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EAN : 9782207115916
Éditeur : Denoël (04/09/2014)

Note moyenne : 3.88/5 (sur 112 notes)
Résumé :
Un homme amoureux n'est pas un livre comme les autres. Récit autobiographique d'une force littéraire inouïe, il a remporté une avalanche de prix littéraires tout en déclenchant une virulente polémique lors de sa parution. Si, dans La Mort d'un père, Knausgaard abordait le thème du deuil, dans Un homme amoureux, c'est le coup de foudre, la fusion et la séparation, toutes les étapes du sentiment amoureux, qu'il décrit avec la même énergie brute et la même justesse. Ca... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (22) Voir plus Ajouter une critique
Sachenka
  30 juillet 2016
Alors que j'avais été emballé par le premier tome de « Mon combat », le deuxième m'a moins plu. Je n'ai pas détesté « Un homme amoureux », mais … le style de Karl Ove Knausgaard a peu changé. Toujours, ses descriptions minutieuses – trop, peut-être ? – et ses sauts dans le temps. L'histoire commence alors qu'il doit s'occuper de sa fille et concilier écriture et vie de famille. Puis, on recule de quelques années alors qu'il quitte sa Norvège. Ses débuts à Stockholm m'ont intéressé : il se cherche un travail et un appartment, il fait la fête avec les amis et il rencontre Linda, sa future épouse. On assiste à la naissance d'un grand amour. Va-et-vient entre le passé et le présent (et plusieurs entre-les-deux), à son envie d'écriture, aux conférences auxquelles il a participé, aux filles qu'il y a rencontrées, aux échanges intéressants qu'il a eus, etc. Puis, on a droit à une narration détaillée de la naissance de sa première fille. Bref, mêmes si l'auteur revient toujours à ses thèmes principaux, ses circonlocutions m'ont agacé.
Bien sur, la paternité et l'amour sont des thèmes aussi universels que la relation père-fils, quelque chose dans son développement manquait. En fait, je crois que c'est l'importance que Knausgaard apportait à tous les détails de la vie quotidienne qui dérangeait. C'est comme si l'essentiel y avait été noyé. C'est exactement cela : tout le long, je me disais qu'il manquait quelque chose à ce roman mais c'était tout le contraire : il y avait quelque chose en trop. Je me suis rappelé que certaines critiques comparaient le roman à un long inventaire ennuyeux et, si je trouve que c'est un peu exagéré, ce n'est pas non plus trop loin de la vérité. Subir une description détaillée des déambulements de Karl Ove avec le landau de sa fille dans les rues de Stockholm, pas nécessaire. Est-ce que tout le monde était supposé être intéressé par ça ? Idem pour les chicanes de couple pendant les vacances. Était-il nécessaire de parler des problèmes dépressifs de Linda ? N'eût-il pas été mieux laisser ça dans la sphère du privé ? Mais bon, je suppose que l'auteur ne voulait pas faire les choses à moitié. de toutes façons, ses détracteurs l'auraient accusé d'embellir sa vie, de n'en montrer que le positif…
Ce que j'ai beaucoup aimé, mais que peut-être certains ont détesté, c'est les soirées où Knausgaard et ses amis discutaient philosophie et poésie et littérature. Surtout littérature. Évidemment, c'est le genre de truc qui me passionne. Je ne suis pas écrivain mais je suis grandement intéressé par ce processus et par tout ce qui l'entoure. Et, dans un « petit pays » comme la Suède, il est beaucoup plus facile de frayer avec l'élite intellectuelle. Tous ces échanges dans les cafés à parler aussi bien de Tchekov, de la poétesse Inger Christensen, des films de Bergman que de l'époque des Lumières. Mais bon, c'est un type de son temps, alors les pages suivantes font référence à IKEA ou au groupe de musique The Cardigans. Ces paradoxes me font rire. Au final, je n'ai pas détesté et je lirai certainement la suite.
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Aaliz
  21 août 2014
Je vous laisse deviner quel mot m'a échappé des lèvres lorsque, en tournant la première page d'Un homme amoureux, je me suis aperçue qu'il s'agissait d'un tome 2 … Mais heureusement, il se lit très bien sans le tome 1.
