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Jean Goldzink (Éditeur scientifique)
ISBN : 2080706160
Éditeur : Flammarion (12/10/1993)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 21 notes)
Résumé :
Les amours de Lucidor et d'Angélique sont compliquées de stratagèmes, de pièges, d'hésitations. Chacun travaille à rendre l'autre jaloux, pour voir s'il est aimé. C'est une comédie où l'on pleure avant de sourire.
On ne sait où l'auteur a pris l'idée de ses combinaisons incompréhensibles, extravagantes et cruelles. De combien de personnes faut-il faire le malheur, pour s'assurer de la fidélité, de la sincérité de celle qu'on aime ? Marivaux, ici, est, comme ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Nastasia-B
  09 mai 2014
Lucidor aime Angélique. Angélique aime Lucidor. Mais ils ont l'un et l'autre le coeur qui tambourine tellement à l'approche de l'autre, ils redoutent tellement un refus en cas de déclaration explicite qu'aucun des deux amoureux n'ose risquer le premier pas.
Sachez encore que Lucidor est un grand bourgeois plein aux as, et qu'Angélique, sans être dénuée de ressources financières, aurait tout de même beaucoup à gagner d'une telle alliance. Lucidor le sait, Lucidor le sent qu'Angélique en pince pour lui, mais de ce pincement il ne connaît la cause profonde. Est-ce le seul attrait de sa personne ou est-ce l'espérance d'un beau mariage lucratif ?
Question suffisamment importante à ses yeux pour mettre sa bien-aimée à l'épreuve. Voilà pourquoi il imagine d'affubler son domestique Frontin d'un costume de gentilhomme et de le nantir d'une réputation de richissime garçon à marier. le présentant à Angélique comme l'un de ses amis intimes, il imagine le lui dépeindre comme un prétendant à sa belle main doublé d'un parti avantageux.
Que dira, que pensera la belle Angélique ? Ajoutons à cela un gros lourdaud de fermier, Maître Blaise ; une domestique rusée de la belle Angélique, Lisette, qui a eu le loisir de subir les avances de Frontin dans une autre vie du temps où elle officiait à Paris et nous aurons les ingrédients d'un cocktail qui pourrait bien tourner au vinaigre.
J'aime beaucoup toutes ces petites comédies de moeurs de Marivaux, qui sait à la fois saupoudrer ce qu'il faut d'humour à toutes ses compositions, tout en perçant à jour les tréfonds de notre psychologie amoureuse. Un siècle ? deux siècles ? trois siècles après son écriture ? qu'importe quand le propos touche au coeur de ce qui est constitutif de l'humain, de ce qui est de notre horlogerie intime et qu'on a tous un peu ressenti et que dans des milliers de générations ils ressentiront encore s'ils demeurent des humains, nos graines de mauvaises herbes que nous semons ici ou là.
Encore une fois, on peut éventuellement reprocher quelque peu à Marivaux la nécessaire fin heureuse, à tout le moins fin morale — époque oblige — à laquelle il s'astreint (et nous astreint). Tout retombe sur ses pieds là où il faut, tout se goupille bien alors qu'on perçoit un phénoménal potentiel au capotage et à la dérive explosive qui aurait été, je pense, beaucoup plus drôle et édificatrice, mais bon, la première moitié du XVIIIème siècle était ce qu'elle était.
Seulement, en rêve, je me réécris pour moi seule une fin où tout se barre en couille, où ça pète dans tous les sens et où ça tourne au pugilat généralisé, où les belles dames oublient leur bonne tenue et s'envoient des politesses de mon cru, où les gentilshommes s'envoient des noms d'oiseaux en hindoustani et plus si affinité, et il y aurait affinité, forcément, et… mais bon, je rêve, je rêve, et cet avis aussi n'est probablement pas beaucoup plus qu'un songe creux qui s'évapore à l'épreuve de votre sagacité, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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michfred
  28 avril 2015
Lucidor est malade, Lucidor est riche. Angélique est pauvre, Angélique le soigne. Et surtout Angélique l'aime.
Mais l'aime-t-elle pour lui-même ou pour sa fortune? Rongé de soupçons et de fatigues, Lucidor imagine une mise à l'épreuve des sentiments d'Angélique.

