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Nathalie Castagné (Traducteur)
EAN : 9782075137836
256 pages
Éditeur : Gallimard (25/06/2020)

Note moyenne : 3.84/5 (sur 329 notes)
Résumé :
Il s'agit d'un monument de la littérature enfantine et de la littérature italienne. Son contenu mythique, poétique et parfois émouvant dépasse cependant largement le domaine des enfants. Tous prennent plaisir à ce livre écrit dans un style à la Jules Renard : le récit narre les souffrances, dignes d'un roman de Sade, endurées par un pauvre pantin, avatar enfantin d'Arlequin. Tout va très vite, la fugue de Pinocchio, ses bonds de lièvre, sa fougue de cheval emballé, ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (56) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
  13 octobre 2012
Pinocchio, c'est un peu comme les Fables de la Fontaine, tout le monde connaît un peu mais lorsqu'on demande qui les a lues entièrement, il n'y a plus grand monde autour de la table.
Beaucoup de gens s'imaginent connaître Pinocchio parce qu'ils ont vu l'adaptation cinématographique de Walt Disney ou plus récemment de Roberto Benigni. Je suis la première à dire que l'adaptation Disney est vraiment superbe par rapport au livre dans le cas du Livre de la Jungle de Kipling, par exemple, voire même des contes des frères Grimm. Par contre ici, avec Pinocchio, quel appauvrissement, quel abaissement, quelle perte de portée !
Non, vous ne connaissez pas Pinocchio si vous avez seulement vu le petit dessin animé gentillet qui en est issu.
Pinocchio c'est certes une histoire pour enfant qu'on peut lire par épisodes aux petits à partir de cinq ans, même si six ou sept ans semblent mieux convenir. Il faut prévoir quelques soirées car il y a tout de même 36 chapitres (au rythme d'un ou deux voire trois chapitres par jour maximum).
Cependant, la quintessence de Pinocchio, c'est tout de même que l'enfant le lise seul et plutôt vers 8-10 ans où il constitue un véritable roman jeunesse.
Le Pinocchio de Carlo Lorenzini, alias Collodi, est une oeuvre foisonnante, bourrée d'humour et de niveaux de compréhension, toute l'histoire est une allégorie et en son sein, beaucoup de situations ou de personnages sont des symboles.
Pinocchio est une allégorie de l'enfance et de l'éducation. le petit pantin de bois représente l'enfant turbulent, qui fait une crise pour tout et n'importe quoi, qui refuse en bloc toutes les contraintes parentales mais qui, peu à peu, parce que la vie se chargera de l'accabler, finira par comprendre l'importance et la portée des conseils de ses parents ainsi qu'à les aimer un peu plus qu'il ne le fait au départ où il se croit invulnérable et libre de tout.
Évidemment, il n'a pas de maman, mais vous aurez compris que la bonne fée bleue symbolise toutes les mamans du monde et que seule une maman pourrait avoir autant d'indulgence et de bonté pour pardonner à Pinocchio ses mille et une facéties.
Collodi imprime aussi à son livre une forte valeur de moralisation où le travail y est représenté comme le seul repère tangible, outre la famille, auquel l'enfant doit se raccrocher.
Il met aussi en avant l'importance de l'entraide (épisode du chien du policier, du thon), de ne pas se défausser sur les autres ou accuser les absents (épisode du chien mort qui avait fait un pacte avec les fouines).
Cependant, LA grande valeur professée par Collodi, c'est celle de l'école, celle qui lui permettra d'accéder à un travail honnête, celle sans laquelle il se transformera, au propre comme au figuré, en âne.
L'auteur parle aussi et surtout et longuement et constamment de misère, et de ses éternels roublards et maraudeurs qui essaient d'exploiter cette misère et cet espoir de rapide gain d'argent.
Ce qui est intéressant, et ce que les enfants qui le lisent perçoivent bien, c'est que le personnage de Pinocchio évolue au cours du roman (et ce qui n'apparaît pas du tout dans le film de Disney, où il est toujours assez gentil) d'imbuvable au départ il s'amende peu à peu, certes pas de gaieté de coeur, il lui faut toujours expérimenter une déconvenue, certes rien n'est jamais acquis et il est fréquemment retenté par ses vilains démons de l'oisiveté et du mensonge, mais par touches successives, il grandit, il se responsabilise et, clin d'oeil notable de Collodi, il devient "un petit garçon", alors que nous autres, quand nous constatons de tels progrès avec un vrai petit garçon, nous disons "tu deviens grand". À méditer...
