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Emma Becker (Autre)
EAN : 9782290227169
416 pages
Éditeur : J'ai Lu (19/08/2020)

Note moyenne : 3.4/5 (sur 310 notes)
Résumé :
J’ai toujours cru que j’écrivais sur les hommes. Avant de m’apercevoir que je n’écris que sur les femmes. Sur le fait d’en être une. Écrire sur les putes, qui sont payées pour être des femmes, qui sont vraiment des femmes, qui ne sont que ça ; écrire sur la nudité absolue de cette condition, c’est comme examiner mon sexe sous un microscope. Et j’en éprouve la même fascination qu’un laborantin regardant des cellules essentielles à toute forme de vie.
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Critiques, Analyses et Avis (113) Voir plus Ajouter une critique
Jmlyr
  18 octobre 2019
Pourquoi ai-je lu ce livre ? Surtout après l'excellent " Les putes voilées n'iront jamais au paradis" de Chahdortt Djanvann ?
Je l'ai lu parce que j'avais zappé devant ma télé, étais tombée sur la Grande librairie, ils finissaient de le présenter, et je m'étais dit " Les paroles de prostituées permettent sûrement de prendre la température sociale actuelle dans ce domaine " en Allemagne en tout cas.
Flammarion et son titre me faisaient de l'oeil.
Je trouvais la démarche d' Emma Becker, écrivaine dont j'ignorais tout, à la fois curieuse et courageuse, même si je ne l'approuvais pas. S'enfermer deux ans dans une maison close pour écrire sur le sujet, il fallait quand même être motivée.
Dès les premières pages, j'ai failli abandonner : je n'avais pas demandé à lire un porno. ( Je comprends mieux la tête de ma bibliothécaire !) Et puis j'ai vite compris, puisqu'elle écrit sur ses aventures amoureuses, qu'elle était très encline à des pratiques particulières et libertines, , et jeune déjà n'avait pas hésité à recourir aux services d'une femme en la monnayant, pour faire plaisir à son chéri. (Je spoile si peu).
Je ne juge pas, mais j'ai compris qu'elle avait déjà des aptitudes et des appétences pour le commerce du sexe, ce qui changeait un peu la donne.
Le recours à l'alcool et à des substances illicites est souvent de la partie, de jambes en l'air mais pas seulement. Elle doit bien se donner un peu de courage, elle aussi. Car tout client n'est pas tiré à quatre épingles, tant s'en faut !

……J'ai repris cette lecture après une pause et hésitation, mais au final, cette dame qui a écrit en sautant parfois du coq à l'âne,( euh !) une histoire qui semble par moment n'avoir ni queue ni tête, et j'arrête là les jeux de mots, se défend de faire l'apologie de la prostitution, mais on peut se poser la question.
Certes, elle dresse des portraits attachants, de femmes apparemment libres d'ouvrir ou de refermer leurs cuisses si monsieur ouvre le porte-feuille, mais est-ce la majorité ?
Quand on sait le nombre de femmes prostituées contre leur gré, qui en meurent parfois, et qui n'ont pas d'autre choix que de continuer, droguées à mort sous le joug de proxénètes mafieux, on se dit qu'elle, elle a fait une petite expérience bien cadrée, dont elle se targue, mais elle a vite pu quitter la vilaine maison qui ne sentait pas bon, quand les copines ont dû y rester, et savait dès le départ qu'elle arrêterait quand elle voudrait.
En somme, elle s'est fait plaisir, non ?
Le livre n'était-il pas simplement prétexte à assouvir un fantasme, et là je vais peut-être loin, mais la question peut être posée, même si elle a raconté ces quelques prostituées et amies.
Son style m'a semblé très inégal, comme la réalité dans la prostitution, y compris celle des maisons closes légales.
Quant à certains hommes, les siècles passent, mais pas leurs besoins ni leurs obsessions !
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Fandol
  09 décembre 2019
Emma Becker, rencontrée grâce à la Librairie La Parenthèse, à Annonay (Ardèche), est forte d'un courage extraordinaire, courage qu'elle exprime au travers d'une écriture sensible, précise et sincère. La Maison, son troisième livre publié, est une autofiction, pas un roman et son récit n'est pas linéaire.
