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EAN : 9782226441638
Éditeur : Albin Michel (19/08/2020)

Note moyenne : 4.11/5 (sur 52 notes)
Résumé :
Un homme, tout juste arrivé en ville, s’effondre au milieu de la rue. Il meurt, sa langue est noire. Il est le cas zéro. La première victime de la Fièvre.
Keathing tient le journal local. Raciste, suprémaciste, c’est un vrai type du Sud qui ne digère pas la victoire des Yankees et l’affranchissement des noirs. Annie Cook est française. Elle tient un lupanar et ne pense qu’à faire de l’argent. La Fièvre va bouleverser leur vie. La ville se vide, les trains so... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (38) Voir plus Ajouter une critique
Kittiwake
  12 septembre 2020
Le thème n'est pas nouveau, même si les événements récents lui ont conféré une actualité brulante!
Brûlante comme cette fièvre qui fait des ravages à Memphis, à la fin du dix-neuvième siècle : l'épidémie tue, et elle provoque dans son sillage les comportements de survie qui se font fi de toute considération empathique ou, au contraire inspirent des vocations de dévouement risqué. La maladie révèle le meilleur comme le pire.
C'est une petite fille qui se démarque au coeur de ce récit. Emmy, onze ans, métisse, épileptique, à la recherche du père qu'elle idéalise à l'aune du portrait flatteur que sa mère en fait. Cette quête va être profondément détournée au fil des événements, et Emmy se retrouvera avec Keathing, le blanc du Sud dans toute sa spendeur, et Anna Cook, patronne du bordel local, réaffecté au gré des besoins, au coeur de la tourmente pour tenter de sauver quelques victimes atteintes par le fléau.
C'est une superbe évocation, racontée de façon très vivante, à un rythme soutenu, qui n'est pas sans rappeler le style de Ces rêves qu'on piétine. Impossible de s'ennuyer une seconde en suivant le périple désespéré d'Emmy.
C'est aussi un document qui retrace la vie dans le Sud des EtatsUnis alors que le KKK sévit pour appliquer ses propres règles pour un simulacre de justice. Ce sont des épisodes qui font mal, et c'est d'ailleurs par une scène atroce que débute le roman. Cependant si le racisme est abordé constamment dans ces pages, il n'est est pas le thème principal. C'est plutôt une sociologie des moments de crise, et si ces comportements n'ont pas disparu avec le temps, on constate malgré tout les progrès des instances qui nous gouvernent pour limiter les dégâts.
L'auteur fait la preuve avec ce troisième roman, de ses talents de conteur qui sait traduire en un roman séduisant la somme de ses recherches bibliographiques.

Lien : https://kittylamouette.blogs..
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Frederic524
  29 août 2020
« La Fièvre » qui vient de paraître chez Albin Michel est le troisième roman de Sébastien Spitzer. Un auteur incontournable en cette rentrée littéraire. le récit se déroule à Memphis, dans l'État du Tennessee aux États-Unis entre juillet et septembre 1878. Cette ville était la capitale du coton d'Amérique et tout passait par la Bourse du Coton érigée sur Front Street. Une épidémie de fièvre jaune décima la ville cette année là, et Sébastien Spitzer bâti son histoire autour de cet événement. En pleine pandémie de Covid19, on ne peut-être qu'impressionné par l'écho qui résonne en nous de cette épidémie, près du fleuve Mississippi, à Memphis. A cette époque, on ignorait tout du vecteur de la transmission de la maladie à savoir le moustique. Les moyens employés pour contrer la maladie sont empiriques, aussi beaucoup d'habitants choisissent de fuir la ville, l'auteur décrivant avec son talent habituel, cette confusion extraordinaire à Memphis avec par exemple la prise d'assaut du train quittant la ville, les bousculades, les morts. A Memphis, tout n'est alors que mort et désolation face à ce fléau de la fièvre jaune. La toile de fond historique est passionnante car nous sommes une dizaine d'années seulement après la fin de la terrible Guerre de Sécession (1861-1865) opposant le Nord au Sud confédérés. Car l'autre thématique très importante de « Fièvre » c'est le racisme et la question noire à Memphis où rien n'a changé pour les habitants noirs malgré le XIIIe Amendement de la Constitution Américaine de Lincoln qui abolit définitivement l'esclavage en 1865 : "Ni esclavage, ni servitude involontaire, n'existeront aux États-Unis, ni dans aucun lieu soumis à leur juridiction". Les revendications des Noirs à Memphis sur le droit de vote entraînent des violences abominables en 1866, où les quartiers noirs sont mis à