En somme, chers petits Pinocchio de la Terre, si vous voulez être de bons petits garçon, respectez vos parents, n'hésitez pas à tendre la main aux personnes dans le besoin, travaillez à l'école et en dehors, et… méfiez-vous des grands requins qui rôdent, prêts à vous avaler tout cru.
Bref, une superbe allégorie à mettre entre toutes les mains, plus encore pour ses qualités littéraires que pour son côté moralisateur et que je recommande vivement et plus que jamais, mais ce n'est là que mon avis, mon tout piccolo avis, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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Nastie92
  18 octobre 2015
Connaissez-vous Pinocchio ?
À cette question, tout le monde ou presque répondra oui. Un oui enthousiaste, franc et massif, un oui plein des souvenirs que chacun a du film de Walt Disney ou de livres lus dans son enfance.
Et pourtant, je fais le pari que vous ne connaissez pas Pinocchio, du moins pas le véritable Pinocchio.
Je m'explique.
La marionnette de Disney s'appelle bien Pinocchio, mais n'est qu'une pâle copie du personnage de Carlo Collodi, et l'histoire de Disney est tellement simplifiée qu'on perd beaucoup de la substance du récit originel.
Le Pinocchio de Collodi est un personnage bien plus complexe que le naïf et gentil petit pantin de Disney. Son évolution au cours du récit est vraiment intéressante : au départ capricieux, entêté et paresseux, il va se transformer au fil de ses aventures, et c'est quand il sera devenu raisonnable et surtout quand il aura compris les bienfaits de l'instruction, qu'il deviendra un "vrai petit garçon".
Je me permets allègrement de franchir le pas entre le conte et la réalité : ce n'est que grâce au savoir et à l'éducation qu'un bébé peut grandir et devenir un petit enfant, qu'il peut apprendre à dominer ses caprices et à devenir un être libre et responsable. Voilà un message qui me plaît !
N'allez surtout pas croire toutefois que le livre de Collodi soit un bouquin poussiéreux et moralisateur. J'ai beaucoup ri tout au long des trente-six chapitres, car Pinocchio vit des aventures rocambolesques et rencontre toute une série de personnages surprenants.
J'ai beaucoup pesté également contre notre petit héros, maudissant son incapacité à tirer la leçon de ses mésaventures, lui reprochant son ingratitude vis à vis de son "père" Gepetto. Il lui en faut du temps avant de comprendre enfin, et de devenir un fils respectueux et reconnaissant vis à vis de son créateur. Tant mieux, parce que cela m'a offert de très belles heures !
Un des atouts de ce récit est qu'il offre plusieurs niveaux de lecture, selon le degré de compréhension du lecteur. Il peut être apprécié autant par des enfants que par des adultes et constitue une excellente lecture partagée, à l'âge où les enfants savent déjà lire tout seuls mais apprécient encore que papa ou maman lise avec eux.
Alors, lancez-vous, ouvrez le livre de Collodi et partez à la découverte du véritable Pinocchio ! Je fais le pari que vous ne le regretterez pas.
Une petite précision personnelle pour terminer. J'ai lu ce livre en version originale et me suis régalée. Et voilà mon premier " vrai" livre lu en italien. Le charme de la langue a beaucoup ajouté à mon plaisir de lecture, sans compter la petite fierté d'arriver à suivre... avec quelques petites recherches dans le dictionnaire, je l'avoue !
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Foxfire
  03 mai 2016
A l'instar d'"Alice au pays des merveilles", "les aventures de Pinocchio" est une oeuvre dont la notoriété dépasse largement son lectorat ; et ça, là aussi, grâce à un (très bon) dessin animé Disney.
Book-en-stock, en choisissant le roman de Collodi pour la pioche d'avril, m'a donc incitée à découvrir le vrai Pinochhio.
Cette lecture fut parfois assez éprouvante. Non pas que le récit soit ennuyeux ou mal écrit. Au contraire, cette fable morale, prônant les bienfaits de l'éducation et du travail, est écrite dans une langue agréable. La plume de Collodi est légère comme une plume, ça se lit tout seul. le récit est bien mené et on ne s'ennuie jamais tant les péripéties s'enchaînent à un rythme soutenu (trop parfois).
