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EAN : 9782020635288
96 pages
Éditeur : Seuil (16/02/2004)

Note moyenne : 3.69/5 (sur 58 notes)
Résumé :

« Cytomégalovirus. Depuis deux jours, j'avais du mal à lire, de plus en plus de mal. Soudain je fermai mon oeil gauche : les caractères d'imprimerie au-dessous de la ligne gondolée que je déchiffrais avec difficulté étaient effacés, tout le bas de la page était vierge. » - H.G. « Les mots sont victorieux », écrivait Hervé Guibert. Cytomégalovirus, texte paru en janvier 1992, ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
madameduberry
  18 octobre 2013
Ce journal restitue la souffrance personnelle de l'auteur, mais aussi sa protestation.J'ai aimé la concision volontaire du style, sec comme un coup de trique. Hervé Guibert a un sens aigu de l'inhumain ,il le débusque et le décrit sans fioritures. Atteint d'une maladie opportuniste alors qu'il lutte depuis des mois contre le SIDA, il passe brusquement dans l'univers des malades à temps plein. Son corps est doublement attaqué, par le virus, et par les techniques invasives qui doivent lutter contre l'agresseur.
L'écriture est comme une lutte contre la montre, avec la menace de perdre la vue , donc de ne plus pouvoir écrire.
Transformé en corps nu livré à la médecine,,dépouillé de des insignes "civils" et individuels, et menacé d'être affublé d'une chemise ouverte pour traverser tout l'hôpital afin de subir des examens, il refuse tout net et va frapper à la porte de ce service en tenue de ville, son chapeau sur la tête. Sidération du manipulateur radio, mais confirmation que "la chemise n'avait aucune utilité, que l'humiliation".
Quiconque a eu à lutter contre la déshumanisation créée par certaines pratiques archaïques lors de prises en charges hospitalières, remerciera Hervé Guibert d'avoir su les isoler et les décrire de cette façon .A la fois exutoire,revanche et catharsis, l'écriture lui permet aussi de recouvrer sa dignité humaine.
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Lune93
  02 mai 2019
Dernier tome IV.
CYTOMEGALOVIRUS : (détail) : CMV - Synonyme : Herpesvirus hominis 5, HHV5. Virus de la famille des Herpesviridae, agent de la maladie des inclusions des cytomégaliques. Il persiste très longtemps dans l'organisme (glandes salivaires, lymphocytes B surtout). On la trouvé chez des sujets atteints en particulier de sarcome de Kaposi et du sida.
Voilà pour le décryptage médical.
Ce tout petit journal de bord est écrit lorsque Hervé Guibert se retrouve hospitalisé.
Je ne sais pas où il a été admis à l'époque mais c'est l'horreur complète. Malheureusement, à ce jour, ces situations sont à l'ordre du jour.
Un mot me vient à l'esprit : stupeur !
Lu en avril 2019 / Points : Prix : 5 €.
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anyways
  04 août 2012
J'ai toujours trouvé que la forme du journal convenait particulièrement bien à l'expression de la souffrance, et surtout à celle qui gravite autour des hôpitaux. C'est en lisant et adorant Une femme, d'Annie Ernaux, que je m'en suis rendue compte.
La souffrance morcelle, cisèle, fait rompre le fil. Et elle maintient dans une habitude d'écriture.
Cytomégalovirus est un ouvrage qui témoigne du courage, mais aussi de la peur presque ineffable face à la mort. C'est un hymne à l'humanité et à la dignité.
L'écriture est sincère, tour à tour cynique, altruiste et toujours directe.
Extrêmement émouvant.
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Nathaniell
  25 juin 2013
Très court, trop court. Ce journal d'hospitalisation sent un peu l'inédit, publié un mois à peine après la mort de Guibert, par une édition du seuil qui, comme toutes les autres, ne crache jamais sur une publicité gratuite, aussi macabre qu'elle soit.
Une fois cela dit, on peut commencer à regarder un peu en profondeur.
Tout d'abord c'est Guibert. Ce n'est pas simplement pour jeter un nom comme cela, c'est que cela implique une distance par rapport à lui-même, comme un humour et un esthétisation de tout.
C'est Guibert et si cela ne garantis pas une haute qualité (c'est bien inférieur à mes lectures précédentes de lui), cela sous-entends que ce journal d'hospitalisation ne sera pas qu'un enchaînement factuel de détails déprimants.
Guibert devient pointilleux, il devient humain, et cela en devient presque étrange.
Après, au milieu des plaintes il y a aussi cela:
"C'est peut-être très beau une veine qui éclate : un jaillissement qui en met partout, un sang d'artifice bien rouge, un bouquet de sang. Dès que j'y pense, mon sang se met à bouillonner dans les tubulures de plastique. Non, ce n'est pas un éclatement de la veine, mais un reflux de sang.
Et rien que pour ces quelques lignes, cela vaut le coup.
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mariech
  28 octobre 2011
Emouvant ! Témoignage d'un journaliste qui est mort du sida .
J'ai beaucoup aimé ce livre qui nous montre sans complaisance ce qu'il nous arrive lorsque nous sommes malades , dépendants des infirmiers et des médecins , alors que peu de temps auparavant , on était en bonne santé .
La déchéance de ce corps encore jeune est effroyable , malgré ça , l'auteur ne fait jamais de voyeurisme .
Un témoignage très émouvant sur cette sale maladie .
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Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
coco4649coco4649   26 octobre 2015
L'autre matin, un brancardier qui vient
m'emmener en ophtalmo alors que je n'ai pas
besoin de lui puisque je peux marcher seul est
excessivement irrité par mon chapeau bleu, il
veut me le faire retirer, il dit : « Vous n'avez pas
besoin de ça pour aller en ophtalmo.» Je lui dit :
« Qu'est-ce qu'il a bien pu vous faire, mon cha-
peau ? » Il rechigne toujours. J'arrive à le calmer
en lui donnant la fausse clé de l'énigme : « Je
caille du crâne. »

