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Golnaz Houchidar (Traducteur)
ISBN : 2757800671
Éditeur : Points (01/09/2006)

Note moyenne : 3.87/5 (sur 46 notes)
Résumé :
Un voyage en tramway, une escapade à la campagne, un hall de gare ou une rêverie dans les rues de Berlin : Robert Walser, flâneur d'exception, nous emmène dans un univers poétique et nostalgique, à la lisière du merveilleux. Chacun de ces textes, parus en feuilletons entre 1899 et 1920, possède une grâce particulière, dévoilant la profondeur des choses qui se cachent "à la surface".
"Avec une sorte de félicité, je me mêlais à la cohue pleine de charme, et cet... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
dourvach
  11 septembre 2018
Robert WALSER est une clé : la "petite clé magique" qui nous manque. Je veux dire par là que les textes de l'étrange Robert Walser sont une clé vraiment personnelle pour nous (Cf. la belle critique de dahu qui fait référence à cette "clé") car ils nous donnent accès immédiatement à une de ces "pastilles d'espace-temps" (qui peut être, d'ailleurs, un de nos objectifs principaux d'écriture et de lecture).
"Pastilles", oui... "bulles d'espace-temps" qui dérivent, si précises et tellement prégnantes que "l'on peut y être heureux" (citation d'un des courriers de Franz KAFKA à Max BROD)... Il suffirait de se réfugier à l'intérieur, mais à condition de savoir ralentir, "ici et maintenant". Ralentir son regard en particulier (sorte d'attention flottante - comme une feuille de nénuphar - que depuis Sigmund FREUD, les analystes et psychothérapeutes utilisent) : un simple rayon de soleil, une "belle passante" dans la foule du tramway (Cf. "Les belles passantes" d'Antoine POL chantées par Georges BRASSENS), un reflet d'or sur les eaux sombres du Lac...
Déjà plus de la moitié des "récits" de ce passionnant recueil : récits - ou "petites proses" - parus dans divers journaux de de Berlin et Zurich, entre 1899 et 1920... "Moments" souvent très brefs, denses, fluides, merveilleux... La langue chante, comme dans "Geschwister Tanner" (Les enfants Tanner), "Der Gehülfe" (Le Commis), "Jacob von Gunten. Ein Tagebuch."(L'Institut Benjamenta).
C'est au fond tout "L'Amour du Monde" : celui qu'a chanté - en 1925 dans l'un de ses 22 "romans-poèmes" - son compatriote francophone C.F. RAMUZ, né la même année (1878), si je me souviens bien...
"Où sous chaque seconde une éternité danse... " ("L'adolescence", chanson mythique d' Henri TACHAN, 1975)
"En tramway" et "L'incendie" (1908 : l'année de parution du monumental "Commis" !) ou "Promenade du soir" (1915), en particulier, sont de purs moments de bonheur pour le narrateur et ses lecteurs : quel écrivain contemporain peut se vanter d'en procurer de pareils, ou seulement la moitié de cette sorte de bonheur-là ?
"Madame Scheer" (1915) est un exceptionnel et long "Moment" d'empathie "simenonienne" (Cf. le personnage central de "La fenêtre des Rouet") : sa logeuse-hébergeuse-amie, solitaire et généreuse, "vit et meurt"...
On y regrettera simplement la maladresse (Peut-être un texte "de complaisance", qui sait... ) de la longue nouvelle "La petite Berlinoise" (1909) : fallait-il la retenir ? (*)
Mais je vous renvoie aux excellents textes ci-dessous de nos ami/e/s dahu, Moan et laurentgui... où vous découvrirez beaucoup de ces très belles intuitions de lecture, élégamment exprimées...
