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EAN : 9782070377404
352 pages
Éditeur : Gallimard (04/06/1986)

Note moyenne : 4.09/5 (sur 112 notes)
Résumé :
Sont-ils dieux, sont-ils hommes, ces Valeureux sur qui le temps est sans pouvoir et qui changent en rêve tout ce qu'ils touchent ? Ivres de soleil, celui d'Israël et celui de la Grèce, plus ivres encore des mots qui leur viennent aux lèvres, ils ont traversé Solal, Mangeclous et Belle du Seigneur sans prendre une ride ni gagner une once de sagesse.
Rien n'égale leur malice si ce n'est leur naïveté. Dérisoire Olympe infiniment bavard, éternels enfants, les voi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
ibon
  14 juin 2020
"Les Valeureux" sont sortis après "Belle du Seigneur" mais n'en sont pas la suite; tout juste une histoire qui le précède; bien que "Mangeclous" tenait fermement la place.
Mais Albert Cohen n'a pas voulu jeter ces plus de 300 pages. C'est sur la demande de son éditeur -Gallimard -qu'il les a extraites de "Belle du seigneur" pour éviter que le roman ne dépasse les 1400 pages.
C'est donc un récit que l'on pourrait dire annexe du chef d'oeuvre. Pas indispensable, mais tout de même agréable à parcourir ne serait-ce que pour retrouver la plume du maître.
Le lecteur retrouvera ainsi le quartier juif de Céphalonie avec l'exubérance de ses habitants parmi lesquels se trouvent Mangeclous, Saltiel, Michael, Mathatias et le gentil Salomon.
Rire de tout, l'un des atouts d'Albert Cohen. Mais rire jaune quand il s'agit d'évoquer les chefs nazis et surtout tristesse infinie à l'évocation du sort des siens sous le joug hitlérien.
Albert Cohen adore ses personnages.
Ce sont ses protégés. Non seulement, il les a "ressuscités" de son premier roman où certains avait péri en Palestine mais en plus, il leur dédie un livre rien que pour eux. Sans le ténébreux Solal.
Je n'ai pas ri comme dans "Mangeclous" ou "Belle du seigneur" mais j'ai passé de bons moments de lecture. Il suffit de lire l'ouverture.
Le récit commence avec Mangeclous dans sa cave, en Céphalonie, une île grecque baignée de soleil et de pauvreté. Il se désespère de sa vie et se prépare à passer de celle-ci à trépas.
Pourtant, une ultime idée le traverse: fonder son académie tel un Aristote, Socrate ou un Pythagore.
Et il vaut bien ces grands philosophes; rien que pour les multiples développements, scatologiques mais pas uniquement, pour parvenir à séduire une "Anna Karenine" quand on n'est pas un prince comme Wronski.
Instructif et plus sarcastique qu'il n'y parait.
Ce sont les meilleures pages de ce roman que j'ai trouvé par la suite trop long à cause des lettres de plus 20 pages qu'envoient Saltiel puis Mangeclous à la Reine d'Angleterre pour faire valoir leurs talents, multiples on s'en doute…
Un roman déséquilibré. Peut-être à cause de l'absence du solaire Solal.
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Kickou
  13 juillet 2018
C'était le premier bouquin d'Albert Cohen que je lisais, et je ne sais pourquoi, sans doute à cause de la réputation de chef-d'oeuvre qu'a Belle du Seigneur, je m'attendais à un roman plus sérieux, plus « littéraire ». Or, il n'en est rien, ce texte est bourré d'humour Rabelaisien, il est truculent, et même « San-anesque » (Qui s'apparente à San-Antonio, pour c'eusse qu'on pas comprit !). Au départ je l'ai lu dans un but pédagogique, en effet l'action est sensée se passer à Corfou (lieu de naissance et d'enfance d'A. Cohen, qu'il a transposé à Céphalonie une autre île Ionienne), lieu de mes prochaines vacances. Mais flute ! A part l'odeur du Jasmin et la brise de mer, pas une seule description de l'île ou de la ville dans le roman, tant pis !
En fait tout le roman est un prétexte au portrait du magistral Mangeclous ; gourmand-gourmet, philosophe, menteur, pétomane, lucide, hypocondriaque, philanthrope, misanthrope, égoïste, amoureux de la vie, prétentieux, cynique, envieux, rêveur, incroyant ... bref ; terriblement Humain. Mangeclous qui s'autoproclame Recteur de l'Université de Céphalonie, marieur professionnel et avocat (de pacotille), professeur ès-séductions (épisode de l'Anna Karénine), qui se voit intime de la reine d'Angleterre et du Président de la République Française.
L'action se déroule en 1935, dans la communauté juive-grecque de Céphalonie, la peur de l'antisémitisme et des pogroms y est présente, le sionisme avoué d'Albert Cohen aussi, qui pourtant, ne voulu jamais faire le voyage à Jérusalem de peur d'être déçu ; l'Histoire ne lui donne-t-il pas raison ?