Alors que le premier volet était donc consacré à la mort du père de Karl Ove et à son deuil, le deuxième tome, lui, s'attache à ses amours, sa vie de famille et son travail d'écrivain.
Le récit offre le regard d'un homme qui se sent prisonnier d'un quotidien qui l'étouffe, d'un homme tiraillé entre son souci de bien faire, de respecter les exigences sociales bien qu'il ait le conformisme en horreur et son envie d'écrire. L'écriture est, pour lui, au même titre que boire, manger et respirer, un besoin vital, un besoin que les obligations de la vie quotidienne viennent contrecarrer. Une vie quotidienne subie plus que vécue d'où ne ressortent que l'ennui, la frustration et l'insatisfaction :
« La vie quotidienne, avec son lot de devoirs et d'habitudes, je l'endurais. Mais elle ne me réjouissais pas, je n'y voyais aucun intérêt et elle ne me rendait pas heureux. Ce n'était pas le manque d'envie de laver par terre ou de changer les couches mais quelque chose de plus profond que j'avais toujours ressenti : l'impossibilité d'y voir une quelconque valeur doublée d'une profonde aspiration à autre chose. Si bien que la vie que je menais n'était pas la mienne. J'essayais de la faire mienne, c'était mon combat, je le voulais vraiment, mais en vain, car mon envie d'autre chose vidait tout ce que je faisais de son contenu. »
De longs passages sont consacrés à son introspection, à la recherche des raisons qui pourraient expliquer son incapacité à trouver l'épanouissement . Il explore plusieurs pistes : nostalgie d'un temps révolu, responsabilité d'une époque dont les valeurs se perdent. C'est l'occasion de quelques mots loin des propos consensuels qu'on entend partout sur le sentiment d'émasculation des hommes dans une société de plus en plus féminisée :
« Je n'ai pas été assez prévoyant et j'ai dû suivre les règles du jeu en vigueur. Et dans le milieu socio-culturel auquel nous appartenions, ça signifiait qu'on assumait tous les deux le même rôle, celui autrefois attribué aux femmes. J'étais lié à lui comme Ulysse à son mât : je pouvais certes m'en délivrer mais pas sans perdre tout ce que j'avais. Et je déambulais, moderne et féminisé, dans les rues de Stockholm, alors qu'en moi bouillait l'homme du dix-neuvième siècle. »
Auteur emblématique du nihilisme, ce n'est pas pour rien si, au cours du récit, on retrouve Karl Ove en pleine lecture de Dostoïevski ou si le nom de l'auteur revient à plusieurs reprises.
Dans une existence qui lui semble vide de sens et dans laquelle toute relation sociale semble forcée et artificielle, Karl Ove voit le conformisme comme seul moyen de faire vivre ensemble des personnes qui n'y aspirent pas par nature.
« Et pourquoi crois-tu que la normalité soit si enviable, si ce n'est pour cette raison ? C'est le seul terrain sur lequel on est sûr de pouvoir se rencontrer. Mais même là, on ne se rencontre pas forcément. »
De là, sa tendance à se plier aux normes sociales tout en les rejetant et les critiquant et tout en cherchant désespérément un bonheur qu'il croit interdit ou impossible à atteindre. Karl Ove est un homme à fleur de peau en manque d'estime de soi et qui cherche à se rassurer au point qu'il en devient contradictoire entre ce qu'il pense et ce qu'il fait. Il est par exemple très soucieux de l'image qu'il renvoie dans les médias tout en essayant de s'en distancier et de ne pas y accorder d'importance. Ses relations avec les journalistes et sa façon de gérer ses obligations d'écrivain sont révélatrices de cet état.
