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ISBN : 2070387046
Éditeur : Gallimard (30/11/-1)

Note moyenne : 4.09/5 (sur 395 notes)
Résumé :
"J'ai retrouvé ce journal dans deux cahiers des armoires bleues de Neauphle-le-Château.
Je n'ai aucun souvenir de l'avoir écrit.
Je sais que je l'ai fait, que c'est moi qui l'ai écrit, je reconnais mon écriture et le détail de ce que je raconte, je revois l'endroit, la gare d'Orsay, les trajets, mais je ne me vois pas écrivant ce Journal. Quand l'aurais-je écrit, en quelle année, à quelles heures du jour, dans quelles maisons? Je ne sais plus rien. [..... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (22) Voir plus Ajouter une critique
Tempuslegendae
  21 novembre 2012
Quoiqu'elle puisse se souvenir maintenant, Marguerite Duras a bien éprouvé ceci: «Je me suis trouvée devant un désordre phénoménal de la pensée et du sentiment auquel je n'ai pas osé toucher et au regard de quoi la littérature m'a fait honte.» Nous découvrons ici une femme au coeur de l'Histoire, et de sa propre histoire, dans laquelle elle essaie de décoder avec son lecteur les thèmes de la mémoire, de l'attente, enfin les portes condamnées de sa vie. Peut-on avoir oublié à ce point l'existence d'un journal, le sien, manuscrit secret qui renferme bien des confidences, des mots, beaucoup de maux? «Les cahiers de guerre» sont la trame d'un concentré d'émotions dans lequel on peut lire l'attente déchirante d'une femme, épouse de Robert, lui-même arrêté en 1944. Mais le mal est un mot faible: traumatisme conviendrait mieux. En effet, elle a greffé sans le savoir sa propre douleur dans l'espoir. Pourquoi voulait-elle évacuer ainsi cette partie de sa vie, exorciser le mal par l'oubli? Pourquoi avoir écrit un journal qui est la mémoire des temps forts pour ensuite faire un déni de sa propre écriture? Évidemment, le roman répond à toutes ces questions. C'est grâce à la ténacité et l'agressivité littéraire de Marguerite DURAS, à sa façon de relater l'histoire, qui marqueront tant sur le papier que dans l'âme, que l'empreinte indélébile reste liée à la douleur pour ces cinq années de la seconde guerre. «Comment ai-je pu écrire cette chose que je ne sais pas encore nommer et qui m'épouvante quand je la relis. Comment ai-je pu de même abandonner ce texte pendant des années dans cette maison de campagne régulièrement inondée en hiver».Bien sûr, dans une vieille chaumière existait un manuscrit rempli d'une écriture tremblante et souffreteuse, celle d'une femme dont l'angoisse et la douleur mêlées ont motivé un récit de honte et de désespoir. L'écriture de ce roman paru quarante ans après son épreuve fait de M. DURAS une écrivaine hors norme; la fraîcheur des détails et des émotions reste intacte.
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PiertyM
  22 décembre 2014
De courtes phrases, de petits mots, simples et profonds, ils nous font vivre l'instant de la douleur. Sans enthousiasme, on lit le livre calmement comme si on entendait un petit vent siffler à nos oreilles. On se laisse emporter par le bruit silencieux des mots, on se rapproche tout doucement de la douleur...de celle qui attend l'être aimé, revenu des camps de concentration...de celle qui se sent persécutée par un agent de la Gestapo...
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Marti94
  19 décembre 2015
Bouleversant!
« La douleur » de Marguerite Duras est un recueil de six textes publiés en avril 1985 et dont le titre reprend celui du premier récit qui est aussi le plus long et sans conteste le plus frappant. Il traduit l'angoisse intolérable et le déchirement intérieur.
Dans ce texte, Marguerite Duras raconte l'insupportable attente du retour de déportation de son mari, Robert Antelme (Robert L. dans le texte), à la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Ce récit autobiographique de Duras évoque ses souffrances et sa peur de ne pas le voir revenir. Toute l'intrigue du livre est basée sur cette attente.
Marguerite Duras parle donc à la première personne. Pour ne pas sombrer, elle va aussi participer à L Histoire, à la Seconde Guerre mondiale, d'une autre manière : en travaillant au Service des Recherches du journal Libres afin de communiquer aux familles des nouvelles des prisonniers. « Je travaille sans lever le nez, je ne pense à rien d'autre qu'à bien orthographier les noms ».
Concernant ce travail, Marguerite Duras a repris, à l'automne 1944, la gérance du journal Libres dont François Mitterrand est le directeur (Morland dans le texte). Elle y crée « un service de recherches très actif qui centralise le maximum d'informations sur les convois et les évacuations, fournies pour la plupart par les prisonniers évadés lors des transferts de camp à camp ». A la libération, elle interrogea aussi les libérés au centre d'Orsay afin de communiquer via le journal des informations à leurs familles.