sac : maisons brûlées, femmes violées et une quarantaine de personnes noirs assassinées. Malgré l'abolition, rien n'a vraiment changé pour les Noirs. La scène d'ouverture du livre plante d'ailleurs le décor et nous immerge dans l'horreur d'une exécution punitive d'un homme noir affranchi, pendu à un arbre par cinq membres du Ku Klux Klan. Les esprits sont marqués d'entrée. Sébastien Spitzer dans son roman va s'intéresser aux destins de trois personnages confrontés à cette épidémie de fièvre jaune. Parmi eux, Keathing, membre actif du KKK, dirige un journal local. Il regrette le Sud d'avant la Guerre de Sécession, raciste et esclavagiste. Il a de la haine contre tout ce qui se rapproche de près ou de loin aux idées progressistes d'alors. Sa femme est partie à New York avec ses deux enfants. Il est cocu, autant de raisons de haïr le monde. Nous retrouvons également la jeune Emmy, métisse de 13 ans qui attend le retour de prison de son père Billy coupable d'une arnaque à l'assurance. Ce qu'elle apprendra bientôt, c'est que son père, la veille de la revoir, est l'une des premières victimes de la fièvre alors qu'il passait la nuit dans un bordel dirigé par Mme Cook, Anne de son prénom, tenancière de douze filles, femme à poigne mais avec un grand coeur. La mère d'Emmy s'appelle Emilia. Elle cuisine et sert la famille James, des Blancs. Ces quelques semaines dans une ville vidée de ses habitants et abandonnés aux pilleurs, c'est le barbier des faubourgs, T. Brown et ses quelques miliciens qui vont assurer la sécurité et la subsistance des rares habitants restés. T. Brown commandait le régiment des Zouaves du temps de l'occupation yankee de la ville pendant la Guerre de Sécession. T. Brown est un ancien esclave, qui se bat depuis des années pour que ses habitants reconnaissent son statut d'homme libre. Anne Cook va transformer sa maison close en hôpital de fortune, révélant une part d'elle même qu'on ne pouvait deviner de prime abord. La jeune Emmy, Anne Cook, Keathing, T. Brown, Kerenn la prostituée au grand coeur, Fitzgerald et sa lâcheté, toute cette galerie de personnages va évoluer au cours du récit, entre compromission mais aussi espérance, pardon, émancipation, amitié, amour. Sébastien Spitzer en formidable portraitiste saisit l'instantané d'une époque, d'une ville avec ce don d'écriture toujours aussi impressionnant. « Fièvre » ne nous perd jamais, la narration est très fluide et le contexte historique rend l'ensemble passionnant à suivre. C'est une confirmation de plus du talent de cet auteur. Un des jolis romans à ne pas manquer en cette rentrée littéraire.
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MelleFifi
  13 juillet 2020
États-unis, 4 juillet 1878, Emmy a treize ans aujourd'hui. Elle se fait une joie de rencontrer enfin son père après des années d'attente. Elle vit à Memphis avec sa mère aveugle. Elle espère que son père leur a préparé la surprise d'une nouvelle vie. Pendant qu'elle se prépare, les premiers cas de malade d'une fièvre méconnue se déclarent. Notamment, le cas d'un homme Billy qui sort d'une maison close complètement nu et meurt en pleine rue. C'est la panique dans la ville après les premiers cas... même si cette fièvre est déjà connue de la population, la violence des symptômes mène la ville au chaos.
Nous allons suivre Anne Cook, propriétaire de la maison Close, Emmy et Keathing journaliste proche du Ku Klux Klan. Comment chacun, avec sa morale, vivra cet épisode d'une grande violence ?
Un roman qui se dévore en quelques heures, on tourne les pages sans s'en rendre compte. L'histoire s'enchaîne logiquement. Les personnalités sont minutieusement étudiées en fonction des intérêts ou du passé de chacun.
Un contexte et une ambiance parfaitement décrits, l'écriture de Sébastien Spitzer est toujours d'un très grand réalisme.
Déçue que le livre n'ait pas fait quelques pages de plus !
Merci aux éditions Albin Michel.
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alexb27
  19 août 2020
C'est un roman qui fait écho à notre situation actuelle puisqu'il s'agit de l'histoire d'un virus, d'une fièvre : inexplicable, violente, mortelle qui décime Memphis en cette année 1878. le directeur du journal local Keathing, supremaciste, proche du Ku Klux Klan, et Anne Cooper, tenancière d'une maison close vont devoir revoir leurs priorités pour survivre. Emmy, 13 ans, métisse, va elle aussi devoir s'accrocher pour échapper à tous ceux qui se dressent sur son chemin. 3 personnages, 3 histoires et un roman, au contexte parfaitement rendu, qui se dévore.
