologique comme Ruth Rendell par exemple en a écrit de nombreux. Un Français moyen laisse sa femme et ses deux enfants encore une semaine en vacances à Venise, tandis que lui rentre à Paris par le train pour reprendre le travail. Tout au long du trajet jusqu'en Suisse, son voisin de compartiment l'observe et le questionne sur sa vie. Lui, docilement, répond honnêtement. Arrivé au tunnel du Simplon, l'inconnu, avant de disparaître, lui confie une clé de consigne de la gare de Lausanne et lui donne pour mission de rapporter ce qu'il y trouvera à un appartement en ville.
Notre héros, encore une fois, s'exécute sagement mais à l'appartement il découvre un cadavre. Il s'affole et rentre à Paris avec la serviette découverte à la consigne. Chez lui, il la force et découvre une véritable fortune en billets étrangers. Qu'en faire ? Tout rapporter à la police ? Tout garder plutôt ? Mais alors où cacher les billets ? Sont-ils vrais ? Et comment les dépenser sans alerter sa femme et ses collègues ? Cette richesse soudaine va bouleverser la vie si tranquille de notre homme (pas de loisirs, peu d'amis, une vie pépère en appartement parisien, les week-ends à Poissy à l'auberge des beaux-parents qu'ils n'apprécient pas particulièrement même s'il ne le montre pas). Il va alors faire un retour en arrière sur sa vie : sa carrière dans l'enseignement avortée, sa rencontre avec sa femme qui était auparavant la maîtresse de son meilleur ami, son emploi guère passionnant de traducteur de catalogues américains d'ustensiles en plastique.
Nous, on tourne les pages en se posant des questions tellement on est pris par l'intrigue : Est-il victime d'une blague ? A-t-il mis le doigt dans un réseau de bandits internationaux ? Comment va-t-il s'en sortir ? Et soudain, la chute, le dénouement ridicule et une très grosse déception. Et la note de 4 étoiles que j'avais alors en tête tombe à 3,5.
Vient ensuite le deuxième roman "Trois Chambres à Manhattan" écrit en 1946. Malheureusement, je ne suis jamais rentré dedans. J'ai trouvé ça long (215 pages, 40% du recueil), lent, inintéressant, ennuyeux.
François, un comédien français s'est exilé à New York parce que son épouse, comédienne également, le cocufie avec un jeune premier. Là, dans son petit appartement de Greenwich Village, il tombe dans la dépression et la solitude. Un soir qu'il en a assez d'entendre les ébats amoureux de ses voisins de palier, il sort errer dans les rues de New York. Dans un restaurant à saucisses, il rencontre Catherine, une autrichienne francophone aussi désespérée et seule que lui. Ensemble, ils vont arpenter pendant des heures et des jours les rues pluvieuses et nocturnes de New York, s'arrêter pour boire (beaucoup) et fumer (beaucoup) dans chaque bar et terminer leurs journées à l'hôtel.
Tout au long du roman, François est traversé par différents sentiments envers sa nouvelle compagne : l'impatience, l'énervement, l'amour, la jalousie. de mon côté, c'est l'ennui qui domine. Je suis désolé mais je n'ai pas perçu l'intérêt de ce roman. Allez hop ! 1 étoile comme note et vite, vite, attaquons le troisième roman pour se changer les idées.
Premier bon point, ce troisième roman "Le Relais d'Alsace" est un roman policier et a été écrit en 1931. Cela signifie une ambiance, une époque à la Arsène Lupin, aux romans donc de Maurice Leblanc, de Gaston Leroux ou d'Agatha Christie. C'est à dire, des romans policiers dans lesquels les automobiles sont rares et sont un luxe, les liaisons téléphoniques balbutiantes, le rythme moins effréné et plus à la réflexion.
