AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2290164763
Éditeur : Editions 84 (23/01/2019)

Note moyenne : 4.27/5 (sur 70 notes)
Résumé :
Lorsque Jay Mendelsohn, âgé de 81 ans, décide de suivre le séminaire que son fils Daniel consacre à l’Odyssée d’Homère, père et fils commencent un périple intellectuel et émotionnel de grande ampleur. Croisant les thèmes de l’enfance et de la mort, de l’amour et du voyage, de la filiation et de la transmission, ce livre est le récit poignant de la redécouverte mutuelle d’un fils et d’un père.
Acheter ce livre sur

AmazonFnacCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (33) Voir plus Ajouter une critique
michfred
  18 octobre 2017
L'Odyssée est mon livre-fétiche : lu et relu- dès que j'ai su lire, dans les Contes et Légendes d'abord, puis dans la version de Bérard, si douce à l'oreille, et enfin dans celle de Jacottet, en alexandrins magnifiques – traduit et retraduit - au lycée et , à plusieurs reprises, au cours de mes études classiques- joué et rejoué pendant presque deux ans, dans une « tournée théâtrale » et néanmoins scolaire qui fait partie de mes plus chers souvenirs– je faisais Nausicaa, lui Ulysse, une version hellénique de toi Tarzan, moi Jane… à quinze ans, ça ne s'oublie pas…
Bref, je ne vais pas vous raconter ma vie, mais l'Odyssée l'a marquée de son empreinte pleine de fantaisie et de sagesse, de ruses et de souffrances, de tours et de détours…et je n'ai pas été étonnée qu'encore une fois elle me retrouve, dans un tardif retour de boomerang…
J'avais adoré Les Disparus de Mendelsohn et, sitôt qu'elle s'est annoncée à l'horizon de la rentrée littéraire, cette « Odyssée, un père, un fils, une épopée » m'a, bien entendu, fait de l'oeil…Un vieil ami qui me connaît bien m'en a fait cadeau et la flamme s'est rallumée aussitôt ! Je viens de l'emmener dans mes bagages faire un tour sur une île –bretonne, pas grecque !- et ma lecture s'est terminée avec ce joli périple insulaire…
Pas déçue du voyage ! Quelle lecture ! J'ai ressorti mon Bérard et surtout mon petit classique Hachette orange, tout en V.O. Je suis même arrivée, de temps en temps, à lâcher Mendelsohn pour retrouver le poète grec dans le texte, picorer une expression, un hexamètre dactylique –dactyle, spondée, le rap des aèdes !- et me faire bercer par la vague vineuse tandis que l'Aurore aux doigts de rose mettait un peu de baume sur le corps d'Ulysse rejeté sur la plage de Phéacie par la colère de l'Ebranleur du Sol.
"Andra moi ennepe, Mousa, polutropov, hos mala polla plachthè , epei Troiès hierov ptoliethron eperse..."
Le livre de Daniel Mendelsohn court trois challenges à la fois : développer une analyse pointue et convaincante des subtilités de l'Odyssée qui sert de trame à un séminaire universitaire qu'il a donné en tant que professeur de lettres, à Bard College, renouer les liens avec Jay Mendelsohn, son père, un matheux exigeant et peu communicatif , plus craint qu'aimé, qui assiste chaque semaine au cours de son fils , et enfin l'emmener, à l'issue de cette session, dans une croisière qui se propose de suivre le périple d'Ulysse en Méditerrannée…
Relation philologique, pédagogique et filiale à la fois, « Une Odyssée » tisse avec une grande habileté, une vraie finesse aussi, ces trois trames ensemble : le fil de la navette, comme celui des trois Parques le fait pour la vie d'un homme, de sa naissance à sa mort, lie judicieusement le sens du livre, la quête d'une transmission et la découverte d'un père inattendu pour ce fils qui croyait être maître du périple au long cours qu'il a composé et proposé - et qui « apprend » de ses étudiants, ce qui est le propre de toute relation pédagogique, mais qui "apprend" surtout de son père jusqu'aux dernières pages du livre qu'il est train d'écrire …
C'est vrai que l'Odyssée est une épopée étrange, précédée qu'elle est par la quête de Télémaque au début, qui nous dérobe Ulysse jusqu'au chant V. Loin d'être un appendice rajouté ou superflu, la quête de Télémaque, qui n'a jamais connu son père et ne peut donc pas le « reconnaître », donne à l'Odyssée tout entière un éclairage particulier qui permet d'en délivrer l'apologue.
