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Note moyenne 3.6 /5 (sur 4618 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) , le 27/04/1949
Biographie :

Didier Daeninckx a exercé entre 1966 et 1975, les métiers d’ouvrier imprimeur, animateur culturel et journaliste localier.
Écrivain qui place au cœur de ses fictions la thématique sociale et l'enquête historique sur un passé travesti ou caché, son engagement prend sa source dans son environnement familial partagé entre le courant anarchiste, antimilitariste et le courant communiste.

En 1984, il publie "Meurtres pour mémoire" dans la «Série Noire» de Gallimard. Il a depuis fait paraître une trentaine de titres qui confirment une volonté d’ancrer les intrigues du roman noir dans la réalité sociale et politique.

Plusieurs de ses ouvrages ont été publiés dans des collections destinées à la jeunesse (Syros-Souris Noire, «Page Blanche» chez Gallimard, Flammarion). Il est également l’auteur de nombreuses nouvelles qui décrivent le quotidien sous un aspect tantôt tragique, tantôt ironique, et dont le lien pourrait être l’humour noir.

Il a obtenu de nombreux prix (Prix populiste, Prix Louis Guilloux, Grand prix de littérature policière, Prix Goncourt du livre de jeunesse...), et en 1994, la Société des Gens de Lettres lui a décerné le Prix Paul Féval de Littérature Populaire pour l’ensemble de son œuvre. En 2009, il reçoit le Prix de la Presse des jeunes, du Salon du livre et de la presse jeunesse et du Syndicat de la presse des jeunes et en 2013 le Prix Polar du Parisien pour "Têtes de Maures".

Didier Daeninckx travaille en tant que journaliste à amnistia.net, un quotidien en ligne d’information et d’enquêtes.

Didier Daeninckx a reçu le prix Goncourt de la Nouvelle 2012 pour 'L'Espoir en contrebande' (Cherche-Midi), un recueil de vingt-six nouvelles.
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Source : www.editions-verdier.fr
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Bibliographie de Didier Daeninckx   (178)Voir plus


Didier Daeninckx et ses lectures


Quel est le livre qui vous a donné envie d`écrire ?

Martin Eden de Jack London


Quel est l`auteur qui vous a donné envie d`arrêter d`écrire (par ses qualités exceptionnelles...) ?

Il y a nombre de livres qu`on aurait aimé écrire, pour rester dans les immédiats contemporains, le Ravel de Jean Echenoz ou Les années de Annie Ernaux. Mais ce sont des lectures stimulantes. Ce qui est médiocre et rencontre un écho démesuré, c`est cela qui décourage. Et c`est de l`ordre du quotidien.


Quelle est votre première grande découverte littéraire ?

Les Sherlock Holmes de Conan Doyle. Je les ai relus de dix ans en dix ans en découvrant à chaque fois des livres différents. Le fait d`avoir été confiné dans la littérature « jeunesse » et « policière » a amoindri l`impact de son projet littéraire.


Quel est le livre que vous avez relu le plus souvent ?

Le comte de Monte-Cristo Là, on est vraiment jaloux de ne pas l`avoir écrit. Et cela n`a rien à voir avec les adaptations cinématographiques ou télévisuelles qui censurent tous les aspects radicalement sulfureux de ce livre de vampire.


Quel est le livre que vous avez honte de ne pas avoir lu ?

Belle du Seigneur me décourage à chaque tentative.


Quelle est la perle méconnue que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs?

Justice sanglante de Thomas de Quincey dans la traduction publiée aux éditions José Corti dans la collection Romantiques. Un texte fulgurant, écrit en 1838, et qui annonce le roman noir avec une vision prophétique sur les drames du XXe siècle. Une déclinaison abâtardie en a été publiée au Seuil (collection Baleine) à éviter.


Quel est le classique de la littérature dont vous trouvez la réputation surfaite ?

Les œuvres romanesques complètes des frères Goncourt, dont le nom récompense le meilleur roman de l`année.


Et en ce moment que lisez-vous ?