Le Relais d'Alsace est une auberge sise au sommet du col de la Schlucht, ancienne frontière franco-allemande et aujourd'hui situé dans les Vosges. En face, le Grand Hôtel accueille les voyageurs huppés. Tandis que les quelques chambres du Relais sont pour les touristes et les randonneurs de passage. Or, une de ces chambres est occupée depuis plusieurs mois par M. Serge. Il est habillé pauvrement, il passe ses journées en de longues marches dans la montagne, il n'a semble-t-il pas de revenus et doit surtout régler une sévère note. Ce M. Serge étonne quand même les Keller, les propriétaires de l'auberge : sa prestance, sa distinction naturelle, son don pour toutes les langues (des européennes à l'arabe) en auraient plutôt fait un client pour l'hôtel d'en face s'il avait été riche.
Donc, ce M. Serge est bien accepté par tout le petit monde qui gravite autour de l'auberge : les deux très jeunes servantes, l'aubergiste à béquilles coureur de jupons, son épouse qui tient les cordons de la bourse, les clients réguliers comme l'ingénieur du chantier voisin. Il n'a qu'un seul ennemi, le brasseur. Personnage vulgaire et grossier mais plus gros propriétaire de la région et surtout le plus riche. Il a des vues sur Mme Meurice et sa fille tuberculeuse auxquelles M. Serge rend visite régulièrement au cours de ses promenades.
Le jour où Mme Keller finit par lui demander de régler ses dettes, ce qu'il ne peut pas faire immédiatement, un couple de riches Hollandais les van de Laer s'installe au Grand Hôtel en face. Ils se font aussitôt délester de soixante mille francs. Or, M. Serge trouve soudainement les moyens pour payer sa note. Et si c'était lui le coupable se dit l'inspecteur venu de la ville ? Et si c'était lui le Commodore, l'escroc international recherché par toutes les polices, se demande le commissaire venu de Strasbourg ? et nous avec.
On se passionne pour ce roman policier et comme on se range naturellement du côté de M. Serge, on se pose des questions. Qui est le voleur ? Qui sont réellement ces Hollandais ? Qui est Mme Meurice et pourquoi M. Serge vient régulièrement la voir ? Et, au fait, qui est réellement M. Serge ?
Toutes ces questions trouveront réponse dans un final étonnant mais logique brillamment trouvé par Simenon.
J'ai été tellement emballé par ce roman que je lui attribue une note de 4,5 ce qui fait une maigre moyenne de 3 étoiles pour le recueil.
Recueil qui, rappelons-le, s'intitule "Voyages autour du monde". Or, bien que les trois romans qui le composent comportent un terme géographique dans leur titre (Venise, Manhattan et Alsace), on ne peut pas dire que leur thème principal est le voyage. le premier se déroule essentiellement à Paris, le deuxième a pour cadre quelques rues de New York, et enfin, l'intrigue du troisième ne se produit qu'au col de la Schlucht dans les Vosges.
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trolette
  15 juin 2016
Tout d'abord un immense merci à la masse critique de Babelio et aux éditions Omnibus ...
Georges Simenon, un écrivain devenu une célébrité mondiale grâce à son héros, le commissaire Maigret. Simenon se prenait pour Rouletabille, selon ses confessions : " J'avais lu le mystère de la Chambre Jaune " mais Rouletabille m'avait impressionné. C'était mon modèle : je portais un imperméable, un chapeau bien rabattu sur le front et je fumais une courte pipe pour lui ressembler " ...
Mais là, dans ce recueil, nous ne retrouvons pas notre " cher " Maigret. Ce sont trois histoires bien différentes, où malgré tout, Simenon a le don de saisir la vie en état de mouvement, de la surprendre dans ce qu'elle a, à la fois de tragique, mais aussi de quotidien.
Dans la première, " le Train de Venise ", Justin Calmar rentre seul, en train, de Venise à Paris pour reprendre son travail. Sa femme et ses deux enfants sont restés encore quelques jours à Venise. Par un concours de circonstances et une rencontre avec un homme dont on ne saura rien, il se retrouve en possession d'une fortune colossale. Et cela l'entraînera dans un engrenage fatal ... mais après de nombreux questionnements, une bonne dose d'angoisse et une pression qui ne cessera d'augmenter au fur et à mesure des jours.