Qu'il s'agisse d'Ulysse pour Télémaque, ou, pour Ulysse, de Télémaque, des Phéaciens, de Circé, de Polyphème, du chien, du porcher Eumée, de la nourrice Euriclée, de Pénélope, et enfin du vieux Laërte , tout le « nostos »- retour- d'Ulysse est marqué par le processus de reconnaissance : qui suis-je ? qui es-tu ? à quoi me reconnais-tu ? es-tu bien sûr(e) qu'il s'agit de moi ? suis-je bien sûr que je puis te faire confiance, que tu m'es resté(e) fidèle ?
Pleine de tours et de détours, l'épopée de ce polutropos Odusseus – Ulysse aux mille tours- fait des retours en arrière étonnants : les récits merveilleux contés par Ulysse aux Phéaciens, l'histoire de sa blessure à la jambe, la chute de Troie narrée par les âmes des morts, etc..
Sans doute parce que, comme la connaissance de soi, comme celle des siens, récit et voyage tournent en rond , suspendus au bon vouloir des dieux - ce qui irrite particulièrement Jay qui trouve vraiment qu'Ulysse a la vie trop facile- mais surtout suspendus à l'identification – souvent douloureuse, lente, difficile- des quelques rares points fixes d'une existence, qui font, de tout retour, une suite d'épreuves mais aussi le suprême but, la plus haute félicité d'une vie. Du Bellay l'a bien dit :
Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage
Et s'en est retourné plein d'usage et raison
Vivre entre ses parents le reste de son âge…
Une Odyssée est un récit plein d'échos, de relais, de liens. C'est aussi une réflexion pleine de poésie, de philosophie et de tendresse filiale.
Comme Elpénor le marin d'Ulysse avec sa rame, le vieux Jay reçoit, avec ce livre, le plus beau « sèma » qu'un fils pouvait dresser à son père.
Bouleversant et diablement intelligent.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          6216
Merik
  31 juillet 2018
Choisir Ulysse et Télémaque comme emblèmes de reconnaissance père-fils, prendre L'Odyssée comme support littéraire pour mieux éclairer sa relation avec son propre père, l'idée est pour le moins alléchante, pour ne pas dire géniale. Enfin si c'en est une, d'idée. Tout porte à croire en effet qu'il s'agit d'un récit, celui de Daniel Mendelsohn donc, professeur d'université spécialiste d'Homère, dont le père Jay décide un beau jour, du haut de ses 81 ans, de participer à un de ses séminaires sur l'Odyssée. L'occasion sans cesse renouvelée pour Daniel, le temps des cours, de revisiter ou redécouvrir sa relation au père, à l'aune de l'épopée mythique.
«Qui sait vraiment quel père l'a engendré ?  demande amèrement Télémaque dès le début de l'Odyssée. Qui le sait, en effet ? Nos parents sont à bien des égards mystérieux, plus mystérieux que nous ne le serons jamais pour eux. »
Les deux histoires suivent des courbes narratives parfois parallèles d'autres fois concentriques, elles s'entrecroisent dans des déploiements de réflexions fines et profondes, s'auto-alimentent au gré d'une prose longue et savoureuse. Un régal pour le lecteur comme moi, ignare sur L'Odyssée, passionné par l'éclairage universitaire apporté sur le mythe. Du coup, j'ai rajouté un livre à ma pal, L'Odyssée.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          512
Archie
  16 août 2018
Deux livres récents rendent hommage à Homère, ce grand poète grec à l'identité unique ou plurielle mystérieuse. Je conseille de lire Une odyssée, de Daniel Mendelsohn, après Un été avec Homère, de Sylvain Tesson. Je publie en même temps mes critiques de ces deux ouvrages très complémentaires.
Une odyssée – un père, un fils, une épopée ! de quoi ce titre à rallonge est-il le nom ? Daniel Mendelsohn, écrivain, intellectuel, enseigne le grec dans une université new-yorkaise. Il anime des séminaires sur l'Iliade et l'Odyssée pour des étudiants de première année ; des séances hebdomadaires d'une demi-journée sur un semestre. Dans le livre, il revient sur un séminaire consacré à l'Odyssée, quelques années plus tôt, en présence de son père, un homme de quatre-vingt-un ans qui s'y était inscrit de son propre chef et l'avait suivi avec assiduité. Après la dernière séance, l'auteur et son père décidaient d'embarquer pour une croisière culturelle en Méditerranée « sur les traces d'Ulysse »…
Le poème de l'Odyssée, on le sait, relate les aventures d'Ulysse, roi d'Ithaque, ses dix années d'errance en Méditerranée après les dix années précédentes au siège de Troie, ses rencontres fantastiques d'île en île, avant son arrivée finale à Ithaque, chez lui, où il exécute les prétendants à sa succession, sans s'embarrasser de sommations inutiles. Retour à l'ordre des anciens jours auprès de Pénélope, sa fidèle épouse, et de leur fils Télémaque, vingt ans.
