AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2080811657
Éditeur : Flammarion (17/12/1998)

Note moyenne : 4.18/5 (sur 25 notes)
Résumé :
A partir de 1750, les hommes d'occident ont peu à peu cessé de tolérer la proximité de l'excrément ou de l'ordure, et d'apprécier les lourdes senteurs du musc. Une sensibilité nouvelle apparaît, qui poussera les élites, affolées par les émanations sociales de la ville malade, à chercher dans les parcs et sur les flancs des montagnes la pureté de l'atmosphère : elles y rencontrent la jonquille, au parfum quasi imperceptible, qui, leur parlant de leur moi, révèle l'ha... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacCulturaLeslibraires.frMomox
Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
blandine5674
  15 août 2014
Alain Corbin, professeur à la Sorbonne, dont on dit de lui qu'il est « l'historien du sensible », nous montre comment, depuis Hallé, la perception des odeurs a changé.
L'eau suscite la méfiance ; les médecins l'associent à la notion de malsain.
A partir de 1750, les hommes d'occident cessent peu à peu de tolérer l'excrément et d'apprécier les lourdes senteurs du musc. Alors commence une fascinante et inquiétante entreprise de désodorisation des lieux et du corps.
Pour la suite, voir la belle critique du lecteur Seblac, je ne ferai pas mieux.
Chef-d'oeuvre de l'histoire des sensibilités, le Miasme et la Jonquille a été traduit dans une dizaine de langues.
Une documentation très fournie. de belles tournures de phrases sur les excréments (du beau style sur la saleté et la puanteur : tout un art !). A ne pas lire le jour où un livre nous enverra les odeurs décrites (lol).
Commenter  J’apprécie          90
Laureneb
  26 septembre 2018
Alain Corbin continue à explorer le grand XIXème siècle sous un angle non politique mais culturel, à travers l'histoire des sensibilités. Et ici, ses recherches sont difficiles en soi, puisqu'il travaille sur ce qui est pas essence évanescent et éphémères, les odeurs.
Mais justement, ces odeurs laissent des traces, dans les textes scientifiques qui cherchent à neutraliser leur pouvoir nocif dans la propagation des miasmes, dans les lois qui veulent réglementer le sort des déjections animales et humaines, dans les murs des hôpitaux, des prisons et des casernes qui conservent l'odeur de la maladie et de la misère, dans les fantasmes des amants aux tendances fétichistes, dans la littérature baudelairienne ou naturaliste...
Cette étude érudite permet donc de revaloriser l'odorat, dégradé dans l'esthétique kantienne, pour lui donner une fonction à la fois politique et poétique.
Commenter  J’apprécie          40
MargueriteG
  28 février 2016
Un sublime ouvrage retraçant l'histoire sociale de l'odeur, objet aujourd'hui frappé de nombreux tabous . On y voit comment l'odeur a, parmi d'autres objets, permis d'ériger des frontières entres des groupes: entre les hommes et les femmes, entre les prolétaires et les bourgeois... Ce livre vient dépeindre un univers où l'évolution des pratiques en matière d'hygiène en lien avec les progrès de la médecine viennent se mêler à tout un imaginaire social qui nous apporte des réponses quant à la place que nous accordons aujourd'hui à cet objet sensoriel dans notre société. Magnifique.
Commenter  J’apprécie          40
madameduberry
  04 novembre 2014
Susskind a beaucoup respiré ce livre. Moi je trouve que Corbin a de l'inspiration et du style, qu'universitaire et historien, il écrit remarquablement bien sans jamais être ennuyeux, au contraire de l'auteur du roman, que je finis par avoir dans le nez.
Commenter  J’apprécie          50
Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
mesrivesmesrives   02 octobre 2015
La littérature galante enregistre avec rapidité la disqualification du musc. Il y a beaucoup d'hygiène et d'ablutions dans l'érotisme de Rétif. L'eau de rose dispose ici d'un étonnant monopole; elle rafraîchit sans cesse les pieds, le cul et le "conin" de Conquette-Ingénue. Le bidet est devenu l'auxiliaire du plaisir. Le récit casanovien reflète la même monotonie olfactive; le lavage du corps de la femme à l'eau de rose y fait figure de rite.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          100
VictorianneVictorianne   24 janvier 2018
L'accentuation des exigences de la pudeur, on le sait, favorise et freine tout à la fois, la pratique de l'hygiène corporelle. Assez curieusement, l'odorat se trouve impliqué dans le réseau d'interdits qui se tisse. R. Sennet évoque les désordres physiologiques et psychiques, occasionnés au sein de la bourgeoisie victorienne, par la crainte de péter en publique. A vrai dire, les manuels de civilité ne font guère allusion à cette contention, ils laissent toutefois apparaître une délicatesse olfactive toute nouvelle. N'exigez de votre domestique rien qui répugne à ses sens, écrit en 1838 la Comtesse de Bradi; sauf en cas de maladie, "ne vous faites point déchausser".