En ce qui concerne le style ; il est burlesque, drôle, enjoué, mâtiné d'autodérision (humour juif ?), il y a certes, parfois un peu de longueurs, et quelque chose de théâtral aussi. Néanmoins, un beau roman qui vaut pour moi 4*, allez salut ! Et bonnes vacances à tous.
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LiliGalipette
  07 juillet 2015
C'est avec joie que j'ai retrouvé Saltiel, Mangeclous, Salon, Michaël et Mattathias, les cousins de Solal, ces truculents juifs de Célaphonie. « Ils étaient l'aristocratie de ce petit peuple confus, imaginatif, incroyablement enthousiaste et naïf. » (p. 80) Au début du roman, Mangeclous a pour projet de de suicider, mais il décide finalement que la perte de lui-même lui serait une trop grande peine à supporter et une immense perte pour le monde. Et il a tant de projets de fortune, tant d'idées grandioses dont il a le devoir de faire profiter l'humanité. Il est toujours le même filou baratineur, le même entourloupeur magouilleur, mais son coeur et sa générosité, finalement, sont immenses. « Mangeclous n'aimait pas l'argent, mais l'idée de l'argent et en parler beaucoup et se rengager de ses capacités. Son amour de l'argent était poétique, innocent et en quelque sorte désintéressé. » (p. 32) Après s'être autoproclamé recteur de l'Université de Céphalonie qu'il a créée, il la dissout quand Solal envoie un chèque à ses cousins et les invite à le rejoindre à Genève. Et voilà les cinq Valeureux qui s'embarquent pour un périple, avec force victuailles dans leurs poches. « Quoi de plus beau que manger ? le seul inconvénient étant qu'ensuite tu n'as plus faim, ce qui est dommage. » (p. 157)
Le narrateur/auteur s'adresse au lecteur pour justifier son texte et son amour pour ses personnages. « Mais qu'y puis-je si j'aime aussi mes Valeureux qui ne sont ni adultes, ni dignes, ni sérieux, ni de peu de paroles ? J'écrirai donc encore sur eux, et ce livre sera mon adieu à une espèce qui s'éteint et dont j'ai voulu laisser une trace après moi, mon adieu au ghetto où je suis né, ghetto charmant de ma mère, hommage à ma mère morte. » (p. 91) Comment ne pas les aimer, ces Valeureux si doués de la plume et de la rhétorique ? Mangeclous donne une leçon de séduction en réécrivant Anna Karénine et il écrit des épîtres majestueuses et interminables aux grands de ce monde. On ne peut qu'apprécier le ton goguenard et attendri du narrateur et grincer des dents quand il évoque l'antisémitisme qui a ravagé l'Europe. Devant ce constat désolé, on comprend d'autant mieux l'affection de l'auteur pour ses héros. Et on se prend également d'affection pour lui, car on le voit vieux, malade et mourant. Quand il s'adresse à sa Bien-Aimée, on entend presque le Cantique des Cantiques.
Après la grande beauté de Solal et de Belle du seigneur et la truculence débonnaire de Mangeclous, Albert Cohen clôt son cycle avec un dernier chef-d'oeuvre, une dernière pique, une pointe sublime, un pied de nez à la littérature et à l'histoire : ses Valeureux seront éternels au nom de tous les juifs disparus.
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OlivAll
  29 juillet 2020
Pour bien comprendre et apprécier ce livre, il est essentiel de savoir qu'Albert Cohen ne l'a pas conçu comme un roman autonome, mais qu'il s'agit de pages retirées, à la demande de Gallimard, de l'imposant manuscrit qui devint Belle du Seigneur. le livre qui en résulte présente, à mon avis, peu d'intérêt pour les lecteurs qui ne seraient pas familiers de l'oeuvre de Cohen (en particulier de Belle du Seigneur, mais aussi de Mangeclous) et risqueraient de se trouver désorientés face à cette histoire un peu confuse et sans trajectoire précise.
Pour les autres, en revanche, c'est un immense plaisir de retrouver les Valeureux, éternels adolescents naïfs et rêveurs, qui forment des rêves de gloire et de prestige depuis leur île de Célaphonie. Avec une tendresse infinie, Albert Cohen fait de ces cinq personnages les incarnations d'une figure classique de la littérature juive - cet individu humble, rêveur, truqueur, craintif, avide de connaissances, avare par réflexe mais profondément généreux par nature. le tout forme un roman foisonnant et hilarant, dont certains passages, comme le cours sur Anna Karénine, et les lettres envoyées au président de la République française et à la reine d'Angleterre, sont absolument inoubliables.