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(*) et pour cette édition de poche (Les puristes pourront donc revenir à la belle édition originale suisse "ZOE", bien plus onéreuse donc, ... ou gratter névrotiquement la couverture de l'édition de poche "Points Seuils" !), en page I de COUVERTURE la présence du sophisme de Philippe Delerm - on compte peut-être sur son effet "vu à la TV" ? - imprimée directement par l'éditeur sous le nom de WALSER : d'ailleurs, totale imbécilité que cette perception de Robert WALSER en "faux naïf"... car bien sûr, depuis la lecture de son chef d'oeuvre "Le Commis" ou du vertigineux "Les enfants Tanner", nous savons que R.W. est un VRAI écrivain... unique, suffisamment "intelligent" pour ne pas jouer le "faux naïf", observateur et lucide : celui qui pratique un ART littéraire (d'où cette deuxième imbécillité imprimée en couverture, que cette référence aux "Grands écrivains". Il y aurait donc les "grands écrivains" (Il y a un diplôme à passer ?) et, avouons-le enfin... la masse un peu trop floue, indécise, de la légion serrée des "autres" (Précisez, Philippe Delerm, svp... : petits-écrivains, moyens-écrivains, non-écrivains ? para-écrivains ? écriveurs ? écrivants ? Dégustateurs de premières gorgées de bière ?). Mais la faute de goût revient à l'éditeur... Pourvu qu'ils n'en fassent pas une mode ("WALSER recommandé par Ph. Delerm" , "LOVECRAFT recommandé par M. Houellebecq", ou Dieu sait quoi...) pour essayer de "mieux vendre" leurs bouquins ! Pour ma part, pas besoin des avis imprimés de Tartempion en couverture du livre d'un autre pour lire Robert WALSER... Paraphrasons à nouveau l'ami Coluche : "On n'est pas QUE des gros-blaireaux !!! " (Nom de nom !) :-D
Lien : http://fleuvlitterature.cana..
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Moan
  04 janvier 2013
Dans ce livre, 25 textes en prose. Walser décrit avec un optimisme incroyable la vie autour de lui: une rue de la grande ville, une promenade en tramway, un incendie, la propriétaire de la maison où il a vécu un peu plus d'une année, ses promenades au bord du lac ou dans la neige...
La lecture de ces textes donne l'impression de suivre quelqu'un qui ne regarde que le bon côté des gens, de la vie.
Robert Walser est un écrivain suisse né en 1878 , reconnu de son vivant par Kafka, Hesse, Sweig... Il passe la fin de sa vie dans un hôpital psychiatrique et meurt le jour de Noël 1956 au cours d'une promenade dans la neige.
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dahu
  16 septembre 2012
C'est un peu comme la saudade qu'on prétend impossible à traduire en mots autres que portugais: l'ambiguité du sentiment chez Walser semble, elle aussi impossible à traduire en d'autres termes que dans la langue - si belle - de l'auteur.
C'est un peu comme si tout cela suivait une ligne de crête dangereuse vers la joie absolue, mais que le péril ne s'était jamais aussi bien tapis dans les mots de la tranquillité, à tel point qu'on désire relire ces phrases pour tenter de percer d'où sourd cette inquiétude. Et on se surprend à penser que cette béatitude est tout simplement trop dense pour être vraie et ne pas relever du rêve ou du merveilleux.
Une des proses, "Petite escapade " se termine ainsi : " Pensif, presque heureux, je rentrai chez moi". J'y trouve une clef personnelle, un symbole, de lecture et sentiments, à savoir que ce "presque " sera toujours, que nous ne serons à jamais au mieux qu'à quelques pas de l'idéal, mais que nous ne franchirons jamais ces pas, car la perfection décrite au premier plan par Walser ne peut pas exister - et devient d'autant plus douloureuse et complexe à appréhender.
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Acerola13
  21 mai 2018
Suivant le conseil d'une amie romantique et nostalgique de ses promenades suisses, je me suis plongée dans la lecture de Robert Walser, poète et chroniqueur à qui rien n'échappe tandis qu'il effectue ses quotidiennes promenades dans le monde urbain germanique...
Ses anecdotes et son style m'ont rappelé Zweig, avec une précision un peu moindre dans la description, que Walser rattrape en faisant de scénettes banales de la vie courante de petits paragraphes poétiques que l'on ne peut s'empêcher de lire en souriant, surtout lorsqu'il brosse le portrait des villes suisses-alémaniques et allemandes avec un je-ne-sais-quoi de moqueur et d'aimant.
Une fois refermé, on se mettrait presque à courir les rues, priant pour qu'il neige, et pour que nous soit donné la chance de grimper dans un tramway bondé!
