AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2081414430
Éditeur : Flammarion (16/08/2017)

Note moyenne : 3.31/5 (sur 21 notes)
Résumé :
M comme une histoire d'amour. Mais quand on a dit ça, on n'a rien dit. Ou alors, il faut tout dire.
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frMomox
Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
YANCOU
  16 août 2017
Moi qui me suis souvent posé la question sur l'effet qu'avaient produit des oeuvres telles que L'Idiot (Dostoïevski), Ulysse (Joyce), L'homme sans qualités (Musil) ou encore - notez ici le titre de votre pavé de littérature aux mille et une saveurs favoris, votre sequoia le plus grand et dont les feuilles sont couvertes de mots à vous seul connus votre Himalaya le plus inaccessible, etc. -, voilà que c'est Grégoire Bouillier, celui-là même dont j'ai lu par trois fois L'invité mystère (Allia, 2004) et me suis bien saturé de son autofiction intitulée Rapport sur moi (Allia, 2002), ce Grégoire Bouillier donc, que je pensais disparu dans une bouteille, qui vient poser ses 873 pages (pour ce premier tome) sur ma table à manger qui me sert accessoirement de bureau, étant personnellement, faute de place, dépourvu de ce meuble-là chez moi, ce Grégoire Bouillier disais-je donc encore, qui m'offre ainsi une tentative de réponse à ma question. Car c'est bien une oeuvre colossale que nous propose cet auteur qui rattrape son retard (deux livres et demi en dix-sept ans, c'était peu quand même) avec ce premier tome s'imposant (c'est le cas de le dire) comme une longue modulation de l'Invité Mystère, avec des thèmes récurrents (Zorro, le suicide, la série Dallas, le sexe, la passion, l'amour, la séparation, etc.) et dont le sujet central - quoique le centre dévie constamment - est régulièrement entrelardé de digressions souvent bienvenues. Il y a beaucoup de désenchantement dans ce livre (on pensera évidemment à Philippe Muray ou Baudoin de Bodinat), le style est direct, sec, avec une tendance à haranguer le lecteur, le secouer, lui faire lâcher prise avec le livre, impossible d'ailleurs de ne pas penser à Kafka (d'ailleurs cité dans le livre) ou même Dostoïevski (pour un certain nihilisme). Grégoire Bouillier pense sa vie, il est de ces écrivains que Søren Kierkegaard définit si bien en disant d'eux qu'ils sont existentialistes car ils travaillent des éléments voir la totalité, de leur autobiographie et prennent comme sujet leurs questionnement existentiels - et c'est bien le cas de ce Dossier M, un immense livre de ruminations sur l'art et l'amour, la littérature et la mort, un livre au final peu agréable, ce qui le rend - dans une époque comme la nôtre où l'on veut constamment nous faire croire qu'au fond "tout va très bien dans le meilleur des mondes" - extrêmement pertinent car l'on s'y perd à tel point que le temps ne s'écoule plus, il se disperse. Vivement le tome 2.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          252
Bazart
  10 octobre 2017
Vous voulez savoir à quoi ressemble L'OVNI de la rentrée littéraire? Lisez-si vous avez le temps et la vie le rapport M publié le 16 aout dernier chez Flammarion.
Sur près de 900 pages, Grégoire Bouillier, rédacteur en chef adjoint à Sciences & Vie et auteur du "rapport sur moi" il ya près de 15 ans, a écrit plus de 4,5 millions de signes durant six ans- un second tome de 900 pages paraitra en janvier 2018
Son histoire d'amour avec M qui l'a quitté est le pretexte à une loghorée verbale hors du commun, pleine de disgressions plus ou moins passionnantes et qui font le sel de ce roman fleuve impossible à lire en intégralité à moins d'avoir des journées qui font 36 heures!
Un roman aussi bavard qu'érudit pour un patchwork total d'archives, de critiques de films, de livres, de maild échangés, de dessins, de SMS... ce fourre tout totalement boulimique, intrigue au départ mais finit par donner un peu mal à la tête...
Certains ont adoré d'autres ont détesté, difficile de savoir quoi penser de cet objet littéraire non identifié aussi ambitieux que prétentieux..

