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EAN : 9782070360970
286 pages
Éditeur : Gallimard (19/05/1972)

Note moyenne : 3.7/5 (sur 442 notes)
Résumé :
Imaginez Don Juan plein de remords et hanté par un mari trompé. Accablé de soucis d'argent, n'ayant le goût à rien, Veltchaninov est poursuivi par un homme en deuil. Troussotzky a perdu sa femme. Toute faute, pour Dostoïevski, doit être expiée, le péché engendre la maladie et la folie. Le vaudeville tourne au drame, car il y a une victime innocente, Lisa, une enfant. De qui est-elle ? L'éternel mari retrouvera une épouse, l'éternel amant sa vigueur et le jeu recomme... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (32) Voir plus Ajouter une critique
nadiouchka
  12 août 2020
Un mari éternel ? Heueuh… C'est ce que nous propose l'écrivain russe Fiodor Dostoïevski avec « L'éternel mari »(Вечный муж), un ouvrage qu'il a écrit alors qu'il était à Dresde et qui a été publié en 1870 dans la revue « L'Aube ».
Dans la description de l'éditeur, on peut lire : « Imaginez Don Juan plein de remords et hanté par un mari trompé. Accablé de soucis d'argent, n'ayant le goût à rien, Veltchaninov est poursuivi par un homme en deuil. Troussotzky a perdu sa femme. Toute faute, pour Dostoïevski, doit être expiée, le péché engendre la maladie et la folie. le vaudeville tourne au drame, car il y a une victime innocente, Lisa, une enfant. de qui est-elle ? L'éternel mari retrouvera une épouse, l'éternel amant sa vigueur et le jeu recommence. L'auteur rit de lui-même, se souvenant de son premier mariage. Ce roman tragique et comique révèle un autre Dostoïevski. Mais ses personnages sont toujours aussi grands d'être conscients de leur petitesse. »
*****
Ainsi, nous avons déjà une idée de l'histoire.
Ayant déjà lu quelques ouvrages de cet écrivain, il y avait celui-ci qui attendait sa critique.
Commençons par quelques personnages principaux :
* Troussotzky (Pavel Pavlovitch Troussotzky, un personnage sournois),
* Veltchaninov (ou Alexei Ivanovitch, un hypocondriaque),
* Natalia Vassilievna,
* Olympiade Semionovna,
* Lisa...
Un aperçu de l'histoire :
Pavel Troussotsky se rend à Saint-Pétersbourg afin de faire le nécessaire pour obtenir une promotion. Cela fait trois mois qu'il est veuf. Il est avec sa fille Lisa (environ huit ans). Il fait la rencontre de Veltchaninov (celui-ci a été l'amant de sa femme et il semblerait que la petite Lisa soit sa fille…) Mais il laisse supposer qu'elle serait, en fait, l'enfant « d'un soldat de passage » ???
On voit des confrontations – de la jalousie – de nombreux dialogues avec de la psychologie – de l'amour et de la haine – de l'amitié - évidemment et heureusement, on y voit aussi les moeurs de la « Sainte Russie » …
Je ne vais pas en raconter plus car cela été déjà fait longuement et je me limite donc. J'évite aussi de parler De Balzac ou de Freud comme l'ont fait certains et ce ne serait donc pas utile de rajouter une pierre à l'édifice.
Par contre, j'ai vu ce qu'avait écrit Dancingbrave (un ami sur Babelio) sur l'amitié qui « peut paraître excessive chez les Russes, comme beaucoup de sentiments ». Remarque à laquelle je réponds : « Eh oui, c'est ainsi et je comprends très bien que cela puisse étonner certains. C'est cela l'âme russe – froid dehors mais le coeur chaud. Puisque toi aussi tu as du sang russe dans les veines, comme moi, c'est tout ou rien…. Mieux vaut tout, non ? Tu ne me diras pas le contraire, j'en suis certaine.»
Roman assez court et qui, même si « L'éternel mari » de Dostoïevski, grand auteur russe classique, ne figure pas parmi l'une de ses plus grandes oeuvres, c'est un récit plaisant et parfois amusant.
Mais à lire tout de même.
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dancingbrave
  17 septembre 2015
Attention, haute densité psychologique pour ce roman du doute, du pardon et de la rédemption.
Je lis Dostoïevski pour la première fois et voilà qu'il me pénètre instantanément et m'ébranle. Serait-ce dû à un atavisme quelconque, moi qui ai du sang russe dans les veines ? Et pourquoi pas ?
