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ISBN : 2070377407
Éditeur : Gallimard (04/06/1986)

Note moyenne : 4.11/5 (sur 99 notes)
Résumé :
Sont-ils dieux, sont-ils hommes, ces Valeureux sur qui le temps est sans pouvoir et qui changent en rêve tout ce qu'ils touchent ? Ivres de soleil, celui d'Israël et celui de la Grèce, plus ivres encore des mots qui leur viennent aux lèvres, ils ont traversé Solal, Mangeclous et Belle du Seigneur sans prendre une ride ni gagner une once de sagesse.
Rien n'égale leur malice si ce n'est leur naïveté. Dérisoire Olympe infiniment bavard, éternels enfants, les voi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Kickou
  13 juillet 2018
C'était le premier bouquin d'Albert Cohen que je lisais, et je ne sais pourquoi, sans doute à cause de la réputation de chef-d'oeuvre qu'a Belle du Seigneur, je m'attendais à un roman plus sérieux, plus « littéraire ». Or, il n'en est rien, ce texte est bourré d'humour Rabelaisien, il est truculent, et même « San-anesque » (Qui s'apparente à San-Antonio, pour c'eusse qu'on pas comprit !). Au départ je l'ai lu dans un but pédagogique, en effet l'action est sensée se passer à Corfou (lieu de naissance et d'enfance d'A. Cohen, qu'il a transposé à Céphalonie une autre île Ionienne), lieu de mes prochaines vacances. Mais flute ! A part l'odeur du Jasmin et la brise de mer, pas une seule description de l'île ou de la ville dans le roman, tant pis !
En fait tout le roman est un prétexte au portrait du magistral Mangeclous ; gourmand-gourmet, philosophe, menteur, pétomane, lucide, hypocondriaque, philanthrope, misanthrope, égoïste, amoureux de la vie, prétentieux, cynique, envieux, rêveur, incroyant ... bref ; terriblement Humain. Mangeclous qui s'autoproclame Recteur de l'Université de Céphalonie, marieur professionnel et avocat (de pacotille), professeur ès-séductions (épisode de l'Anna Karénine), qui se voit intime de la reine d'Angleterre et du Président de la République Française.
L'action se déroule en 1935, dans la communauté juive-grecque de Céphalonie, la peur de l'antisémitisme et des pogroms y est présente, le sionisme avoué d'Albert Cohen aussi, qui pourtant, ne voulu jamais faire le voyage à Jérusalem de peur d'être déçu ; l'Histoire ne lui donne-t-il pas raison ?
En ce qui concerne le style ; il est burlesque, drôle, enjoué, mâtiné d'autodérision (humour juif ?), il y a certes, parfois un peu de longueurs, et quelque chose de théâtral aussi. Néanmoins, un beau roman qui vaut pour moi 4*, allez salut ! Et bonnes vacances à tous.
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LiliGalipette
  07 juillet 2015
C'est avec joie que j'ai retrouvé Saltiel, Mangeclous, Salon, Michaël et Mattathias, les cousins de Solal, ces truculents juifs de Célaphonie. « Ils étaient l'aristocratie de ce petit peuple confus, imaginatif, incroyablement enthousiaste et naïf. » (p. 80) Au début du roman, Mangeclous a pour projet de de suicider, mais il décide finalement que la perte de lui-même lui serait une trop grande peine à supporter et une immense perte pour le monde. Et il a tant de projets de fortune, tant d'idées grandioses dont il a le devoir de faire profiter l'humanité. Il est toujours le même filou baratineur, le même entourloupeur magouilleur, mais son coeur et sa générosité, finalement, sont immenses. « Mangeclous n'aimait pas l'argent, mais l'idée de l'argent et en parler beaucoup et se rengager de ses capacités. Son amour de l'argent était poétique, innocent et en quelque sorte désintéressé. » (p. 32) Après s'être autoproclamé recteur de l'Université de Céphalonie qu'il a créée, il la dissout quand Solal envoie un chèque à ses cousins et les invite à le rejoindre à Genève. Et voilà les cinq Valeureux qui s'embarquent pour un périple, avec force victuailles dans leurs poches. « Quoi de plus beau que manger ? le seul inconvénient étant qu'ensuite tu n'as plus faim, ce qui est dommage. » (p. 157)
Le narrateur/auteur s'adresse au lecteur pour justifier son texte et son amour pour ses personnages. « Mais qu'y puis-je si j'aime aussi mes Valeureux qui ne sont ni adultes, ni dignes, ni sérieux, ni de peu de paroles ? J'écrirai donc encore sur eux, et ce livre sera mon adieu à une espèce qui s'éteint et dont j'ai voulu laisser une trace après moi, mon adieu au ghetto où je suis né, ghetto charmant de ma mère, hommage à ma mère morte. » (p. 91) Comment ne pas les aimer, ces Valeureux si doués de la plume et de la rhétorique ? Mangeclous donne une leçon de séduction en réécrivant Anna Karénine et il écrit des épîtres majestueuses et interminables aux grands de ce monde. On ne peut qu'apprécier le ton goguenard et attendri du narrateur et grincer des dents quand il évoque l'antisémitisme qui a ravagé l'Europe. Devant ce constat désolé, on comprend d'autant mieux l'affection de l'auteur pour ses héros. Et on se prend également d'affection pour lui, car on le voit vieux, malade et mourant. Quand il s'adresse à sa Bien-Aimée, on entend presque le Cantique des Cantiques.
