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Fanchita Gonzalez-Batlle (Traducteur)
ISBN : 2867464544
Éditeur : Liana Lévi (30/08/2007)

Note moyenne : 3.81/5 (sur 268 notes)
Résumé :
Iain Levison, né en Écosse, a grandi aux États-Unis et vit en Caroline du Nord. À la fin de son parcours universitaire, il a exercé toutes sortes de métiers: pêcheur de crabes en Alaska, chauffeur de poids lourds, peintre en bâtiment. Ce sont ces expériences qu'il relate dans le récit "Tribulations d'un précaire". Son premier roman, "Un petit boulot", traduit dans plusieurs pays, a été très remarqué par la presse et le public. Ce succès et celui de son second roman,... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (56) Voir plus Ajouter une critique
Sauveterre
  09 février 2013
Jack London est de retour : il s'appelle aujourd'hui Iain Levison. "Tribulations d'un précaire" est le "Martin Eden" des années 2000.
Férocement drôle (le passage sur le travail de fournisseur de fuel est à mourir de rire), d'un réalisme implacable (la description des conserveries de pèche en Alaska), désenchanté (pour ne pas dire désespéré), ce récit-témoignage est une description sans concession de la société américaine (et donc, à quelques nuances près, de la nôtre), basée sur une précarité du travail qui est la forme actuelle de l'esclavage.
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marina53
  23 juin 2016
Avant de devenir écrivain à temps complet, Iain Levison a enchainé les petits boulots. Quarante-deux, exactement, sur les 10 dernières années. le panel est large et passe aussi bien par déménageur, livreur de fuel, poissonnier, découpeur de poisson en Alaska ou encore routier. Sans oublier les petites combines (comme offrir élégamment le câble gratuit à tous ceux qui en ont marre de payer pour regarder la télé). Malgré sa licence de lettre (qui semble finalement faire tâche dans son CV et qui lui a coûté la bagatelle de 40000$), il n'a rien trouvé qui corresponde à la hauteur de son diplôme et de ses rêves, à savoir écrire le grand roman américain . de ces expériences de travailleur itinérant, il en a tiré un livre intitulé "Tribulations d'un précaire"...
En nous racontant ses anecdotes, l'auteur dénonce ici et là les conditions de travail, souvent précaires, auxquelles il a été soumis. de l'université qui coûte cher et ramasse plus d'argent qu'elle ne produit de travailleurs à l'agence d'intérim devenue aujourd'hui le plus gros employeur des États-Unis en passant par les cadences de travail ou le manque de formation, il dépeint une société bien amère, quelque fois désespérante mais non sans un certain humour parfois caustique ou cynique. L'homme est devenu un outil de travail, interchangeable et remplaçable à l'envi au nom de l'argent. Des tribulations terrifiantes, sans concession et qui sonnent justes, d'un homme engagé, voire enragé.
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Bookycooky
  02 juillet 2015
Obtenir une licence de lettres avec quarante mille dollars empruntés à l'Etat avec pour ambition d'écrire de grands romans, et finir à faire n'importe quoi comme boulot juste pour survivre,c'est le coeur de ce récit autobiographique musclé et truculent.
Travailleur itinérant,Levison traverse les État-Unis, d'est en ouest,du nord au sud ,en quête d'un boulot pour "mettre une distance entre lui et les gars qui mendient dans la rue".Eh oui, pas facile du tout de survivre, garder sa dignité, ne pas céder au désespoir...En passant plusieurs réflexions justes sur des sujets toujours actuels, notamment sur l'éthique du travail- "un humain en vaut un autre.La loyauté et l'effort ne sont pas récompensés.Tout tourne autre des résultats financiers ,un terme aussi détestable pour un travailleur que "licenciement " et "retraite forcée"-.
Rare sont les moments de grâce( le travailleur mexicain qui veut partager la vue d'une baleine,ou un copain-patron qui insiste pour le payer malgré le manque de boulot), dans cette vie précaire où on vit au jour le jour.
Ce tableau malheureusement n'est pas limité aux États-Unis,l'Europe en est sevit de méme surtout avec la mondialisation et l'immigration.
