AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
EAN : 9782020006118
187 pages
Seuil (01/11/1972)
3.32/5   11 notes
Résumé :
Un livre-dénonciation : il s'agit pour l'homme d'aujourd'hui d'ouvrir les yeux sur une immense imposture — entretenue par les détenteurs du savoir, de l'argent et 'du pouvoir — 'selon laquelle les. pauvres devraient vivre sur un modèle que les riches ont fabriqué pour leur propre usage.
Un livre-défi dans lequel Ivan Illich entreprend une critique radicale des institutions et des mythes qui les sou-tiennent : progrès économique et coopération, productivité, p... >Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura
Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
colimasson
  22 décembre 2021
Ivan Illich est surtout connu pour ses essais critiques sur la société technique qui laissent assez peu transparaître explicitement le catholicisme de leur auteur. « Libérer l'avenir » constitue une exception puisque cet ouvrage permet de prendre connaissance des réflexions que développa Ivan Illich dans le cadre d'une mission à laquelle il participa en tant que prêtre et vice-recteur de l'université catholique de Porto Rico dont l'objectif était de former des prêtres de culture latino-américaine.

Ivan Illich se pose la question de la légitimité du pouvoir que s'accorde celui qui pense bien faire en oeuvrant pour modeler la culture d'un sujet (ici latino-américain) selon les valeurs d'une culture considérée comme supérieure (américano-européenne ou OTANisée). Il aperçoit dès ses premières heures la constitution d'un « Empire du Bien », soit des bonnes intentions qui dissimulent en réalité la recherche d'une fonctionnalité qui, par l'élimination de toute figure de la dissonance, de l'inconnu, de l'imprévisible – soit de la mort – fait de l'homme une machine comme les autres. « Les Américains du Nord se sentent irrésistiblement poussés à faire le bien. Trait de caractère inné puisqu'ils sont les seuls à sembler croire qu'il leur faut constamment choisir quelqu'un avec qui partager leurs avantages. Et ils sont persuadés d'être capables de faire ce choix. Cette conviction les conduit au besoin jusqu'à bombarder certains peuples pour qu'ils acceptent leurs cadeaux. » le lien de ce constat à la critique de la société technique est évident.

Le processus d'asservissement à la bonne pensée se grime de légitimité en se diffusant à travers des institutions. Ivan Illich critiquera ainsi dans la même foulée le système scolaire et l'Église telle qu'elle est rencontrée au 20e siècle, comme instrument mis au service d'ambitions séculaires. Bien que ces institutions prétendent fournir des services à ceux qui y recourent, elles installent surtout la dépendance, la perte d'autonomie voire l'impuissance. Elles se font le vecteur d'idéologies qui ne correspondent bien souvent pas à la réalité immédiate des personnes à qui elles s'adressent mais elles finissent toutefois par créer à la longue des besoins, imaginaires quant à leur objet, mais réels quant au manque qu'ils exacerbent. Par ailleurs, par l'unilatéralité de l'échange que ces institutions mettent en place, elles finissent par rendre leurs « usagers » complètement débiles, asservis à un discours, incapables d'imaginer qu'il pourrait être possible de faire autrement que de fonctionner dans le cadre des possibilités reconnues par l'autorité. Enfin, les institutions créent de nouvelles catégories artificielles entre les sujets et servent la justification de toutes les formes de dominations sociales et d'inégalités économiques. L'école et l'Église moderne, soient l'inverse de l'étonnement et la destruction des projets dont elles se revendiquent (la connaissance, l'harmonie).

La libération de l'avenir telle qu'envisagée dans cet essai concerne donc la libération des chaînes des institutions, des administrations et des gouvernements qui, à la recherche de l'efficacité, conçoivent des programmes qui ignorent tout du génie propre à l'imprévisibilité humaine.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
Faignan
  17 avril 2019
Un recueil de discours prononcés par le penseur de la convivialité et de la société sans école. le prêtre progressiste y développe nombre de ses idées autour, notamment, du changement de société que nous devrions impulser.
De nombreuses références nous apparaissent aujourd'hui lointaines, certaines prophéties se sont réalisées, d'autres non. Les textes doivent absolument être contextualisés pour pouvoir être compris dans leurs portés progressistes et philosophiques.
Les formats des textes empêchent les développement habituels. Il s'agit principalement de discours politiques qui effleurent la pensée de leur auteur. L'idée, pourtant pertinente, d'une société sans école reste assez peu développer ce qui pourrait conduire un lecteur qui n'y est pas préparé à un rejet épidermique.
Peut-être une bonne entrée en matière dans la pensée singulière d'Illich, un résumé de ses thèses.
Commenter  J’apprécie          20
Lasloudjikamal
  17 octobre 2020
Beau livre de l'écrivain Mr Ivan Illich très instructif comme auteur j'ai beaucoup apprécier son commentaire sur l'éducation et la société notement en Amérique réellement j'ai beaucoup appris sur cette dernière et ces fondements socialement qui ont fait d'eux une réussite.
Commenter  J’apprécie          00

Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
colimassoncolimasson   17 janvier 2022
Demain, c’est un laïc ayant reçu les ordres qui présidera aux réunions ordinaires d’une communauté chrétienne. Le ministère ne sera plus alors considéré comme un emploi, mais comme une occupation du temps de loisir. La « diacronie » prendra ainsi la place de la paroisse de naguère, comme unité fondamentale institutionnelle de l’Eglise. Au lieu de voir des étrangers venir au rassemblement dominical, ce seront des amis qui se rencontreront périodiquement. Un scribe ou un fonctionnaire de l’Eglise n’assurera plus la présidence, mais un dentiste, un ouvrier d’usine ou un professeur, bref, quelqu’un possédant un travail indépendant. Le ministre sera alors un homme riche de sagesse chrétienne par suite de sa participation au cours de sa vie, à une liturgie intime, plutôt qu’un diplômé du séminaire qui n’a que des formules « théologiques » pour toute expérience. La plénitude de son mariage, l’éducation de ses enfants justifieront la responsabilité spirituelle du ministre, tout autant que pouvait le faire l’acceptation du célibat comme condition légale de l’ordination.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
colimassoncolimasson   14 janvier 2022
L’Eglise américaine, celle de la génération de la guerre au Vietnam, trouve difficile de s’engager dans la voie de l’aide à l’étranger, sans exporter en même temps ses solutions ou ses problèmes. Ce sont là, pourtant, des articles de luxe, inabordables pour des nations en voie de développement.
Commenter  J’apprécie          30
colimassoncolimasson   11 janvier 2022
Beaucoup plus que l’indiscipline et le manque de générosité, c’est le sens des vraies valeurs qui vide les séminaires, dégarnit les rangs du clergé. En fait, le goût du confort intellectuel rend surtout la carrière ecclésiastique attrayante à l’égoïste. Et nos évêques, d’un côté se sentent une âme de mendiant, de l’autre sont tentés d’organiser quelque safari pour capturer les prêtres et les fonds étrangers, grâce auxquels ils élèveront leurs petits séminaires anachroniques. De telles expéditions ont finalement lieu ; tant qu’elles seront couronnées de succès, il sera bien difficile, voire impossible, de prendre un chemin plus malaisé : nous demander enfin et en toute honnêteté s’il nous fallait poursuivre ce gibier ?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
colimassoncolimasson   06 janvier 2022
L’homme qui nous montre qu’il connaît le rythme de notre silence nous est beaucoup plus proche que celui qui croit savoir nous parler.
Commenter  J’apprécie          20
colimassoncolimasson   04 janvier 2022
Si bien que, pour comprendre un être, il nous faut apprendre non pas tant ses mots que ses silences. Le sens de nos paroles s’appuie sur ces moments de pause entre l’émission des sons. Apprendre un langage consiste plus à reconnaître les silences que les syllabes. Seul le chrétien croit dans l’éternelle dualité du Verbe et du silence. Au cours de l’existence temporelle de l’homme, l’échange des mots est soumis à une rythmique, au yang-yin du silence et du bruit.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30

Videos de Ivan Illich (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Ivan Illich
Ivan Illich - Un certain regard. Ivan Illich, mythologie occidentale et critique du "capitalisme des biens non tangibles". Entretien en français avec Jean Marie Domenach dans la série "Un certain regard" - 19/03/1972.
Dans la catégorie : Changements sociauxVoir plus
>Sciences sociales : généralités>Processus sociaux>Changements sociaux (205)
autres livres classés : essaiVoir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura





Quiz Voir plus

Retrouvez le bon adjectif dans le titre - (5 - essais )

Roland Barthes : "Fragments d'un discours **** "

amoureux
positiviste
philosophique

20 questions
627 lecteurs ont répondu
Thèmes : essai , essai de société , essai philosophique , essai documentCréer un quiz sur ce livre