Les descriptions « balzaciennes » sont impressionnantes de réalité, appuyées qu'elles sont par cette fougue, cette folie, ces tourments slaves. Chaque phrase fait mouche.
Comment peut-on si bien connaître l'homme et si bien le transcrire ?
Les mots de Dostoïevski nous décrivent d'abord Veltchaninov clairement comme un hypocondriaque, ce qui est très habile car fait naître une méfiance du lecteur qui ne le quittera jamais totalement. A travers ces mêmes mots talentueux, la fougue, la folie, les doutes, la culpabilité latente, l'humilité, les souffrances de Veltchaninov nous émeuvent.
Plus loin la sournoiserie de Troussotzky transpirera à travers la description d'un geste, d'un sourire et même de la tonalité d'une voix.
Au fur et à mesure que le roman avance les doutes s'installent chez notre héros mais aussi, astucieusement, chez le lecteur : le mari (eternel) sait-il que celui qu'il prétend être son ami fut l'amant de sa défunte femme ? L'amant sait-il que l'enfant du mari est sa fille ? L'enfant est-elle persécutée, est-elle saine d'esprit ? le doute se mue petit à petit en angoisse.
La fine maîtrise de l'âme humaine que possède Dostoïevski lui permet à de multiples occasions de faire croitre l'irritation du lecteur à l'encontre de tel ou tel personnage et tout cela s'éteint par une attitude inverse, nous replongeant dans ce doute permanent qui à mon sens est le trait majeur et l'intérêt du roman.
Emportés, tout comme nous par le doute, nos personnages navigueront continuellement entre accusation, culpabilité, pardon, amitié, haine, admiration, détestation.
Un des derniers chapitres dont le titre « analyse » pourrait nous faire penser que des conclusions seront émises ne fait que nous plonger plus profondément dans le doute et nous fait prendre conscience de la difficulté qu'est le pardon et la rédemption pour nos personnages torturés. Il faudra vraiment attendre la fin du roman avec les points sur les « i » pour que les certitudes s'installent
Il est ainsi vrai que si au début on pouvait penser lire une comédie vaudevillesque, doucement cela se transforme en comédie dramatique puis en véritable dramatique mais avec un dernier petit clin d'oeil comique bouclant ainsi la boucle et me faisant ressentir ce roman talentueux comme étant bien loin d'une oeuvre mineure
NB je voudrais attirer l'attention de certains babeliautes sur le fait que l'amitié chez les russes peut paraître excessive, comme beaucoup de sentiments d'ailleurs. le russe ne sait pas faire les choses en nuances surtout s'il est épaulé par un verre de trop. le baiser sur la bouche, enfin. Il n'est qu'un baiser culturel et cordial symbolisant la paix et rien d'autre.
Petit résumé si ça vous tente :
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Woland
  29 août 2015
Вечный муж
Traduction, notice et notes : Boris de Shloezer
Préface : Roger Grenier
ISBN : 9782070360970
Voici un roman qui gagne a être lu deux fois surtout si l'on garde en mémoire le film, très français, de Pierre Billon (avec Jacques de Casembroot comme assistant), réalisé en 1946, avec un Raimu magistral d'émotion et de sadisme et une petite Lucy Valnor qui en arrive à faire oublier la réplique, à notre avis plutôt faible, qu'Aimé Clarion, dans le rôle de Veltchaninov, donne à l'acteur marseillais. A la première lecture en effet, c'est le film français qui vous vient en tête et vous cherchez désespérément Lisa à chaque page Jelisavecplaisir alors que, dans le roman, la petite ne fait que de brèves, mais il est vrai très significatives apparitions. Mais quand vous vous décidez à une seconde lecture, et si vous avez réfléchi également sur l'aspect toujours très commercialement émotionnel du cinéma, alors "L'Eternel Mari" devient pour vous l'un des meilleurs romans de son auteur , celui qui, avec "Le Joueur" par exemple et, à la limite, "L'Idiot", demeure le plus classique, le plus facilement lisible (en tout cas sans trop de maux de tête Wink ), au contraire par exemple des mythiques, exténuants et éblouissants "Frères Karamazov."
