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Françoise Cartano (Traducteur)
EAN : 9782070410606
402 pages
Éditeur : Gallimard (05/10/1999)
2.95/5   33 notes
Résumé :
Les voies qui mènent à la découverte de la sexualité sont multiples, comme le prouvent ces histoires dont les héros sont souvent des enfants. Mais l'innocence enfantine peut cacher des réserves de dépravation insoupçonnées, et du besoin d'amour naît parfois la pire perversité. Toutes ces nouvelles parlent d'amour, de son excès ou de son absence, du désir et de ses frustrations, de ses fantasmes, de ses délires sadiques ou masochistes... On y verra l'amour criminel d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
daniel_dz
  12 avril 2020
Ces nouvelles sont les premiers textes publiés par Ian McEwan. Certaines vous feront passer un agréable moment de lecture. D'autres sont insupportablement dérangeantes, mais vous dévoileront d'autres aspects de l'auteur, qui vous intéresseront si vous l'appréciez pour ses romans ultérieurs. Permettez-moi de vous guider pour mieux savoir ce qui vous attend…
De Ian McEwan, j'avais beaucoup apprécié quelques romans, en particulier « Sur la plage de Chesil » et « L'intérêt de l'enfant »; je les avais commentés sur Babelio. C'est donc tout enthousiasmé que je me suis lancé dans la lecture de son recueil de nouvelles « Sous les draps et autres nouvelles ». Ces treize textes ont initialement été publiés en deux temps: « First love, last rites » (1975), qui lui a valu le prix Somerset-Maugham, et « In between the sheets » (1978). La quatrième de couverture en décrit très bien le fil conducteur: « Toutes ces nouvelles parlent de l'amour, de son excès ou de son absence, du désir et de ses frustrations, de ses fantasmes, de ses délires sadiques ou masochistes… ».
Je vous recommande ce livre pour deux raisons différentes et même, opposées.
La première raison ne vous surprendra pas: certaines nouvelles m'ont procuré un réel plaisir de lecture ! Je vous en cite quelques unes, en commençant par celles que j'ai préférées. Dans « Morte jouissance », on voit un monsieur aisé tomber amoureux d'une dame qu'il voit chaque jour derrière sa vitrine. Il finit par l'emmener chez lui, entamant une relation dont on comprend vite qu'elle sera bizarre. D'abord, j'ai ri comme on rit du roi nu du conte d'Andersen. Et puis une sorte de malaise s'est installé, où je me suis demandé si, finalement, un tel personnage ne pourrait pas exister. Et enfin, j'ai trouvé que cette relation irréelle et caricaturale faisait fort bien ressortir les problèmes de communication qui peuvent miner un couple.
Je me suis également bien amusé à la lecture de « Pornographie », un joyeux plaidoyer pour le respect des femmes. On y apprend ce qui peut arriver à un homme qui mène de front des relations avec deux maîtresses…
« Premier amour, derniers rites » est un joli portrait d'un jeune couple. J'y ai trouvé les prémisses de la sensibilité qui m'avait séduit dans « Sur la plage de Chesil », même si les couples des deux histoires sont fort différents.

Je saluerai enfin l'érotisme joyeux de « Bande à part » et l'imagination surprenante de « Géométrie dans l'espace » et de « Réflexions d'un singe captif ».
Par ailleurs, ma deuxième raison pour vous recommander ce livre s'adresse plus spécialement aux amateurs de Ian McEwan, qui trouveront peut-être de l'intérêt à découvrir cet auteur sous un autre jour. de l'intérêt, donc, mais pas vraiment du plaisir de lecture ! Si je ne me trompe, les textes de ce double recueil sont les premiers que Ian McEwan a publiés et j'ai lu que pendant cette première partie de sa carrière, il était surnommé « Ian Macabre ». Macabre n'est pas le mot que j'aurais employé, mais plusieurs textes sont glauques, pervers, dérangeants. Je ne suis pas bégueule, mais certains m'ont réellement mis mal à l'aise. Certes, les mots ne sont pas crûs (ou très peu) et je ne les qualifierais pas de vulgaires. Mais l'ambiance en est néanmoins pesante. Ainsi « Papillons » décrit un pédophile qui attire une fillette; je ne crois pas que cette littérature suffirait à satisfaire un pédophile (je ne connais pas trop ces gens-là…) mais elle m'a procuré plus de malaise que « Lolita ». « Masques » raconte l'emprise d'une vieille belle sur son jeune neveu, qu'elle oblige à se travestir. « Le dernier jour de l'été » est plus sage, mais l'ambiance de la fin est… comment dire… d'un mystère dérangeant…
Contrairement aux premiers que j'ai cités, je ne compte pas relire ces textes-là une deuxième fois. Mais je ne regrette pas d'avoir découvert cet aspect plus dérangeant de Ian McEwan. Je dirais même que cela me donne envie de le connaître mieux et de comprendre d'où il vient et comment il a murit.