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babounette60
  24 octobre 2014
Robert Walser était ami avec Stefan Sweig. Leurs écritures d'ailleurs se ressemblent beaucoup: une langue élégante, comme une peinture baroque. Il s'agit ici de petits billets écrits pour des journaux Berlinois sur le train, le bus, la neige, la lune, le soir qui tombe, une promenade au bord du lac, les mots que l'on échange dans la rue etc.... Tout semble harmonieux pour peu qu'on le veuille. Mais il ne faut pas oublier que tous les frères de l'auteur se sont suicidés et que lui-même a fini sa vie en asile. Voir la beauté des choses ou du moment demande bien plus d'effort que ce que ces textes le supposent.
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Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
dourvachdourvach   08 mai 2014
Même dans une grande ville, tard dans la nuit, les rues sont à peu près tranquilles. Ce qu'on voit et ce qu'on entend sont des visages et des bruits auxquels nos yeux comme nos oreilles se sont habitués depuis fort longtemps. Les bruits inhabituels ne sont pas des bruits. Les gens sont chez eux, bien à l'aise autour de la table familiale, ou au bistrot buvant une bière et parlant politique, ou au concert, recueillis, écoutant de la musiqiue, ou au théâtre suivant les événements captivants qui ont lieu sur la scène brillamment éclairée, ou ils sont là, à deux, à trois ou à sept, à un coin de rue mélancolique, parlant de choses profondes, ou allant dans une direction quelconque, sans but peut-être. " Hep, taxi ! ", lance un autre, et quelque part peut-être, un poète est terré dans sa chambre solitaire, des ivrognes déambulent d'un troquet à l'autre en braillant et agaçant les passants, un cheval de calèche tombe, une femme perd connaissance, la police, toujours prête à agir et rétablir l'ordre, s'empare d'un polisson, et tout à coup, une voix crie : "Au feu !" Tout près, semble-t-il, il y a un incendie. On était là, indécis et tournant en rond, on allait accuser l'heure de son insignifiance, on commençait à geler et maintenant, soudain, on se trouve devant quelque chose d'inattendu, de brûlant. (...)

(Robert WALSER, "L'incendie" - paru le 17 avril 1908 dans le "Berliner Tagblatt", Berlin - in "Retour dans la neige", récits - traduit de l'allemand par Golnaz Houchidar, pour les éditions ZOE, 1999)
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MoanMoan   04 janvier 2013
La paix et la liberté ne peuvent exister parmi nous que si chacun laisse chacun vivre libre et en paix.
La paix et la liberté doivent d'abord être en chacun de nous avant de pouvoir exister.
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fanfanouche24fanfanouche24   09 juin 2013
C'est que voyager rend vraiment aimable. (p.66)....

Voyager calmement dans un compartiment silencieux a déjà libéré bien des gens de leurs souffrances, de leurs soucis et de leurs tracas, puisque durant de longs trajets, peut être de nuit, ils ont profité du train pour mettre un peu d'ordre dans la bousculade des projets et des pensées qui les obsèdent. Les bêtises et petitesses du quotidien, qui ailleurs triomphent gardent ici le silence.(p.67-68)
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brigetounbrigetoun   13 avril 2010
Sur le chemin du retour,qui me parut splendide, il neigeait à gros flocons, denses et chauds. Il me sembla presque entendre résonner quelque part un air de mon pays. Mes pas étaient vifs malgré la profondeur de la neige dans laquelle je continuais à progresser avec ténacité. Chaque pas accompli fortifiait ma confiance ébranlée, ce dont je me réjouissais comme un petit enfant. Tout ce qui avait existé autrefois fleurissait et m'enveloppait gaiement d'une roseraie comme un parfum juvénile. Il me sembla presque que la terre entonnait un chant de Noël et presque aussitôt déjà un chant de printemps.
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dahudahu   15 septembre 2012
J'étais confiant en l'avenir comme jamais bien qu'en humiliante retraite. Je ne me sentais pas du tout vaincu, j'eus bien même au contraire l'idée de me considérer comme un vainqueur, ce qui me fit rire. Je n'avais pas de pardessus. Je tenais la neige à elle seule déjà pour un manteau m'enveloppant d'une merveilleuse chaleur.
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