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Mirella Patureau-Nedelco (Traducteur)Christiane Frémont (Traducteur)
EAN : 9782253065098
221 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (21/03/2001)

Note moyenne : 4.3/5 (sur 46 notes)
Résumé :
Qu'y a-t-il au bout du nihilisme ? La mort ? La régénération ? Peut-être tout simplement le raffinement de la volonté de néant. Il faut lire Cioran pour découvrir jusqu'où peut aller la culture du désespoir et comment le suicide peut s'ériger en art du quotidien. Poète du malheur, le penseur roumain ne revendique rien. Il témoigne et fait éclater le dérisoire de la vie à traver... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Stockard
  12 septembre 2019
Le Crépuscule des Pensées qui n'aurait pas eu à rougir de se voir sous-titré "Temps et Paradoxe" est un petit diamant taillé au millimètre par ce joailler nihiliste mais néanmoins génial de Cioran.
On retrouve dans cet ouvrage la didactique qui a fait – entre autre – la grandeur du penseur roumain : les aphorismes. Ce qu'il faudrait de trois copies doubles à tout être humain normalement intelligent pour présenter, étayer et justifier sa pensée ne prend que quelques lignes à Cioran pour un résultat frôlant la perfection, l'atteignant même parfois. En une dizaine de mots, tout est dit et bien dit.
Cioran philosophe ? Ou plutôt anti-philosophe tant il prend à contre pied l'essence même de la philosophie : pensée ordonnée, réfléchie et – c'est le minimum – raisonnée, quand le grand essayiste ne jure que par l'absurde (absurdité du monde, de la vie, de la condition humaine... de tout quoi), absurde fièvre du renoncement, à la vie, à Dieu. N'ayant d'autres choix sérieux que l'athéisme, Cioran y voit une défaite de l'humain, une de plus, car pour lui ce n'est pas Dieu qui n'est plus, c'est l'Homme.
Sur l'Eden perdu, l'impossibilité de la vie, la mélancolie et l'absurdité du temps qui fuit et contre lequel nul ne peut rien, Cioran nous concocte avec le Crépuscule des Pensées sa recette favorite dans un ouvrage qu'Eugen Simion qualifie de « classique du Désespoir ». A titre personnel, je l'aurais plus ressenti ainsi à la lecture de Sur les Cimes du Désespoir et de l'Inconvénient d'être né, mais allez va pour celui-là aussi qui comme tout le reste n'est finalement pas plus riant.
Alors bien sûr, c'est sombre, mélancolique, pessimiste mais on sait à quoi s'attendre quand on ouvre un Cioran, et puis, paradoxe qui ne lui aurait pas déplu, cette écriture percutante est tellement brillante, remarquable et sublime, comment refuser l'obole d'une telle réflexion ?
Pervers, maniaques, masochistes, pas les épithètes qui manquent quand il s'agit de qualifier les admirateurs de Cioran, eh bien, soit, nous sommes tout cela (et plus encore) et décidément, qu'est-ce que c'est bon !
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colimasson
  10 septembre 2015
Avec le temps, ce que Cioran m'a appris d'essentiel c'est que la concision est plus efficace que les développements infinis. On peut essayer de convaincre quelqu'un en lui balançant à la face un long pavé de mots ; s'il n'est pas prêt à comprendre, dix phrases seront aussi peu efficaces qu'une seule, si elles ne le sont pas moins.

Je pourrais m'en tenir là dans mon commentaire de ce Crépuscule des pensées mais si je ne le fais pas, c'est parce que tout ce qui déborde le sens relève du jeu et du plaisir. Chez Cioran, on trouve aussi le rythme (pas aussi relevé cependant que dans ses textes les plus fulgurants : Syllogismes de l'amertume ou de l'inconvénient d'être né) et un malaise né de l'union entre Eros le vénéneux et Thanatos l'enrôleur.