Pour ces deux raisons, je vous recommande ce recueil, quitte à vous limiter à une partie des textes que j'ai cités. Les différentes nouvelles sont indépendantes les unes des autres. Je vous conseille modestement de tenir compte de mes commentaires pour choisir les nouvelles que vous lirez, et l'ordre dans lequel vous les lirez: je peux comprendre que certains lecteurs aient abandonné leur lecture en les lisant dans l'ordre du livre, ce qui les aura privés de quelques textes réellement plaisants.
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missmolko1
  14 juillet 2013
J'ai fini ce livre il y a quelques jours et d'habitude je me précipite pour écrire une critique. Mais avec ce recueil de nouvelles, j'ai laissé passer du temps, j'ai aussi lu l'unique critique qu'a ce livre (celle de Luniver), chose que je ne fais jamais en temps ordinaire. Mon avis étant négatif, je voulais voir si d'autres le lecteur avait un avis positif et peut-être si j'avais raté quelque chose. Hors cette fameuse critique exprime parfaitement ce que j'ai ressenti lors de ma lecture.
Un malaise, un sentiment désagréable qui me poussait a vite finir ce recueil et de passer a autre chose. Les thèmes abordés tournent autour de la sexualité, mais pas la sexualité que l'on peut avoir dans une vie de couple et qui peut émoustiller un peu a la lecture non ici c'est des thèmes plutôt repoussant comme le viol ou encore l'inceste.
Heureusement je dirais, le recueil est court. L'écriture de l'auteur reste quand même très agréable (c'est sans doute le seul point positif).
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Luniver
  13 décembre 2012
Recueil de treize nouvelles, qui portent toutes sur des thèmes un peu glauques : inceste, viol, meurtre, enfant travesti d'autorité par sa tante, un autre infantilisé par sa mère jusqu'à ses dix-huit ans, puis rejeté brutalement pour un amant... On peut reconnaître à l'auteur un don certain pour nous mettre rapidement dans l'ambiance et pour l'humour noir, mais en ce qui me concerne, un sentiment de malaise ne m'a jamais quitté et m'a poussé à abréger ma lecture.
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absolu
  09 mai 2015
Un homme garde dans son bureau un flacon de verre haut de 12 pouces dans lequel flotte le pénis d'un ancien capitaine mort en prison, « passe son temps à fouiller le passé comme une mouche un étron », selon sa femme, qui , pendant ce temps, rêve qu'elle doit faire atterrir d'urgence un avion sur un désert composé de milliers de bébés entassés en vrac à perte de vue, tout nus et se grimpant les uns sur les autres, et cherche en vain un endroit où se poser..
Madame se sent comme une feuille de papier que l'on chiffonne. Alors, Monsieur, pour remédier à cela, va mettre en pratique la découverte d'une théorie scientifique capitale : le plan sans surface.
Un origami au lit, et c'est plié !
Une histoire a pour sujet l'ami du narrateur, Raymond, et non le pucelage, le coït, l'inceste et l'onanisme, ni la petite soeur ravie de jouer au papa et à la maman avec son frère lui faisant économiser par la même occasion la modique somme d'un shiling. C'est encore moins l'histoire de « l'un des accouplements les plus sinistres de l'humanité copulente, avec son lot de mensonges, de tricheries, d'humiliation, d'inceste, une partenaire qui s'endort, un orgasme de moucheron… ».
Jenny, une grosse petite bonne femme rousse, emménage dans une « maison bleue » et se noie dans le flot ininterrompu d'un fou-rire tandis que chavire à tout jamais le coeur du jeune narrateur adolescent qui venait de s'ouvrir à elle.
Un homme passera sa vie enfermé, dans une armoire, un four, une cellule, à cause d'une mère tordue qui l'obligeait à vivre et revivre ses deux premières années.
S'enticher d'un mannequin docile et peu loquace (le rêve de beaucoup d'hommes d'affaires très occupés) vire tôt ou tard au cauchemar.
Et ce n'est pas parce que la meilleure amie de votre jeune fille adolescente est naine que cela minimise l'indécence et l'horreur de certaines pensées.
C'est là, d'ailleurs, tout le talent d'Ian McEwan. Dénaturer l'horreur, la rendre presque tolérable, du moins pardonnable. Il l'instille dans ces nouvelles, la laisse se développer progressivement, s'enrouler autour des personnages qu'elle guide lentement mais sûrement vers la pulsion - quelquefois à leur insu. On voit très bien, où l'auteur nous emmène, où le narrateur nous entraîne, vers cette cristallisation de la pulsion, ce moment où le besoin d'y céder devient irrépressible. On sait, du départ, rien qu'à la couverture et à sa quatrième, dans quoi on met les yeux, son esprit. On sait, que ça va déranger.