Pendant deux ans, elle a exercé le métier de pute, mot qu'elle revendique, même si, chez nous, il est complètement dévoyé. Ce mot qu'elle préfère, de loin, à prostituée, elle le trouve d'autant plus tendre qu'il inspire une certaine terreur aux hommes.
Dès le début, elle tresse des louanges à la Maison, ce bordel berlinois démoli depuis, où elle a trouvé un accueil, une compréhension, une humanité qui lui ont permis de vivre une expérience qu'elle nous fait partager avec talent. Elle se livre avec beaucoup de franchise, nommant tout par son nom, sans faux semblant. Ce qu'elle raconte est donc cru mais jamais vulgaire car elle détaille quantité d'aspects de notre nature humaine dont le sexe constitue une base souvent méprisée ou galvaudée mais pourtant essentielle.
Contrairement à ce que peuvent prétendre ceux qui n'ont pas lu son livre, La Maison n'est pas une apologie de la prostitution. Souvent, Emma Becker dénonce ses abus, ses déviations, l'exploitation de ces filles, tout juste majeures, amenée de gré ou de force depuis les pays de l'est : Ukraine, Bulgarie…
C'est dans le premier bordel où elle a travaillé, le Manège, qu'elle a vécu la terreur des filles, abusées par la perspective de gains mirobolants, se retrouvant prisonnières d'un système qui les écrase. Emma Becker parle aussi des putes qui travaillent dans la rue car elle les a observées longuement avant de sauter le pas. Elle détaille les tenues obligatoires, le froid, l'attente, le plaisir vendu à la sauvette, dans un recoin, une voiture ou une pièce sordide.
Puis, c'est le Manège et la terreur que lui inspirent les hommes qui en assurent la sécurité et pourraient la retrouver lorsqu'elle décide de partir. Avec infiniment de tendresse, elle parle des filles qui travaillent dans ce cadre légal en Allemagne, contrairement à la France. Elle précise d'ailleurs que le fisc y trouve son compte.
Enfin, il faut parler des hommes dont elle détaille les demandes, les perversions ou les exigences parfois dangereuses mais c'est toujours une solitude, une frustration sexuelle qui ressortent au fil de chapitres dont une chanson et le nom de l'interprète sert de titre mais je dois avouer ma quasi ignorance du monde musical anglo-saxon… Seuls Donovan, The Bee Gees, Janis Joplin, The Mamas and the Papas m'évoquent des souvenirs alors que Téléphone avec Au coeur de la nuit sauve l'honneur francophone. Par contre, l'auteure le précise plusieurs fois, les Françaises ont la cote dans les bordels berlinois.
Emma Becker ne veut pas être jugée mais, enrichie par l'expérience, elle rend hommage à la féminité, à la complexité du plaisir féminin et à sa richesse. Elle a ressenti au fond d'elle-même ce que la prostitution produit dans l'esprit d'une femme et j'admire la franchise dont elle fait preuve dans ce livre réussi aussi sur le plan littéraire.



Lien : http://notre-jardin-des-livr..
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Bazart
  24 septembre 2019
Pour bien écrire sur un métier, il faut le vivre de l'intérieur : ce précepte qu'on prête à Hunter S. Thompson, l'inventeur du gonzo- journalisme mis en avant il y a quelques années par Terry Gilliam et Johnny Depp, n'en finit pas de faire des émules même auprès de jeunes diplômées de lettres françaises qu'on aurait pas forcément vu sur ce terrain là.
Et pourtant, Emma Becker, après deux premiers romans sortis plutôt discrètement, fait beaucoup parler d'elle en cette rentrée littéraire grâce à une technique largement influencée par gonzo -journalisme.
En effet, à 25 ans à peine, elle a décidé de partir il y a quelques années à Berlin, où, contrairement en France, les maisons closes sont autorisées, pour faire commerce de son corps dans deux établissements différents, d'abord le Manège, lieu sordide et peu avenant, puis à la Maison, qui donne son titre au roman et dont elle a ( elle l'assume totalement; on a donc envie de la croire) totalement apprécié l'experience.
