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EAN : 9782246783527
336 pages
Grasset (23/10/2013)
4.07/5   219 notes
Résumé :
Ce livre est à l’origine l’histoire d’une amitié entre deux femmes de deux générations différentes, l’une romancière et pionnière du féminisme, l’autre dessinatrice et pionnière de la bio-graphique, telle qu’elle la nomme.

"J’avais ressenti le coup de foudre de l’amitié dès ma première rencontre avec Catel. J’ai vraiment eu l’impression, en la voyant s’emparer de ma vie, d’entrer dans un univers de liberté, de vérité et d’humour. J’ai pu dire "Bravo, ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (37) Voir plus Ajouter une critique
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Ziliz
  05 juillet 2014
Malgré ses réticences à l'égard de la bande dessinée, Benoîte Groult a accepté que Catel écrive et illustre sa biographie dans un "roman graphique".
Cet album est le fruit de rencontres et de longues discussions entre ces deux femmes devenues amies. Benoîte Groult se confie sur sa jeunesse et ses rapports difficiles avec une mère "libre" et paradoxalement castratrice. Elle évoque sa vie de femme - ses trois filles, ses maris, ses amants. Et bien sûr sa carrière de journaliste, de romancière et d'essayiste, ses combats pour la condition féminine et son engagement en faveur de l'euthanasie.
Catel avait montré ses talents de scénariste et d'illustratrice dans les biographies consacrées à Olympe de Gouges et à Kiki de Montparnasse. Elle les confirme dans cet album, et l'exercice était cette fois d'autant plus délicat que le 'sujet d'étude' a pu collaborer et avoir un oeil critique sur le travail.
Les albums de Catel sont des pavés, les textes des bulles parfois longs. Mais nul symptôme d'indigestion à la lecture. Cette auteur ne dilue pas, elle fouille et explicite entre anecdotes et propos plus universels, elle étoffe sans étouffer.
Catel est douée pour mettre ses protagonistes en valeur, grâce à son trait doux et fin - les visages sont souriants, souvent pétillants voire espiègles, les personnages dynamiques, rajeunis. Grâce également aux qualités qu'elle leur attribue, mais sans excès, sans complaisance. On voit ainsi s'exprimer des faiblesses et des contradictions de Benoîte Groult qui peuvent la rendre antipathiques, et ce portrait n'en est que plus crédible et intéressant.
Un album riche, à la fois intéressant et beau - agrémenté de jolies aquarelles.
A découvrir, tout autant que les deux autres ouvrages de Catel parus à ce jour : 'Kiki de Montparnasse' et 'Olympe de Gouges'.
Trois portraits brillants de femmes libres qui ont marqué leur époque.
Trois contextes socio-historiques différents dans lesquels ces femmes, qui ont revendiqué le droit de se comporter 'comme des hommes', ont eu à affirmer leur singularité.
PS : Catel travaille actuellement sur une biographie de Joséphine Baker.
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boudicca
  04 mars 2015
De Benoîte Groult, on peut lire qu'elle fut l'une des figures centrales de la lutte pour les droits des femmes en France dans la seconde partie du XXe siècle. Et pourtant, à ma grande honte, c'est une femme dont je n'avais jusqu'à présent jamais entendu parler. L'erreur est désormais rectifiée grâce à « Ainsi soit Benoîte Groult », roman graphique réalisé par la dessinatrice Catel dont les précédents ouvrages consacrés à deux autres personnalités féminines majeures (Olympes de Gouges et Kiki de Montparnasse) m'avait déjà séduite. Cette fois, l'artiste fait cependant le choix de nous relater nous seulement l'histoire de l'écrivaine et féministe Benoîte Groult, mais aussi la genèse et l'évolution de l'ouvrage lui-même. le résultat est passionnant et brosse le portrait d'une femme loin de faire son âge (93 ans à l'époque du récit), pleine d'humour (et d'un peu de mauvaise foi) mais aussi de détermination et de courage. Outre son enfance et ses différentes relations entretenues avec les hommes ou ses filles et petites-filles, l'ouvrage aborde les différents combats menés par Benoîte Groult pour les droits des femmes. L'écrivaine dénoncera notamment avec colère la pratique de l'excision et participera au milieu des années 1980 à une commission consacrée à la féminisation des noms de métiers (elle sera d'ailleurs nommée commandeurE de la légion d'honneur). Il ne s'agit cependant pas de son seul combat, l'écrivaine luttant également depuis de nombreuses années pour d'autres causes, notamment celle pour le droit à mourir dans la dignité.