Lien : http://www.baz-art.org/archi..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          290
albufera
  01 mars 2018
Le dossier M dont la lecture entraîne une immense jubilation est la quintessence de l' introspection qui, sans être nombriliste, dépasse très largement les récits d' auto-fiction qui font vivre le genre. Grégoire Bouillier annonce la couleur en revendiquant l' exclusivité de sa subjectivité qui seule permet de saisir la réalité constituée par la perception. Au delà de la sincérité, une forme de vérité, peut-être la seule. C' est le récit intime et social d' un amour non consommé entre M. et l' auteur aujourd' hui cinquantenaire. Un raté amoureux grand-guignolesque qu' aucune errance sexuelle -à la fois cause et conséquence- ne parvient à éteindre. S' empilent devant nous les pièces du dossier M. consignant d' abord la rencontre puis la dérobade de M. dont il échoue à faire sa maîtresse. l'' enquête se poursuit alors là où normalement tout s' arrête en littérature. Que se passe-t-il une fois qu' ils ne vécurent pas heureux et qu' ils n' eurent pas d' enfant ?
Le tragique de cette histoire nait de l' incertitude de ce qu' est l' amour sur fond de liberté sexuelle qui ne connaît plus les obstacles de la morale, à peine ceux de la séduction à l' ère du web et de la disponibilité des corps. L' auteur tente pourtant de nous convaincre du contraire, écrivant de façon récurrente que l' amour ne serait que la continuité du désir sexuel par d' autres moyens plus policés. Mais l' épopée de Grégoire Bouillier vient jeter le doute à la lecture des pièces versées au dossier M qui gagne inexorablement en épaisseur selon différents niveaux marqués par des chiffres. On comprend très rapidement que le dossier M ne peut-être que l' interminable récit littéraire de impossibilité d' aimer et d' être aimé qui frappe Grégoire Bouillier, moteur d' un texte sans fin comme une cure analytique peut l' être , puisque cet amour malheureux est le prisme à travers lequel l' auteur vit et pense chaque acte de son existence présente, passée… et future. N' est-il pas condamné à une "peine de 10 ans » prononcée par une voix en conclusion du volume 1? le tome 2 le dira peut-être. Car nous ne sommes sûr de rien, pas plus que l' auteur ne l' est lui-même. Une incertitude qui nourrit l' intérêt qu' on porte au dossier M. dont l' effet sur le lecteur est paradoxal: tout y est analysé minutieusement à la loupe et disséqué avec le scalpel du chirurgien sans que nous sachions au final ni pourquoi il a été quitté, ni ce qui se serait passé s' il ne l' avait pas été.
La grande idée de Grégoire Bouillier est de lier son destin et ses pensées à son "éco-système" social au lieu de se contenter d' une psychologie individuelle. On cherchera en vain les mots de la psychanalyse, même s' il est question d' une scène primitive puis d' un traumatisme récurrents tout au long du livre: une mère suicidaire et un suicide obsédant dont l' auteur veut connaître sa part de responsabilité. Grégoire Bouillier forge ses propres catégories psychologiques, liant son être intérieur et son destin individuel à l' air de son temps -le nôtre- qui laisse peu de place au libre arbitre. La liberté se confond avec l' ignorance des causes et cesse là où nous commençons à les comprendre. Son analyse des années 80 -années du passage pour l' auteur à plus de maturité - est d' une grande pertinence sociologique et d' une grande drôlerie dans un livre qui ne manque pas de susciter le rire: nous sommes passés de Zorro à Dallas, du héros individuel au salaud devenu héros, ce qui ne manque pas de déteindre sur les comportements collectifs, sans qu' on sache très bien démêler cette dialectique. Mais qu' importe de savoir distinguer le miroir de ce qui s' y reflète.