Désirant tenter l'expérience de la prostitution dans un bordel allemand, et fasciné par ses personnalités hautes en couleur qu'elle a pu croiser notamment dans les romans de Louis Calaferte, Emma Becker évite largement le coté journalistique, frontal de son investigation.
Elle parvient à faire de son enquête immersive un objet littéraire d'une très grande beauté, enchaînant les portraits de femmes , dotée d'une vision très romantique - qui va totalement en opposition avec le coté glauque et sordide qu'on devrait attendre d'un tel sujet .
Endroit chargé d'odeurs, aux lumières tamisées et aux chambres poudrées, la Maison est le lieu de tous les fantasmes.
On suppose que tous les très beaux portraits dessinés par Emma Becker s'arrangent parfois avec la réalité, mais en les découvrant, on comprend un peu mieux la misère sexuelle des hommes et leurs grandes vulnérabilité et la féminité exacerbée de la figure de la prostituée qui en marchandant son corps, se met parfois en position de risque insensé (certaines situations décrites dans le livre font froid dans le dos) .
Cependant, celle ci se retrouve souvent avec un pouvoir énorme, celui de donner du plaisir et un peu de joie à des hommes qui en manquent cruellement ..
En explorant de fort belle manière la complexité des désirs et du rapport hommes femmes, ce roman aussi décomplexé que complexe est assurément un des grands livres de cette rentrée littéraire !
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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mollymon
  02 décembre 2019
Qu'est ce qui peut donc bien pousser une jeune femme sans souci financier à exercer le "plus vieux métier du monde" ? L'envie d'assouvir un fantasme ou la tentation de vivre une expérience extrême sous prétexte d'écrire un livre sur la prostitution ?
Du fantasme au passage à la réalité, il y a un gouffre qu'Emma Becker, apparemment très portée sur le sexe et de son propre aveu sujette aux "idées à la con", n'a pas hésité à franchir en travaillant pendant deux ans dans une maison close.
Alors qu'elle s'envisage impératrice de l'amour, la voici devenue ouvrière à la chaîne découvrant la face obscure du désir et qui, pour examiner au plus près la mécanique érotique et sexuelle, doit baisser sa culotte dix fois par jour pour un salaire horaire quand même très largement supérieur à celui du SMIC.
Après une entrée en matière au style assez soutenu et élégant dans laquelle l'auteure explique son rapport à l'érotisme et les raisons de sa démarche assez singulière , le récit devient moins captivant quand elle décrit son expérience proprement dite.
Dans une langue plutôt familière, faisant fi de toute fausse pudeur et n'hésitant pas à appeler un chat une chatte, les anecdotes concernant les pensionnaires et clients de la maison close se succèdent de façon assez monotone, au rythme ennuyeux des passes, émoussant sérieusement l'intérêt éveillé dans les premières pages. Arrivée au 3/4 du livre j'en ai eu plus qu'assez de cette surabondance de chair triste et j'ai laissé tomber cette lecture qui ne m'apportait rien : pas le moindre plaisir et pas la moindre piste de réflexion. Avant de refermer définitivement la porte de la maison, j'ai quand même jeté un coup d'oeil à la conclusion qui m'a laissée... perplexe.
Si l'expérience d'Emma Becker est assez "soft", donc forcément réductrice, il ne faudrait pas en oublier pour autant que pour un petit nombre de femmes qui se prostituent de leur plein gré, choisissent leurs clients, en apprécient certains et à qui cette vie convient, beaucoup trop d’autres se retrouvent prisonnières de réseaux de proxénétisme, condamnées à une vie de misère et de violence.
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rabanne
  04 avril 2020
Intriguée, j'ai eu envie de lire cet ouvrage après avoir entendu l'auteure dans plusieurs interviews.
J'ai lu cet ouvrage à la fois comme un témoignage intime et une enquête sociologique.
L'auteure parle, à travers son expérience personnelle de la prostitution (deux ans dans une maison close en Allemagne), du désir sexuel, de la représentation sociale, mentale et affective du corps (des femmes, des hommes), dans un contexte unique et particulier, plutôt protecteur et "privilégié"...
Certains passages ont retenu mon attention, surtout ceux où elle fait parler ses "soeurs", avec une lucidité et crudité désarmantes... D'autres digressions m'ont paru quelque peu redondantes, poussives et parfois même ennuyeuses (200 pages, peut-être un peu trop long pour le sujet).
