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Francis Jammes (Préfacier, etc.)
ISBN : 2070367010
Éditeur : Gallimard (27/11/1975)

Note moyenne : 3.81/5 (sur 147 notes)
Résumé :
TOBY-CHIEN : Elle me saisit par la peau du dos, comme une petite valise carrée, et de froides injures tombèrent sur ma tête innocente : "Mal élevé. Chien hystérique. Saucisson larmoyeur. Crapaud à cœur de veau. Phoque obtus..." Tu sais le reste. Tu as entendu la porte, le tisonnier qu'elle a jeté dans la corbeille à papier, et le seau à charbon qui a roulé béant, et tout...

KIKI-LA-DOUCETTE : J'ai entendu. J'ai même entendu, ô Chien, ce qui n'est pas... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
SophiePatchouli
  18 octobre 2016

"Une dame qui chante avec la voix d'un pur ruisseaux français la triste tendresse qui fait battre si vite le coeur des bêtes" Francis Jammes
Voici pour un extrait de la préface, à mon tour à présent de vous causer de ce livre enchanteur que nous donne la grande Colette. Par ses Dialogues de bêtes, la dame nous livre, dans une langue précieuse, les états d'âme d'un chat puis d'un chien, leur état animal tout en sensation et en pureté. Par douze scénettes toute plus savoureuses les unes que les autres se distillent la crainte de la visite inopinée, les plaisirs ressentis enroulés autour du feu, l'amour inconditionnel d'Elle et de Lui, les couleurs de l'orage, la paix d'un foyer serein...
En bref un petit livre délicieux pour qui aime le joli verbe !
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sabine59
  20 janvier 2016
Ce livre appartient à ce qu'on a coutume d'appeler le genre animalier.Je n'aime pas cette classification et de toute façon, les animaux ont une( grande) part d'humain et en nous, il y a aussi de l'animalité...
Colette avait d'abord publié en 1904 quelques-uns de ces dialogues.Ce n'est que 25 ans plus tard que sera éditée la version définitive, en comportant douze.
Dans " Mes apprentissages",Colette a révélé l'origine de ces dialogues: " J'avais un bouledogue, Toby-Chien,un long chat angora, Kiki-La-Doucette.Inestimable compagnie des bêtes familières...Elles ne me quittaient pas."
C'est d'amour, en effet, qu'il est surtout question dans ce recueil.Amour des deux animaux envers leurs maitres et amour de l'auteur envers ce chat et ce chien , acteurs à part entière de ces saynètes du quotidien.
Mais chut ! Entrons doucement dans ce monde particulier , où Toby-Chien, le bull, vient de s'éveiller et où Kiki-La-Doucette, le Chartreux, fait semblant de dormir...
Dès le premier texte, "Sentimentalités", les personnalités des deux animaux sont révélées, observées avec justesse.Toby-Chien est attaché passionnément et douloureusement à Elle.Emu, il affirme: " C'est ce que je vois au monde de plus beau, de plus cher, de plus incompréhensible .Son pas m'enchante, ses yeux variables me dispensent le bonheur et la tristesse". Kiki-La-Doucette a accordé sa préférence à Lui: " Une entente...oui.Secrète et pudique, et profonde. (...) C'est à Lui que j'ai donné mon coeur avare, mon précieux coeur de chat.Et Lui, sans paroles, m'a donné le sien."
Les caractères et aussi les contradictions, les faiblesses du chien et du chat s'affirmeront de plus en plus, au fil de ces chroniques qui jalonnent des évènements marquants pour les deux animaux: "La visite", " le voyage", " L'orage", " le dîner est en retard"...
Leurs dialogues sont savoureux, inventifs, drôles émouvants.Et quelle richesse de vocabulaire, d'expression de leurs ressentis ! Une richesse que l'on devine, dans leur langage propre, lorsqu'on vit soi-même avec des animaux...
J'aime tout dans ce livre mais certains passages m'ont particulièrement marquée.L'éloge qu'ils rendent chacun à leur façon au premier feu dans la cheminée est magnifique de poésie, de vérité.Leurs réactions mutuelles à l'orage qu'ils n'apprécient ni l'un ni l'autre sont finement rendues également.A la fin de cet orage, Kiki-La-Doucette est le premier à se risquer dehors, pour admirer le paysage: " le jardin ruisselle, scintille et tremble d'un frisson à peine sensible, qui émeut les pierreries partout suspendues..."
C'est un bijou de sensibilité, d'humour de délicatesse; et je conclurai avec une citation de Francis Jammes, dans sa préface à ce livre.Il écrit en parlant de Colette: " une dame qui chante avec la voix d'un pur ruisseau français la triste tendresse qui fait battre si vite le coeur des bêtes "...