Ma lecture fut parfois éprouvante à cause du personnage de Pinocchio lui-même, qui est agaçant au plus haut point. Il faut bien le dire, Pinocchio est con comme un balai. Ceci dit, pour un bout de bois, il y a une certaine logique. On a souvent envie de l'attraper le Pinocchio, de le secouer en lui disant "Pinocchio, ça suffit les conneries maintenant !"
Heureusement, le personnage évolue au cours du récit et nul doute que les enfants qui lisent le roman n'ont aucune envie de ressembler au Pinocchio du début. Ce qui, je pense, correspond bien à l'objectif pédagogique visé par l'auteur.
En bref, j'ai beaucoup aimé découvrir le vrai Pinocchio et c'est avec plaisir que je le relirai avec mon fils.
Challenge Multi-Défis 2016 - 25 (un livre d'un auteur européen non francophone)
Challenge XIXème siècle 2016 - 5
Challenge Petits plaisirs 2016 - 18
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Gwen21
  05 octobre 2015
Avant d'être un rêve destiné aux enfants, "Pinocchio" est le rêve d'un adulte ; il est en fait le rêve de tout adulte qui recèle en lui une part de créativité et qui espère que ce qu'il crée prendra vie.
Ici, l'adulte, c'est Gepeto qui a gardé une âme d'enfant et se fabrique une belle marionnette à l'image d'un petit garçon, joyeux compagnon qu'il espère sage et plaisant. Hélas, la vérité est assez éloignée du rêve, comme cela arrive souvent et Pinocchio se révèle paresseux, capricieux et désobéissant. Mais quel enfant ne l'a jamais été ? Très vite commence pour notre héros à tête de bois un parcours initiatique tendant à punir ses vilains instincts et à prôner les bienfaits de l'éducation et de l'instruction. L'école est ainsi présentée par l'auteur comme la grande championne dans cette catégorie.
Conte magique, conte moral, "Les aventures de Pinocchio" offrent un dosage équilibré de fantaisie et de péripéties, de chances à tenter et de leçons à tirer. le rythme est très enlevé, un peu trop même à mon goût, avec un petit côté précipité qui entraîne parfois la narration dans l'absurde ; il y a un vrai gap entre le fantastique qui se dégage de chacun des courts chapitres et le pragmatisme très concret des enseignements qui en découlent.
Frais cependant, souvent drôle, mais aussi parfois "violent" et effrayant à l'image de plus anciens contes comme ceux des frères Grimm ou de Perrault, ce récit destiné aux enfants est finalement assez superficiellement connu du public, Walt Disney n'en ayant transmis qu'une infime partie - et pas forcément la plus riche.
"Les aventures de Pinocchio" sont plutôt à rapprocher du "Alice au Pays des Merveilles" de Lewis Carroll, où il est aussi question de magie, d'absurde, d'animaux humanisés, d'épreuves, de quête, de pédagogie et enfin, de rêve.

