AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix BabelioRencontresLe Carnet
Actes Sud (08/10/2020)
3.94/5   108 notes
Résumé :

Entre Lise et Louis, la rencontre produit des étincelles dignes des romans et des films que la jeune fille, rétive aux renoncements de l’âge adulte, confond parfois avec la vie.

Leur histoire – le premier amour – se déroule tel un conte. Mais comme dans un conte, elle est rapidement minée par la petite musique de l’enfance mal aimée, le refrain des rapprochements impossibles, des différences infranchissables. Et bientôt la nuit des malédiction... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (41) Voir plus Ajouter une critique
3,94

sur 108 notes
5
19 avis
4
15 avis
3
5 avis
2
0 avis
1
0 avis

Lise et Louis ont tous deux vingt ans mais sont comme l'ombre et la lumière. Lui, issu de la grande bourgeoisie et promis à un brillant avenir dans la finance, a pour credo l'argent et l'action. Elle, métisse franco-vietnamienne grandie dans un milieu bien plus modeste, est une plante déracinée et meurtrie qui n'aspire qu'à la discrétion, et rêve d'art et de cinéma. Leur rencontre est le prélude à une passion dévorante qui va rapidement tourner au cauchemar : on n'enfreint pas impunément cette loi qui fait que, souvent, les contraires se repoussent.

Loin de la romance insipide et sans cervelle, cette histoire d'amour impossible et tragique possède une vraie singularité qui la fait sortir du lot : construite sous une forme originale et intrigante qui ne s'explique que peu avant le dénouement, elle entremêle les codes du thriller et du conte de fée, multipliant les références au cinéma et aux récits traditionnels, tant occidentaux que vietnamiens. Le résultat est une émouvante et terrible fable, aussi contemporaine qu'intemporelle, sur les difficultés du métissage, qu'il soit culturel ou social.

Touchée par les discrets accents autobiographiques qui parsèment de-ci de-là le texte, j'ai été totalement séduite par cette réflexion juste et sensible, exprimée avec une poésie teintée de cruauté qui m'est allée droit à l'âme. Coup de coeur.


Lien : https://leslecturesdecanneti..
Commenter  J’apprécie          888

Je suis donc passée à côté de l'histoire d'amour de Lise et Louis, entre une jeune fille de milieu modeste aux origines franco-vietnamiennes qui ne doit sa rencontre sur les bancs de prépa du lycée Henri IV avec Louis, un rejeton de la bourgeoisie aisée, qu'à son travail et à la méritocratie républicaine. Une véritable passion qui comme le dit la chanson va être une histoire d'amour qui finit mal. Certes Minh Tran Huy écrit bien — à condition toutefois qu'elle évite une certaine pédanterie qui rend parfois son récit artificiel — mais je me suis ennuyée devant ses clichés récurrents (en particulier sur les bourgeois et ceux qui ne le sont pas) et ses longues tirades répétitives sur les mauvais rapports mère-fille. Pour être juste je sais depuis toujours que les romances ne sont pas faites pour moi (livre lu dans le cadre d'un cercle de lecture), il y avait donc peu de chance que j'apprécie Les inconsolés, en dépit de sa construction élaborée mêlant contes de fée, thriller, fantastique, mythes et légendes, de ses références littéraires et cinématographiques pertinentes, de ses analyses psychologiques poussées sur les difficiles métissages tant de classe que culturels.

Commenter  J’apprécie          720

«  Vrai amour ne se change » .....

Comment ne pas être touché, saisi, transporté envoûté par les mystères de ce conte d'amour cruel, moderne à la beauté vénéneuse, où nous , lecteurs, chacun à notre façon , revisitons à satiété contes de Perrault, mythes et légendes asiatiques, créatures magiques, en même temps que «  La femme d'à côté de «  Truffaut » ou encore les descriptions. que fait la célèbre Edith-Wharton de la bourgeoisie new- yorkaise dans ses romans lorsque Lise, l'héroïne, aborde le cadre somptueux de l'hôtel particulier de son nouvel amoureux Louis Vatel : Salons tendus de velours grenat ou de satin bouton d'or, décorés de tableaux anciens , bibelots d'ivoire, de bronze ou de malachite, de meubles d'acajou ou de palissandre ,toujours pourvus d'un piano à queue » ....?

Tout oppose Louis et Lise même s'ils fréquentent la même école prestigieuse de la capitale.