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brigittelascombe
  20 juin 2011
Sidonie Gabrielle Colette née en 1873 à Saint Sauveur en Puisaye s'est mariée trois fois, est devenue mime tout en continuant à écrire ses souvenirs et romans (Les vrilles de la vigne, La vagabonde, L'envers du music hall...) et a été membre de l'Académie royale de Belgique puis membre de l'Académie Goncourt en 1944.
C'est en 1904, alors qu'elle était mariée avec Henry Gauthier-Villars dit Willy, qu'elle a publié "Dialogue de bêtes" qui est une pièce de théatre , en douze tableaux, mettant en scène Toby chien, un bull bringé et Kiki la doucette un chat des chartreux, et accessoirement Elle (qui a été artiste de music hall et préfère Toby chien) et Lui (qui écrit et aime Kiki la doucette en priorité), les maîtres.
L'intéret de ce livre se passe dans les dialogues du devant de la scène des deux protagonistes qui (c'est le cas de le dire) s'entendent comme chien et chat, mais aussi dans les coulisses qui mettent en exergue les relations du couple et ses secrets.
D'emblée, les caractères des bêtes se dessinent.
Toby, plus primaire, lèche avec dévotion les pieds de sa maîtresse qui telle une déesse, en a fait sa chose, le soumet à son bon vouloir. Il avale sans broncher l'huile de ricin même s'il ne l'aime pas.
Kiki la doucette est hautain, égoïste,manipulateur et roublard, il se positionne aux côtés de l'homme (Lui) et veut dominer les femmes. On ne donne pas d'ordre à Kiki la doucette, on le prie! Nuance! Et ces nuances là, cet énergumène de Toby, ça lui passe complètement au dessus.
Diverses scènes, dans des endroits différents, vues par les regards des deux animaux nous éclairent sur les relations du couple.
Lui écrit tout le temps, mais se préoccuppe d'elle lorsqu'elle est malade.
"Elle, se délecte d'une tristesse et d'une solitude plus savoureuse que le bonheur" commente le chartreux qui capte bien des subtilités de ses antennes de clairvoyant.
Mais, Toby chien lui dame le pion, car devant lui, elle a parlé, s'est confié, a dit tout ce qu'elle avait sur le coeur:
"Je veux faire ce que je veux. Je veux jouer la pantomine. Je veux danser nue si le maillot me gène et humilie ma plastique, je veux me retirer dans une ile, s'il me plait ou fréquenter des dames qui vivent de leurs charmes pourvues qu'elles soient gaies, fantasques voire mélancoliques et sages comme sont beaucoup de filles de joie".
Je veux, je veux, je veux... des mots qui semblent dire qu'elle ne peut pas car on la bride. Et puis l'homme est volage...
Alors Toby chien compatit et pleure à grand bruit.
Elle le gronde pour de vulgaires aboiements et passe sa hargne sur ce "saucisson larmoyeur,ce crapaud à coeur de veau,ce phoque obtus à oeil de langouste". Mais au fond elle l'aime bien son confident!
Voilà tout le talent de Colette, avec sa prose et ses mots imagés, humaniser ces bêtes pour nous donner à voir en double lecture les sentiments compliqués des humains.
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andreepierrette
  14 décembre 2014
Bon, c'est un peu "neu neu", mais pour qui aime ses animaux de compagnie, cela peut détendre. C'était nécessaire pour moi après deux livres difficiles sur la révolution mexicaine.
Et puis j'ai lu "cette petite chose" lorsque j'étais très jeune, mon intellect était alors au niveau des animaux décrits par Colette, c'est pour cela que j'ai voulu retomber un peu en enfance.
Bon, c'est du Colette, malicieux, mais c'est bien quand même, il ne faut renier ses goûts d'enfant.
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Corboland78
  25 mars 2012
Colette, de son vrai nom Sidonie-Gabrielle Colette, romancière française née à Saint-Sauveur-en-Puisaye (Yonne) le 28 janvier 1873, clouée dans un fauteuil par l'arthrose elle s'éteint dans son appartement du Palais-Royal le 3 août 1954. Elle a été élue membre de l'Académie Goncourt en 1945.
Paru en 1904 Dialogues de Bêtes est l'un de ses premiers ouvrages. Deux personnages, Toby-Chien -un chien- et Kiki-La-Doucette -un chat Chartreux-, discutent. Ils parlent de leur vie quotidienne rythmée par les saisons et les actions de Elle et Lui, leurs maîtres « seigneurs de moindre importance ». Comme une pièce de théâtre en douze tableaux, les deux acteurs dialoguent, seuls sur scène. Elle et Lui ne sont qu'évoqués, toujours proches mais jamais vus.
On connaît le monologue de la Pomponette dans La Femme du Boulanger de Marcel Pagnol, l'homme s'adresse à l'animal pour mieux dire à sa femme ce qu'il a sur le coeur, ici c'est un peu l'inverse, les animaux discutent entre eux pour mieux nous faire entrer dans l'intimité de leurs maîtres. Les couples sont formés, le chien et sa maîtresse qu'il adore et ne quitte pas d'une semelle, elle fut artiste de music-hall, le chat et son maître ; les premiers sont actifs, les seconds sont plus calmes, le maître passant son temps à écrire dans son bureau.
Le chien est un peu primaire, le chat plus délicat ; le chien est à la solde de sa maîtresse, le chat plus indépendant ; le premier est tout fou, le second réfléchi. Colette maîtrise parfaitement les codes et les habitudes des animaux, leur transposition dans ce texte au zoomorphisme évident est un pur régal, les caractères des bêtes sont magnifiquement cernés et traduits. Quant au style, même si ce sont principalement des dialogues, il transpire un phrasé et une langue riche et élégante, de la belle ouvrage !
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Citations & extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
MarymaryMarymary   18 janvier 2016
KIKI-LA-DOUCETTE : Elle n'aime point l'inconnu, et ne chérit sans trouble que ce lieu ancien, retiré, ce seuil usé par ses pas enfantins, ce parc triste dont son coeur connaît tous les aspects. Tu la crois assise là, près de nous ? Elle est assise en même temps sur la roche tiède, au revers de la combe et aussi sur la branche odorante et basse du pin argenté... Tu crois qu'elle dort ? Elle cueille en ce moment, au potager, la fraise blanche qui sent la fourmi écrasée. Elle respire sous la tonnelle de roses l'odeur orientale et comestible de mille roses vineuses, mûres en un seul jour de soleil. Ainsi immobile et les yeux clos, elle habite chaque pelouse, chaque arbre, chaque fleur, elle se penche à la fois, fantôme bleu comme l'air, à toutes les fenêtres de sa maison chevelue de vigne...
Son esprit court comme un sang subtil le long des veines de toutes les feuilles, se caresse au velours des géraniums, à la cerise vernie, et s'enroule à la couleuvre poudrée de poussière, au creux du sentier jaune...
C'est pourquoi tu la vois si sage et les yeux clos, car ses mains pendantes, qui semblent vides, possèdent et égrènent tout les instants d'or de ce beau jour lent et pur.
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MarymaryMarymary   19 janvier 2016
KIKI-LA-DOUCETTE : Ces... quoi ?