J'ai aimé ce récit, écrit sans plainte,sans amertume, avec un ton détaché, un humour caustique, dur à lire mais oh combien réaliste !
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Crossroads
  16 février 2018
Lorsqu'il sortit de l'université avec une licence littéraire en poche, la gauche, Iain Levison n'imaginait pas le parcours chaotique qui allait être le sien dans ce monde si bienveillant et prospère qu'est la quête illusoire du premier taf digne de ce nom.
Iain, outre des études brillamment certifiées, possède deux énormes qualités, la volonté de bien faire et une capacité d'adaptation à toute épreuve , quelque soit le boulot décroché.
Mauvaise nouvelle, y a pas de boulot.
Le ton est léger, ironique lorsqu'il n'est pas désabusé.
C'est empreint d'un recul taille XXL que l'auteur revient sur ses premiers pas flageolants de travailleur précaire à la solde de moult patrons qui font rien que l'entuber.
La faute à pas de chance, me direz-vous, ou à un contexte économique pas forcément enclin à vous rétribuer à hauteur de vos capacités, c'est selon.
Les expériences s'enchaînent, toutes vouées à un échec qui lui colle aux basques à l'image du chewing-gum du capitaine Haddock.
De loser patenté à celui de poissard de compétition, il n'y a qu'un pas que franchit allègrement Iain Levison d'une plume à la fois sarcastique et amère.
Très bon moment...
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Ziliz
  01 septembre 2014
Titulaire d'une licence de lettres, Iain Levison a enchaîné des petits boulots pendant plusieurs années avant de devenir écrivain. Il évoque ici ses expériences dans la restauration, le transport, la vente par démarchage, la pêche. Boulots précaires, mal payés, épuisants et dangereux, brimades de supérieurs hiérarchiques, horaires de dingues, promesses en l'air à l'embauche, plans foireux, arnaques...
L'auteur entend montrer via ce témoignage que le libéralisme et la flexibilité du travail enrichissent ceux qui détiennent le pouvoir et l'argent, et fragilisent les salariés. On est bien d'accord, et si le phénomène n'est pas nouveau, la paupérisation s'accélère - l'exemple nord-américain est effrayant. Législation du travail et protection sociale ? Où ça ? de plus en plus d'individus issus de classes dites 'moyennes' se retrouvent en situation précaire, sans logement décent, sans assurance santé, avec le minimum pour survivre : « un poil au-dessus du seuil de pauvreté, sans aucun espoir en vue. »
Ce portrait d'une société qui part en vrille est terrifiant. Mais les expériences relatées m'ont laissée de plus en plus sceptique. Je ne doute pas de la réalité de certaines situations extrêmes, mais la place et le rôle que s'y donnent l'auteur m'ont semblé tourner à la caricature - notamment lorsqu'il décrit ses emplois en Alaska.
Ne cherchez pas l'humour grinçant que l'on trouve dans son roman noir 'Un petit boulot'. Bien que le sujet soit le même, tout est sombre ici, désespéré et désespérant.
J'éviterai de faire lire ça à des adolescents qui sont encore dans le flou sur leurs choix professionnels. Ils risquent de s'interroger sur l'utilité de trimer pour des diplômes qui ne mènent à rien, ou à pas grand chose...
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Citations et extraits (58) Voir plus Ajouter une citation
ZilizZiliz   01 septembre 2014
Il y a de nombreuses façons de voir la chose. Ça ne va pas si mal. Je vis dans le pays le plus riche du monde ; même être fauché ici vaut mieux que d'appartenir à la classe moyenne du Pérou ou de l'Angola. Je pourrais être un paysan sénégalais. [...]
Ce n'est pas une question d'argent. Le véritable problème c'est que nous sommes tous considérés comme quantité négligeable. Un humain en vaut un autre. La loyauté et l'effort ne sont pas récompensés. Tout tourne autour des résultats financiers, un terme aussi détestable pour tout travailleur que 'licenciement' ou 'retraite forcée'. D'accord, nous avons fait des progrès depuis l'édification du barrage Hoover ou depuis que les ouvriers mouraient en construisant les voies ferrées, mais l'attitude des entreprises vis-à-vis de ceux qui accomplissent le travail est restée la même.