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TomV
  13 janvier 2021
On retrouve Mangeclous et ses cousins, les fameux Valeureux pour une grande aventure haute en émotions et en pathétique (au sens propre). Pas de dépaysement pour moi qui n'avait lu que Solal de Cohen avant ça, mais cette fois, j'ai beau avoir retrouvé la générosité débordante du style et ces personnages hauts en couleur propres à l'auteur, je me suis essoufflé en même temps que le récit. Car ces Valeureux sont bien meilleurs à rêver qu'à agir, et dès lors qu'ils commencent à passer à l'action alors la magie disparaît, et on quitte le domaine de l'imagination pour celui, un peu plus triste de la réalité. Je les aurais préféré rester sur leur île. C'est comme une idole : il vaut parfois ne pas la rencontrer, et continuer à rêver...
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Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
KickouKickou   29 juin 2018
... le Bey des Menteurs raconta entre autres que par une sorte de téléphonie sans fil appelée Télétactile on pouvait maintenant non seulement entendre et voir, mais encore toucher la personne éloignée avec laquelle on s'entretenait.
- L'invention de la Télétactile est simple, mais il fallait y penser, expliqua-t-il. En effet, dans l'appareil se trouve une masse de caoutchouc coloré qui prend la forme et les dimensions de l'interlocuteur qui se trouve pourtant à des milliers de kilomètres.
- Miracle de l'autre monde ! s'écria Benrubi.
- Ce qui fait, reprit Mangeclous, qu'un mari peut d'Athènes embrasser sa femme se trouvant à New York. Pour le moment, il ne peut pas encore lui faire un enfant, mais cela viendra car les savants d'Amérique y travaillent.
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KickouKickou   24 juin 2018
Chemin faisant, Salomon demanda à l'oncle ce qu'il valait mieux être, conservateur ou révolutionnaire ? " A vrai dire, répondit Saltiel, je ne sais trop que te conseiller, le conservateur désirant conserver de vieilles injustices, et le révolutionnaire en voulant de nouvelles." Au Palais-Bourbon, démunis de cartes d'entrée, ils furent refoulés. Mangeclous proposa alors une visite au président de la République pour se plaindre de ce manque d'éducation.
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LiliGalipetteLiliGalipette   07 juillet 2015
« Mais qu’y puis-je si j’aime aussi mes Valeureux qui ne sont ni adultes, ni dignes, ni sérieux, ni de peu de paroles ? J’écrirai donc encore sur eux, et ce livre sera mon adieu à une espèce qui s’éteint et dont j’ai voulu laisser une trace après moi, mon adieu au ghetto où je suis né, ghetto charmant de ma mère, hommage à ma mère morte. » (p. 91)
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rkhettaouirkhettaoui   25 janvier 2013
— En général, une crème de perles fines, tout en parlant des grands secrets de la politique, mais à voix basse pour que la reine en grand décolleté n’entende pas, vous savez comme sont les femmes. — Des inconsidérées, bavardes et curieuses, que Dieu nous en préserve !
— Et menteuses, ce qui est pire !
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rkhettaouirkhettaoui   25 janvier 2013
Les nobles et vertueuses étant, d’une part, les plus portées sur les mouvements dans le lit, car plus le ressort du désir de fornication est comprimé et plus il veut sortir à toute force et, d’autre part, elles sont plus naïves et faciles à embrouiller que les coquines !
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Videos de Albert Cohen (18) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Albert Cohen
Dans cet épisode de Réelles fictions, le professeur de littérature Pierre-Louis Fort parle d'Avant que j'oublie, un roman d'Anne Pauly. Il aborde l'écriture du deuil, le style particulier de l'autrice et le roman familial.
Réelles fictions est une série de podcasts qui présentent les cinq romans sélectionnés pour le prix Effractions. Ce prix récompense un roman qui entretient un lien fort avec le réel ; il est remis par la Bibliothèque publique d'information et la Société des Gens de Lettres pendant le festival littéraire « Effractions » en mars 2020.
Références citées dans le podcast : Simone de Beauvoir, Une mort très douce, Gallimard, 1964. Jacques-Bénigne Bossuet, Sermon sur la mort : et autres sermons, Flammarion, 1996. Jacques-Bénigne Bossuet, Oraisons funèbres, Garnier, 1988. Albert Cohen, le Livre de ma mère, Gallimard, 1954. Annie Ernaux, La Place, Gallimard, 1984. Annie Ernaux, Une femme, Gallimard, 1988. Annie Ernaux, Je ne suis pas sortie de ma nuit, Gallimard, 1997. Philippe Forest, L'Enfant éternel, Gallimard, 1997. Stéphane Mallarmé, Pour un tombeau d'Anatole, Gallimard, 1961. Yaël Pachet, le Peuple de mon père, Fayard, 2019. Extrait lu : Anne Pauly, Avant que j'oublie, page 16 © Verdier, 2019.
Cet épisode a été préparé par François Patriarche. Lecture : Denis Cordazzo. Réalisation : Camille Delon et Renaud Ghys. Musique : Thomas Boulard. Merci aux éditions Verdier, à Inès Carme et à Blandine Fauré. Ce podcast a été enregistré dans les studios du Centre Pompidou.
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