L'ouvrage a également l'avantage de nous dévoiler les principales étapes de l'élaboration de ce roman graphique, Catel se mettant elle-même en scène au côté de Benoîte Groult et de leur entourage. le lecteur découvre ainsi la naissance d'une belle amitié créée au fil des rencontres, interviews et dîners organisés avec les différents membres de leurs familles respectives. Si les discussions animées et les moments de complicité échangés entre les deux femmes sont intéressants, certains « bonus » ajoutés à l'ouvrage sont cependant un peu superflu à mon goût (les nombreux croquis d'objets notamment). Il en va d'ailleurs de même du choix d'intégrer quelques lettres manuscrites écrites par les deux femmes et qui sont parfois difficilement lisibles. Ce choix narratif fournit cela dit l'occasion d'en apprendre davantage sur la dessinatrice elle-même ainsi que sur un autre roman graphique réalisé par Catel et son compagnon José-Louis Bocquet consacré à une autre figure majeure du féminisme, Olympe de Gouges, et paru peu avant cette biographie illustrée de Benoîte Groult. La plus grande force de l'ouvrage reste cela dit le portrait très instructif réalisé sur le statut de la femme dans la seconde moitié du XXe siècle qui permet de se rendre compte à la fois des formidables avancées de ces dernières années, mais aussi des régressions que l'on observe hélas de plus en plus aujourd'hui.
Un ouvrage captivant tant par son sujet que sa forme, les illustrations de Catel étant toujours aussi réussies et la description de l'évolution de la condition féminine tout au long du XXe siècle fort instructive. Benoîte Groult n'aime pas la BD (elle l'affirme à plusieurs reprises dans le récit), pourtant son entrée au panthéon des héroïnes du neuvième art est une vraie réussite. Ironie quand tu nous tiens...
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Julaye30
  02 février 2022
Après l'enthousiasme suscité par mes lectures d'Olympe de Gouges et de Kiki de Montparnasse, me voici plongée dans ce roman bio-graphique de Catel consacré cette fois à la femme de lettres Benoîte Groult.
Tout commence en 2008, lorsque Catel obtient une carte blanche pour une double page dans le journal Libération. Elle hésite d'abord entre Claire Brétécher (dessinatrice) et Benoîte Groult. C'est finalement chez cette dernière qu'elle se rend avec son compagnon José-Louis Bocquet dans sa maison d'Hyères.
Une fois passée sa réticence pour le 9ème art, Benoîte Groult accepte d'être le sujet d'une bande dessinée (réserve qu'elle garde cependant jusqu'à la fin de l'ouvrage). A nouveau, je n'ai pu être qu'enchantée par le talent de Catel à restituer les ambiances.
Le livre raconte l'enfance bourgeoise de Benoîte (prénommée Rosie) née en 1920, la relation complexe avec sa mère, créatrice d'un atelier de couture en vogue, très libérée sur le plan sexuel. Cette dernière apparaît assez dure avec sa fille (lui imposant un siège spécial pour qu'elle se tienne droite, le port de gants pour ne pas se ronger les ongles). Elle trouve sa fille trop obéissante, trop sage et lui préfère sa cadette Flora, blonde, charmeuse, qui partage son engouement pour la mode. Malgré leurs différences, Benoîte apprécie beaucoup sa soeur et écrira même un ouvrage avec elle : "Le piano à quatre mains". Avec son père, homme doux et discret, elle partage les passions de la pêche et du latin.
Les années de jeunesse sont une période durant laquelle la jeune fille se cherche, en quête de modèles féminins autres que ceux de son enfance, une volonté d'émancipation. On apprend qu'elle a même voulu rentrer au couvent "pour qu'on lui fiche la paix". Après l'obtention de son baccalauréat, elle change de prénom : elle devient Benoîte. J'ai beaucoup apprécié cette première partie, je me suis attachée à son personnage.
Ensuite, Catel interroge Benoîte sur ses relations amoureuses. Après avoir quitté son poste d'enseignante de latin, elle entre à la radiodiffusion où elle rencontre Georges de Caunes son deuxième mari. Elle a deux filles avec lui. La relation évoquée est assez particulière, son attitude contraste avec l'engagement féministe dont elle fera preuve par la suite. Elle subit de nombreux avortements clandestins. Puis, vient son histoire d'amour avec Paul Guimard, l'auteur des choses de la vie. Elle aura une fille avec lui.