TOBY-CHIEN : Ces tortues-là ; je suis sûr du mot. Quelles tortues ? Elle nous cache tant de choses ! "... Ces tortues-là ! Elles sont deux, trois, quatre, - joli nid de fauvettes ! - pendues à Lui, et qui Lui roucoulent et Lui écrivent : " Mon chéri, tu m'épouseras si Elle meurt, dis ?" Je crois bien ! Il les épouse déjà, l'une après l'autre. Il pourrait choisir. Il préfère collectionner. Il lui faut - car elles en demandent ! - La Femme-du-Monde couperosée qui s'occupe de musique et qui fait des fautes d'orthographe, la vierge mûre qui Lui écrit, d'une main paisible de comptable, les mille z'horreurs ; l'Américaine brune aux cuisses plates ; et toute la séquelle des sacrées petites toquées en cols plats et cheveux courts qui s'en viennent, cils baissés et reins frétillants : "O Monsieur, c'est moi qui suis la vraie Claudine..."
La vraie Claudine ! et la fausse mineure, tu parles !
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MarymaryMarymary   18 janvier 2016
KIKI-LA-DOUCETTE : Je sais - puisque je suis Chat - tout ce qui vient derrière toi, Feu. Je prévois l'hiver, que j'accueille d'une âme inquiète, mais non sans plaisir. En son honneur, ma robe déjà croît et s'embellit. Mes rayures brunes deviennent noires, ma palatine blanche s'enfle en jabot éclatant, et le poil de mon ventre passe en beauté tout ce qui s'est vu jamais.
Que dire de ma queue, évasée en massue, alternativement annelée de fauve, noir, fauve, noir, fauve, noir ? Hors de mes oreilles s'érigent deux aigrettes inestimables, sensibles, et qu'Elle nomme mes boucles d'oreilles...
Quelle chatte me résisterait ? Ah, les nuits de janvier, les sérénades sous la lune glacée, l'attente digne au faîte d'un toit, la rencontre du rival sur l'étroite passerelle d'un mur... mais je me sens plus fort que tous ! J'agiterai ma queue je renverserai mes oreilles sur ma nuque, je halèterai tragiquement par les narines, comme pour vomir - puis ma voix s'élèvera, modulée infiniment, puissante jusqu'à réveiller les Deux-Pattes endormis.
Je vociférerai je larmoierai, j'arpenterai le jardin, gonflé, les coudes en dehors, et simulant la folie pour épouvanter les matous !
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MarymaryMarymary   18 janvier 2016
TOBY-CHIEN, incompétent : Ah ?... Dis-moi, les oiseaux, est-ce que ça a le goût du poulet ?