De multiples freins aux progrès de l'hygiène corporelle continuent de s'inscrire en regard de tous ces facteurs favorables; la lenteur de l'équipement de la maison, cautionnée par la méfiance persistante des médecins à l'égard de l'usage intempestifs de l'eau. La litanie des interdits et des précautions qui alourdit le discours des hygiénistes le prouvent à l'envi. La périodicité menstruelle ordonne toujours le calendrier de la toilette.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
blandine5674blandine5674   15 août 2014
L'interdit qui frappe la nudité joue contre sa diffusion. S'essuyer les organes génitaux pose problème. 'Fermez les yeux, ordonne Mme Celnart à ses lectrices, jusqu'à ce que vous ayez terminé l'opération' ; il est vrai que l'eau peut se faire indiscret miroir..... 'Baignez-vous, si on vous l'ordonne, conclut la comtesse de Bradi ; autrement ne prenez qu'un bain par mois au plus. Il y a je ne sais quoi d'oisif et de mou dans le goût de s'établir ainsi qu'au fond d'une baignoire, qui sied mal à une fille'.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
LaurenebLaureneb   26 septembre 2018
Les délicates senteurs signent l'image d'un corps diaphane, que l'on voudrait simple reflet de l'âme. Ambitieuse stratégie qui tente de désamorcer la menace de l'animalité, d'assagir les pulsions de la femme. On la veut rose, violette ou lys, surtout pas féline ou musquée ; les images florales expulsent du discours celles qui sont empruntées au cycle carnassier. Le symbolisme mièvre qui prolifère autour de la jeune fille et dont on a trop longtemps délaissé l'étude pour se garder de la dérision, cache une persistante et fascinante entreprise de sacralisation.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
blandine5674blandine5674   14 août 2014
En 1856, Sponi dresse la liste de tous les projets formulés depuis 1762 ; il n'en compte pas moins de cinquante-sept. Durant près d'un siècle, les plus grands savants réfléchissent, expérimentent ; on peut dire, sans exagérer qu'il n'est pas un chimiste éminent qui ne se soit essayé à la désodorisation des excréments.
Commenter  J’apprécie          40
Videos de Alain Corbin (29) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Alain Corbin
Alain Corbin, Invité culture des Matins d'été .
Dans la catégorie : Coutumes généralesVoir plus
>Sciences sociales>Coutumes, savoir-vivre, folklore>Coutumes générales (65)
autres livres classés : odeursVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacCulturaLeslibraires.frMomox





Quiz Voir plus

Quelle guerre ?

Autant en emporte le vent, de Margaret Mitchell

la guerre hispano américaine
la guerre d'indépendance américaine
la guerre de sécession
la guerre des pâtissiers

12 questions
1463 lecteurs ont répondu
Thèmes : guerre , histoire militaire , histoireCréer un quiz sur ce livre