A la quarantaine, elle s'intéresse de plus en plus à l'histoire des femmes, assiste à des réunions du MLF, s'engage contre l'excision. En 1975, la publication de son livre "Ainsi soit-elle" la fait passer du statut de bourgeoise à celui de féministe engagée. Amie de François Mitterrand, elle travaille avec Yvette Roudy à la féminisation du vocabulaire. On note d'ailleurs les divergences d'opinions des féministes à ce sujet.
La différence avec les autres romans graphiques évoqués plus haut (contrairement à Olympe ou à Kiki, Catel a pu rencontrer Benoîte), est que le récit est entrecoupé de conversations entre la dessinatrice et la féministe. Leurs multiples rencontres sont rapportées. Il y a des retours en arrière dans le temps et des dessins des lieux de vie de Benoîte viennent ponctuer le rythme, on assiste à des allers-retours entre sa maison d'Hyères et celle de Doëlan en Bretagne.
J'ai trouvé son personnage parfois contradictoire (par exemple le fait qu'elle évoque la reféminisation des femmes du XXIème siècle pour plaire aux hommes mais qu'elle ait eu elle même recours à la chirurgie ou qu'elle soit interpellée par l'usage du mot vagin sur une affiche). Je l'ai trouvée parfois un peu maladroite dans ses propos sur la bande dessinée à l'égard de Catel. Mais après tout, n'est-elle pas humaine? En résumé un ouvrage de qualité, très intéressant et qui ne cherche pas à faire un panégyrique (en tout cas c'est mon ressenti personnel). On assiste à la naissance d'une amitié sincère entre deux femmes de générations différentes. J'adore.
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kar29
  11 février 2021
Catel excelle dans les bios graphiques de grandes personnalités féminines. Après Olympe de Gouges et Kiki de Montparnasse, Catel nous présente la vie de Benoîte Groult, figure féminine et féministe, toujours avec cet humour et cette liberté de ton.
Un bonheur de découvrir ou redécouvrir cette personnalité attachante, si drôle et si libre. Elle s𠆞st étonnée quand Catel lui a proposée d’être héroïne de son livre et lui a répondu qu𠆞lle n’était pas fan de bande dessinée!!
Les dessins sont toujours aussi bien réalisés. Mention spéciale pour les dessins sur Doëlan (29) et Hyères (83), les deux paradis de Benoîte Groult.
L𠆚mitié et l�miration entre ces deux femmes se ressentent complètement.
Une belle leçon de féminisme et d’humanité, avec de nombreuses références historiques.
Passionnant.
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som
  27 janvier 2014
Bénis soit Catel de nous offrir cet opus sur Benoite Groult, dans la ligne droite de ses précédentes héroïnes. Femmes libérées, devenues libres de leurs choix et engagées dans la lutte pour les droits des femmes et plus largement des droits humains.
Les lecteurs de Benoite Groult retrouveront ici, avec plaisir, les principaux faits d'armes et l'impertinence de la romancière et néanmoins pionnière du féminisme, les autres se plongeront avec délice dans la vie d'une femme d'exception.
Ce roman graphique va au-delà de la simple biographie. Il raconte également une belle et touchante amitié entre deux femmes de générations et de milieux différents. Au cours de leurs rencontres, à Paris, en Bretagne ou à Strasbourg, Catel et Benoite se découvrent et s'apprivoisent mutuellement, entremêlent leurs récits, même si l'aînée résiste longtemps au charme de la bédé. Au fils des pages, une sorte de filiation s'installe alors que les confidences de Benoite remettent en perspective les difficiles avancées en matière de féminisme et du droit à mourir dans la dignité. C'est aussi l'occasion de revisiter près de 60 années de la vie culturelle et politique de la France.
Cerise sur le gâteau, entre ses planches toniques et passionnantes, Catel nous livre des extraits de ses carnets de notes aquarellées consacres aux paysages traversés, comme autant de d'échappées poétiques.