Je viens de terminer la lecture d`un manuscrit de 700 pages qui brasse toute l`histoire de la Chine contemporaine. Un très grand bonheur. Orphelin de m`en être sorti. Sinon, D`écrire, j`arrête d` Alain Nadaud aux éditions Tarabuste. Un voyage en Tunisie, aujourd`hui, grâce à un écrivain véritable que l`édition dédaigne.



L`entretien de Didier Daeninckx avec Babelio : Octobre noir


Octobre noir est publié à l`occasion du Cinquantenaire de la nuit du 17 octobre 1961 pendant laquelle de nombreux Algériens sont tués à Paris lors d`une manifestation. Quand et comment avez-vous eu l`idée de faire cette bande dessinée ?

Le sujet, la collision du rock and roll et de la manifestation algérienne d`octobre 1961 me trottait dans la tête depuis un moment. le rock naissant, c`est la bande son de la guerre d`Algérie. On torture et les Chaussettes Noires font un tube avec « Tu parles trop ». Et le temple du rock, le Golf Drouot, se trouvait à Richelieu Drouot, sur le parcours de la manifestation.
L`occasion s`est présentée quand Aïssa Derrouaz, le fondateur des éditions Ad libris m`a contacté et m`a demandé si j`avais une idée de scénario autour du 17 octobre, un événement qui a marqué sa famille. Je lui ai proposé un synopsis qu`il a accepté, et Mako est entré en piste.


Avant cette bande dessinée vous avez déjà travaillé sur ce sujet dans certains de vos ouvrages (« Meurtres pour mémoire »). La bande dessinée permet-elle aujourd`hui de faire passer des idées à un public plus large ? Que vous apporte ce support par rapport aux autres ?

Non, ce n`est pas une question de marketing. J`ai appris à lire dans la bande dessinée, mes premières rencontres avec les « héros » se sont produites dans les cases des illustrés. Et je pense que des dessinateurs comme Tardi, Ferrandez, Juillard, Pinelli, David B. sont de grands romanciers.


« Meurtres pour mémoire » publié en 1984 évoquait déjà ce massacre. Est-ce que depuis les années 1980, vous avez été témoin d`un changement dans le discours de l`Etat et des médias ?

Oui, en près de 30 années, le travail des associations, des écrivains, des cinéastes, des enseignants, a eu pour effet de mettre un sens sous cette date oubliée. Elle commence à figurer dans les livres de cours. L`enjeu essentiel de la qualifier pour ce qu`elle est : un crime d`État.


Dans les dernières cases, Mohand, à travers une chanson, adresse un message rageur au peuple français. Pensez-vous que la France a volontairement fermé les yeux (par racisme ?) sur cet épisode sanglant ?

Cet événement souligne toutes les contradictions de l`époque. Un état qui négocie l`indépendance en ayant dans son sein des ministres jusqu`auboutistes acquis à l`Algérie Française, d`autres qui veulent conserver le Sahara pour le pétrole, le gaz et les essais nucléaires. Un peuple français qui s`est peu à peu rallié à l`idée de la Paix en Algérie. Et une population algérienne de Paris et sa banlieue qui se bat elle pour la victoire et l`indépendance. le peuple français ne sera pas aux côtés des victimes, et le massacre suivant, celui de 9 militants communistes à Charonne, quatre mois plus tard, sera l`occasion d`opérer une sorte de rattrapage dans le non-dit. Et il y aura très rapidement la décision d`amnistie sur les crimes commis pendant la guerre d`Algérie ; amnistie qui se transformera en amnésie. du côté algérien, nombre de dirigeants de la Fédération de France du FLN qui avaient organisé la manifestation se retrouveront dans l`opposition au nouveau pouvoir. On taira leurs actions de l`autre côté de la Méditerranée.


On note la présence de deux historiens : Benjamin Stora pour la préface et Jean-Luc Einaudi, qui, lui, nous livre la liste des victimes). L`exactitude des faits était-elle votre première préoccupation pour ce récit ?