Ainsi Cioran se définit-il comme un nouveau Job, et on l'entend se plaindre et lever le poing vers Dieu non parce que celui-ci a détruit ses possessions et lui a infligé la lèpre, mais parce qu'il a forcé la chair de l'homme à se montrer lucide alors qu'il aurait préféré conserver son insipide insouciance.
Lien : http://colimasson.blogspot.f..
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Fx1
  10 septembre 2014
Avant d'embarquer dans l'oeuvre de Cioran il faut étre bien conscient que l'on a probablement jamais lu une prose aussi incisive , décapante , percutante , une prose qui il est vrai peu pour certains étre trés difficile . Cioran n'est définitivement pas un auteur pour tout publics , et cet opus le démontre une fois encore . C'est dans le méme temps un auteur trés , beaucoup trop proche souvent de la réalité
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gaillard1
  25 septembre 2010
Excellent, notre bon vieux Cioran, déglingue tout ce qui bouge. Avec une une plume acérée... A tel point que c'est souvent drôle. Profond en tout cas.
Par exemple celle ci : Il n'est pas diffice d'être profond, il suffit de se faire submerger par ses propres tares. (je ns ais plus d'où elle sort...
La réflexion humaine pessimiste poussée à son extrémité.
Ca fait du bien.
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Citations et extraits (112) Voir plus Ajouter une citation
StockardStockard   28 septembre 2019
Chaque fois que je me laisse attendrir par un sourire, je m'éloigne avec le fardeau de l'irréparable, car rien ne découvre plus terriblement la ruine qui attend l'homme que ce symbole apparent du bonheur, qui fait sentir à un coeur défeuillé le frisson du provisoire de la vie plus cruellement que le râle classique de la fin. – Et chaque fois que quelqu'un me sourit, je déchiffre sur son front lumineux l'appel déchirant : « Approche-toi, vois bien que moi aussi je suis mortel ! » – Ou lorsque mes yeux s'assombrissent – la voix du sourire flotte aux oreilles avides d'implacable : « Regarde-moi, c'est pour la dernière fois ! »
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StockardStockard   21 août 2019
Après minuit, on pense comme si l'on n'était plus en vie – dans les meilleurs des cas – comme si l'on n'était plus soi-même. On devient un simple outil du silence, de l'éternité ou du vide : on se croit triste, sans savoir qu'ils respirent à travers soi. L'on est victime d'un complot des forces obscures, car une tristesse ne peut naître d'un individu si elle ne peut l'habiter : tout ce qui nous dépasse prend sa source en dehors de nous, autant le plaisir que la souffrance. Les mystiques ont rapporté à Dieu le débordement des délices de l'extase, parce qu'ils ne pouvaient admettre que l'insuffisance individuelle fût capable de tant de plénitude. Il en va ainsi de la tristesse, et du reste. On est seul, mais avec toute la solitude.
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StockardStockard   21 février 2020
Les moyens de vaincre la solitude ne font que l'augmenter. En voulant nous éloigner de nous-mêmes par l'amour, l'ivresse ou la foi, nous ne réussissons qu'à renforcer plus profondément notre identité. On est encore plus soi-même auprès d'une femme, dans l'alcool, ou en Dieu. Même le suicide n'est qu'un hommage négatif que nous rendons à nous-mêmes.
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StockardStockard   30 novembre 2019
Quelle bizarrerie, lorsqu'on a compris que les êtres sont des ombres et que tout est vain, de s'éloigner du monde pour trouver le sens, le seul sens, dans la contemplation du Rien, quand on pouvait fort bien rester parmi les ombres et le rien de chaque jour. D'où vient ce besoin de superposer au néant effectif un Néant suprême ?
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StockardStockard   10 février 2020
C'est étrange comme nous cherchons à oublier par l'amour ce que tous les bleus du ciel et toutes les mythologies de l'âme ne peuvent nous faire oublier. Mais les bras d'une femme ne peuvent pas nous cacher la vérité, bien qu'ils nous tiennent plus chaud que les lumières lointaines de Dieu.
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Videos de Emil Cioran (27) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Emil Cioran
Dictionnaire amoureux des saints Christiane Rancé Alain Bouldouyre Plon, mars 2019 Collection Dictionnaire amoureux
Présentation des saints de la religion chrétienne. Leur histoire, leur parcours, leur rôle ainsi que leurs caractéristiques sont détaillés, de Jean-Baptiste de la Salle à Jean-Paul II en passant par Paul de Tarse, Thérèse de Lisieux ou François d'Assise. La notion de sainteté est abordée à travers le point de vue de ceux qui l'ont célébrée tels Emil Cioran, Jean Cocteau ou Georges Bernanos. ©Electre 2019
https://www.laprocure.com/dictionnaire-amoureux-saints-christiane-rance/9782259248624.html
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