Dans le deuxième roman, " Trois chambres à Manhattan ", Simenon nous raconte la rencontre, dans un bar de Manhattan, entre deux êtres à la dérive et désespérés, Kay et Franck. L'attirance est réciproque ... Peu à peu et par une errance dans la ville, chacun découvre un pan du passé de l'autre et ses blessures, et se raccroche à ce semblant d'histoire d'amour, sans trop y croire, ayant surtout peur de la solitude.
Ce roman est basé sur l'incommunicabilité de l'amour, dans un Manhattan magnifique, une histoire un peu universelle ...
Enfin, dans la troisième histoire, " le Relais d'Alsace ", un vol conséquent a été commis au " Grand Hôtel ", qui se réserve la clientèle élégante de la grande bourgeoisie. Deux autres hôtels se partagent aussi ce site pittoresque, l'hôtel " des Cols " qui accueille les " petits " bourgeois et le " Relais d'Alsace " qui s'adresse plutôt aux routiers, aux touristes ... On rencontre Monsieur Serge qui, justement, séjourne dans ce Relais. Mais qui est-il ? un homme paisible à la recherche de calme ou tout au contraire un escroc international ? le commissaire Labbé, arrivé de Paris pour enquêter, va tenter de résoudre cette énigme.
Dans ce recueil de trois romans, on retrouve les qualités de Simenon pour dépeindre les atmosphères, les paysages, pour décrire les personnages et analyser leurs sentiments, leurs peurs et leurs angoisses, leurs questionnements et nous sommes aussi plongés dans son univers lent et feutré ... Son talent pour installer d'emblée la situation, l'ambiance et les caractères des personnages de ses histoires est bien présent.
En résumé, un Simenon bien différent de ceux que j'avais l'habitude de lire, mais qui m'a permis, en quelque sorte, de découvrir une autre facette de cet écrivain. Bien sûr, ce n'est pas un roman avec beaucoup de rebondissements, mais plutôt une analyse psychologique profonde des sentiments humains.
Malgré le titre, " Voyages autour du monde ", ces romans ne nous font pas réellement beaucoup voyager, mais peu importe, on est quand même transportés dans des endroits dépaysants pour nous ...
Une belle découverte et de bons moments, c'est le principal, non ? ...
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KateMoore
  04 juin 2016
Voici ma critique du livre "Voyages autour du monde" gagné grâce à la Masse Critique de Babelio et les Editions Omnibus.
Les Editions Omnibus ont réuni, dans un seul livre, trois histoires écrites par Georges Simenon, ayant aucun lien avec les intrigues du célèbre commissaire Maigret.
Ces trois histoires sont :
- "Le Train de Venise" - 1965 - Ecrit à Epalinges (Suisse)
Nous sommes d'abord dans une train reliant Venise à Paris avec le héros, Justin Calmar qui rentre seul de vacances en famille. Il fait une halte en Suisse, à Lausanne puis arrive enfin à Paris.
Pendant son voyage, il est sollicité par un voyageur pour lui rendre un petit service. Celui-ci lui sera fatal.
- "Trois chambres à Manhattan" - 1946 - Ecrit à Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson (Québec)
L'histoire se passe entièrement à New-York.
On y suit un couple improbable, à la dérive : un comédien français, François Combe et Kay, née à Vienne.
Ils déambulent la nuit sans buts précis le long de la 5ème avenue, entrent dans des bars...C'est d'ailleurs dans un de celui-ci qu'ils font connaissance.
François Combe va fournir un toit à Kay qui n'a plus aucun endroit pour se loger. Il habite de façon très spartiate une chambre en plein Greenwich Village.
- "Le Relais d'Alsace" - 1931 - Ecrit à bord de l'Ostrogoth, amarré au quai d'Anjou près du pont Marie à Paris
Le livre se situe en Alsace, au col de la Schlucht à côté de Gérardmer.
Monsieur Serge a pris pension depuis quelques mois au Relais d'Alsace.
Un vol est perpétré en face, au Grand-Hôtel, dans la chambre de M. et Mme van de Laer, de riches hollandais. Il leur a été dérobé une forte somme d'argent.