Cruelle et dévastatrice, comme toujours chez Marivaux.
Courtisée à la fois par un faux ami de Lucidor qui n'est qu'un valet effronté, et par un lourdaud de village sincère mais peu appétissant, Angélique est perdue, d'autant que le seul qui l'intéresse, Lucidor, semble lui battre froid et vouloir la jeter dans les bras de cet impudent "ami" qui n'est que son domestique.
Désespérée, elle songe à épouser le benêt paysan de service..
Lucidor, enfin, consent à faire cesser ce jeu cruel et avoue la mystification et son amour. l
Mais la fin n'est pas si "happy end" que cela: Angélique est anéantie par tant de cruauté: elle ne pousse ni cri de joie, ni soupir d'amour. Son silence final est éloquent...
La pièce en un acte est un vrai régal. Tout Marivaux y est: vif et contrasté, cruel et sensible!
Pour décor, le charme un peu dépaysant d'une campagne, avec la proximité de Paris qui bruisse en arrière-plan; pour personnages secondaires, un notable de village tout gauche et guindé et un valet parisien alerte et roué, une soubrette à la langue bien pendue, une mère ..."maquerelle", aveugle et sourde aux souffrances de sa fille, et puis surtout les deux protagonistes, Lucidor et Angélique.
J'ai vu jouer le premier par un jeune acteur qui, à chaque scène, semblait plus pâle, plus essoufflé, plus maladif et presque mourant, ce qui donnait à sa cruelle manipulation un air d'urgence et une âpreté très inquiétants.
Quant à Angélique, elle est une de ces héroïnes tendres, sincères, sans afféterie -ce n'est pas une parisienne - que Marivaux affectionne. On pense à l'héroïne de "La vie de Marianne", son roman "féministe" .
Cette "épreuve" est pour Angélique comme un baptême du feu: elle y découvre en même temps la méchanceté, la forfanterie et la balourdise des (trois ) hommes qui la courtisent et des trois "classes" qu'ils représentent.
Elle n'est pas loin de préférer le calme de la simplicité campagnarde aux avanies et tromperies spirituelles d'une société parisienne en mal de divertissement, d'une société corrompue, où maîtres et valets, complices en malignité, restent au fond d'impitoyables adversaires de classe.
Son silence final en dit long sur la perte de ses illusions...et sur son amertume.
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Lauralsace
  30 mars 2011
bof ! j'm pas marivaux ! franchement ! je me souviens même plus l'histoire ! pr dire :p
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LesChroniquesdEmilie
  26 mai 2013
C'est avec cet auteur que j'ai appris à apprécier le théâtre. A cet époque j'avais déjà lu L'Ile Des Esclaves et mon professeur de français nous emmener voir une représentation de L'Epreuve et j'ai adoré cette représentation alors j'ai décidé d'aller plus loin en me procurant le livre. Je ne regrette pas. Comme quoi, il ne faut s'avouer vaincu comme nous n'aimons pas un genre littéraire
Lien : http://leschroniquesdemilie...
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B   15 juin 2014
LUCIDOR : Pendant ma maladie, j'ai songé à marier Angélique à quelqu'un de fort riche, qui va se présenter, qui ne veut précisément épouser qu'une fille de campagne, de famille honnête, et qui ne se soucie pas qu'elle ait du bien.
MAÎTRE BLAISE : Morgué ! vous me faites là un vilain tour avec voute avisement, Monsieur Lucidor ; velà qui m'est bian rude, bian chagrinant et bian traître. Jarnigué, soyons bons, je l'approuve, mais ne foulons parsonne, je sis voute prochain autant qu'un autre, et ne faut pas peser sur ceti-ci, pour alléger ceti-là. Moi qui avais tant de peur que vous ne mouriez, c'était bian la peine de venir vingt fois demander : « Comment va-t-il, comment ne va-t-il pas ? » Velà-t-il pas une santé qui m'est bian chanceuse, après vous avoir mené moi-même ceti-là qui vous a tiré deux fois du sang, et qui est mon cousin, afin que vous le sachiez, mon propre cousin garmain ; ma mère était sa tante, et jarni ce n'est pas bian fait à vous.

Scène II.
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Nastasia-BNastasia-B   28 octobre 2013
FRONTIN : Mademoiselle, l'étonnante immobilité où je vous vois intimide extrêmement mon inclination naissante ; vous me découragez tout à fait, et je sens que je perds la parole.
LISETTE : Mademoiselle est immobile, vous muet, et moi stupéfaite ; j'ouvre les yeux, je regarde, et je n'y comprends rien.
ANGÉLIQUE : Lisette, qui est-ce qui l'aurait cru ?
LISETTE : Je ne le crois pas, moi qui le vois.
FRONTIN : Si la charmante Angélique daignait seulement jeter un regard sur moi, je crois que je ne lui ferais point de peur, et peut-être y reviendrait-elle : on s'accoutume aisément à me voir, j'en ai l'expérience, essayez-en.
ANGÉLIQUE (sans le regarder) : Je ne saurais ; ce sera pour une autre fois. Lisette, tenez compagnie à Monsieur, je lui demande pardon, je ne me sens pas bien ; j'étouffe, et je vais me retirer dans ma chambre.

Scène XI.
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Nastasia-BNastasia-B   07 mai 2014
LUCIDOR : Tout sûr que je suis de son cœur, je veux savoir à quoi je le dois ; et si c'est l'homme riche, ou seulement moi qu'on aime, c'est ce que j'éclaircirai par l'épreuve où je vais la mettre.

Scène I.
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Nastasia-BNastasia-B   07 juin 2014
LISETTE : Comme il regarde ; en vérité, vous extravaguez.
MAÎTRE BLAISE : Tout au contraire, c'est ma prudence qui vous contemple.
LISETTE : Eh bien ! Contemplez, voyez, ai-je aujourd'hui le visage autrement fait que je l'avais hier ?
MAÎTRE BLAISE : Non, c'est moi qui le vois mieux que de coutume.

Scène IV.
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michfredmichfred   28 avril 2015


Angélique.

Vous dites que je vous hais ; n’ai-je pas raison ? Quand il n’y aurait que ce portrait de Paris qui est dans votre poche.

Lucidor.

Ce portrait n’est qu’une feinte ; c’est celui d’une sœur que j’ai.

Angélique.

Je ne pouvais pas deviner.

Lucidor.

Le voici, Angélique ; et je vous le donne.

Angélique.

Qu’en ferai-je, si vous n’y êtes plus ? Un portrait ne guérit de rien.

Lucidor.

Et si je restais, si je vous demandais votre main, si nous ne nous quittions de la vie ?

Angélique.

Voilà du moins ce qu’on appelle parler, cela.

Lucidor.

Vous m’aimez donc ?

Angélique.

Ai-je jamais fait autre chose ?

Lucidor, se mettant tout à fait à genoux.

Vous me transportez, Angélique.
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