On trouve de tout chez Mendelsohn. Il met l'accent sur l'étude lexicale du poème : son analyse étymologique à la manière des exégèses hébraïques de rabbins érudits, séduira les philologues et les hellénistes (je ne suis ni l'un ni l'autre). Une approche de l'Odyssée à l'opposé de celle de Sylvain Tesson ! Me revient d'ailleurs une sentence de ce dernier, peut-être bien une pique pour un livre considéré comme concurrent : « Quand on tient un diamant dans les mains, on ne s'éberlue pas de la structure moléculaire du carbone, on s'émerveille des reflets »… Et pan !...
Mais quand, plus loin, Mendelsohn entreprend de décoder ce qu'il appelle la stratégie narrative homérique, il fait étinceler comme personne toutes les facettes du diamant. Pour l'amateur de romans que je suis, ça devient absolument passionnant.
Il faut bien comprendre que la lecture intégrale du poème, même traduit en français, est réservée à quelques hauts lettrés. Treize mille vers ! Comptez cinq cents pages, truffées de métaphores, de formulations cryptées, d'envolées lyriques. Les lecteurs de mon niveau doivent se contenter de résumés des aventures d'Ulysse. Des résumés complets, mais sèchement factuels. Frustrant !
Et voilà qu'avec Mendelsohn, on décrypte l'extraordinaire travail de composition narrative effectué par Homère afin d'assurer la cohérence des péripéties qui s'enchaînent et celle des attitudes des personnages. Un travail de romancier ! Les applications étudiées au cours du séminaire et rapportées dans le livre dévoilent toutes les richesses de l'Odyssée, un véritable roman-monde insérant la biographie complète d'un homme, Ulysse, dans la cosmologie métaphysique de son temps, sans oublier les sujets du quotidien auxquels Homère attache de l'importance, comme les relations fils-père – je vais y revenir ! – ou les petites choses qui assurent la cohésion d'un couple avec les années…
La lecture du livre donne l'impression d'être présent au séminaire, de participer au jeu des questions-réponses entre le maître et son auditoire, des jeunes gens tout juste sortis de l'adolescence, auxquels s'est joint un vieux monsieur apportant un complément d'éclairage qui les enchante, contrairement aux inquiétudes de son fils. Certaines scènes sont jubilatoires.
Les relations fils-père ! Au début, je ne voyais pas l'enjeu d'un tel livre. Encore un écrivain, m'étais-je dit, qui étale ses difficultés familiales en public, plutôt que d'aller consulter un psy !... Je faisais erreur. Ces relations fils-père sont fondamentales chez Homère, convaincu qu'un père garde toujours une part de mystère pour un fils. Pour Daniel Mendelsohn quinquagénaire, le séminaire et la croisière sont l'occasion ultime de découvrir un père. Au même titre que Télémaque, qui n'avait jamais connu le sien, Ulysse étant parti quelques semaines seulement après sa naissance. Au même titre qu'Ulysse lui-même, qui découvre à son retour un père très âgé, et ressent l'inexorabilité de sa mort prochaine… Jay Mendelsohn, père de Daniel, décédera dans l'année suivant le séminaire.
Finalement, un livre riche, passionnant et émouvant.

Lien : http://cavamieuxenlecrivant...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          426
Bazart
  11 novembre 2017
Jay Mendelsohn, mathématicien et universitaire à la retraite à toujours regretté d'avoir abandonné l'apprentissage du Grec et du Latin en fin de lycée. C'est donc tout naturellement qu'il décide de participer, en auditeur libre, au séminaire sur l'Odyssée d'Homère dirigé par son fils Daniel.
Une fois par semaine durant six mois le vieux monsieur de quatre-vingt-un ans quitte son pavillon de banlieue, prend deux trains successifs pour étudier le voyage d'Ulysse au milieu de jeunes gens d'à peine vingt ans. « J'irais au fond et ne poserais pas de question » Tu parles ! Á peine installé, le père écoute puis participe activement, chef de l'opposition des théories universitaires, il emporte avec lui l'enthousiasme des jeunes étudiants. Á l'issu de ce séminaire, le père et le fils partirons ensemble pour une croisière en mer Egée sur les traces d'Ulysse. Daniel et Jay vivrons des moments inoubliables.