Challenge 19ème siècle 2015
Challenge PETITS PLAISIRS 2014 - 2015
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LiliGalipette
  08 août 2012
D'une bûche qui parle, Geppetto fait un pantin plutôt qu'un pied de table. Si la bûche était facétieuse, le pantin est un polisson désobéissant, menteur et têtu. Il ne veut que s'amuser et craint toujours de travailler et de se fatiguer. Dès qu'il le peut, il s'échappe et suit la route de brigands qui ont vite fait de le berner, de le dépouiller et de lui attirer les pires ennuis. « Malheur à ces enfants qui se rebellent contre leurs parents et qui, par caprice, abandonnent la maison paternelle. Ils n'auront jamais de bonheur en ce monde et, tôt ou tard, ils se repentiront amèrement d'avoir agi comme ils l'ont fait. » (p. 25)
De péripétie en péripétie, Pinocchio vit bien des aventures et subit bien des malheurs. Son nez s'allonge dès qu'il dit des mensonges et c'est vraiment fréquent. La fée bleue lui offre souvent son aide et lui promet de faire de lui un vrai petit garçon, mais le petit pantin se laisse sans cesse entraîner dans des affaires louches. « Malheureusement, dans la vie des pantins, il y a toujours un mais qui gâche tout. » (p. 167)
Le texte de Carlo Collodi n'a pas l'esprit bon enfant du dessin animé de Walt Disney : Pinocchio y est présenté comme de la graine de voyou et n'a rien du charmant pantin du dessin animé. Pas de conscience qui le suit à la trace : le Grillon Parlant n'est qu'une des nombreuses victimes de la méchanceté du pantin, avant qu'il s'amende. Ce conte absurde où le merveilleux se mêle au grotesque est une mise en garde pour les enfants : on apprend de ses douleurs et elles sont nombreuses pour Pinocchio. le petit pantin rassemble presque tous les péchés capitaux – paresse, gourmandise, orgueil, colère – et il semble que rien ne le fera jamais s'amender. La morale est distillée tout au long du texte, à chaque malheur et bêtise du pantin. Si la leçon n'est jamais apprise par le héros, il faut espérer que les jeunes lecteurs l'ont bien comprise. Ce type de littérature pour la jeunesse participe d'une certaine idée de l'éducation qui veut que l'apprentissage passe par la peine et la punition. L'épanouissement personnel n'est permis que s'il répond aux règles de la vertu.
C'est toujours intéressant, voire essentiel, de revenir aux textes sources qui ont offert à Walt Disney ses plus grands chefs-d'oeuvre. Mais à choisir, je préfère le dessin animé : on n'y croule pas sous les péripéties et les personnages, Geppetto et Pinocchio, y sont plus sympathiques. Et je garde un souvenir attendri de Figaro, le petit chat du menuisier, qui est absent du livre.
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critiques presse (1)
Lexpress   29 novembre 2012
Conte universel, il est magnifié par cette nouvelle traduction du texte intégral par Nicolas Cazelles.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (87) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B   01 juillet 2015
ls entrèrent dans l'auberge et se mirent à table ; mais aucun d'eux n'avait d'appétit. Le pauvre Chat, qui souffrait de terribles maux d'estomac, ne put rien manger d'autre que trente-cinq rougets à la sauce tomate et quatre portions de tripes au parmesan ; et comme les tripes ne lui semblaient pas suffisamment assaisonnées, il réclama trois fois du beurre et du fromage râpé ! Le Renard aurait volontiers grignoté quelque chose, lui aussi ; mais comme le médecin lui avait prescrit une diète sévère, il dut se contenter d'un simple civet de lièvre au chocolat accompagné d'une garniture très légère de poulardes grasses et de poulets de grain. Après le lièvre, il se fit apporter, pour s'ouvrir un peu l'appétit, une fricassée de perdreau, de lapin, de grenouille, de lézard et de raisins secs ; il ne voulut rien de plus. Il avait un tel dégoût pour la nourriture, disait-il, qu'il ne pouvait rien porter à sa bouche.
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Nastasia-BNastasia-B   25 septembre 2012
- Veux-tu multiplier tes pièces d'or ?
- C'est-à-dire ?
- Veux-tu, de cinq misérables écus, en faire cent, mille, deux mille ?
- Je voudrais bien ! mais comment !
- Le moyen est très facile. Au lieu de retourner chez toi, il faudrait que tu viennes avec nous.
- Et où voulez-vous m'emmener ?
- Au pays des Nigauds.
(...)
- Mais comment est-ce possible qu'ils deviennent si nombreux ? demanda Pinocchio, la bouche ouverte de stupeur.
- Je vais tout de suite te l'expliquer, dit le Renard. Il faut savoir qu'au pays de Nigauds il y a un champ béni, que tout le monde appelle le Champ des miracles. Tu fais dans ce champ un petit trou et tu mets dedans par exemple un écu d'or. Puis tu recouvres le trou avec un peu de terre ; tu arroses de deux seaux d'eau de fontaine, tu jettes dessus une pincée de sel, et, le soir, tu vas tranquillement te coucher. Pendant ce temps, au cours de la nuit, l'écu germe et fleurit, et le lendemain matin, à ton lever, en revenant dans le champ, que trouves-tu ? Tu trouves un bel arbre chargé d'autant d"écus d'or qu'un bel épi peut contenir de grains au mois de juin.