La langue de Grégoire Bouillier crée une intimité avec le lecteur, souvent interpellé, sur un registre oral en apparence seulement: la fluidité du texte est assurée par un travail certain sur la langue. Ce livre n' aurait pu être qu' une logorrhée indigeste mais la finesse d' analyse qui s' accompagne de digressions plaisantes et d' une diversité de formes stylistiques -énumération, poésie, retranscription de mail…- relance sans cesse notre intérêt et notre admiration.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
mariecloclo
  17 avril 2018
Un ouvrage qui sort du commun ! Difficile à classer : s'agit-il d'une autofiction, d'un journal intime, d'un roman d'amour ?
En tout cas, c'est une sorte de performance littéraire, un pavé de plus de 800 pages. Il s'agit d'une histoire d'amour vécue par l'auteur, Grégoire Bouillier. Mais il ne s'agit pas que de ça car nombreuses sont les digressions, les apartés, les évocations de souvenirs, on trouve même des dessins.
Il s'agit d'auto-fiction : Grégoire raconte sa rencontre avec une stagiaire du journal pour lequel il travaille, elle s'appelle MB et a 16 ans de moins que lui. Il évoque dans le détail leurs rencontres, leurs discussions, il retranscrit même leurs échanges de sms. Il tombe amoureux immédiatement mais M. n'est pas du même milieu social que lui, elle est issue d'une famille bourgeoise aisée, de plus, elle est fiancée. Grégoire va tenter de la séduire avec des mots, mais M. cédera t'elle à ses avances ?
J'avoue avoir un peu sauté des pages, j'avoue m'être un peu ennuyée et avoir trouvé Grégoire horriblement narcissique. Mais au final, j'ai aussi souri, je me suis reconnue dans certaines réflexions...
Enfin, une initiative littéraire originale et qui peut par ailleurs présenter un intérêt sociologique tellement il y a de détails sur la vie d'un homme autour de la cinquantaine, aujourd'hui, en France.
Si vous n'avez pas peur des gros ouvrages, si l'autofiction ne vous rebute pas, je vous recommande ce livre. J'attends un peu pour lire le tome 2...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
BJFenimore
  28 février 2018
Mais quel est donc cet OLNI (objet littéraire non identifié) ? Déjà plus d'un mois que j'ai fini ce pavé de presque 900 p. et je n'arrive toujours pas à réaliser ce qui s'est passé dans ma rencontre avec l'écriture de Grégoire Bouillier. C'est une autofiction et j'ai souvent du mal avec ce genre littéraire. Mais là, l'auteur fait sauter tous les codes littéraires : il écrit, écrit sans jamais se perdre dans sa pensée même s'il prend le risque de perdre le lecteur dans toutes ses digressions. Et si vous êtes toujours là, prêt à le suivre, il vous invite à aller plus loin et lire le complément de ses réflexions sur le site internet dédié au Dossier M.
De quoi il retourne ? Un gars qui est en couple (avec S.) fait la rencontre d'une autre femme (nommée M.). Il rompt, s'en suit un jeu de séduction avec M. auquel il décide de mettre fin de guerre lasse.
Banalité extrême. Comme l'écrivait Colette « L'amour parfait se raconte en trois lignes : Il m'aima, je L'aimai, Sa présence supprima toutes les autres présences ; nous fûmes heureux, puis Il cessa de m'aimer et je souffris… »
Mais Grégoire Bouillier réussit le tour de force de nous faire pénétrer dans tous ses états d'âme successifs, et nous livre son Moi sur un plateau : Je suis aujourd'hui parce j'ai vécu. Grégoire Bouillier pense et agit (ou pas d'ailleurs) parce qu'il a regardé Zorro puis Dallas, parce que sa mère est suicidaire ou parce qu'il a tué involontairement à 10ans une mésange (et là encore, méfiance avec l'autofiction). D'ailleurs il vous raconte tout ça, digresse sur l'argent, la société, la mort, l'amour…Parce que ce Tout fait ce qu'il est : voilà pourquoi il est tombé amoureux, voilà pourquoi il a mis fin à cet amour impossible et nocif, voilà pourquoi son ami Julien s'est suicidé.
Au gré de son roman, de son histoire, Grégoire Bouillier m'a emballée, m'a fait rire, m'a perdue et lassée, m'a bouleversée (à ce jour selon moi il aura écrit la plus belle lettre de rupture d'un amour impossible), m'a questionnée et m'a agacée. Génie ou imposteur ? Je n'ai pas encore décidé.
Le Tome 2 m'attend, on en reparle dans quelques mois.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20