Ces trois histoires nous montrent une autre facette de Simenon l'écrivain et de l'homme en lui même, car Georges Simenon était un grand voyageur dans l'âme.
Entre autre, il entreprendra un tour de France des canaux en 1929.
En 1932, il partira pour une série de voyages en Afrique, Europe de l'Est, URSS et en Turquie.
Après une croisière en Méditerranée, il décide de faire un tour du monde en 1934 et 1935.
Pendant ses voyages, il profite pour aller à la rencontre des populations autochtones , souvent les plus modestes. Il s'imprègne des lieux visités, de leur magie...
Tout ce "matériel" lui servira plus tard pour écrire ses romans. Car un livre de Simenon , c'est beaucoup plus les décors, les personnages, leurs relations, leurs émotions... que l'intrigue en elle-même.
Personnellement, cela a été une grande découverte et une grande surprise de lire Georges Simenon, hors ses enquêtes avec le commissaire Maigret. Je ne soupçonnais pas cette autre littérature chez lui.
Il va très loin dans la description psychologique de ses personnages, des lieux aussi.
J'ai vraiment été emportée à chaque histoire et j'ai à chaque fois eu du mal à arrêter ma lecture.
J'aurai juste un bémol à apporter pour le deuxième livre ("Trois chambres à Manhattan") qui est, pour moi, sans grande originalité : une histoire d'amour avec une fin assez convenue. Je n'ai pas bien compris où voulait en venir l'auteur.
Par contre, les deux autres histoires, sont passionnantes avec un brin d'intrigue et des fins très étonnantes ; belle initiative aussi de l'éditeur de réunir en un livre ces trois histoires.
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
lechristophelechristophe   01 juin 2016
- Eh bien ? questionna l'inspecteur, la porte à peine refermée.
- Rien !
- C'est lui ?
Un geste vague.
- C'est lui et ce n'est pas lui. C'est lui vieilli, plus mou, plus bourgeois ! Lui sans les nerfs, sans le ressort, sans la race du Commodore ! Lui qui serait devenu un petit rentier soignant a santé ! Sans compter qu'il n'a pas de cicatrice...
- Le Commodore... ?
- ... A eu le nez presque enlevé par une balle, à Hambourg, comme je l'ai dit tout à l'heure... [...]
- Est-il possible de supprimer complètement une cicatrice ? demandait l'inspecteur.
- Pour notre œil, oui ! Pour celui d'un chirurgien, non !
- Dans ce cas...
- Pardon ! J'ai presque l’œil d'un chirurgien.
- Et... ?
- Il n'y a pas de cicatrice... Pourtant...
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KateMooreKateMoore   04 juin 2016
"Je ne trouvais plus rien d'aussi bon à lire
pour meubler les heures creuses
de la journée ou de la nuit
jusqu'à la parution des premiers
bons livres de Simenon"
Ernest HEMINGWAY
(Préface)
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lechristophelechristophe   01 juin 2016
[Sa mère] avait continué le commerce. Elle tenait encore, seule, avec toujours Oscar qui allait, le samedi soir, pêcher les goujons à coups d'épervier et qui entretenait au fond du jardinet la "fabrique à asticots". A cause des plaintes des voisins, on avait camouflé à l'aide d'une charmille la perche sur laquelle on plantait une tête de mouton fournie par le boucher. Après quelques jours, les asticots s'y mettaient et tombaient les uns après les autres dans un tamis garni de sciure de bois.
On les vendait à la cuiller. Quand il était enfant, la cuiller à soupe d'asticots coûtait vingt-cinq centimes.
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lechristophelechristophe   01 juin 2016
Deux fois, trois fois, elle s'était versé à boire. Il n'y prenait plus garde. Il savait, à présent, que c'était son heure, que c'était le whisky qui la soutenait et il l'imaginait d'autres nuits, avec d'autres hommes, buvant pour entretenir son excitation et parlant, parlant sans fin, de son émouvante voix rauque.
Qui sait si elle ne leur racontait pas exactement la même chose à tous, avec une sincérité identique ?
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