Lise , métisse, c'est de son père , qui a émigré ici, dans les années 60 qu'elle tient sa peau mate, ses pommettes hautes et ses cheveux noirs.

Mélancolique , pudique, humble et silencieux : La mélancolie des exilés , son père a réussi de brillantes études scientifiques , à force de travail.

Sa mère, orpheline , élevée sans amour dans une ferme du Cotentin , issue de la paysannerie du bocage normand avait elle aussi brillé dans les matières scientifiques .

Grâce à une bourse , ils ont obtenu un diplôme d'ingénieur , ils se sont mariés—— elle était une des rares femmes de sa promotion.——-

Le cadre est est fixé : passionnée d'art et de littérature, Lise à vingt ans , ne comprend pas ce qui l'attire vers ce grand garçon blond , aux yeux «  bleu pur » , un amour fou , irrépressible, étincelant , ce Louis séduisant , issu de la grande bourgeoisie, à qui tout sourit , tout est donné, né pour triompher, à l'image de ses parents mais aussi cynique et impitoyable .

MinTran Huy conte leur amour fulgurant, foudroyant, romantique , improbable ,une faim d'aimer , malgré les différences infranchissables —— sinon impossibles —— à l'aide d'une écriture précieuse , lumineuse, précise , épatante , entre conte de fées diabolique, vengeance , jalousie à son paroxysme et analyse sociologique très fine...

Au coeur de leur romance —- entre maison secondaire en Normandie , voyage de luxe en Italie ,château mythique d' Étambel ——l'auteure nimbe l'histoire de petites musiques minantes , à travers rêves , légendes et littérature : enfance désenchantée pour Lise , tyrannie et froideur de sa mère , fantômes et vengeances ——qui l'aimait certes—- mais lui préférait sa soeur Liane , plus claire de peau , plus jolie...

L'auteure —— sincère, pousse les clichés et les malentendus jusqu'à une vérité Nue et Cruelle. ...

Une très belle histoire entre deux mondes : celui des héros ordinaires , anonymes , humbles , étrangers malgré tout par leur passé et leur culture et le monde de ceux qui ont tout: décor , culture, aplomb et plats servis, la décontraction naturelle de ceux qui n'ont jamais rien craint et jamais rien eu à craindre , convaincus de posséder le monde.

Une belle histoire d'amour offerte comme un cadeau somptueux sur un plateau qui nous touche en plein coeur !

Les histoires d'amour finissent - elles toujours mal lorsqu'on s'aime à en mourir ?

J'ai tout aimé , avec passion, de la première à la dernière page, J'avais lu «  La Princesse et le Pêcheur » en 2019 .

Commenter  J’apprécie          4611

Pour Lise et Louis, c'est une évidence dès leur première rencontre, la certitude qu'ils vont s'aimer follement, passionnément. Mais la fille d'un émigré vietnamien et d'une orpheline normande peut-elle rêver d'un avenir avec un fils de bonne famille issu de la haute bourgeoisie ? Lise n'a rien, il a tout. Louis affronte la vie en conquérant, elle est timide, peu sûre d'elle. Et pourtant, ces deux-là feront fi des obstacles pour s'aimer, se déchirer, se séparer, se retrouver, se faire du bien, se faire du mal.

Conte moderne, suspens psychologique, romance sentimentale, dissection d'une passion, Les inconsolés est tout cela à la fois mais ne s'arrête pas là. Au-delà de l'histoire d'un amour destructeur entre deux personnages que tout oppose, Minh Tran Huy s'applique à raconter tout ce qui fait obstacle à l'harmonie du couple; toutes les choses que l'on trimbale depuis la petite enfance, ce vécu qui nous a construit et qui ne cesse de nous hanter.

Lise et ses deux cultures, et sa mère mal aimante, et son père silencieux croit désespérément aux contes de fée où la princesse est délivrée d'un mauvais sort par un beau prince charmant. Alors quand elle le rencontre, elle se donne corps et âme à ce grand bourgeois qui a tous les codes, toutes les entrées, tous les réseaux. Mais elle se sent comme une intruse à ses côtés. Passés les premiers moments de la passion, Louis ne va-t-il pas se rendre compte qu'elle n'est qu'une pauvre fille, laide et gauche, qui ne mérite pas son amour ? Pourtant Louis l'aime et l'admire, même s'il s'enferme parfois dans son rôle d'homme orgueilleux, avare de déclarations sentimentales.