A y regarder un peu mieux, "L'Eternel Mari "est un récit des plus complexes où se mêlent, en un sombre et grouillant noeud gordien, l'amitié, la haine, un soupçon d'homosexualité trouble, deux personnalités l'une carrément sado-masochiste (Pavel Pavlovitch Troussotzky), l'autre sado-narcissique (Alexei Ivanovitch Veltchaninov), deux femmes, toutes deux épouses du premier, l'une, Natalia Vassilievna, qui le menait par le bout du nez et l'autre, Olympiada Semionovna, qui fait de même et qui, tout comme la première, la défunte, prend des amants à droite et à gauche, au nez et à la barbe de son époux, lequel paraît avoir complètement oublié ses avatars de mari cocu et mieux encore la souffrance et le drame qui en sont sortis.
Chose d'autant plus étonnante que "L'Eternel Mari" tourne jusqu'à son dernier chapitre, ou presque, autour de l'adultère de Natalia Vassilievna avec Veltchaninov, neuf ans plus tôt, adultère qui s'est soldé par la naissance d'une petite fille, Lisa, que Troussotzky a cru sienne jusqu'au décès brutal de son épouse et la découverte d'une certaine cassette Evil or Very Mad . du coup, il semble bien que Papa Jekyll se soit transformé en un Papa Hyde dont la plus grande jouissance n'est plus que de tourmenter la pauvre petite qui, elle, évidemment, ne sait rien du choc terrible ressenti par celui qu'elle continue à prendre pour son père biologique.
Avec un raffinement de sadisme incroyable, Troussotzky emmène Lisa à Pétersbourg où il a retrouvé la trace de Veltchaninov - et précisons d'ailleurs que Natalia Vassilievna a tout fait pour que son ancien amant ignore sa paternité. Il descend dans un hôtel de bas étage, y amène des filles que sa cruauté envers la petite épouvante et met même en colère au point que l'une d'entre elles lui crache en plein visage, met à profit le suicide de l'un des locataires, dont Lisa avait malheureusement vu le cadavre encore pendu à son noeud coulant, pour menacer la petite de faire de même si elle continue à être méchante et contrariante avec lui, son père qui l'aime tant ...
Lentement, image fugitive, fuyante, puis vision qui s'incruste avant de se figer, il suit Veltchaninov qui finit par le remarquer assez vite. Cette tête-là, cette tête éternellement coiffée d'un chapeau rond aujourd'hui porteur d'un crêpe de deuil, étonne et inquiète vite le poursuivi. Déjà hypocondre par nature et fortement stressé, Alexei Ivanovitch se rappelle vaguement ce visage et la silhouette courtaude de ce petit homme à demi chauve mais pas plus : il est incapable de lui donner un nom scratch . Or, voilà qu'une nuit - notez que, officiellement, il est tout de même une heure du matin - Pavel Pavlovitch s'en vient chez son rival et cherche à entrer dans son appartement en tournant et retournant le bouton de porte, comme quelque goule qui, derrière, essaie mais s'amuse surtout à faire peur. Veltchaninov qui n'est lâche que dans sa vie sentimentale, ouvre carrément la porte et c'est le Face à Face. affraid
Avec reconnaissance, de part et d'autre. Feignant une timidité, une douceur qu'il est bien loin d'éprouver et visiblement ivre, Pavel Pavlovitch apprend à son ennemi qu'il est veuf, lui demande, les larmes aux yeux, s'il se souvient encore de tout le bon temps qu'ils passèrent tout deux avec "la chère Natalia" ... et patati ... et patata ... de fil en aiguille, et comme aimanté par quelque chose dissimulé en ce paillasse étrange, qu'il sent d'ailleurs bien plus feindre le paillasse qu'en être un authentique, Veltchaninov se rend dès le lendemain chez Troussotzky.
Et là, coup de théâtre suprêmement sadique : il le trouve en train de hurler et même de brutaliser une jolie petite fille en larmes qui le supplie de ne pas boire, de "ne pas faire ça", de ne ... L'entrée de Veltchaninov met fin, provisoirement, à la scène mais Troussotzky, au comble de la jouissance, fait rebondir toute la scène en avouant tout simplement à son visiteur - que, prétend-il, il n'attendait plus - que Lisa n'est autre que la fille qu'il a eue, lui, Pavel Pavlovitch, avec son épouse défunte. Une enfin qu'il aime à un point, Monsieur ! ... Elle lui rappelle tant sa pauvre épouse ... Sniffsniff Mais que voulez-vous ! il faut bien éduquer, ne pas relâcher la discipline sous prétexte que Lisa, désormais, est orpheline de mère ...