Karl Ove va très loin dans l'introspection et la réflexion. Son souci de la justesse et de la précision s'exprime jusque dans les moindres détails, le moindre geste même le plus banal comme se servir un café, le moindre regard, la moindre pensée sont retranscrits. Certains pourront trouver le tout lourd et ennuyeux. Moi j'ai trouvé ça incroyable. Etre complètement immergée dans la vie de Karl Ove, l'accompagner de si près. Bien que je n'ai pas toujours été d'accord avec certaines de ses idées que j'ai jugées trop rétrogrades, je me suis sentie très proche de cet homme touchant dans son honnêteté. Pour un homme qui semble avoir autant de mal à se confier, il aura trouver dans l'écriture de ce cycle un moyen de se livrer complètement, à nu, au regard des autres. C'est troublant au point qu'une fois le livre achevé, on a l'impression de se séparer d'un ami de longue date.
Certains événements de la vie de Karl Ove l'ont beaucoup marqué, il en ressort des scènes « coup de poing » exprimant de manière poignante la souffrance lorsque Linda le rejette la première fois, ou encore l'impuissance lorsqu'elle accouche ( passage magnifique) où l'on ressent bien le besoin de l'auteur de créer un effet libérateur et cathartique. Sa façon de parler de sa relation avec Linda, le passage d'un état passionnel destructeur au mépris le plus profond est brillamment décrit.
Le style est celui d'un écrivain qui ne cherche pas à faire beau. Il ne veut rien d'artificiel. Karl Ove écrit sans fioriture, pour lui la littérature se sublime dans la liberté de ton, dans l'écriture spontanée et s'inscrit surtout dans la réalité. Karl Ove ne veut rien inventer :
« Je ne pouvais pas écrire de cette façon, ce n'était pas possible, à chaque phrase je me disais : tu ne fais qu'inventer. Ça n'a aucune valeur. Ce qui est inventé n'a aucune valeur[…] La seule forme qui eût encore de la valeur à mes yeux, qui eût du sens, c'était les journaux personnels et les essais, autrement dit ce qui dans la littérature ne produisait pas des histoires, ne racontait rien et se contentait d'être une voix, la voix de la personnalité propre, une vie, un visage, un regard que l'on peut croiser. Qu'est-ce qu'une oeuvre d'art sinon le regard d'un autre être humain ? […]
Arrivé là, j'étais au pied du mur. Si la fiction était sans valeur alors le monde l'était aussi car c'était au travers de la fiction qu'on le voyait aujourd'hui. »
Ce qui ne l'empêche pas de construire son récit de manière cyclique baladant son lecteur dans son passé et ses souvenirs. Mais le texte est fait d'un seul bloc, sans chapitres, dans un seul souffle. Ce texte, c'est la vie dans toute sa complexité, des sentiments qu'on ne contrôle et ne s'explique pas, des événements subis, des réflexions, interrogations existentielles.
J'aurais encore tant à dire tellement ce livre est dense, profond, intense. Je ne crois pas exagéré en affirmant qu'il doit être un des plus beaux écrits qui existent sur notre époque. Je lirai assurément le tome 1 et les autres qui, j'espère, ne tarderont pas trop à être publiés.
Un très grand merci à Dana et aux éditions Denoël pour cette merveilleuse découverte.

Lien : http://cherrylivres.blogspot..
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Fx1
  15 mai 2016
Une claque .
Il m'arrive rarement de terminer un livre ou de voir un film , en me disant que je suis différent apres cette expérience , c'est le cas içi.
Je ne suis point trop adepte des autobiographies en general , ce sont souvent des produits mercantiles a l'intérêt littéraire proche du néant , tel le livre sur Ibrahimovich ou celui de Patrick Sebastien .
J'ai abordé celui ci suite à une émission sur France Culture , où il etait questiôn du traitement de la vie privée dans la litterature .
Car oui , içi le lecteur est en présence d'une oeuvre clairement ancrée dans la litterature .
Tout d'abord , je voudrais dire un mot sur le principe de cette oeuvre .
En effet , l'auteur propose içi de le suivre dans sa vie de tout les jours , d'être le témoin privilégié des évolutions de sa vie , de celle de sa famille , au quotidien ...
Vous me direz , quel manque de pudeur , et je vous réponds qu'il faut le lire avant de dire cela .