Le scénario est directement inspiré de la tragédie qui a frappé la famille de Fatima Bédar, et le fait que la relation de cette disparition avec le 17 octobre ait longtemps été niée obligeait à cette proximité avec la reconstitution du réel.


Mako, les planches sur Paris sont magnifiques même si le noir est la couleur dominante. La pluie et le froid que l’on ressent ressortent comme des éléments dramatiques. Comment vous êtes-vous pris pour restituer graphiquement l’atmosphère de cette nuit tragique ? Avez-vous effectué des recherches particulières ?

Mako : Je suis au service d`une histoire écrite, un scénario très dense, des dialogues et des ambiances soulignées... A moi de rendre le récit le plus narratif possible et de le rendre crédible. Respecter ce que Daeninckx souhaitait.
Je considère le noir comme une couleur à part entière. Mais c`est une évidence qui n`est pas toujours acceptée. J`ai déjà eu à faire à un éditeur qui sous prétexte de mise en couleur d`un album, désirait un dessin au trait uniquement.
J`ai subi des influences, gamin, des lectures de petits formats peu chers, dont la couleur était absente, j`y ai vu le travail de dessinateurs tel que Breccia, Pratt etc... sans savoir qu`il s`agissait d`eux. A l`époque ils ne signaient pas leurs BD. Je crois avoir été très marqué par ces gens là : rester efficace, un noir et blanc tranché au service d`une lecture fluide.
La restitution de cette époque troublée m`est venue sans grande contrariété, presque naturellement. Ce n`est pas très compliqué de rendre l`effet de la pluie sur les pavés par exemple, mais la documentation, fournie par Daeninckx, a été essentielle. Cela m`a rassuré et énormément aidé. J`ai fait quelques recherches complémentaires de mon côté, portant davantage sur les intérieurs, le mobilier d`époque, les voitures, la police etc., toujours dans un souci de lecture crédible du récit ....


La Guerre d`Algérie est présente en toile de fond mais n`envahit pas le récit qui reste focalisé sur la manifestation ainsi que sur le choix cornélien de Vincent/ Mohand, le personnage principal. L`idée était-elle de partir de l`individu pour raconter un évènement historique de plus large ampleur ?

Oui, c`est toujours le cas pour mon travail d`écriture. Un destin individuel qui s`inscrit dans un événement historique dont le principal intéressé n`a pas conscience.


Vincent/ Mohand doit choisir entre ses origines maghrébines et son futur dans un groupe de rock dans une France des années 1960 qui s`ouvre à la consommation de masse et où l`on voit émerger la culture jeune. Au-delà de ce contexte, voyez-vous ce personnage comme un symbole de toute une jeunesse actuelle partagée entre deux cultures ?

Oui, bien sûr. Quand j`ai écrit Meurtres pour mémoire, en 1983, ce regard était déjà présent avec le personnage de Kaïra Guelanine qui s`émancipe en adoptant les rites de la jeunesse des années 60 et que sa famille ne comprend pas.


Avez-vous d`autres projets d`écriture avec Mako qui signe les dessins d`Octobre noir ?

Rien de précis ensemble, à part des envies de continuer le mano en la mano. J`ai un recueil de nouvelles à paraître au Cherche-Midi, je termine l`écriture d`un roman pour Gallimard. Et un petit livre terminé, illustré par Mako : « Bagnoles tires et caisses » à paraître en novembre chez Jérôme Million.



Découvrez Octobre Noir, la bande dessinée de Didier Daeninckx et Mako aux éditions Ad libris :