Veltchaninov n'est pas dupe. Une confidence échappée à son ancienne amante, un rapprochement entre deux mois plus deux mois qui en font quatre, l'instinct aussi, tout lui assure que cette petite Lisa est bien sa fille, à lui, et non celle de l'odieux Pavel Pavlovitch. Il parvient à l'envoyer pour des vacances chez une famille de ses amis mais la petite tombe très vite malade et, comprenant que celui qu'elle tient - et tiendra jusqu'au bout pour son père - ne viendra pas la voir, elle se laisse mourir.
Précisons les choses tout de suite : pas une seule page de mélo dans cet ouvrage d'un écrivain qui, pourtant, savait le pratiquer comme pas un. L'écriture est nette, claire, classique, et en même temps bourrée de sous-entendus. Les deux personnages principaux s'affrontent dans une ambiguïté terrible car, jusqu'au bout, l'auteur n'est pas si sûr et si certain que cela (Veltchaninov lui-même est effleuré par le doute) que, malgré son sadisme affiché, Pavev Pavlovitch n'a jamais cessé de considérer Lisa comme sa fille et de l'aimer en tant que telle. C'est ce qu'il y a de plus beau et de plus horrible dans ce livre où Dostoievki, avec ce génie qui était le sien et qui se fait ici moins complexe, en tout cas, je le répète, en apparence, se penche une fois de plus sur la question du double que nous sommes tous - quand nous ne sommes pas triples ou quadruples.
L'étude, toute en sous-entendus dont on perd la trame sans comprendre comment elle a pu se dissoudre ainsi avant de la retrouver brusquement, se propulsant vers votre nez comme un véritable coup de poing, des rapports entre Troussotzky et Veltchaninov est un summum de profondeur, de nuances, de mystères. Dostoievski, s'il dépeint un homme que Veltchaninov, de nature plutôt extravertie, finit par appeler un "éternel mari", s'attache à démontrer les sentiments amicaux non-feints qui, à une certaine époque, ne les en ont pas moins liés l'un à l'autre. En russe d'ailleurs - et l'on sais l'importance que Dostoievski apportait aux noms de ses personnages - l'opposition entre les deux noms est frappante, révélatrice : car si "vel" est une syllabe qui évoque la force, la puissance, il y a, dans "Troussotzky", tout son opposé, une faiblesse, une mollesse qui pousse le lecteur à se demander si l'auteur n'est pas tenté ici d'évoquer le phénomène de l'homosexualité sous-jacente (et particulière) entre deux hommes amoureux de la même femme tout comme, dans "Les Démons", il dépeint, de façon il est vraie beaucoup plus crue, à tel point que le chapitre où il en parle est toujours placé en fin d'ouvrage, l'attrait de son héros pour les fillettes.
Que dire, après cela ? Si ce n'est peut-être qu'il faut lire "L'Eternel Mari" en prenant son temps, en songeant que chaque mot est pensé, choisi, à sa place (consciemment ou pas), y voir aussi une espèce de tragédie grecque revue et corrigée par l'âme slave : les deux "mortels" qui s'affrontent (Pavel Pavlovitch et Veltchaninov), tous deux avides de se venger, de rendre coup pour coup, tout cela sous l'oeil des Dieux impassibles ; Lisa, personnage-clef certes, personnage si mal-aimé par un père qui l'adule tant qu'il la croit sienne mais à qui sa mère manifeste peu d'affection, sauf lorsqu'arrive pour elle l'heure de sa propre mort, Lisa qui, sans avoir franchi l'Achéron, n'est déjà plus de ce monde ; et enfin le spectre sorti de l'Hadès, la Mère défunte, qui est là, dont on nous donne un, deux, trois portraits - lequel est le vrai ? le plus proche en tous cas de la vérité ? - et qui, aux âmes sensibles, donnera l'impression de chercher à attirer sa fille dans ses rets, peut-être, il est vrai, pour la faire enfin échapper à une douleur affective que la pauvre enfant aura connue sur le bout des doigts ?
Après cette lecture, tâchez de vous procurer Raimu dans le rôle de "L'homme au chapeau rond". Il ne laisse pratiquement rien à ses partenaires mais cette ambiguïté terrible qui semble le fond de la nature de Pavel Pavlovitch, il l'a rendue d'une manière qui, soyons-en certains, eût séduit Dostoievski. ;o)
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araucaria
  28 décembre 2016