Un ouvrage pas inintéressant, mais qui m'a captée de façon trop inégale.
---------------------------
NB : je m'aère de ma lecture en cours (un pavé de 894 pages !) en lisant des ouvrages téléchargés sur mon appli Kindle, que j'ai l'impression de lire vraiment plus vite que s'ils étaient en format papier, étrange sensation...
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critiques presse (3)
LeMonde   23 décembre 2019
Dans « La Maison », paru cet été et succès critique et public, Emma Becker décrit deux années passées par choix dans des bordels de Berlin. Attaquée par des féministes, l’écrivaine revendique y avoir trouvé une forme d’émancipation.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Lexpress   13 septembre 2019
Avec La Maison, la romancière Emma Becker tente l'expérience de la prostitution à des fins... littéraires. Résultat : un roman hypnotique.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Bibliobs   27 août 2019
En 370 pages, cette petite sœur de Grisélidis Réal – même style lapidaire et même sidérante humanité – fait tomber tous les tabous, préjugés, médisances, hiérarchies, qui, des deux côtés du Rhin, s’attachent à ce très vieux métier.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations et extraits (107) Voir plus Ajouter une citation
rabannerabanne   03 avril 2020
Il s’était penché sur elle, attendant son accord pour effleurer du bout des ongles la courbe de sa cheville, jusqu’au creux du genou.
«Tu serais étonnée de réaliser qu’un effleurement aussi infime peut t’exciter. C’est un exercice, bien sûr. Ça demande de l’abandon, et Dieu sait que ce n’est pas facile lorsqu’on fait ton métier. Mais ça pourrait te réconcilier avec la douceur. Tu as besoin de douceur, Hildie, comme toutes les autres.»
Hildie n’y avait pas accordé d’attention. Elle craignait, au fond, de découvrir qu’il existait une autre forme de sensualité qu’elle était obligée de dédaigner et qui l’aurait beaucoup plus épanouie.
+ Lire la suite
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rabannerabanne   04 avril 2020
Se voir neuve, fraîche dans ces yeux sombres est comparable à une ivresse nouvelle. Elle avait oublié le frisson qu’il y a à regarder un homme qui vous regarde et ne sait pas s’il vous aura. Qui l’espère. Qui prend son élan, tapi dans l’ombre. Un homme qui n’envisage pas qu’il y ait eu, juste un peu plus tôt, un moyen autrement plus expéditif d’en venir au fait.
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JmlyrJmlyr   20 octobre 2019
Certains soirs me manque mon âme telle qu'elle est vraiment, grivoise, malsaine et pourtant régie par sa morale à elle, préoccupée, en veille comme au repos, par cette science de la jouissance et les façons d'apporter ma pierre à ce bel édifice turgescent - le monstre que je suis certains soirs me manque.

Page 245
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FandolFandol   11 décembre 2019
- Ah, ne m'énerve pas, j'ai vu comme tu la regardais.
- Parce qu'elle était jolie !
- Je suis ravie de te l'entendre dire. Et tu me donnes raison ; peut-être que leur boulot, au fond, ce n'est que d'être jolies et désirables, mais la différence entre celles que tu regardes et celles que tu ignores, c'est le supplément d'âme qu'elles mettent à t'accrocher.
- Donc, ce sont des actrices.
- Potentiellement les plus grandes actrices. Une pute qui te donnerait l'impression de la posséder vraiment, une pute qui te ferait oublier ce qu'elle t'a coûté, c'est la quintessence de l'actrice, il n'en faut pas d'autre.
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FandolFandol   18 décembre 2019
Il y aura toujours des gens, hommes ou femmes, pour vous soutenir mordicus le contraire - que la coke fait bander ou qu'elle augmente la libido. La vérité, c'est que s'il est possible d'obtenir une érection viable et une propension gênante aux confidences - entre autres sexuelles -, passé le premier rail, il est quasi impossible de jouir, et la soif de mondanités s'étiole dès qu'il s'agit de passer à l'acte et de lâcher prise. Faire l'amour, ou ressentir du plaisir, ne suscite plus qu'une indifférence crasse.
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