Robert L. reviendra du camp de Dachau dans un corps où la vie n'a plus de poids : « il devait peser entre trente-sept et trente-huit kilos : l'os, la peau, le foie, les intestins, la cervelle, le poumon, tout compris : trente-huit kilos répartis sur un corps d'un mètre soixante-dix-huit ».
Elle va le soigner. Pourtant, dans la vie de Marguerite Duras, il y a Dionys Mascolo (D. dans le texte) qui va l'accompagnée durant l'attente du retour de Robert, son ami. Il y a plus qu'une simple complicité entre eux, même si D. est resté en retrait car il respectait les sentiments de Marguerite pour son mari.
Ce texte poignant m'a profondément marquée.
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michfred
  02 septembre 2017
Un cri, une parole brute, arrachée à la mémoire, hors de toute conscience.
Marguerite attend son compagnon, Robert Antelme, que "Morland" alias François Mitterrand - à qui elle vouera, dès lors, une reconnaissance indéfectible- est allé chercher dans l'enfer des camps, usant de son impact pour faire sortir Antelme de l'infirmerie où il était retenu en quarantaine, condamné à une mort certaine.
Après celui d'une attente fiévreuse, la sienne, Duras fait le récit d'un corps qui se vide de sa mort et tente de se rouvrir à la vie: celui de Robert Antelme , l'auteur magnifique de L'Espèce Humaine.
Elle dit la dysenterie, la maigreur, la nourriture devenant menace de mort.
Elle dit le dialogue impossible , les mots qui n'existent pas pour parler des camps.
Elle dit les ravages d'une présence vidée de toute énergie, d'une énergie réfugiée dans son silence.
Elle dit La Douleur.
Un grand texte. Unique. Foudroyant. Viscéral.
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Malice
  11 juillet 2012
Le texte qui porte le titre de la douleur, est un très grand texte. Il ma bouleversé, tellement c'est très bien écrit c'est remarquable de justesse, d'émotion, de ressenti. Je l'ai lu deux fois en peu de temps. Elle raconte le retour de Robert Antelme. Il avait été déporté à Buchenwald puis à Dachaud. Elle l'épouse avant la guerre en 1939. Ils ont un garçon, il meurt en 1942. La même année elle fait la connaissance de Dionys Mascolo. Il est dans le comité de lecture chez Gallimard. Marguerite Duras et Robert Antelme entrent dans la résistance. Leur groupe tombe dans un guet-apens. Ils seront aidés par François Mitterand, mais Robert Antelme est arrêté et envoyé dans un camps le 1er juin 19944. Il a été déporté à Buchenwald puis à Dachaud . A son retour elle le soigne. Puis, ils divorcent en 1946 ne pouvant plus rester ensemble. Elle décrit admirablement bien dans ce récit l'attente, l'angoisse de savoir si la personne est vivante ou morte. Dans ce livre, d'autre texte sur cette période extrêmement trouble et complexe entre les vrais et les faux résistant. Elle nous raconte aussi de sa liaison avec l'homme qui a arrêté Robert Antelme dans la nouvelle intitulée « Monsieur X. dit ici Pierre Rabier », elle doit , il faut qu'il lui donne des informations utiles pour le réseau de la résistance.
Grand Texte surtout celui qui s'intitule : "La Douleur". Ce livre est l'écho du climat qui régnait après guerre en France, trouble règlement de compte entre les vrais et les faux résistants
Lien : http://livresdemalice.blogsp..