Comme cela fait du bien de lire un roman d'un auteur classique. Un livre bien écrit, qui est fluide et captivant. le thème mari/amant est des plus classiques, mais la situation l'est moins. Et les deux personnages, mari comme amant ne sont pas des plus reluisants et des plus sympathiques. Dotoïevski nous offre là une belle étude de caractères. Un très bon roman.
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Under_the_Moon
  18 novembre 2013
Depuis la claque magistrale que j'avais prise en lisant Crime et Châtiment, j'avais envie de relire du Dostoïevski, et mon choix s'est porté sur L'Eternel mari.
On y retrouve des thèmes comme la rédemption, l'hypocrisie des convenances sociales, une peinture des moeurs de la société russe de l'époque (un peu comme l'a fait Balzac) et des personnages aux caractères passionnés.
Ici, Alexei Ivanovitch Veltchaninov, un hypochondriaque approchant la quarantaine devenu solitaire et asocial depuis qu'il ne fait plus partie de la "haute société" est rempli de souvenirs amères. Et un jour, un homme qu'il a connu près de 10ans auparavant débarque chez lui à l'improviste. Ce visiteur inattendu n'est autre que le mari (veuf) d'une femme dont Veltchaninov a été très amoureux...
Un scénario qui promet des rebondissements façon grande vaudeville, mais avec des ombres de tragiques quand même... Passions russes obligent : la mort n'est jamais très loin !
J'ai adoré retrouver des personnages de Dostoïevski , car ils ont cette passion et ce petit grain de folie qui leur donne un attrait particulier. Une grande partie du roman repose sur la tension entre l'ancien amant et le veuf : le mari trompé le sait-il ou non ? A quoi joue-t-il exactement ?
Si j'ai aimé les personnages, en revanche, la narration n'a pas particulièrement retenue mon attention. J'ai eu l'impression que le récit flottait un peu comme une barque sur un fleuve sans trop de remous.
En bref, un roman court pas particulièrement fameux mais pas mauvais non plus. Ce qui est sûr c'est que c'est un roman dont la lecture n'est pas indispensable.
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critiques presse (1)
Bibliobs   15 juillet 2013
Ceux qui n’aiment pas Dostoïevski épargnent «l’Eternel mari». Ceux qui l’adorent, comme Henry Miller, le placent au zénith de son œuvre.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations et extraits (42) Voir plus Ajouter une citation
araucariaaraucaria   28 décembre 2016
Il faisait déjà tout à fait nuit quand il quitta le cimetière pour s'en retourner chez lui. En route, non loin du portail du cimetière, il y avait une maisonnette en bois toute basse, où se trouvait une sorte de gargote ou de débit de boissons, par les fenêtres ouvertes on voyait les clients assis aux tables. Il lui sembla soudain que l'un d'eux, installé tout près de la fenêtre, était Pavel Pavlovitch et que ce dernier le voyait également et l'examinait par la fenêtre avec curiosité. Il alla plus loin et entendit bientôt qu'on le rattrapait; c'était en effet Pavel Pavlovicht qui courait derrière lui; l'expression paisible du visage de Veltchaninov l'avait donc attiré et encouragé alors qu'il l'observait par la fenêtre. Arrivé à sa hauteur il sourit, d'un air timide, mais plus de ce sourire d'ivrogne d'autrefois; il n'était même pas ivre du tout.
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PiertyMPiertyM   17 octobre 2014
C’était un homme qui avait vécu beaucoup et largement ; avec ses trente-huit ou trente-neuf ans, il était loin d’être encore jeune, et toute cette « vieillesse », comme il disait, lui était venue « presque absolument à l’improviste » ; il comprenait lui-même que ce qui l’avait si vite vieilli, c’était non pas la quantité, mais, pour ainsi dire, la qualité des années, et que, s’il se sentait faiblir avant l’âge, c’était par le dedans plus vite que par le dehors
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WolandWoland   30 août 2015
[...] ... L'autre parut pétrifié. Ils étaient debout l'un devant l'autre, et se regardaient dans les yeux. Quelques instants s'écoulèrent encore puis, subitement, Veltchaninov reconnut son hôte.

