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ISBN : 2081470411
Éditeur : Flammarion (21/08/2019)

Note moyenne : 3.73/5 (sur 11 notes)
Résumé :
J’ai toujours cru que j’écrivais sur les hommes. Avant de m’apercevoir que je n’écris que sur les femmes. Sur le fait d’en être une. Écrire sur les putes, qui sont payées pour être des femmes, qui sont vraiment des femmes, qui ne sont que ça ; écrire sur la nudité absolue de cette condition, c’est comme examiner mon sexe sous un microscope. Et j’en éprouve la même fascination qu’un laborantin regardant des cellules essentielles à toute forme de vie.
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Zarps
  17 août 2019
Pour de nombreux lecteurs, l'imaginaire de la maison close est celui De Maupassant : de Boule-de-Suif à la Maison Tellier. Les maisons de tolérance étant interdites en France depuis la fin des années 40, il n'y a plus guère de littérature à ce sujet. Mais il y a des débats, qui reviennent régulièrement, avec leur lot de polémistes, moralistes et autres éditorialistes pour nous livrer leur avis sur la question : doit-on autoriser des bordels en France ?
Emma Becker est une écrivaine en immersion. Pendant 2 ans, elle s'est prostituée dans une maison close de Berlin. Mais pas n'importe laquelle. La Maison. Petite entreprise familiale où les filles sont travailleuses indépendantes, décident de leurs horaires, de leurs tenues et parfois même de leurs clients. La narratrice est arrivée dans ce lieu par défi après une conversation avec son amant, et elle y est restée 2 ans parce qu'elle y était bien.
C'est un lieu féminin où l'on accueille des hommes. Ce qui donne un livre sur les femmes bien plus que sur les hommes. Parce que si l'on connaît dans les grandes lignes ce pourquoi les hommes franchissent la porte, on connaît beaucoup moins ce qui se passe entre les passes.
Pas d'apologie béate de la prostitution, mais un récit très personnel, bien écrit (et pourtant il n'est pas si simple de parler de sexe pendant 300 pages sans tomber dans la vulgarité ou dans une forme de monotonie), et qui se lit avec passion. Mention spéciale pour les dernières pages, notamment quand Emma Becker s'imagine dans la peau d'un homme et ce qu'elle ferait alors dans la chambre. le tout est émaillé d'une bonne playlist qui accompagne parfaitement la lecture du roman.
La part belle est donnée à la sororité et c'est plaisant de lire des pages sur la prostitution écrites par une femme. Parce que ce sujet nous appartient tout autant et qu'il est temps de livrer un regard féminin et contemporain sur nos soeurs du pavé.
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m3lani3
  10 juillet 2019
Intéressante, choquante et parfois drôle ou perchée.
L'auteure se donne comme mission de rendre leur humanité aux putes.
Ne plus les exclure au ban de la société comme des être cupides, sans âme, et plein de vices. Pour se faire, elle s'appuie sur sa propre expérience dans deux maisons closes allemandes. ( La prostitution étant légale en Allemagne).
Elle n'évoque donc que les femmes qui ont choisit de se prostituer (contrairement à celles issues de la traite des blanches par exemple). Et elle nous ouvre les portes de ce monde où le corps de la femme - exagérément féminin par sa tenue et ses poses - est un outil face aux divers clients.
Sa vision de la sexualité et du désir féminin ne fera certainement pas l'unanimité. Mais j'ai trouvé intéressant et souvent pertinent son regard sur le désir féminin. Et sur la place de celui-ci dans la société actuelle où il est souvent cantonné à des stéréotypes difficilement dépassables pour les femmes comme pour les hommes.
Un livre qui fait réfléchir que l'on soit d'accord ou non avec les vus de l'auteure.
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Celmarlil
  24 août 2019
Le thème de ce roman pourrait choquer, rebuter ou diviser...
En effet, il est question de prostitution, de sexe, de corps mais taratata pas de chichi, inutile de se voiler la face, c'est un fait, ça existe, c'est même le plus vieux métier du monde si l'on en croit l'adage !
Et puis la force de la littérature ne réside-t-elle pas dans sa capacité à tout dire mais à le dire bien ? Si tel est le cas, alors le contrat est respecté ! Pour commencer, sachez que vous allez rire à gorge déployée autour de certaines scènes cocasses. Et derrière ces rires, Emma Becker donne matière à réflexion. Inévitablement, vous allez vous interroger et repenser votre rapport à « ce milieu-là », à ces femmes, aux rapports entre les hommes et les femmes de manière générale.
Au fond, ce n'est pas un livre sur la prostitution, c'est un livre sur les hommes et les femmes, c'est un livre qui aime les corps et les âmes qu'ils soient beaux, abîmés, pervertis. Il y a moins d'amour et d'humanité dans les romans qui se revendiquent comme tels que dans ce roman où une femme fait la pute…
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Alexmotamots
  16 septembre 2019
J'ai toujours cru que j'écrivais sur les hommes. Avant de m'apercevoir que je n'écris que sur les femmes. Sur le fait d'en être une.
Dans ce dernier roman (mais s'agit-il d'un roman ou d'un récit ?) l'auteure parle d'une profession bien particulière : la prostituée, celle qui officie en maison close en Allemagne.
A Berlin, la narratrice commence son métier dans une maison pleine de jeunes filles de l'est rivée à leur smartphone en attendant le client. Mais cela ne lui convient pas.