KIKI-LA-DOUCETTE, dont les yeux brillent bleu soudain : Non... C'est mieux... c'est vivant. On sent tout craquer sous les dents, et l'oiseau qui tressaille, et la plume chaude, et la petite cervelle exquise...

TOBY-CHIEN : Oh ! tu me dégoûtes ! Toutes les petites bêtes, quand elles remuent, m'inquiètent, et d'ailleurs les oiseaux sont doux...

KIKI-LA-DOUCETTE, sec : N'en crois rien, ils ne sont doux qu'à manger. Ce sont des êtres bruyants, infatués, stupides, uniquement comestibles...
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Corboland78Corboland78   25 mars 2012
Toby-Chien. – Tout le bien et tout le mal me viennent d’Elle… Elle est le tourment aigu et le sûr refuge. Lorsque, épouvanté, je me jette en Elle, le cœur fou, que ses bras sont doux, et frais ses cheveux sur mon front ! Je suis son « enfant-noir », son « Toby-Chien », son « tout petit h’amour »… Pour me rassurer Elle s’assoit par terre, se fait petite comme moi, se couche tout à fait, pour m’enivrer de sa figure au-dessous de la mienne, renversée dans sa chevelure qui sent bon le foin et la bête ! Comment résister alors ? Ma passion déborde, je la fouis d’une truffe énervée, je cherche, trouve, mordille le bout croquant et rose d’une oreille – Son oreille ! – jusqu’à ce qu’Elle crie, chatouillée : « Toby ! c’est terrible ! au secours, ce chien me mange !
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Vidéo de Sidonie-Gabrielle Colette
à propos de Colette par Jérôme Garcin
Soirée Colette en scène au Théâtre du Châtelet le 9 novembre 2010 avec Mathieu Amalric, Carole Bouquet, Leslie Caron, Danièle Delorme, Arielle Dombasle, Andréa Ferréol, Guillaume Gallienne, Andy Gillet, Sabine Haudepin, Juliette, Doris Lamprecht, François Le Roux, François Marthouret, Clémence Massart, Micheline Presle, Stanislas Roquette, Didier Sandre, Sabine Vatin, Karen Vourc'h
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