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Dupuisalex
  11 septembre 2020
La fièvre de Sébastien Spitzer
Ancien journaliste, l'auteur est bien connu pour romancer des faits réels.
Dans son nouveau roman, celui-ci nous embarque à Memphis , en 1878.
Lorsqu'un homme blanc, nue, délirant, s'effondre dans la rue et meurt.
Personne ne se doute qu'une épidémie meurtrière est derrière tout ça.
Les cas de fièvre jaune se suivent, bien que ce n'est pas la première fois, la panique règne.
3 personnages: Emmy, Métisse de 13 ans
Mr Keathing, directeur du journal local, proche du K.K.K.
Anne Cooper, tenancière d'un bordel.
Tout les trois sont très différents, avec leurs idées, leurs morales, pour certain discutable. Comment vont-ils vivre cette crise? Comment la ville va survivre à ça?
Spitzer, de sa plume, fait passer les salauds d'hier, pour les héros d'aujourd'hui.
Digne d'un documentaire, mais à mon regret, trop court.
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critiques presse (1)
LeJournaldeQuebec   22 septembre 2020
Se basant sur des faits réels, l’écrivain français Sébastien Spitzer raconte une terrible épidémie qui a sévi il y a près de 150 ans à 2000 kilomètres d’ici.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
triple_l_de_magtriple_l_de_mag   20 septembre 2020
De quoi est faite cette fièvre ? Qu'est-ce qui la fait passer d'une personne à une autre ? Pourquoi est-elle contagieuse ? D'où vient-elle ? Comment la combat-on ? Keathing mitrailla le vieux docteur de questions. Il eut peu de réponses.
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triple_l_de_magtriple_l_de_mag   20 septembre 2020
Ici, dans la vallée, depuis que Cavelier de La Salle a exploré le fleuve pour la gloire d'un étrange roi Louis qui se prenait pour un soleil, il reste des vestiges de cette lointaine France dans certains raffinements, dans les prénoms des jeunes filles, dans les noms de quelques villes, Paris, Baton Rouge, La Nouvelle-Orléans, Louisville...
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triple_l_de_magtriple_l_de_mag   20 septembre 2020
Il est bien comme les autres, comme les politiciens qui font gronder le peuple. Il attise, il agace comme un paratonnerre, pour mieux s'ériger en sauveur.
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LiliGalipetteLiliGalipette   19 septembre 2020
« Deux morts ne sont pas une épidémie ! Cessez de jouer les prophètes de malheur ! On ne peut pas tout fermer pour deux décès suspects. La récolte est superbe. Historique même ! Les négociants sont là ! Un peu de mesure, que diable ! » (p. 52)
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triple_l_de_magtriple_l_de_mag   19 septembre 2020
On chantera, un peu, à voix ténue et triste, comme on chante à chaque fois pour ceux qu’on a punis parce qu’ils avaient le tort de croire que même noir on pouvait être libre.
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Vidéo de Sébastien Spitzer
Memphis, juillet 1878. En pleine rue, pris d'un mal fulgurant, un homme s'écroule et meurt. Il est la première victime d'une étrange maladie, qui va faire des milliers de morts en quelques jours.
Anne Cook tient la maison close la plus luxueuse de la ville et l'homme qui vient de mourir sortait de son établissement. Keathing dirige le journal local. Raciste, proche du Ku Klux Klan, il découvre la fièvre qui sème la terreur et le chaos dans Memphis. Raphael T. Brown est un ancien esclave, qui se bat depuis des années pour que ses habitants reconnaissent son statut d'homme libre. Quand les premiers pillards débarquent, c'est lui qui, le premier, va prendre les armes et défendre cette ville qui ne voulait pas de lui.
Trois personnages exceptionnels. Trois destins révélés par une même tragédie.
Dans ce roman inspiré d'une histoire vraie, Sébastien Spitzer, prix Stanislas pour Ces rêves qu'on piétine, sonde l'âme humaine aux prises avec des circonstances extraordinaires. Par delà le bien et le mal, il interroge les fondements de la morale et du racisme, dévoilant de surprenants héros autant que d'insoupçonnables lâches.
https://www.albin-michel.fr/ouvrages/la-fievre-9782226441638
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