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ISBN : 2845451245
Éditeur : Editions des Syrtes (21/04/2006)

Note moyenne : 3.25/5 (sur 8 notes)
Résumé :
Dans la Bulgarie postcommuniste, les destins de sept adolescents, élèves dans le même lycée, se croisent dans le chaos qui les entoure et les désarrois familiaux. En " mal de mère ", Andreia, Lia, Dana, Alexander, Nicola, Deyann et Kalina vivent, chacun à leur manière, les souffrances de l'enfance ou la démission des parents. Dans ce chaos, le rêve d'une vie meilleure est incarné par Yavora, leur nouveau professeur, qui sait écouter et panser toutes les plaies. Et s... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Sharon
  18 juillet 2015
Pour les sept mères qui donnent leur nom à ce roman, devenir mère ne fut pas facile dans leur corps, dans leur vie. Qu'est-ce qu'être mère ? Celle de Kalina est devenue invalide après la naissance de sa fille, entre diabète et ostéoporose. Celle d'Alexander souhaitait se conformer à la volonté de Dieu et ne pas avoir d'enfants, puisqu'elle était stérile. Nicola n'est né que parce que sa mère n'avait pas le courage de se faire avorter. Christina, la mère d'Andreia, est en pleine dépression, faisant subir à sa fille ce qu'elle-même a subi étant enfant. Ces huit enfants sont déjà, le plus souvent, les parents de leurs parents.
Ceux-ci appartiennent pourtant à une génération chanceuse, celle qui a vu la chute du communisme et devait permettre la réalisation de tous les espoirs. Si ce n'est qu'aucun d'entre eux ne savait ce que le mot « espoir » signifiait. Des rêves, oui, certains en avaient mais peu les ont accomplis, et plutôt que de chercher en soi les raisons de cet échec, il est plus facile d'accuser l'autre, que ce soit son conjoint, ou, en son absence, son enfant.
Dans ce livre, l'enfant est souvent unique – comme si un seul accident suffisait, et après, les précautions furent prises. Il doit faire face, seul, aux errances de ses parents. La solitude est encore plus accentuée pour Deyann, séparé de sa soeur jumelle depuis la séparation de ses parents, chacun d'entre eux voulant que l'autre prenne ses responsabilités. Mot souvent prononcé ou sous-entendu, alors que personne ne semble vraiment mesurer ce qu'elle recouvre. Ainsi, la mère de Dana, qui subvient aux besoins de sa famille en partant travailler deux ans à l'étranger, sans veiller aux besoins affectifs et psychologiques de sa fille adolescente.
Faut-il alors vraiment s'étonner que tous aient vu Yarova, leur professeur, comme une lumière dans la nuit ? Ne les écoute-t-elle pas, ce que personne ne fait ? N'est-elle pas venue en aide à certains d'entre eux ? Il n'est pas facile de connaître les motivations de cette femme. A-t-elle été dépassée par ce qu'elle a contribué à créer ? La fin du premier chapitre nous le montre assez.
Mères est un livre dur, âpre, au style très particulier, asphyxiant – de très longues phrases, avec de nombreuses pauses, mimant la colère et l'urgence, l'absence de signe permettant de distinguer le dialogue du récit, comme si parler ne servait à rien, les interlocuteurs n'écoutant qu'eux-mêmes. Un livre pas assez connu en France, qui donne une vision glaçante de la Bulgarie.
Lien : https://deslivresetsharon.wo..
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Ingannmic
  07 juin 2019
J'aime être emportée par une lecture imprévue, être surprise par un auteur inconnu, comme cela a été le cas avec ce titre. Il faut dire que l'écriture de Théodora Dimova dégage une intensité qui ne peut laisser indifférent. le premier chapitre de "Mères" vous cueille à froid, logorrhée heurtée, d'une violence poignante, évoquant la détresse d'Andreia, orpheline d'une mère non pas défunte mais dépressive, au bord de la démence, indifférente à tout sauf à sa propre douleur, incapable ne serait-ce que de faire semblant d'éprouver le moindre sentiment pour sa fille, qui en est dévastée.
Suivent d'autres chapitres, ayant pour titre le prénom de celui ou celle dont ils évoquent la douloureuse histoire, portée par une plume vibrante, percutante, qui obsède et glace à la fois. Lia, Dana, Alexandre, Nikola... Ils sont tous adolescents, filles ou garçons, riches ou pauvres, enfants uniques à une exception près. La souffrance les a fait grandir trop tôt, les a plombés de la gravité de ceux qui savent ne pouvoir compter que sur eux-mêmes. le drame de leurs courtes existences, marquées par l'abandon, la négligence ou la violence, puise ses racines dans le lien à la mère, perverti par une relation toxique ou par l'absence, qu'elle soit physique ou psychique.