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AnnadeSandreAnnadeSandre   27 janvier 2016
Le lendemain, au lever du jour, ils arrivèrent sans encombre au pays des Jouets. Ce pays ne ressemblait à aucun autre. Il n’y avait que des enfants. Les plus vieux avaient quatorze ans, les plus jeunes à peine huit.
Dans les rues ce n’étaient que bonne humeur, tapages et cris à vous crever le tympan ! Des bandes de gamins partout jouant aux osselets, à la marelle, au ballon, faisant du vélo ou du cheval de bois, ayant organisé une partie de colin-maillard ou se courant après.
Certains chantaient, d’autres faisaient des sauts périlleux ou s’amusaient à marcher sur les mains.
Un général au casque fabriqué avec du feuillage passait en revue un escadron en papier mâché. On riait, on hurlait, on s’appelait, on battait des mains, on sifflait, on imitait le chant de la poule venant de pondre un œuf…

Le boucan était tel qu’il aurait fallu se mettre du coton dans les oreilles pour ne pas devenir sourd. Sur chaque place, il y avait un spectacle sous tente qui attirait tout au long de la journée une foule d’enfants et sur les murs des maisons on pouvait lire, tracées au charbon, de jolies choses comme : « Vive les joués » (au lieu de « jouets »), « on ne veu plus des colles » (au lieu de « On ne veut plus d’école »), « A bas Lari Témétique » (« au lieu de « À bas l’arithmétique »), et autres perles de ce genre.

Pinocchio, La Mèche et tous les enfants qui étaient dans la charrette du petit homme se fondirent dans cette cohue dès qu’ils furent dans la ville et ils n’eurent aucun mal, comme on peut le deviner, à devenir les amis de tout le monde. Impossible d’être plus heureux qu’eux !
Jeux et divertissements ne cessant jamais, les heures, les jours et les semaines filaient à toute vitesse.

— Quelle belle vie ! S’exclamait Pinocchio chaque fois qu’il croisait La Mèche.
— Tu vois que j’avais raison, répliquait l’autre. Et dire que tu ne voulais pas venir ! Que tu t’étais mis dans la tête de retourner chez la fée et de perdre ton temps à étudier ! Si aujourd’hui tu ne t’ennuies plus avec les livres et l’école, c’est bien grâce à moi et à mes conseils, d’accord ? Seuls les vrais amis savent rendre de tels services.
— C’est vrai ! Si je suis enfin content, c’est à toi que je le dois. Quand je pense à ce que me disait le maître en parlant de toi… Tu sais ce qu’il me disait ? Il me disait toujours : « Ne fréquente pas ce fripon de La Mèche ! C’est un mauvais compagnon qui ne peut que t’attirer sur la mauvaise pente. »

(…) Cinq mois passèrent ainsi, à s’amuser jour après jour sans jamais voir ni livre ni école. Puis, un matin, en se réveillant, Pinocchio eut une fort désagréable surprise qui le mit hors de lui. (…) Il découvrit, à son grand étonnement, que ses oreilles avaient poussé au moins de la longueur d’une main. (…) Il chercha immédiatement un miroir pour se regarder. N’en trouvant pas, il remplit d’eau une cuvette pour la toilette et, se mirant dedans, vit ce qu’il n’aurait jamais voulu voir. C’est à dire sa propre image agrémentée d’une magnifique paire d’oreilles d’âne. Je vous laisse imaginer la souffrance, la honte et le désespoir du pauvre Pinocchio !
Il commença par pleurer, gémir et se cogner la tête contre un mur. Mais plus son désespoir grandissait, plus ses oreilles s’allongeaient et se recouvraient de poils.

Alertée par ces cris aigus, une jolie petite marmotte qui habitait l’étage au-dessus entra dans la pièce. Voyant la grande agitation de la marionnette, elle lui demanda avec empressement :
— Que se passe-t-il, cher voisin ?
— Je suis malade, petite marmotte, très malade. Et malade d’une maladie qui me fait peur ! Tu sais prendre le pouls ?
— Un peu.
— Alors, dis-moi si j’ai de la fièvre.
La marmotte prit le pouls de la marionnette avec l’une de ses pattes de devant et lui dit en soupirant :
— Hélas, mon pauvre ami, j’ai une mauvaise nouvelle à te donner.