Et, au même moment, celui-ci devina manifestement que Veltchaninov le reconnaissait : cela brilla dans ses yeux. En un instant, tout son visage sembla se détendre en un sourire aimable.

- "J'ai certainement le plaisir de parler à Alexéï Ivanovitch ?" dit-il d'une voix suave et chantante qui formait un contraste du plus haut comique avec les circonstances du moment.

- Etes-vous vraiment Pavel Pavlovitch Troussotzy ?" prononça enfin Veltchaninov, stupéfait.

- Nous nous sommes connus, il y a neuf ans de cela, à T ..., et, si vous me permettez de vous le rappeler, nos relations ont été très amicales.

- Oui ... Peut-être bien ... mais ... il est trois heures, et vous avez essayé pendant dix minutes d'ouvrir ma porte ...

- Trois heures !" s'exclama le monsieur tirant sa montre de sa poche et paraissant douloureusement surpris. "En effet, trois heures ! Excusez-moi, Alexéï Ivanovitch ; j'aurais dû y penser en entrant ; j'en suis tout confus. Je viendrai et m'expliquerai une autre fois, et maintenant ...

- Ah, non ! Si l'on s'explique, ayez la bonté de le faire immédiatement," dit, se ressaisissant, Veltchaninov. "Je vous en prie, passez le seuil ; les chambres sont là. Vous vouliez évidemment entrer chez moi, et vous n'êtes pas venu ici la nuit uniquement pour essayer les serrures ..."

Il était ému et, en même temps, quelque peu déconcerté, et il sentait qu'il ne pouvait réunir ses idées. Il en eut même honte : nul mystère, nul danger ; il ne restait plus rien de toute cette fantasmagorie que le sot visage d'un certain Pavel Pavlovitch. Pourtant il n'était pas tout à fait sûr que cela fût aussi simple : il pressentait confusément et avec inquiétude quelque chose d'étrange. ... [...]
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WolandWoland   30 août 2015
[...] ... - "Dites-moi, Pavel Pavlovitch, vous n'êtes donc pas seul ici ? A qui est cette petite fille que j'ai vue tantôt chez vous ?"