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À quelques jours des municipales, le réel d'abord : Didier Daeninckx ouvre son tract Gallimard sur son déménagement : il quitte la Seine-Saint-Denis (93) pour s'installer dans le Val de Marne (94). Porteur de la mémoire de ces espaces, il revient sur les nombreux bénéfices dont ont bénéficié les mairies et les associations communistes à Aubervilliers, et plus généralement dans les banlieues rouges. L'écrivain, pour qui l'écriture reste un lieu de résistance, explore le roman fiction dans trois livres, publiés dans la collection Tracts chez Gallimard intitulé "Municipales : Banlieue naufragée" (2020), "Le roman noir de l'Histoire" (Verdier, 2019) et, paru en mars en folio Gallimard, "Artana ! Artana !". Il est l'invité de la Grande table aujourd'hui. La Grande table Culture d'Olivia Gesbert – émission du 11 mars 2020 À retrouver ici : https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-1ere-partie/saison-26-08-2019-29-06-2020 Abonnez-vous pour retrouver toutes nos vidéos : https://www.youtube.com/channel/¤££¤21De l'¤££¤11Facebook6khzewww2g/?sub_confirmation=1 Et retrouvez-nous sur... Facebook : https://fr-fr.facebook.com/franceculture Twitter : https://twitter.com/franceculture Instagram : https://www.instagram.com/franceculture

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Citations et extraits (685) Voir plus Ajouter une citation
annie   14 avril 2009
Cannibale de Didier Daeninckx
- "Tu vois, on fait des progrès : pour lui nous ne sommes pas des cannibales mais seulement des chimpanzés. Je suis sûr que quand nous serons là-bas, nous serons redevenus des hommes." (p. 41)
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Didier Daeninckx
petch   08 février 2013
Didier Daeninckx
Depuis la nuit des temps les enfants naissent en pleurant comme s'ils pressentaient ce qui les attend.
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Harioutz   09 avril 2020
Le roman noir de l'Histoire de Didier Daeninckx
Les haïkus de Reims



Toute la journée, la cathédrale avait brûlé. J'étais alors en dehors de la ville, face au fort de Brimont d'où partaient les obus incendiaires, enfoui dans une tranchée que nous avions reprise à l'ennemi trois jours plus tôt.

A l'aide du petit périscope que ma sœur m'avait envoyé en pièces détachées que j'avais patiemment assemblées, je pouvais apercevoir les artilleurs allemands éjectant les douilles de cuivre des culasses fumantes.

Entre deux explosions, on pouvait entendre les ordres hurlés par les officiers de la batterie pour que la troupe garde le rythme.

Les bombes volantes passaient à quelques mètres au-dessus de nous et leur souffle chaud faisait voler les pans de nos vareuses. Nous étions une trentaine d'hommes bloqués là, dont la mission consistait à observer les mouvements, à transmettre les positions adverses pour le réglage de nos propres pièces d'artillerie.



Le premier poste de téléphone se trouvait à cinq cents mètres en retrait, et deux hommes avaient déjà payé de leur vie l'ordre que je leur avais donné d'acheminer à l'arrière le résultat de nos constatations.

Les incendies, qui ravageaient le cœur de la ville, jetaient une lumière rouge à des kilomètres à la ronde, et la moindre tentative de sortie équivalait à un suicide.



Pourtant, quelle n'avait pas été ma surprise de voir arriver trois hommes envoyés par le commandant du 33e régiment d'infanterie auquel notre bataillon appartenait. Le lieutenant Girard, que je connaissais pour avoir participé à ses côtés à la reprise de la ville la semaine précédente, avait fui mon regard quand il s'était approché de moi.

-Vous venez en renfort ?

- Non sergent … On a ordre de vous ramener à l'arrière ...



Un obus défectueux avait labouré la colline, à notre gauche, nous obligeant à nous jeter sur le sol boueux. Je m'étais relevé le premier.



- Me ramener à l'arrière ? Et pourquoi ?

- Ne posez pas de questions, sergent, et remettez-moi votre arme. Vous êtes aux arrêts de rigueur.



Le lieutenant Girard avait attendu que l'enfer ne soit plus qu'un purgatoire pour prendre le chemin du retour. A trois heures du matin, harassé, je m'étais retrouvé devant le commandant Faubert, flanqué de deux subordonnés, qui avaient agité devant lui une poignée de feuilles.



- C'est bien vous, sergent Lapie, qui êtes responsable de cette publication, de cette Gazette du 33e ?

- Oui mon commandant. Il s'en publie dans tous les régiments et j'ai même obtenu votre autorisation …



Il s'était laissé tomber sur son siège et avait ouvert le dernier numéro pour en lire quelques extraits.