Elle trouve alors La maison où chaque femme est libre de venir travailler ou pas, de refuser un client, de disparaître sans laisser d'adresse.
Il est vrai que la situation des prostituées est différentes en France, mais j'ai apprécié son analyse. Ce métier en appelle à la capacité des femmes à perdre leurs repères et à les retrouver tels qu'ils étaient à la même place (p.241).
Cette maison représente un endroit sur terre où ces femmes sont adorées, convoitées, réputées, flattées comme d'adorables despotes, (…) jalousées et acceptées (…°. Et c'est peut-être exactement le noeud du problème (p.249)
Peut-être que le jour où on offrira aux femmes des boulots convenablement payés, elles n'auront plus l'idée de baisser leur culotte pour compléter leurs fins de mois (p.255).
Le bordel est la part d'humilité inexorable de la société, l'homme et la femme réduits à leur plus stricte vérité – de la chair (p.356)
Elle m'a fait rire parfois, comme lorsque Paulette, archétype de l'Allemande, arrive au milieu de filles ukrainiennes.
J'ai été frappé par le rapport au temps de ces femmes qui attendent beaucoup. Parfois avec leurs camarades, parfois seules face à leur téléphone.
On sent dans ces pages, que la narratrice y a trouvé son bonheur pendant 2 ans. Et c'est là le principal.
L'image que je retiendrai :
Celle des beaux jours d'été à Berlin, à croire qu'il n'y a pas d'hiver.
Lien : https://alexmotamots.fr/la-m..
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Ottstef
  19 septembre 2019
Encore une fois je me suis laissé embarquer par les conseils de Busnel et sa « grande librairie » qui ne tarît pas d'éloges pour le roman « la maison » d'Emma Becker.
J'ai eu un peu de mal à le terminer. C'est plutôt bien écrit dans le style balzacien comme le dit la jolie Élodie Fondacci. Mais il y a trop de bite,chatte,cul ...Et notre Busnel qui ne trouve pas cela salace tout en voulant donner des leçons aux moralisateurs.Facile cher monsieur lorsqu'aucun contradicteur n'est présent sur le plateau . Bref je crois madame Becker lorsqu'elle écrit « Aussi égocentrique que la profession puisse l'être, elle n'arrive pas à la cheville du narcissisme qui boursoufle un écrivain comme moi, ». Bref vite lu mais avec difficulté et très vite revendu .
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critiques presse (2)
Lexpress   13 septembre 2019
Avec La Maison, la romancière Emma Becker tente l'expérience de la prostitution à des fins... littéraires. Résultat : un roman hypnotique.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Bibliobs   27 août 2019
En 370 pages, cette petite sœur de Grisélidis Réal – même style lapidaire et même sidérante humanité – fait tomber tous les tabous, préjugés, médisances, hiérarchies, qui, des deux côtés du Rhin, s’attachent à ce très vieux métier.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
BazartBazart   11 septembre 2019
Ce métier en appelle à la capacité des femmes à perdre leurs repères et à les retrouver tels qu'ils étaient à la même place. En somme, pouvoir baiser sans coeur et sans âme lorsqu'elles sont payées pour, mais hors du bordel, redonner en eux son pouvoir magiquen et aux mots du sexe tout leur sens, comme si aucune transaction jamais n'était venue pertruber la notion de sacré.
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BazartBazart   11 septembre 2019
Quant à toi, outre l'évidence que nous n'avions rien en commun, je ne t'intéressais pas parce que j'étais une pute. Il ne te venait à l'esprit que j'étais quelqu'un avec des trucs bêtes à dire comme tout le monde- voire plus que n'importe qui. J'ai retiré furtivement ma culotte.
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BazartBazart   11 septembre 2019
Je pense qu'elles ont toutes- que nous avons toutes une place en nous pour les filles et les clients; mais ce n'est pas le regret qui rempllit cet endroit profondément enfoui. Il serait déplacé de regretter que l'une de nous ait changé de vie, soit passée de l'autre coté du miroir. On sait toutes pourquoi on arrête.
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ZarpsZarps   15 août 2019
Bien sûr que c'est moins tragique d'être à la Maison plutôt que chez Lidl à s'escrimer pour un salaire risible ; la seule supériorité de la caissière sur la pute, c'est de pouvoir dire sans rougir ce à quoi elle occupe ses journées. Quoique sans rougir... Peut-être que le jour où on offrira aux femmes des boulots convenablement payés, elles n'auront plus l'idée de baisser leur culotte pour compléter leurs fins de mois - et le monde ira mieux alors, non ? Ou la morale ?
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mailys_babeliomailys_babelio   11 juillet 2019
Hier, je suis avec mon fils qui vide méthodiquement le placard à vêtements pendant que je fais son lit. Je cherche un boutis assez grand pour couvrir son matelas - et dans la commode du couloir, le premier à me sauter aux yeux est le dessus-de-lit de trois mètres sur trois que j'ai acheté lorsque la Maison a fermé. Il patiente là depuis cinq mois, plié à la sauvage, jamais lavé.
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Videos de Emma Becker (13) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Emma Becker
Pendant plus de deux ans, Emma Becker a travaillé dans une maison close de Berlin. Elle en tire son troisième ouvrage, en lice pour le prix Renaudot 2019. Une chronique douce et amère de la vie des prostituées et de leurs clients qui en dit long sur notre rapport au sexe, à l?amour, à l?argent. "La Maison", le nouveau roman d?Emma Becker est publié aux éditions Flammarion.
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