Mais, le plus dérangeant n'est pas tant le contenu des histoires, que le fait de n'être pas aussi embarrassé qu'on l'aurait cru, ou voulu.
Ce qui ne veut pas dire qu'on accepte.
Non.
Ça veut juste dire qu'on a lu un recueil de nouvelles rondement menées par un conteur hors-pair.
Lien : http://www.listesratures.fr/
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AMELIEirish
  06 juin 2015
C'est un recueil de nouvelles assez particulier. Il faut chercher parfois le double sens et/ou même le sens tout court que Ian Mc Ewan cherche à nous transmettre. Cela m'a fait penser à Orange Mécanique, version livre et sexe. C'est un livre troublant et dérangeant. Globalement, j'ai assez aimé : le recueil est très bien écrit, les chutes sont souvent surprenantes, le tout avec des pics d'humour noir.
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
LuniverLuniver   12 décembre 2012
Parfois, pour m’assurer une intimité totale, je m’enferme dans les toilettes et m’installe sur le siège avec mon bloc de papier posé sur les genoux. À part moi ne se trouvent là, éventuellement, qu’une ou deux araignées. Elles remontent le tuyau d’écoulement et restent tapies sur le blanc éclatant de l’émail. Elles doivent se demander où elles se trouvent. Au bout de quelques heures, elles font demi-tour, perplexes, ou peut-être déçues de ne pas en avoir appris davantage.
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LuniverLuniver   12 décembre 2012
Pourquoi je ne me suis pas sauvé quand j’ai été en âge ? Vous pourriez croire que rien ne m’en empêchait. Mais je vais vous dire, l’idée ne m’a jamais traversé l’esprit. Je ne connaissais pas d’autre vie, je ne savais pas que j’étais différent des autres.
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AMELIEirishAMELIEirish   06 juin 2015
Où qu'elle s trouvât, je répèrais mon Helen au premer coup d'oeil. Les autres étaient de vulgaires mannequins, en deçà du mépris. La vie était engendrée en elle par la seule charge de sa beauté. (...). Longtemps je me suis contenté de la regarder à travers la vitre, heureux d'être à quelques pas d'elle. Dans ma folie, je lui écrivais des lettres (...). Je savais que bientôt je serais obligé d'entrer dans le magasin pour demander à l'acheter.
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AMELIEirishAMELIEirish   11 juin 2015
Elle a tenté de m'empêcher de grandir, et pendant un bon moment, elle a réussi. Savez-vous que je n'ai appris à parler correctement qu'après dix-huit ans ? Je n'allais pas à l'école (...). Elle n'a pas aimé lorsque mon lit d'enfant est devenu trop petit, (...). Je la dépassais déjà d'une demi-tête qu'elle essayait encore de m'attacher un bavoir autour du cou.
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Videos de Ian McEwan (108) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Ian McEwan
Ian Mc Ewan commence à publier des nouvelles à la fin des années 1970, avant de s'aventurer avec le Jardin de ciment (1978) dans le territoire du roman. Il s'attache depuis à arpenter le genre romanesque dans ses moindres recoins, change d'univers et de registre à chaque nouvelle publication, et passe avec virtuosité de la fresque historique (Expiation, 2001) au roman d'espionnage (Opération Sweet Tooth, 2012), du drame familial (L'Enfant volé, 1987) à la comédie satirique (Solaire, 2010). Au fil des métamorphoses de son oeuvre, l'inscription de la fiction dans le réel demeure un point d'ancrage : la guerre en Irak, le réchauffement climatique, le Brexit ou encore l'évolution des nouvelles technologies – thème de son dernier livre, Une machine comme moi – font irruption dans la trajectoire de ses personnages pour bousculer ou faire basculer leurs vies.
Héritier du grand roman du XIXe siècle, De Balzac à Jane Austen, McEwan a pour ambition de réconcilier cet héritage avec les leçons du modernisme et du post-modernisme. Pour cela, il s'appuie à la fois sur la force et le charisme de ses personnages, sur des structures narratives complexes et sur une écriture visuelle qui explique sans doute le grand nombre d'adaptations cinématographiques que ses romans ont connu.
Animés par des producteurs et productrices de France Culture, les entretiens du cycle « En lisant, en écrivant » sont réalisés en public à la BnF, puis diffusés dans la grille d'été de France Culture et disponibles en podcast. Genèse des oeuvres, sources d'inspiration, aléas de la vie quotidienne d'un auteur ou d'une auteure, édition et réception des textes – autant de sujets que ces rencontres permettent d'aborder, au plus près de la création littéraire.
En savoir plus : https://www.bnf.fr/fr/masterclasses-litteraires
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