Knausgaard détruit tout les préjugés hâtifs , car au fond , c'est notre vie qu'il expose , la vie lambda qu'il décris avec une abscence de pathos plus qu appréciable .
On peut se demander si sa démarche n'est pas au fond une prise de conscience de la complexité de l'existence quotidienne , qu'il interroge avec un souci de réalisme constant .
On trouve içi beaucoup de philosophie , qu'il tire de ces expériences , de ces rapports avec ceux qui constituent son univers , ainsi on peut retirer de ces expériences un enseignement personnel conséquent .
Ce livre , cette oeuvre , est unique , pour ma part je n'ai jamais lu de textes de ce type , même si Herzog de Bellow s'en rapproche quelque peu , etant quand même traite de maniere romanesque .
L'expérience qui est celle du lecteur devant cet opus est riche d'enseignements , on y apprends entre autre qu'il ne faut pas forcément une intrigue avec des morts violentes , du sang , des psychopathes , pour parvenir à un texte tout simplement captivant , addictif...
Le style est d'une beauté à tomber par terre ...
J'aime les textes riches sur le plan lexical , qui questionnent le lecteur , qui demandent parfois au lecteur de reprendre à deux reprises la lecture d'une page , afin de ne point laisser une idée cachée ...
Et la , la , c'est le bonheur ...
Depuis Arden je n'avais pas eu un texte aussi profond , riche , intelligent , c'est une jubilation , une extase cérébrale ...
On finis exsangue , comble de satisfaction cérébrale ...
Il y a des livres à ne pas manquer dans une vie , celui ci occupe une place essentielle dans mon cheminement intellectuel , et je le conseil absolument !!!
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isabelleisapure
  04 septembre 2019
Je me demande bien pourquoi ce texte exerce une telle fascination sur moi !
Le moins que je puisse dire c'est que l'auteur a du talent pour raconter sa vie aussi banale que monotone.
Karl Ove Knausgaart tombe amoureux, se marie, fait des enfants, les élève tout en essayant de terminer et de faire publier son premier roman.
Homme au foyer, il nous décrit ses journée avec minutie, aucun détail ne nous est épargné, ni les goûters d'enfant, ni les dîners entre amis pas même les relations avec le voisinage ou sa belle-famille.
Il ne se passe rien d'original. Sous la plume de n'importe quel autre écrivain, j'aurais depuis longtemps jeté le livre à travers les murs.
Mais l'écriture de KOK où plutôt celle du traducteur m'enveloppe d'une sorte de calme et de sérénité.
Impossible cependant de lire ce livre d'une traite, je le prends en lis une cinquantaine de pages, l'abandonne quelques jours pour mieux y revenir, comme aimantée par cette drôle d'histoire.
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Renod
  18 mars 2016
Un journaliste se tourne vers Karl Ove Knausgaard et lui demande « Et vous, qui êtes-vous ? Je ne sais rien de vous.» L'écrivain hausse les épaules, reste silencieux puis répond : « Je ne sais pas. Je suis quelqu'un d'ordinaire, c'est tout. » Quelqu'un d'ordinaire, oui, mais qui vient de se lancer dans une entreprise autobiographique de plus de six mille pages.
De l'anodin, du quotidien, du superflu, voici ce que contient le récit d'une vie ordinaire. le caprice d'un enfant, une liste de courses, les fâcheries d'un conjoint, un conflit de voisinage, des instants d'une existence qui pourrait être la vôtre. Et pourtant, ça marche. Si je suis parfois agacé par un Emmanuel Carrère qui ramène tout à lui, le récit de Knausgaard lui m'intéresse et m'interpelle. Il atteint son objectif, la voie à suivre qui s'est révélée à lui après une représentation de théâtre : « C'était vers l'essentiel, le coeur même de l'existence humaine que j'allais tendre.»