— C’est à dire ?
— Tu as une méchante fièvre.
— Mais de quelle sorte de fièvre s’agit-il ?
— Tu as une fièvre de cheval, ou plutôt d’âne.
— Je ne comprends rien à ce que tu dis, répliqua la marionnette qui avait trop bien compris.
— Je vais donc t’expliquer. Dans deux ou trois heures tu ne seras pas plus une marionnette qu’un petit garçon.
— Et que serais-je ?
— D’ici deux heures ou trois tu deviendras un bourricot, un vrai, comme ceux qui tirent les carrioles ou portent choux et salades au marché.
— Oh, pauvre de moi ! Pauvre de moi ! hurla Pinocchio en saisissant ses oreilles à pleines mains, tirant dessus et essayant de les arracher rageusement comme si ce n’étaient pas les siennes.
— Mon ami, intervint la Marmotte pour le calmer, que cherches-tu donc à faire ? Tu n’y peux rien ! C’est le destin ! Il est prouvé scientifiquement que tous les enfants paresseux qui rejettent les livres, l’école et les maîtres, qui passent leurs journées à jouer et à se divertir, deviennent tôt ou tard des petits ânes.
— C’est prouvé ? questionna la marionnette en sanglotant.
— Hélas, oui ! Et désormais les pleurs sont inutiles. Il fallait y penser plus tôt.
— Mais ce n’est pas de ma faute, crois-moi, petite Marmotte, c’est à cause de La Mèche !
— La Mèche, qui est-ce ?
— Un copain d’école. Moi, je voulais rentrer à la maison, je voulais être obéissant, je voulais étudier et me distinguer… Mais La Mèche m’a dit : « Pourquoi t’embêter à travailler ? Pourquoi aller en classe ? Viens plutôt avec nous au pays des Jouets. Là-bas, on n’étudie pas, on s’amuse du matin au soir et on est toujours joyeux. »
— Pourquoi avoir suivi les conseils de ce faux ami, de ce mauvais compagnon ?
— Pourquoi ? Parce que, petite Marmotte, je suis une marionnette sans cervelle… et sans cœur. Si au moins j’avais eu un peu de cœur, je n’aurais pas abandonné ma bonne fée qui m’aimait comme son propre enfant et qui a tant fait pour moi ! À cette heure, je ne serais plus une marionnette mais un vrai petit garçon, comme tous les autres. Oh ! Si jamais je rencontre La Mèche, gare à lui ! Je lui dirai ses quatre vérités.
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Gwen21Gwen21   05 octobre 2015
- Oh ! Pauvre de moi ! Pauvre de moi ! hurla Pinocchio en saisissant ses oreilles à pleine main, tirant dessus et essayant de les arracher rageusement comme si ce n’étaient pas les siennes.
- Mon ami, intervint la marmotte pour le calmer, que cherches-tu donc à faire ? Tu n’y peux rien ! C’est le destin ! Il est prouvé scientifiquement que tous les enfants paresseux qui rejettent les livres, l’école et les maîtres, qui passent leurs journées à jouer et à se divertir, deviennent tôt ou tard des petits ânes.
- C’est prouvé ? questionna la marionnette en sanglotant.
- Hélas, oui ! Et désormais les pleurs sont inutiles. Il fallait y penser plus tôt.
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Gwen21Gwen21   02 octobre 2015
- Malheur aux enfants qui se révoltent contre leurs parents et abandonnent par caprice la maison paternelle ! Jamais ils ne trouveront le bien en ce monde et, tôt ou tard, ils s’en repentiront amèrement.
- Cause toujours, mon Grillon, tant qu’il te plaira : moi je sais que demain, à l’aube, je partirai d’ici car si je reste, il m’arrivera ce qui arrive à tous les enfants. C’est à dire qu’ils m’enverront à l’école et, que cela me plaise ou non, on m’obligera à étudier. Or moi, je te le dis en confidence, étudier ne me va pas du tout. Cela m’amuse beaucoup plus de courir derrière les papillons et de grimper dans les arbres pour dénicher les oiseaux.
- Pauvre petit sot ! Tu ne sais donc pas qu’en agissant ainsi tu deviendras le plus beau des ânes et que tout le monde se paiera ta tête ?
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