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critiques presse (7)
LaPresse   21 février 2014
Pour plusieurs d'entre nous, l'initiation au féminisme s'est faite par les livres de Flora et Benoîte Groult. Âgée de 94 ans, toujours prolifique et active, Benoîte Groult est inconnue des plus jeunes.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Lhumanite   20 janvier 2014
Le lecteur, pris au jeu de l’anecdote, se retrouve plongé dans l’intimité de leurs rapports, découvrant une vieille dame toujours incisive et vive. Catel se livre à son tour, comme dans un journal, dans ce roman graphique hybride qui alterne planches et croquis pris sur le vif.
Lire la critique sur le site : Lhumanite
ActuaBD   24 décembre 2013
Poursuivant sa série de biographies de femmes [...] Catel nous livre aujourd’hui la biographie d’une des grandes figures du féminisme en France. Un livre fait pour elle, avec elle et même... contre elle !
Lire la critique sur le site : ActuaBD
Culturebox   20 décembre 2013
Toute cette matière et ces récits entremêlés font d'"Ainsi soit Benoîte Groult" un récit riche, qui fait reconnaître à Benoîte Groult les vertus de la bande dessinée.
Lire la critique sur le site : Culturebox
BoDoi   06 décembre 2013
L’ouvrage est riche, porté par l’affection grandissante que se portent l’auteure et son sujet, retraçant plusieurs décennies capitales dans l’histoire des femmes.
Lire la critique sur le site : BoDoi
Bibliobs   28 novembre 2013
Aucune révélation dans cette biographie, l'intéressée ayant depuis longtemps publié ses Mémoires, mais une grâce peu commune dans le croquis de face-à-face entre une intellectuelle pas toujours commode et une jeune artiste intriguée [...]
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Telerama   07 novembre 2013
Frais, vivant, allegro, le dessin de Catel et son talent pour rendre captivants les jeux de la conversation et du hasard font mouche une fois encore. Benoîte Groult peut remercier le neuvième art.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (50) Voir plus Ajouter une citation
boudiccaboudicca   21 février 2015
L'anomalie dans le langage souligne l'anomalie dans la société. Chercher à féminiser ce n'est pas un caprice mais un besoin d'intégration sociale. Il paraît que le langage évolue de lui-même, sans recommandations. Faux ! La langue française n'a jamais cessé d'être rectifiée, codifiée. Depuis longtemps des commissions de linguistes spécialistes de chaque discipline ont forgé des mots acceptables adaptées aux réalités nouvelles. (…) Heureusement, les idées en germe finissent pas mûrir un jour. En 1990, le Conseil de l'Europe publie une circulaire sur « l'élimination du sexisme dans le langage ». Aujourd'hui, le dictionnaire prescrit la féminisation des métiers et beaucoup des préjugés commencent à être vaincus.
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ZilizZiliz   01 juillet 2014
La veille de son mariage [en 1907], Nicole a été prévenue de son devoir conjugal.
- Les saignements, c'est affreux ! Voilà une alèse pour protéger le matelas.
- Mais je n'ai pas mes règles, maman.
Elle fut terrorisée en découvrant son mari en "position de combat".
- Quelle horreur ! Où vas-tu mettre ÇA ?!
Elle voyait un homme nu pour la première fois et obtint de lui qu'il attende.
(p. 50)
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carrecarre   19 juillet 2015
Les françaises veulent tellement plaire aux hommes ...
On est passé de la "Femme libérée" de la fin du XXème siècle, à la "Femme reféminisée" du XXI siècle.
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ZilizZiliz   02 juillet 2014
Toute petite, déjà, j'ai été paralysée par l'impossibilité de ressembler à ma mère... [....]
Je souffrais de l'absence de tout autre modèle féminin auquel m'identifier. [...]
ll fallait [lui] ressembler en tout point. Ou ne pas être.
- J'aime beaucoup Camille et Madeleine de la Comtesse de Ségur.
- Quoi ?! Ces deux niaises ? Mais enfin Rosie, celle qui a de l'intérêt, c'est l'insolente Sophie.
Alors je n'étais pas. [...] J'étais plus qu'obéissante. [...] J'étais soumise.
(p. 55)
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boudiccaboudicca   02 mars 2015
Vous êtes de ces femmes qui vivent à la hauteur de leurs rêves... En ce XXe siècle tourmenté que vous avez traversé, vous avez joué un rôle majeur dans l'avancée du droit des femmes. Au nom du Président de la République et en vertu des pouvoirs qui me sont conférés nous vous faisons « commandeurE de la légion d'honneur.
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