Du vrai, du brut, un récit simple sans effet de style ni artifice, tout en spontanéité. Knausgaard se dévoile avec sincérité dans une démarche semblable à celle de Montaigne qui aurait souhaité se peindre nu et entier dans ses Essais et qui déclare en préambule de son chef d'oeuvre : « Je veux qu'on m'y voye en ma façon simple, naturelle et ordinaire, sans estude et artifice : car c'est moy que je peins. » Knausgaard avoue être le spécialiste de l'à-peu-près, mal connaître les grandes théories philosophiques. Un journaliste admire sa bibliothèque, il lui déclare que de nombreux livres n'ont jamais été ouverts. Il admet sa lâcheté face à la violence, son conformisme, sa peur des conflits. Pour le railler, son meilleur ami lui dit qu'il a fait carrière en racontant à quel point il est nul. A trop en dire, il peut se montrer indélicat comme lorsqu'il raconte comment il a découvert l'alcoolisme de sa belle-mère. Mais cette mise à nu est pertinente car elle permet au lecteur de s'identifier, de voir en Knausgaard un autre « moi-même ».
« Un homme amoureux » c'est celui qui connaît les instants de bonheur d'une passion naissante ou de l'arrivée d'un enfant et leurs contreparties : l'étouffement d'une relation trop entière et le poids des tâches domestiques. C'est cet homme qui veut être un bon père mais qui se reproche son impatience et ses colères contre ses enfants et qui rêve de solitude pour lire et écrire.
Kar Ove Knausgaard est rongé par le doute et parle de sa difficulté d'être au monde, il a le sentiment de vivre une vie qui n'est pas la sienne. le néant et la mort l'angoissent. Knausgaard touche à l'universalité en combinant les bribes de vie et des questions existentielles Pourquoi un bonheur si fugace alors que nous sommes entourés par la beauté du monde et des arts ? Comment s'épanouir pleinement dans une existence plombée par le vide des obligations quotidiennes ? "Mon combat" est une oeuvre littéraire imparfaite mais qui parvient à aller au coeur même de l'existence humaine.
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critiques presse (3)
LaPresse   02 février 2015
Knausgaard a l'air d'écrire tout ce qui lui passe par la tête, mais ce n'est jamais décousu. Dans un passage dont le souffle devient plus évident à la relecture, il décrit le calme plat et la désorientation qui suit l'achèvement d'un roman.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Lexpress   24 novembre 2014
A partir de la vie de tous les jours, on peut atteindre l'universel et toucher à la grande littérature : la preuve avec Un homme amoureux, dont l'écriture faussement banale laisse soudain surgir des envolées d'une rare puissance.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Liberation   03 novembre 2014
Son étalage d’authenticité autocritique et revendiquée, un genre littéraire à la mode, n’est dépourvu ni d’onanisme, ni de vanité, ni de perversité. Knausgaard est le chevalier aux miroirs et l’homme aux semelles de plomb, une sorte d’inspecteur Wallander égocentrique, mal dans sa peau et volontiers solitaire.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (41) Voir plus Ajouter une citation
SachenkaSachenka   16 juillet 2016
Je réfléchissais à tout ça, envahi de tristesse et d'impuissance, et je me tournai en pensée vers les seizième et dix-septième siècles, leurs vastes forêts et leurs grands voiliers, leurs moulins et leurs châteaux, leurs bourgs et leurs monastères, leurs peintres, leurs penseurs, leurs navigateurs, leurs inventeurs, leurs prêtres et leurs alchimistes. Comme c'eût été bon de vivre dans un monde où tout était fait à la force du poignet, du vent ou de l'eau. Comme c'eût été bon de vivre dans un monde où les Indiens d'Amérique vivaient encore en paix. O la vie représentait une véritable possibilité. Où l'Afrique n'était pas conquise. Où l'obscurité venait avec le coucher du soleil et la lumière avec son lever. Où les êtres humains étaient trop peu nombreux et leurs outils trop simples pour influer sur les populations animales, et encore moins pour les exterminer. Où on ne pouvait aller d'un endroit à l'autre sans efforts et où le confort était réservé aux riches, où la mer regorgeait de baleines, les forêts de loups et d'ours, et où il y avait encore des endroits si inconnus qu'aucun monte ne les avait imaginés, comme la Chine qu'on atteignait qu'au péril de sa vie, au bout de plusieurs mois d'un voyage dont seule une infime minorité de marins et de négociants pouvaient s'enorgueillir. Certes, ce monde-là était grossier et assez indigent, il était sale, infesté de maladie, alcoolique, ignorant et pétri de souffrances, l'espérance de vie y était courte et les superstitions nombreuses, mais il donna naissance à Shakespeare, le plus grand des écrivains, à Rembrandt, le plus grand des peintres, et à Newton, le plus grand des scientifiques, tous restés inégalés dans leur domaine respectif. Comment se fait-il que cette époque-là ait atteint une telle plénitude? Était-ce que, la mort étant plus proche, la vie était plus intense?