- Oui, pour des textes patriotiques, pas pour des écrits sans queue ni tête comme celui-ci :



Des arrivages de chair

Bien fraîche, toute préparée,

Pour cette nuit sont signalés.



Ou pire encore :



Le moribond criait : Maman !

De l'arrière, le journaliste

A entendu : Vive la France !



On est là dans l'entreprise de démoralisation. c'est le général Combes, pourtant ami avec l'un de nos plus grands poètes récemment disparu, Paul Déroulède, qui m'a alerté. Vous connaissez Le Clairon, j'imagine ?



Il s'était mis à déclamer d'une voix vibrante :



L'air est pur,

La route est large,

Le clairon sonne la charge,

Les Zouaves vont chantant,

Et là-haut sur la colline,

Dans la forêt qui domine,

Le Prussien les attend.



J'avais rectifié ma position.

- Ce sont des poèmes d'inspiration japonaise, mon commandant, des haïkus ... Plusieurs de mes hommes en écrivent … Ils ne pensent pas à mal …

- Ce n'est pas à vous d'en juger. Et je ne vois pas ce que les Japonais ont à faire dans notre histoire ! Lieutenant, conduisez le sergent dans le quartier de force en attendant que je décide de la suite à donner à cette affaire.
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Harioutz   05 décembre 2019
Caché dans la maison des fous de Didier Daeninckx
Lucien Bonafé (1912 – 2003) étudie la médecine à Toulouse, où il croise l'épopée du cinéma d'avant-garde et l'aventure surréaliste.

Militant communiste, il est membre de la direction du Front National des médecins dès 1941 et met au point la première action d'assistance médicale lors d'un acte de résistance.

Médecin-directeur de l'hôpital de Saint-Alban en 1943, il anime la Société du Gévaudan, qui jette les bases d'une critique radicale des institutions d'aliénés.

Parallèlement, il transforme l'institution en lieu d'asile pour les résistants pourchassés, les Juifs traqués.

Il participe aux combats du mont Mouchet contre les troupes allemandes sous le nom de guerre de Sylvain Forestier, rendant ainsi hommage au dessinateur et sculpteur Auguste Forestier, dont l’œuvre fut découverte et encouragée par son grand-père, Maxime Dubuisson.

Il ne cesse de combattre pour que la lumière soit faite sur la mort de 40 000 malades mentaux internés dans les hôpitaux psychiatriques français, victimes de l'  « extermination douce », imputable aux directives sanitaires du régime de Vichy.



François Tosquelles (1912 – 1994). Psychiatre catalan, républicain marxiste et libertaire, il est condamné à mort par Franco et interné dans un camp de concentration français. Transféré à Saint-Alban comme infirmier, il devra recommencer toute sa formation en France.

Il est un des éléments essentiels de la transformation de cet hôpital, s'appuyant sur les travaux de Hermann Simon, pour lequel un établissement psychiatrique est un organisme malade qu'il faut constamment soigner.

Considéré comme l'un des concepteurs de psychothérapie institutionnelle, il a fortement influencé Jean Oury, Félix Guattari ou Henri et Madeleine Vermorel.



Paul Éluard (1895 – 1952). Lors de son séjour de quatre mois à l'hôpital de Saint-Alban en compagnie de son épouse Nusch, Paul Éluard crée les éditions clandestines de la Bibliothèque française imprimées sur les presses de René Amarger à Saint-Flour.

Il côtoie plusieurs patients qui s'expriment au moyen de la peinture, du tissage, de la sculpture, comme Aimable Jayet, Clément Fraisse et surtout Auguste Forestier, dont il acquiert plusieurs œuvres parmi lesquelles « Le Roi fou », « La Bête du Gévaudan » et un « Homme-coq ».

Il offre certaines de ses trouvailles à Raymond Queneau, Picasso et Dora Maar. Jean Dubuffet découvrira le travail d'Auguste Forestier lors d'une visite chez Paul Éluard, à Paris, à la fin du printemps 1944. Le concept d'art brut n'allait pas tarder à émerger.