Un autre point commun les réunit : la mystérieuse Yavora, évoquée à la fin de chaque séquence, à propos de laquelle un enquêteur anonyme les interroge, dans le cadre de ce qui s'apparente à une audition judiciaire. Les adolescents tergiversent, renâclent, incapable de la dépeindre autrement qu'en se référant à leurs rêves, ou en utilisant des métaphores, femme providentielle et impalpable, dotée d'un charisme surnaturel, figure idéale d'une mère dont chacun est en carence...
En toile de fond, au gré des éléments composant le quotidien de chacun des protagonistes, se dessine la Bulgarie des années 2000, gangrenée par la corruption et les inégalités sociales. L'espoir initié par la fin de l'ère communiste vécue par leurs parents a fait place à une désillusion que semblent incarner ces mères déficientes, elles-mêmes victimes d'un système inique ou d'une filiation délétère.
"Mères" est un récit bouleversant, glaçant, dont on pressent avec effroi l'issue inéluctable, qui met en évidence l'influence de l'instabilité familiale dans la propension à la violence.
Lien : https://bookin-ingannmic.blo..
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Nikoz
  04 avril 2018
Un livre avec une étrangeté... Ressemble à ces recueils de nouvelles qui se recoupent à la toute fin.
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lesperluette
  20 mars 2017
Le style est particulier, la ponctuation, enfin le « point » surtout se fait rare. Un livre dur, reflet d'une société bulgare post communiste souffrante, mais une intrigue trop vite survolée.
Lien : https://lesperluette.blog/20..
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
SharonSharon   17 juillet 2015
Je n'arrive pas à piger, disait souvent Yordann devant ses collègues et amis, ou simplement devant Kérana et Lia, et je ne comprendrai sans doute jamais ce que peut bien faire quelqu'un s'il n'écrit pas. Comment peut-il appréhender le monde ? Quand est-il heureux ? Par quel biais peut-il transmettre la vie, la penser ? Rien qu'en la contemplant ? Absurde ! Or, chez l'écrivain, vie et écriture sont intimement liées, l'écriture est le moyen de vivre davantage, plus profondément, plus clairement, plus intérieurement, plus, tout simplement, parce que, en écrivant, il vit plus intensément même que dans la vraie vie !
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lesperluettelesperluette   20 mars 2017
Et tu sais, Lydia, tant qu’on est jeune, on ne croit pas qu’on ne pourra plus descendre le sentier qui mène au rivage, on ne croit pas qu’on ne pourra plus plonger dans l’eau et nager, nager, nager des heures durant, bien loin, et encore des heures pour revenir vers la côte, on ne croit pas qu’il nous est arrivé de mettre au monde cinq enfants, quatre fils et une fille, Vassiliki, que le lien ne se maintiendra avec aucun d’eux, qu’on aura pas besoin de voir l’un de ses enfants, parce qu’une fois qu’ils ont grandi, Lydia, qu’ils ont commencé à vieillir, une mère se détache de ses enfants vieillissants, ou bien ce sont eux qui se détachent de leur vieille mère, je ne sais pas s’il en sera de même pour toi, Lydia, je ne sais pas qui s’est détaché le premier ni quand ça s’est produit, ça se produisait en continu, mais je ne le croyais pas, je n’ai jamais été vaniteuse ou superstitieuse, Lydia, mais ce paradoxe, à savoir qu’une personne étrangère, une Bulgare qui plus est, soit avec moi durant mes derniers jours, s’occupe de moi, me serve, me coiffe, me baigne, que ce soit quelqu’un de complètement étranger qui doive être avec moi et non pas l’un de mes enfants, ça, Lydia, je ne puis pas le comprendre, pouvais-je m’imaginer qu’à quatre-vingt-douze ans, je ne converserais qu’avec une Bulgare, Lydia ?
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NikozNikoz   04 avril 2018
Le premier souvenir qu'il avait de ce monde était un souvenir d'abandon, de malheur, de solitude.
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lesperluettelesperluette   20 mars 2017
et alors il comprit qu’il était seul, seul pour toujours, il en prit conscience à l’âge de huit mois, sans même connaître les mots pour « maman », « solitude », et « douleur ».
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lesperluettelesperluette   20 mars 2017
Elle tenait la main de sa fille, la main de sa vie dans ses propres mains.
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Video de Teodora Dimova (1) Voir plusAjouter une vidéo

Théodora Dimova : Adriana
Dans un salon de la fondation Deutsch de la Meurthe, à la Cité universitaire internationale de Paris, Marie VRINAT s'entretient avec Olivier BARROT à propos du livre de Théodora DIMOVA "Adriana", dont elle est la traductrice.
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