Après la grande beauté de Solal et de Belle du seigneur et la truculence débonnaire de Mangeclous, Albert Cohen clôt son cycle avec un dernier chef-d'oeuvre, une dernière pique, une pointe sublime, un pied de nez à la littérature et à l'histoire : ses Valeureux seront éternels au nom de tous les juifs disparus.
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gaelbourgeois
  13 avril 2015
Du Cohen dans toutes sa splendeur, avec les personnages classiques des romans Mangeclous ou Solal...
Le même humour, la même approche, la même dérision... Gros bémol toutefois sur les "lettres" adressées, qui alourdissent passablement l'ouvrage... Tant les aventures et fonctionnements des personnages sont appréciables et risibles, tant les courriers à rallonge sont, au fil du livre, trop nombreux et ennuyeux à terme...
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MlleLit
  30 décembre 2011
Un bijou d'humour et de douce fantaisie.
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lapetitefadette
  31 octobre 2014
une plongée pleine d'humour dans la communauté juive de Salonique. Des personnages hauts en couleurs
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
KickouKickou   29 juin 2018
... le Bey des Menteurs raconta entre autres que par une sorte de téléphonie sans fil appelée Télétactile on pouvait maintenant non seulement entendre et voir, mais encore toucher la personne éloignée avec laquelle on s'entretenait.
- L'invention de la Télétactile est simple, mais il fallait y penser, expliqua-t-il. En effet, dans l'appareil se trouve une masse de caoutchouc coloré qui prend la forme et les dimensions de l'interlocuteur qui se trouve pourtant à des milliers de kilomètres.
- Miracle de l'autre monde ! s'écria Benrubi.
- Ce qui fait, reprit Mangeclous, qu'un mari peut d'Athènes embrasser sa femme se trouvant à New York. Pour le moment, il ne peut pas encore lui faire un enfant, mais cela viendra car les savants d'Amérique y travaillent.
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KickouKickou   24 juin 2018
Chemin faisant, Salomon demanda à l'oncle ce qu'il valait mieux être, conservateur ou révolutionnaire ? " A vrai dire, répondit Saltiel, je ne sais trop que te conseiller, le conservateur désirant conserver de vieilles injustices, et le révolutionnaire en voulant de nouvelles." Au Palais-Bourbon, démunis de cartes d'entrée, ils furent refoulés. Mangeclous proposa alors une visite au président de la République pour se plaindre de ce manque d'éducation.
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LiliGalipetteLiliGalipette   07 juillet 2015
« Mais qu’y puis-je si j’aime aussi mes Valeureux qui ne sont ni adultes, ni dignes, ni sérieux, ni de peu de paroles ? J’écrirai donc encore sur eux, et ce livre sera mon adieu à une espèce qui s’éteint et dont j’ai voulu laisser une trace après moi, mon adieu au ghetto où je suis né, ghetto charmant de ma mère, hommage à ma mère morte. » (p. 91)
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rkhettaouirkhettaoui   25 janvier 2013
— En général, une crème de perles fines, tout en parlant des grands secrets de la politique, mais à voix basse pour que la reine en grand décolleté n’entende pas, vous savez comme sont les femmes. — Des inconsidérées, bavardes et curieuses, que Dieu nous en préserve !
— Et menteuses, ce qui est pire !