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Citations & extraits (40) Voir plus Ajouter une citation
SivojSivoj   08 juillet 2016
On s’occupe aussi du rapatriement des prisonniers de guerre. On a parlé de mobiliser les voitures civiles et les appartements, mais on n’a pas osé, de crainte de déplaire à ceux qui les possèdent. De Gaulle n’y tient pas. De Gaulle n’a jamais parlé de ses déportés politiques qu’en troisième lieu, après avoir parlé de son Front d’Afrique du Nord. Le trois avril De Gaulle a dit cette phrase criminelle : « Les jours des pleurs sont passés. Les jours de gloire sont revenus. » Nous ne pardonnerons jamais. Il a dit aussi : « Parmi les points de la terre que le destin a choisis pour y rendre ses arrêts, Paris fut en tout temps symbolique… Il l’était lorsque la reddition de Paris en janvier 1871 consacrait le triomphe de l’Allemagne prussienne… Il l’était lors des fameux jours de 1914… Il l’était encore en 1940. » Il ne parle pas de la Commune. Il dit que la défaite de 1870 a consacré l’existence de l’Allemagne prussienne. La Commune, pour De Gaulle, consacre cette propension vicieuse du peuple à croire à sa propre existence, à sa force propre. De Gaulle, laudateur de la droite par définition – il s’adresse à elle quand il parle, et à elle seule – voudrait saigner le peuple de sa force vive. Il le voudrait faible et croyant, il le voudrait gaulliste comme la bourgeoisie, il le voudrait bourgeois. De Gaulle ne parle pas des camps de concentration, c’est éclatant à quel point il n’en parle pas, à quel point il répugne manifestement à intégrer la douleur du peuple dans la victoire, cela de peur d’affaiblir son rôle à lui, De Gaulle, d’en diminuer la portée. C’est lui qui exige que les élections municipales se fassent maintenant. C’est un officier d’active. Autour de moi au bout de trois mois on le juge, on le rejette pour toujours. On le hait aussi, les femmes. Plus tard il dira : « La dictature de la souveraineté populaire comporte des risques que doit tempérer la responsabilité d’un seul. » Est-ce qu’il a jamais parlé du danger incalculable de la responsabilité du chef ? Le Révérend père Panice a dit à Notre-Dame, à propos du mot révolution : « Soulèvement populaire, grève générale, barricades…, etc. On ferait un très beau film. Mais y a-t-il là révolution autre que spectaculaire ? Changement vrai ? profond ? durable ? Voyez 1789, 1830, 1848. Après un temps de violences et quelques remous politiques, le peuple se lasse, il lui faut gagner sa vie et reprendre le travail. » Il faut décourager le peuple. Le RP Panice dit aussi : « Quand il s’agit de ce qui cadre, l’Église n’hésite pas, elle approuve. » De Gaulle a décrété le deuil national pour la mort de Roosevelt. Pas de deuil national pour les déportés morts. Il faut ménager l’Amérique. La France va être en deuil pour Roosevelt. Le deuil du peuple ne se porte pas.
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WollandWolland   26 novembre 2010
Berlin flambe. Elle sera brûlée jusqu'à la racine. Entre ses ruines, le sang allemand coulera. Quelquefois on croit sentir l'odeur de ce sang. Le voir. Un prêtre prisonnier a ramené au centre un orphelin allemand. Il le tenait par la main, il en était fier, il le montrait, il expliquait comment il l'avait trouvé, que ce n'était pas de sa faute, à ce pauvre enfant. Les femmes le regardaient mal. Il s'arrogeait le droit de déjà pardonner, de déjà absoudre. Il ne revenait d'aucune douleur, d'aucune attente. Il se permettait d'exercer ce droit de pardonner, d'absoudre là, tout de suite, séance tenante, sans aucunement connaître la haine dans laquelle on était, terrible et bonne, consolante, comme une foi en Dieu. Alors de quoi parlait-il ? Jamais un prêtre n'a paru aussi incongru. Les femmes détournaient leurs regards, elles crachaient sur le sourire épanoui de clémence et de clarté. Ignoraient l'enfant. Tout se divisait. Restait d'un côté le front des femmes, compact, irréductible. Et de l'autre côté cet homme seul qui avait raison dans un langage que les femmes ne comprenaient plus.
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She_NightShe_Night   03 octobre 2010
En mourant je ne le rejoins pas, je cesse de l'attendre.
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liratouva2liratouva2   25 mai 2010
L’appartement est grand, presque vide, presque tout a été vendu. La dame se tient dans l’entrée, assise sur une chaise, à côté d’elle il y a un revolver. La petite fille l’a toujours connue là à attendre la police allemande. Nuit et jour, la petite fille ne sait pas depuis combien d’année la dame attend. Ce que sait la petite fille c’est que dès qu’elle entendra le mot polizeï derrière la porte la dame ouvrira et tuera tout, d’abord eux et puis ensuite, elles deux.
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liratouva2liratouva2   25 mai 2010
d’abord distraitement puis de plus en plus fort. Le chat se couche sur le dos, il ronronne du désir fou d’Aurélia. Aurélia se couche contre le chat. Elle dit : " Ma mère, elle s’appelait Steiner."
« Aurélia met sa tête contre le ventre du chat. Le ventre est chaud, il contient le ronronnement du chat, vaste, un continent enfoui.
Steiner Aurélia. Comme moi.
Je m’appelle Aurélia Steiner.
J’habite Paris où mes parents sont professeurs.
J’ai dix-huit ans.
J’écris. »
«C’est inventé. C’est de l’amour fou pour la petite fille juive abandonnée.
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Vidéo de Marguerite Duras
Pour la dernière émission de la saison, les invités choisissent les livres à mettre dans la valise de la Grande Librairie. Philippe Besson a retenu « L?Amant » de Marguerite Duras et s?en explique.
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