ISBN : 2864325500
Éditeur : Editions Verdier (2008)


Note moyenne : 4.33/5 (sur 6 notes) Ajouter à mes livres

Dans ce récit écrit sans artifices, Tönle, berger du plateau d'Asiago, à la frontière du royaume d'Italie et de l'Empire austro-hongrois, doit, pour survivre et nourrir sa famille, se faire contrebandier, soldat, mineur en Styrie, col... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 01 décembre 2011

    brigittelascombe
    "Halte là! On ne bouge plus!"
    Tönle Bintarn, contrebandier en 1866 dans un petit hameau de la frontière italienne, suite à son coup de baton intempestif sur le crane obstiné d'un vilain gendarme, se voit obligé de fuir pour éviter la prison.
    Débrouillard,il passe la frontière et exerce divers petits boulots de colporteur à marchand d'images,de paysan dans un champ de patates autrichien à jardinier dans un château praguois.
    Chaque automne,pris de nostalgie,il s'en retourne chez lui en cachette et découvre ému un petit dernier conçu l'année d'avant.
    Socialisme, idées nouvelles bouillonnent dans les caboches des villageois.
    Le voilà amnistié et de retour définitivement.
    Bonheur des paysages, vie paisible d'un simple berger-poète qui tire sur sa pipe en admirant de loin le cerisier sauvage "colifichet dans les cheveux d'une jeune fille" s'épanouir au printemps sur le chaume.
    C'est compter sans la guerre de 14 et l'absurdité des hommes, les détonnations qui tuent,l'exode,les saccages,les incendies, les cadavres qui jonchent le sol, les camps,l'emprisonnement,la faim...
    Dépit,colère,révolte,entêtement à rentrer chez lui malgré tout, malgré les frontières et les murs d'incompréhension érigés.
    Un roman, fort, engagé qui évoque un destin, celui d'un homme simple et pacifiste qui philosophe sur le pourquoi du comment pour que le bonheur revienne un jour dans le coeur des hommes, car un berger italien ressemble à s'y méprendre à un berger autrichien enrôlé de force.
    Mario Rigoni Stern, dont j'ai lu Lointains hivers (l'histoire d'un vieux chasseur alpin qui associe chaque moment fort de sa vie à une coupe de bois particulière) sait créer une atmosphère, happer l'attention du lecteur et relancer l'action dans un flot d'émotions et de rebondissements, est l'un des auteurs italiens les plus populaires.
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    • Livres 4.00/5
    Par Beatrice64, le 25 février 2011

    Beatrice64
    Tönle, c'est un berger du plateau d'Asiago, à la frontière du royaume d'Italie et de l'Empire austro-hongrois. Frontière qu'il franchit allégrement, en ces années précédant la Première Guerre Mondiale, parce que le berger est également contrebandier. Un jour il blesse un garde-frontière, et il est contraint à l'exil, parcourant une partie de l'Europe, franchissant à nouveau les frontières, mais revenant chaque hiver à sa maison, une chaumière sur le toit de laquelle pousse un cerisier.
    La montagne, la beauté de la nature, la rigueur des hivers, la liberté, l'esprit d'indépendance, l'amour, les rapports des hommes entre eux, l'absurdité de la guerre, il y a tout cela dans les livres de Mario Rigoni Stern (d'inspiration autobiographique), déposé délicatement, dans une langue simple, précise, poétique, touchante.
    « Lire Mario Rigoni Stern, c'est s'abreuver à la beauté » a dit une critique. Voilà, c'est ça.
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par yv1, le 26 novembre 2010

    yv1
    C'est un petit roman attrayant à plus d'un titre. D'abord Tönle est un personnage fort, romanesque bien que taiseux et pudique. Ensuite, la frontière et la difficulté de vivre dans ses environs, surtout aux moments de conflits est omniprésente : peut-être cela parlera-t-il plus à des Alsaciens qu'à moi qui suis de Bretagne ? Et enfin, ce livre a le mérite de parler de la première guerre mondiale, mais d'un côté que je ne connaissais pas : les Italiens contre les Autrichiens. Dans ce qu'on lit communément chez nous, il est question des tranchées et des combats entre Français et Allemands. Ici, point de tranchées (montagnes obligent !) et point de Français. Un point de vue différent et intéressant. Cependant, malgré la relative modestie du livre (132 pages), il y a des longueurs et notamment les passages décrivant les marches et les balades de Tönle parce que l'auteur cite beaucoup de noms de lieux que je ne connais pas et qu'il est parfois difficile de suivre, d'autant plus que Tönle marche beaucoup et vite ! Mais cet écueil est surmontable et restent les premières impressions dont j'ai parlé plus haut.

    Lien : http://lyvres.over-blog.com/article-28207905.html
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Citations et extraits

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  • Par brigittelascombe, le 01 décembre 2011

    Et il fut pris d'une grande nostalgie:la nostalgie de ce maigre cerisier sauvage sur son toit, de ce qui se trouvait rassemblé sous les quatre pans de chaume.De même que certaines forces le poussaient à s'en aller au printemps,d'autres le faisaient revenir avec la fin de l'automne.C'étaient des forces supérieures à n'importe quelle volonté,comme la succession des saisons,la migration des oiseaux,,le lever et le coucher du soleil,les phases de la lune.
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  • Par brigittelascombe, le 01 décembre 2011

    Il alluma sa pipe et se surprit ce soir-là à penser lui aussi à la mort,mais il n'éprouvait ni peur ni angoisse,il y pensait comme à un repos,une halte sans fin dans un paysage comme celui-ci,à regarder à loisir.
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  • Par brigittelascombe, le 01 décembre 2011

    Le cerisier sur le toit était comme un colifichet dans les cheveux d'une jeune fille,voire un nuage en fleur:les pétales se détachaient des branches encore nues comme des papillons légers et allaient se poser en dansant sur le chaume qui lui aussi semblait reverdir.
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  • Par brigittelascombe, le 01 décembre 2011

    Peut-être,dit-il ensuite,comme s'il suivait une idée derrière la tête, que les gouvernements se font la guerre parce qu'ils ont peur que les peuples se réveillent et qu'il leur vienne trop de force.
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  • Par brigittelascombe, le 01 décembre 2011

    Il se sentait comme le gardien des biens que les autres avaient laissés et sa présence était comme un signe,le symbole d'une vie pacifiste contre la violence de la guerre.
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