A force de non-dits, de malentendus, d'incompréhension mutuelle, Louis et Lise vont se déchirer et s'éloigner mais on n'oublie jamais un premier amour...

Porté par la magnifique écriture de Minh Tran Huy, Les inconsolés est un roman à deux voix, celle de Lise et celle de ''L'autre'' qui raconte la passion, de ses débuts enchanteurs jusqu'au drame final, car, c'est bien connu, les histoires d'amour finissent mal, en général...

Commenter  J’apprécie          412

Minh Tran Huy est une romancière française d'origine vietnamienne, Les inconsolés est son quatrième roman.

Lise, 20 ans, milieu modeste, pétrie de mal-être au sein d'une famille plus qu'économe, tombe amoureuse d'un inconnu, un amour foudroyant.

Louis, le même âge, fils de bourgeois, vivant dans un château, éprouve un désir irrépressible pour la belle dès le premier regard.

Lise lit ce qui semble être une mise en abyme de ce premier amour : le temps de l'innocence d'Edith Wharton, qui est l'histoire d'un amour tumultueux.

Lise a une immense soif d'aimer, elle est de ces filles qui rêvent plus qu'elles ne vivent et qui est amoureuse des histoires d'amour et des contes de fées, du cinéma, de l'art. Rejetée et mal aimée par sa mère affabulatrice et ayant des préférences assumées pour sa cadette, un père qui est l'archétype du savant distrait et n'ayant jamais su imposer ses idées.

Lise et Louis c'est un amour fou et aussi une rencontre entre deux milieux sociaux, deux conceptions de la vie aux antipodes et plusieurs cultures.

Lise ou le double fictif de l'autrice ?

Minh Tran Huy débute son récit avec les ingrédients et les références des contes de fées, et emmène sa bergère et son prince charmant vers un destin qui les liera à jamais, un destin tragique évidemment, car cela sera révélé dès les premières lignes et contrôlé d'une main de maître jusqu'au dénouement.

Minh Tran Huy qui a écrit notamment le lac né en une nuit et autres contes du Vietnam que j'avais aimé et qui était trop bref pour le coup, m'a enchantée avec Les inconsolés, bien développé et enveloppé de toutes ces références littéraires et cinématographiques.

Les personnages sont très bien construits, et il y a un personnage dont on ignore qui il est et son rôle jusqu'au dénouement "l'autre". Ce qui les rend attachants, c'est le fatalisme vers lequel ils avancent, car nous savons les petites voix qui s'opposent en eux, et Minh Tran Huy nous les rends si familier que l'on pense et que l'on respire comme eux.

Les questions que pose ce livre : À quoi bon vivre une passion, si c'est pour tout détruire autour de soi et se détruire soi au passage ? Pourquoi ne pas se contenter d'aimer et d'être aimé par ceux qui désirent et qui savent vous aimer ? Pourquoi refuser ce qui peut vous sauver ?

Il y a cependant trop de descriptions à mon goût sur la psychologie, les goûts et l'histoire de Lise, ce qui déséquilibre l'histoire par rapport à Louis et nous éloigne du récit et de son avancement… et à contrario fait planer le suspense!

Cela reste un plaisir à lire car l'autrice a une plume incroyablement poétique et douce, qui sait envoûter les vents contraires, les non-dits car il en reste énormément, les moments intenses.

Ce thriller romantique et conte de fée cruel des temps modernes est à sortir des Pal ;) et La femme d'à côté de Truffaut à voir où revisionner.

Les thèmes abordés : le premier amour, l'adolescence, les relations mères-filles, les relations entre soeurs, les blessures de l'enfance, le passage à l'âge adulte, les tragédies, le métissage culturel, le changement de classe sociale, les études supérieures, le drame, la littérature, le cinéma, les contes de fées.

