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Ferny Besson (Préfacier, etc.)
EAN : 9782070757824
280 pages
Éditeur : Gallimard (03/03/2000)
3.87/5   19 notes
Résumé :

Le brigadier Berger, du train des équipages, matricule 2404, est pris dans la tourmente de 1940. Fait prisonnier, astreint à de terribles marches forcées, il devient fou. Passé et présent s'entrechoquent en lui et il n'y comprend plus rien. Mais pour cet homme loyal et fidèle, la pire folie n'est-elle pas celle du monde réel, l'armée vaincue, dispersée, la France occupée ? Sa folie à lui n'est que fid... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
plouche
  23 novembre 2021
Drôle de guerre, drôle de livre. le Fidèle Berger ressemble à une mercerie chamboulée. Tous les articles sont là, mais mis sens dessus dessous. Il faut dire que l'écrivant Vialatte était lui-même assez chamboulé. Il sortait d'une guerre perdue, d'une détention inopportune et d'un suicide raté (toutes choses qui généralement chamboulent le premier quidam qui passe). Ce livre-là n'a donc pas de mal à être son plus sombre. Tribulations hallucinées, petit côté Kafka, petit côté Conrad, petit côté diariste plein d'agonie consciente…
Lien : https://novland.blogspot.com/
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Clytemnestre
  13 août 2018
Le chemin vers la folie est plus court qu'on ne veut bien le croire. Vialatte nous emmène aux confins de l'esprit humain; on s'y perdrait avec lui, avec Berger. L'histoire est portée par une écriture formidable, précise, soignée. A lire autant pour le fond que pour la forme.
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
aleatoirealeatoire   12 septembre 2017
La femme de Planier, Thérèse, rôdait dans la maison l'air soucieux. On sentait qu'elle commençait le jour avec un tourment de longue date, fidèle au poste et prête à toutes les patiences.
Le soleil embrasait l'étendue, le ciel bleu cassait les portes vitrées. Un dromadaire défilait tout entier, avec son cou, sa bosse, ses quatre pattes, ses courbes, ses ressorts, ses articulations qui évoquaient la sauterelle et la voiture d'enfant.
Une tortue se promenait sous le billard, sur un tapis de caoutchouc ; on apprit à Berger qu'elle s'appelait Marie-Louise à cause d'une tante à héritage qui lui ressemblait : elles avaient, paraît-il, la même nuque.

Et maintenant où était Planier ?
Etait-il mort au coin d'un bois ? Dans un chemin ? Etait-il étendu sur la chaussée d'un pont, les bras ouverts, comme une croix qui traîne ? Avait-il tourné, comme beaucoup, une fois frappé, à la façon d'une marionnette, pour tomber le nez sur la terre ? Ou était-il resté dans sa chenillette, les yeux ouverts, des yeux de verre dans une face de cire ?
La silhouette de Planier alla rejoindre dans le grenier de sa mémoire cent personnages qui étaient entrés en elle au hasard des villes et des ports, et partis sur la pointe des pieds en laissant des souvenirs peints sur le verre de cette lanterne magique qui projette de vieilles histoires sur nos murs quand nous ne nous endormons pas.
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aleatoirealeatoire   12 septembre 2017
Il songea à elles tout d'un coup, quand elles apprendraient cette nouvelle, et il pensa que, fidèle jusqu'au bout, il leur laisserait un souvenir infamant. Il y eut deux larmes qui giclèrent en décrivant une parabole et qui rebondirent dans l'assiette de métal.
Il fut stupéfait, elles roulaient dans l'assiette. Sans crever. C'était un spectacle qui procurait la même surprise qu'une expérience de physique réussie. On en aurait fait un croquis pour le chapitre de la "tension superficielle". Il inclina l'assiette, fit rouler les deux larmes, les réunit et observa leur petite membrane qui crevait au point de tangence. Ensuite il secoua l'assiette. Il restait étonné du côté mécanique de la physiologie humaine.(...)
Le soleil avait dû baisser légèrement, car la lucarne, maintenant, découpait sur le sol un rectangle plus long, une flaque dorée quadrillée de noir par les barreaux.
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aleatoirealeatoire   15 septembre 2017
Il y a des destinées de grand luxe et des destinées de tous les jours. C'est une source de méprise. Il y en a même peut-être bien plusieurs par homme, qui se battent entre elles ou qui font bon ménage. Nous sommes tellement habitués à les voir en petite tenue que nous hésitons à les reconnaître quand elles viennent à nous en robe d'apparat. Quand elles changent de costume nous croyons qu'elles se trompent d'adresse ; nous ne pensons pas qu'elles viennent pour nous. Nous nous engageons avec elles dans des malentendus dont elles se vengent un jour.
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JulienPhilippeJulienPhilippe   25 mars 2021
Il ramenait du fond de ses nuits d'étranges souvenirs, de fausses visions, tout un peuple de marionnettes, d'objets précieux ou terrifiants [...]. Tous ces motifs, toutes ces géométries, étaient enfants de l'équivoque et du mélange entre l'inconcevable et la réalité, faux, trompeurs, plein d'erreurs et d'une algèbre fausse qui débouchait sur le néant. On aurait dit ces flores et ces tissus qui s'épanouissent au fond de l'oeil quand on presse sur la paupière.
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aleatoirealeatoire   16 septembre 2017

Pierre Chelle sentait la rose des vents ; son veston restait quadrillé d'avoir été jeté dans des pays lointains, sur le réseau des méridiens, des latitudes.
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Videos de Alexandre Vialatte (17) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Alexandre Vialatte
Franz Kafka : Un champion de jeûne par Jean Topart (1981 / France Culture). Diffusion sur France Culture le 19 juin 1981. Par Patrice Galbeau. Photographie : Portrait de l'écrivain Franz Kafka vers 1905. © Getty / Imagno. En 1981, Jean Topart lisait "Un champion de jeûne" de Franz Kafka, dans la traduction d’Alexandre Vialatte, pour l’émission "Bonnes nouvelles, grands comédiens". "Un champion de jeûne", la nouvelle que Franz Kafka rédigea en mai 1922, fut publiée la même année. Écrite en deux jours, elle compte parmi les rares que l’auteur pragois n’ait pas entièrement reniées par la suite, le seul récit qu’il jugeait "supportable", et l’unique à paraître de son vivant dans une revue littéraire de renom. Il existait bel et bien, en Allemagne et en Autriche à la fin du XIXème siècle, des artistes de cirque ou de foire dont la performance consistait à tenir le plus longtemps sans manger – l’étrange occupation qui est celle du héros de la nouvelle. Mais ce dernier n’a que peu de mérite quant à lui, car il manque d’appétit et, en jeûnant, suit en quelque sorte son penchant naturel. Si on y voit l’un des nombreux "doubles" qui parcourent l’œuvre de son auteur, l’autoportrait a donc ici quelque chose de particulièrement cruel...
Source : France Culture
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