Denise Glaser (1920 – 1983). Fille unique de commerçants juifs d'Arras, à l'enseigne de La Maison bleue, elle se replie à Clermont-Ferrand quand le magasin familial est aryanisé. Elle noue une relation avec son professeur de philosophie, Dominique Desanti, qui l'intègre dans un réseau de résistance, le Mouvement national contre le racisme, dont l'une des principales activités consiste à organiser l'accueil d'enfants persécutés.

Pourchassée, elle trouve refuge à Saint-Alban, où elle s'occupe des enfants du Villaret.

Après guerre, Jean-Toussaint Desanti la présente à Frédéric Rossif, et elle participe à l'aventure de la naissance de la télévision.

En 1959, elle crée « Discorama », émission devenue mythique, où elle interviewera tous les talents de la scène musicale, Brel, Brassens, Ferré, Gainsbourg, Barbara, mais aussi Xénakis, Miriam Makeba ou les étoiles montantes du rock.

Elle s'attire les foudres du pouvoir gaulliste en 1963, en programmant « Nuit et brouillard » de Jean Ferrat, chanson alors mise à l'index.

Gréviste en 1968, licenciée en 1974, elle finit sa vie dans la misère.
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Cancie   19 mai 2020
Passages d'enfer de Didier Daeninckx
Même en suivant ce qui se passe en Yougoslavie, on a du mal à imaginer des jeunes de notre âge qui partent à la guerre, qui perdent tout sens moral, qui tuent, massacrent, violent... J'essaye de montrer ce qui peut les conduire à devenir des tueurs, par quelles techniques de manipulation on fait croire aux jeunes que le cauchemar peut se substituer au rêve, que la guerre les libérera à tout jamais du carcan social, qu'elle leur apportera la fraternité, l'esprit de corps...
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Cancie   18 mai 2020
Passages d'enfer de Didier Daeninckx
Je me suis même tapé le "Monte-Cristo" en trois volumes qu'on m'avait offert pour Noël ! mes parents n'en revenaient pas ; mille cinq cents pages dans la semaine. Ils me disaient que j'allais m'abîmer le yeux à force de lire... J'ai répondu à ma mère qu'elle ne s'usait pas la langue à force de parler ! Ils se sont marrés, sauf qu'au fond de ma tête je pensais qu'on ne s'usait pas la queue à force de baiser, mais ça, je pouvais pas leur dire.
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nameless   29 novembre 2018
12, rue Meckert de Didier Daeninckx
- Ces minuscules pointillés qui délimitent les pays, sur les cartes de nos livres, à l'école communale, ne tracent pas des lignes sinueuses par hasard ! Il nous a fallu livrer nombre de combats. Qui dira combien de nos ancêtres sont tombés pour chacun de ces tirets imprimés ?

p. 185
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Lorraine47   15 décembre 2012
Missak, l'enfant de l'Affiche rouge (BD) de Didier Daeninckx
Ma chère Mélinée, ma petite orpheline bien aimée. Dans quelques heures je ne serai plus de ce monde. On va être fusillés cet après midi à quinze heures. Cela m'arrivera comme un accident dans ma vie. Je n'y crois pas mais pourtant, je sais que je ne te verrai plus jamais.
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carre   17 juillet 2016
Meurtres pour mémoire de Didier Daeninckx
il n’était pas rare au XIIIe siècle de voir la nourrice, dès que le bébé perçait des dents, mastiquer la nourriture avant de la glisser dans la bouche de l’enfant.
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LydiaB   23 septembre 2013
Le retour d'Ataï de Didier Daeninckx
Cette statue est un moulage du corps de la jeune femme, pratiqué juste après sa mort, et c'est les naturalistes qui l'ont intentionnellement habillée de cette manière simiesque. Pendant plus d'un siècle, des centaines de milliers de personnes ont défilé devant son effigie, et la grande majorité s'est donné bonne conscience. La répulsion, au mieux la moquerie, confortaient les Européens dans l'idée de leur supériorité.
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