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rkhettaouirkhettaoui   25 janvier 2013
Les nobles et vertueuses étant, d’une part, les plus portées sur les mouvements dans le lit, car plus le ressort du désir de fornication est comprimé et plus il veut sortir à toute force et, d’autre part, elles sont plus naïves et faciles à embrouiller que les coquines !
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Videos de Albert Cohen (24) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Albert Cohen
Bonjour et bienvenue dans le monde de notre Vie Intérieure. Nous parlons aujourd?hui de l?expérience de voir son image dans un miroir?
« Clarissa (se dirigeant vers la table de toilette) plongea au c?ur même de l?instant, le cloua sur place, l?instant de ce matin de juin sur lequel s?exerçait la pression de tous les autres matins, voyant comme pour la première fois le miroir, la table de toilette, et tous les flacons, se rassemblant toute entière en un point (en se regardant dans le miroir), regardant le visage rose, délicat? de Clarissa Dalloway ; d?elle-même. Elle l?avait vu des milliers de fois, son visage, et toujours avec cette même imperceptible contradiction? Oui, c?était bien elle? » Virginia Woolf, Mrs Dalloway.
Le miroir n?a pas toujours existé sous sa forme actuelle : il fut longtemps un objet rudimentaire, en métal poli, n?incitant guère à la contemplation de soi. Il ne s?est popularisé dans les foyers qu?à la fin du XVIIIe siècle. Depuis, les miroirs et leurs avatars (photos et réseaux sociaux) sont omniprésents dans nos vies, et nous permettent de nous assurer de notre bonne apparence.
Mais se regarder dans un miroir peut être aussi l?objet d?expériences existentielles plus intéressantes que la simple vérification de son image. L?occasion d?une rencontre avec soi, d?une exploration des liens éventuels entre essence et apparence, avec ce goût particulier que procurent les expériences de sortie de son corps. Car se regarder dans un miroir, c?est se voir comme les autres nous voient, c?est observer un corps vivant, mobile, réactif, changeant? Et dont la contemplation prolongée va activer notre vie intérieure, bien davantage que ne le font les considérations esthétiques, qui sont l?usage habituel des miroirs?
Face à son miroir, sans autre but que mener une expérience de psychologie, on peut donc s?arrêter, et prendre son temps. Il va d?abord falloir laisser s?épuiser les automatismes mentaux, qui se déclenchent tout seuls face à notre image : on vérifie son apparence, on se dit qu?on a pris un coup de vieux, ou au contraire qu?on est resté jeune d?allure, on fait ses petites grimaces sociales (sourire, incliner la tête, froncer les sourcils, mimer différentes émotions?). Une fois passées ces babouineries, comme dit Albert Cohen dans Belle du Seigneur, on passe aux choses sérieuses?
On se regarde longtemps, en se répétant « c?est moi, c?est moi? » Au bout d?un moment, on ressent une impression aussi étrange que lorsqu?on se répète un même mot en boucle : « chocolat, chocolat, chocolat? » Après quelques minutes, survient un phénomène de dissociation entre le mot et l?objet qu?il désigne. Et des interrogations : pourquoi ce mot, et pas un autre, pour désigner cette chose ? de même, face au miroir, surviennent peu à peu des interrogations et sentiments troublés, devant notre reflet : pourquoi suis-je doté de ce corps, de ce visage, et pas d?autres ? Pourquoi ces traits sont-ils associés à mon identité ? Pourquoi cette « partie antérieure de ma tête », comme la définit le dictionnaire, a-t-elle tant d?importance à mes yeux, et à ceux des humains qui me croisent ? Que peut-on penser de moi d?après mes traits ? Mon visage reflète-t-il ce que je suis ?
Et puis, finalement, est-ce que tout ceci est si important ?
Vous vous souvenez du mythe de Narcisse : ce jeune homme était si captivé par sa beauté qu?il finit par mourir d?inanition, en contemplant son reflet à la surface d?une eau limpide. Comment faire pour que notre statut d?animal social, soucieux d?être aimé et accepté par les autres, ne nous conduise pas à être un animal narcissique, pensant que c?est notre image qui compte le plus pour être aimé ? Regardez un peu mieux le miroir : autour de votre visage, il y a le commencement du reste du monde. Il est temps d?y revenir et de le parcourir?
À demain, et ne perdez jamais le lien? avec vous-même.
Plus d'info sur La Vie Intérieure https://www.editions-iconoclaste.fr/livres/la-vie-interieure/
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