critiques presse (4)
LeFigaro   29 septembre 2017
Un océan autofictionnel de 800 pages. Curieux.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Lexpress   05 septembre 2017
Dans son ouvrage, Grégoire Bouillier décrit sa vie sentimentale minute par minute en 1800 pages tragi-comiques. Ce premier tome est fascinant.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Lexpress   05 septembre 2017
Dans son ouvrage, Grégoire Bouillier décrit sa vie sentimentale minute par minute en 1800 pages tragi-comiques. Ce premier tome est fascinant.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LeMonde   01 septembre 2017
Avec Le Dossier M,­ Grégoire Bouillier forme une entreprise qui n’a pas eu beaucoup d’exemples et dont l’exécution n’aura sans doute guère d’imitateurs.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
BazartBazart   10 octobre 2017
Mais quoi? Ce n'est pas moi qui décide des pensées qui me traversent l'esprit. Mes pouvoirs ne vont pas jusque là. J'aimerais d'ailleurs devenir minsucule et me glisser parfois dans la tête des gens, afin de surprendre ce qu'ils se racontent eux aussi comme somptueuse conneries, lorsqu'ils mordent la poussière et se retrouvent perdus dans leurs pensées.
Commenter  J’apprécie          170
YANCOUYANCOU   12 septembre 2017
"... et quand je songe que la journée mondiale de la femme précède la journée mondiale de la plomberie, je me dis que je préfère encore célébrer ma propre existence. Je me dis qu'il ne faut pas que je me conforme à un temps qui n'est pas le mien et, un jour, je m'amuserai à remplir mon propre avent de tous les événements qui me sont personnellement arrivés depuis ma naissance et ce jour restera comme le jour où je serai parvenu à étaler devant moi le spectacle de toute ma vie et celle-ci m'apparaîtra alors sous un nouveau jour, justement. D'un jour à l'autre, elle révélera des passages dans le temps, des effets tunnels, des liens secrets et des galeries souterraines jusqu'ici insoupçonnées. Elle tissera des coqs-à-l 'âne qui me plongeront dans des réflexions toujours plus diverses et variées et qui sait si un fil conducteur ne surgira pas de façon inopinée et ce ne serait pas pour me déplaire".
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
YANCOUYANCOU   16 août 2017
"mais je ne vais pas commencer à digresser ici et maintenant sur les fantômes qui hantent ma vie et, quoi qu'il en soit, il n'est pas question que je cherche à gagner davantage de temps à noyer encore plus profond le poisson que le suicide de Julien m'a accroché dans le dos dans l'espoir que personne ne se rappelle à la fin de cette phrase ce que j'ai dit en la commençant."
Commenter  J’apprécie          40
YANCOUYANCOU   26 août 2017
"À force de mesurer les écarts à l'idéal. De constater les interférences sur la ligne. Cette friture de l'autre. Sans pour autant remettre en cause les délicieux instants passés avec lui. L'attirance éprouvée. L'histoire qui se dessine. Mais la relativisant désormais. Voyant à présent le tableau dans son ensemble et l'accrochant à son mur, pour voir s'il rend bien ou pas tant que cela. Le mettant en perspective. Selon l'idée acquise que des espaces infinis peuvent être évoqués dans un espace réduit. Idée démoniaque s'il en est. Si l'on y réfléchit. Et pas seulement à l'arrière d'un taxi."
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
rkhettaouirkhettaoui   28 décembre 2017
C'était à la fois diffus, opaque et électrique. Et puis rouge et noir et jaune, s'il faut donner des couleurs. Un bourdonnement dans les oreilles aussi, mais je n'en suis pas sûr. C'est flou dans ma tête. D'autant plus flou que tout s'est passé très vite et que je ne m'attendais pas à m'évanouir. Je ne m'y attendais pas du tout. Je n'étais aucunement préparé à ressentir les effets de ce que les médecins appellent une anoxie cérébrale, comme j'ai appris plus tard que les médecins appellent cette sensation irrésistible de perdre soudain conscience, de partir sans savoir où, et sans vouloir la ramener, voici une expression que j'ai comprise ce soir-là et que je crois avoir comprise au-delà du vocabulaire qui donne aux médecins le sentiment de savoir mieux que leurs patients de quoi ils souffrent et un philosophe allemand parlerait peut-être ici de « jargon de l'authenticité » et ils sont forts ces philosophes allemands.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
Video de Grégoire Bouillier (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Grégoire Bouillier
Le 04.03.18, FabCaro évoquait dans "Remède à la mélancolie" (France Inter) "L'Invité mystère" de Grégoire Bouillier.
autres livres classés : autofictionVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frMomox





Quiz Voir plus

Les Amants de la Littérature

Grâce à Shakespeare, ils sont certainement les plus célèbres, les plus appréciés et les plus ancrés dans les mémoires depuis des siècles...

Hercule Poirot & Miss Marple
Pyrame & Thisbé
Roméo & Juliette
Sherlock Holmes & John Watson

10 questions
2879 lecteurs ont répondu
Thèmes : amants , amour , littératureCréer un quiz sur ce livre
. .