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SachenkaSachenka   16 juillet 2016
Face au divin, l'humain a toujours été petit et insignifiant, et c'est probablement en raison de la valeur immense de ce rapport, comparable uniquement à celui qui existe entre connaissance et perte, que la représentation du divin est apparue et qu'elle avait maintenant disparue. Car qui méditait encore sur l'absurdité de la vie? Les adolescents. Ils étaient les seuls à se préoccuper de ces questions existentielles et par conséquent elles avaient acquis un côté puéril et immature qui empêchait doublement un adulte simplement décent de se les poser. Mais il n'y avait là rien d'étonnant car le sentiment de vivre n'est jamais aussi intense et exaltant qu'à l'adolescence, quand on pénètre le monde pour la première fois et que chaque émotion est une émotion nouvelle.
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mesrivesmesrives   17 juillet 2017
Un jour, il y avait eu un incendie de forêt le long de la voie de chemin de fer. Ca aussi, c'était fantastique. Tout un flanc de coteau embrasé, à quelques mètres seulement du train. Les flammes léchaient juste certains arbres tandis que d'autres en étaient entièrement la proie. Des langues orange serpentaient dans les champs et sortaient des buissons, dans la clarté du soleil d'été qui, sous un ciel bleu pâle, rendait la scène comme transparente
Oh ça me comblait, c'était sublime, c'était le monde qui s'ouvrait à moi
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SachenkaSachenka   18 juillet 2016
- Non, loin de là. L'innocence et la pureté sont devenues symboles de bêtise seulement à notre époque. Nous vivons dans une culture où c'est celui qui a accumulé le plus d'expérience qui gagne. Et c'est insensé. Tout le monde sait quel chemin prend la modernité, c'est en rompant avec une forme qu'on en crée une nouvelle, dans un perpétuel mouvement en arrière, et ça va continuer, et tant que ce sera comme ça, l'expérience dominera. L'unique acte qui soit pur et autonome à notre époque, c'est de renoncer, de ne pas accepter. Accepter est trop simple. On n'y gagne rien. C'est là quelque part que je te situe. Tu vois, c'est presque la place d'un saint.
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SachenkaSachenka   19 juillet 2016
- La sainteté. Aucun homme moderne ne veut etre un saint. Quelle vie que celle d'un saint? Souffrance, sacrifice, mort. Quel est le con qui veut une bonne vie intérieure sans avoir de vie extérieure? Les gens ne pense à l'introspection que quand elle peut les faire avancer dans leur vie extérieure. Que pense l'homme moderne de la prière? Pour lui, il n'en existe qu'un seul type, la prière de demande. On ne prie que quand on veut quelque chose.
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Videos de Karl Ove Knausgård (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Karl Ove Knausgård
A l'occasion de la sortie de Fin de Combat, la fin de son grand travail autobiographique, voici quelques extraits de Karl Ove Knausgaard parlant de l'oeuvre qui a marqué la littérature mondiale. Véritable phénomène éditorial en Norvège et dans tous les pays anglo-saxons, voici enfin traduite l'intégralité de ce travail, avec ce tome 6 qui paraîtra le 19 août prochain.
Ces extraits proviennent des interviews suivantes sur la BBC : https://www.youtube.com/watch?v=w0xXuGbaXRc et sur Louisiana Channel : https://www.youtube.com/watch?v=4qsfSeuT-4w
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