p.86
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Lune93Lune93   01 mai 2019
Page 9 :
Autrefois on me disait : ''Vous avez de jolis yeux'', ou : ''Tu as de belles lèvres''; maintenant des infirmiers me disent : ''Vous avez de belles veines''. Le médecin, la jeune femme à l'accent étranger, qui a fait l'échographie abdominale dit à son assistant debout et penché derrière elle devant l'écran : "Regarde là comme c'est beau !''
Et à moi : ''Vous avez une configuration à l'intérieur qui est tout à fait exceptionnelle et très rare.
Nous allons aussi prendre des clichés pour nous.''
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mandarine43mandarine43   29 octobre 2011
Un séjour à l'hôpital, c'est comme un très long voyage en un défilé ininterrompu de gens, de distribution ou de rituels, pour remplir le temps. Il n'y a même plus de nuit.

L'hôpital, c'est l'enfer.
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mandarine43mandarine43   04 novembre 2011
Certaines aides-soignantes ont une tactique : elles tirent une telle tronche quand on les sonne pour un service minuscule et nécessaire qu'ensuite on préfère nager dans sa diarrhée plutôt que de revoir une aussi sale tronche, lasse et débilitante, presque méchante parfois.
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mandarine43mandarine43   31 octobre 2011
Quand on entre dans le service de réanimation, à cause des machines, des bruits, des bip-bip fracassants, des portes ouvertes, des cavalcades dans le couloir, des cris des infirmières qui appellent à l'aide, on se dit d'abord que c'est un nouvel enfer. Ensuite je me dis que ça me semble un endroit idéal pour mourir, il en faut.
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Videos de Hervé Guibert (11) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Hervé Guibert
Mathieu Bermann "Un coup d'un soir" suivi de "Dans le lit de Marin": où Mathieu Bermann tente de dire de quoi et comment sont composés les deux livres qui en forment qu'un: "Un coup d'un soir" suivi de "Dans le lit de Marin", et où il est question d'une histoire d'amour née sur Instagram et des réseaux sociaux, des fragments d'un discours amoureux et d'une nuit passée à Rennes, du décalage du désir et de sa variation, du genre des personnages et du making-of d'un récit, de l'autofiction et de la question du narrateur, de Hervé Guibert, d?Annie Ernaux et de Christine Angot, du consentement et d'une deuxième nuit, à l'occasion de la parution de "Un coup d'un soir" suivi de "Dans le lit de Marin" aux éditions P.O.L, à Paris le 11 octobre 2019 "C?est l?histoire d?un désir. Je rencontre Marin sur Instagram, qui n?est pourtant pas un site de rencontres. À l?évidence, on se plaît. Il y a du désir de part et d?autre. Et il y a la réalité : des centaines de kilomètres nous séparent. Et puis ça, aussi : Marin, qui a vingt ans, aimerait être en couple, et je le suis déjà avec un autre garçon. Au fond, c?est un désir qui n?a aucune chance, pour le meilleur ou pour le pire. Mais j?ai écrit "Un coup d?un soir". En toute logique, ce livre n?aurait jamais dû exister. Et encore moins celui d?après : "Dans le lit de Marin", qui en est la suite et, aussi bien, l?envers ou la contradiction. C?est le désir poussé à bout. Mais, soudain, cela n?a pas le même sens pour Marin que pour moi. Et, après coup, je ne sais plus ce qui s?est passé. Et si je dois en avoir honte. Ce que je sais, c?est que je n?avais pas du tout envie d?écrire ce deuxième livre, parce que j?avais peur de ce que j?écrirais."
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