Pavel Pavlovitch, très surpris, haussa les sourcils ; il posa pourtant sur Veltchaninov un regard clair et affable.

- "A qui est cette enfant ? mais c'est Lisa," prononça-t-il en souriant agréablement.

- "Quelle Lisa ?" murmura Veltchaninov, et quelque chose tressaillit en lui. L'impression était trop soudaine. Tout à l'heure, ayant vu Lisa en entrant, il avait été surpris mais n'avait eu aucun pressentiment, aucune idée particulière.

- "Mais notre Lisa, mais notre fille Lisa !" répéta Pavel Pavlovitch toujours souriant.

- "Votre fille ! Mais est-ce que Natalia ... Natalia Vassilievna avait des enfants ?" demanda timidement et en hésitant Veltchaninov, d'une voix quelque peu assourdie.

- "Mais comment donc ! Ah ! Mon Dieu ! En effet, d'où auriez-vous pu le savoir ? A quoi est-ce que je pense ? C'est après votre départ que Dieu nous l'a accordée."

Pavel Pavlovitch sursauta sur sa chaise comme s'il était en proie à une certaine émotion, d'ailleurs agréable.

- "Je n'en savais rien," fit Veltchaninov, et il pâlit.

- "En effet, en effet ! Qui donc aurait pu vous le dire !" répéta Pavel Pavlovitch d'une voix attendrie et suave. "Vous vous rappelez tout de même que nous avions perdu tout espoir, la défunte et moi, et voilà que Dieu nous a bénis. Ah ! ce que j'ai éprouvé alors, Lui seul le sait ! C'était exactement un an après votre départ. Mais non, moins d'un an, beaucoup moins ; si ma mémoire ne me trompe pas, vous nous avez quittés en octobre ou même en novembre ?

- Je suis parti de T ..., au début de septembre, le 12 septembre ; je m'en souviens très bien.

- En septembre ? vraiment ? Et moi qui croyais ..." fit, très étonné, Pavel Pavlovitch. - "Si c'est ainsi, alors permettez : vous êtes parti le 12 septembre et Lisa est née le 8 mai ; cela fait donc septembre, octobre, novembre, décembre, janvier, février, mars, avril ... huit mois et quelques jours, voilà ! Et si vous saviez comme la défunte ..." ... [,,,]
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AelaAela   15 juillet 2012
L’impression foudroyante qu’il avait ressentie la veille à la nouvelle soudaine de cette mort lui avait laissé une espèce de trouble et même de douleur. Ce trouble et cette douleur avaient été seulement assourdis en lui pour un temps par une idée étrange, la veille, en présence de Pavel Pavlovitch.
Mais à présent, à son réveil, tout ce qu’il y avait eu neuf ans auparavant était brusquement réapparu devant ses yeux avec une clarté extraordinaire.
Cette femme, la défunte Natalia Vassilievna, la femme de ce Troussotski, il l’avait aimée et avait été son amant, quand, pour son affaire (un procès au sujet d’un héritage), il avait passé toute l’année dans la ville de T.
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Vidéo de Fiodor Dostoïevski
Hommage à Dostoïevski par Luc Durtin avec Madame Roubéssinski et Pierre Descaves. Première diffusion le 20 avril 1956 sur Paris Inter. Un grand russe du siècle : Fiodor Dostoïevski, auquel était rendu un hommage, en 1956, à l’occasion du 75ème anniversaire de sa mort, au Théâtre des Arts à Paris. Gens de théâtre, une belle voix russe, des comédiens interprétant des extraits de pièces (adaptation des romans : “L’éternel mari”, “Crime et châtiment”, et “Les frères Karamazov”…), oui, l’émission sera très théâtrale.
Thèmes : Littérature| Littérature Russe| Roman| Fiodor Mikhaïlovitch Dostoïevski
Source : France Culture
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