Commenter  J’apprécie          210

Citations et extraits (100) Voir plus Ajouter une citation

Puis les auteurs qu’elle admirait ne se contentaient pas de peaufiner leur langue ou leur style : ils incisaient et creusaient la vie comme elle-même incisait et creusait ses laques. Ils grattaient le silence. Le brillant des apparences. La douleur, parfois. Et cherchaient au-dessous sans toujours avoir conscience de ce qu’ils cherchaient, parce qu’il ne s’agissait pas de dévoiler un secret mais de le trouver. Pour elle, il existait une part de mystère en toute chose et le rôle des artistes n’était pas de lever ce mystère, seulement de lui donner forme. Elle disait que la lumière sans ombre ne l’intéressait pas plus que l’ombre sans lumière. Que l’art pouvait éclairer l’existence mais aussi l’obscurcir et qu’il devait cristalliser en un geste, en une œuvre, toute l’opacité, la complexité et la multiplicité de la vie. Elle disait ne détenir aucune réponse ni vérité, parce que les réponses et les vérités étaient faites pour les mathématiciens et les policiers, pas pour les écrivains ou les peintres, qui avancent à tâtons, dans le noir, sans savoir ce qui en sortira…

Commenter  J’apprécie          250

J’ai d’abord lu pour oublier, pour accéder à la quiétude, pour ne plus être seule. Pour échapper […] à l’ennui long et lent de l’enfance et de l’adolescence, ces temps où l’on ne fait qu’attendre que quelque chose arrive enfin. Et j’ai découvert une autre vie, cette vie éclaircie dont parle Proust, unifiée, enrichie, sublimée – la vie pleine, la vie vraie. J’ai lu pour m’écarter, puis pour mieux revenir à moi-même et aux autres, m’approprier un monde qui m’était étranger […]

Commenter  J’apprécie          260

«Mes parents, en poursuivant leurs études , avaient troqué leur classe d’origine, la paysannerie , pour la bourgeoisie intellectuelle . Du moins , si l’on en jugeait par leurs revenus et leurs diplômes .

Car il leur manquait l’essentiel : les références , les usages, la manière de converser ,comme la matière des conversations qui auraient fait d’eux des bourgeois ou des intellectuels ...

Ils ne fréquentaient ni les librairies, ni les musées , ni les théâtres , sans parler de l’opéra ou des galeries d’art ... 

Ne saisissant pas la plupart des plaisanteries qu'échangeaient leurs relations ou collègues ....riaient trop haut et parlaient trop fort... »

Commenter  J’apprécie          150

«  Naturellement, les meilleurs mensonges contiennent toujours une part de vérité .

Je ne nie pas la qualité de héros de mes parents——-héros sans nom qui finiront dans les oubliettes de l’Histoire—— mais qui n’en sont pas moins les plus purs produits de la méritocratie républicaine à la française que les self-made- men chers au rêve américain , rebâtissent à partir de rien , à la sueur de leur seul front et avec un courage que nul ne contestera , une existence en ruine .

Je ne nie pas davantage le sentiment d’une distance infranchissable entre eux et moi, distance exacerbée par l’impossibilité ——de leur confier la peine qu’elle me causait » ————

Eux , qui , à mon âge souffraient de maux tellement plus douloureux ? » .....

Commenter  J’apprécie          80

Car pourquoi lire, sinon pour déchiffrer ce et ceux qui vous entourent, décrypter les sentiments de votre famille, vos amis, vos ennemis, les mécanismes de la société comme ceux de la personne aimée, appréhender d'où vous venez et ce qui vous porte, en somme rendre moins impénétrables les questionnements dont nous sommes tramés.

Commenter  J’apprécie          190

Videos de Minh Tran Huy (16) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Minh Tran Huy
A l'occasion du Festival "Le livre sur la place" 2022 à Nancy, Minh Tran Huy vous présente son ouvrage "Un enfant sans histoire" aux éditions Actes Sud. Rentrée littéraire automne 2022.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2640619/minh-tran-huy-un-enfant-sans-histoire
Note de musique : © mollat Sous-titres générés automatiquement en français par YouTube.
Visitez le site : http://www.mollat.com/ Suivez la librairie mollat sur les réseaux sociaux : Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mollat?ref=ts Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat Linkedin : https://www.linkedin.com/in/votre-libraire-mollat/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemollat/ Vimeo : https://vimeo.com/mollat
+ Lire la suite
autres livres classés : viêt-namVoir plus
Notre sélection Littérature française Voir plus




Quiz Voir plus

Les Amants de la Littérature

Grâce à Shakespeare, ils sont certainement les plus célèbres, les plus appréciés et les plus ancrés dans les mémoires depuis des siècles...

Hercule Poirot & Miss Marple
Pyrame & Thisbé
Roméo & Juliette
Sherlock Holmes & John Watson

10 questions
4784 lecteurs ont répondu
Thèmes : amants , amour , littératureCréer un quiz sur ce livre