(p. 187)
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seshat123seshat123   09 mai 2015
Le plus compliqué, c'est de savoir où se trouve la cuve de fuel de chaque maison.[...]
À une adresse, le schéma est remplacé par une note qui dit simplement « Remplissage sous le nez de l'âne ». Je m'arrête dans l'allée et je vois une immense statue d'âne devant la maison, je m'approche et j'examine son museau. Je décide que l'âne doit être le réservoir de fuel. Ses narines de ciment sont assez grandes pour recevoir mon tuyau, même si je ne vois pas de filetage dans lequel visser l'embout. Je l'enfonce aussi loin que possible dans la narine et j'ouvre l'arrivée à fond.
La tête de l'âne explose et je suis inondé par une pluie de fuel et de ciment. Aveuglé, je cherche à tâtons mon tuyau qui a des convulsions d'anaconda épileptique et lance du fuel dans tout ce joli paysage. Après avoir pris au moins trois fois dans la gueule une giclée de trois cents litres à la minute, je réussis à plaquer le tuyau au sol et à le fermer, non sans avoir bu la tasse. J'étouffe, je suis trempé, je retourne tant bien que mal au camion et j'appelle le bureau par radio.
« Je suis au 1105 Chester Springs. Leur cuve vient de péter.
- Comment ça, elle vient de péter ? » Charlie, qui coordonne les livraisons, a été lui-même livreur pendant quinze ans. Il connaît par cœur chaque adresse.
« Elle vient de m’exploser dessus.
- C'est celle à côté de l'âne, c'est ça ? »
À côté de l'âne ? Qu'est-ce qu'il veut dire ? « Oui », je réponds avec prudence.
« J'envoie quelqu'un. »
Je cours vers l'âne sans tête et inondé de fuel. Je gratte comme un fou le sol sous le nez de l'âne et ma main heurte du métal sous la neige. Je repousse la neige et là, qui se marre, le bouchon de la cuve.

P55 – Boulot de livreur de fuel
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carrecarre   08 avril 2012
Sans m'en rendre compte, je suis devenu un travailleur itinérant, une version moderne du Tom Joad des Raisins de la colère. À deux différences près. Si vous demandiez à Tom Joad de quoi il vivait, il vous répondait : 'Je suis ouvrier agricole." Moi, je n'en sais rien. L'autre différence, c'est que Tom Joad n'avait pas fichu quarante mille dollars en l'air pour obtenir une licence de lettres.


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blandine5674blandine5674   05 juillet 2018
L’autre grande caractéristique des riches c’est que leurs enfants sont toujours des chieurs. Pas le genre de gentil chieur qui travaille à la station d’essence, qui prétend pouvoir réparer votre voiture et finit par la bousiller. Non, les gamins riches sont sournois. Du genre à mettre au point une formidable opération illégale, rien que pour prouver une ou deux choses à leur papa ; et quand vous vous faites tous prendre, ils le supplient de leur fournir un grand avocat et ne vous reparlent plus jamais. Ils sont nés dans l’argent et ils savent que l’argent veillera sur eux. Cette assurance entraîne un système de valeurs totalement différent, un système que le reste du monde ne saisit jamais tout à fait.
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marina53marina53   23 juin 2016
Il me dit qu'il a une personnalité de type A, un drogué du travail qui ne peut s'arrêter. Il me le dit les mains dans les poches en me surveillant, il regarde à peine les caisses de polystyrène pleines de glaces et de poisson dont il est censé vérifier la qualité. Il s'intéresse davantage au temps qu'il fait, à ses souvenirs et aux femmes moulées dans leurs vêtements que nous voyons franchir l'entrée principale du magasin. Ce n'est que ma première journée avec lui, mais il semble s'être accomodé de son obsession du travail.
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Videos de Iain Levison (16) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Iain Levison
Rencontre avec Iain Levison au festival America 2016
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