Daniel Mendelsohn, romancier et professeur de lettres classiques est persuadé que les littératures grecques et latines et ses Mythes fondateurs nous parlent de nous au XXIe siècle, avec « Une Odyssée, (soustitré un père, un fils, une épopée )» il nous le prouve à chaque page.
Grace à Laërte, Ulysse et Télémaque, l'écrivain explore et questionne le lien père-fils qui se tisse tout le long du récit d'Homère pour essayer de comprendre Jay, ce père si distant, si strict, ce père taiseux et inflexible en famille.
Durant ce séminaire il va aussi découvrir un père motivé, impliqué, parfois un peu trop, remettant en question les théories de son professeur de fils pour le plus grand plaisir des élèves sous le charme de l'octogénaire.
Mendelsohn, depuis son roman « Les Disparus » (à lire impérativement) questionne l'identité individuelle et collective. Qui suis-je, qui sommes-nous au monde ? Qui suis-je pour l'autre, mon regard sur les membres de ma famille est-il juste ? Qui sont ces inconnus que nous croyons connaitre ?
Récit érudit et intime à la fois, récit poignant, l'histoire d'une vie d'homme de la petite bourgeoisie Newyorkaise, mais aussi autofiction profonde qui impressionne par sa sincérité.
L'Odyssée c'est un retour et Daniel Mendelsohn nous conte son retour au père et c'est formidablement émouvant.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          380
Henri-l-oiseleur
  22 septembre 2017
Malgré les remerciements finaux que l'auteur, francophile et amateur de Proust, adresse à ses traducteurs, j'ai parfois trouvé le texte français de ce livre lourd, maladroit, embarrassé à certains endroits. Ce sera la seule réserve que j'émettrai dans cette critique, car Babelio, avec son défi à la rentrée littéraire, m'a fourni l'occasion d'une excellente lecture et de la découverte d'un écrivain américain intéressant.
Ce livre est visiblement un récit autobiographique à la première personne, mais construit et conçu d'une manière très originale : la vie du narrateur s'efface devant la biographie de son père, laquelle est réorganisée en fonction des grandes parties de l'Odyssée d'Homère. Le narrateur, professeur d'université, dirige un groupe d'études sur ce poème grec avec ses étudiants, et son père âgé vient assister aux discussions et y participer. Ses remarques sur le texte et le héros Ulysse sont des tremplins pour la mémoire du fils professeur, qui revoit son père en diverses occasions de son enfance et de son adolescence. Les étudiants ont aussi leur mot à dire dans cet échange : après tout, ils sont les principaux interlocuteurs du cours. Le livre combine donc trois dimensions : l'enseignement du fils-narrateur sur l'Odyssée, avec les réactions des étudiants, les fragments de la vie du père racontés par ce même fils, et les souvenirs d'enfance du fils. Vers la fin, il mène une enquête pour mieux connaître l'enfance et le jeune âge de son père.
Tout le talent de Mendelsohn consiste donc à coudre ensemble ces récits et témoignages disparates, et à créer entre eux de profonds effets de résonance, d'émotion et d'échos. Le lecteur a le plaisir de juger des coutures, des transitions, de voir l'habileté de l'écrivain à passer d'un plan à l'autre ; de relire l'Odyssée par le filtre d'une lecture universitaire et de jeunes étudiants américains auxquels un vieil homme s'est joint ; de découvrir les heurs et malheurs d'une relation d'un père et de son fils, plus la chronique familiale et privée de l'auteur. Ce triple plaisir, littéraire, culturel et émotionnel, naît d'un livre à la trame riche et complexe (mais les coutures sont visibles et l'on n'est jamais perdu) qui nourrit son homme sans jamais l'épuiser.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          202

critiques presse (2)
Actualitte   13 août 2018
Mêlant tous ces fils narratifs avec le récit d’Homère, dans une construction aussi joyeuse que subtile et raffinée, Mendelsohn nous confie un récit captivant et riche de réflexions profondes sur les rapports père-fils, maître-élèves, et cette question, au cœur de l’Odyssée : qu’est-ce qu’un homme ?
Lire la critique sur le site : Actualitte
LeMonde   20 octobre 2017
Pour son nouveau livre, qui mêle avec audace le poète antique et l’histoire familiale, l’écrivain et helléniste a relu l’« Odyssée » au prisme des relations filiales.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
BazartBazart   10 novembre 2017
Mon père détestait les signes de faiblesse, à commencer par la maladie, pour laquelle il affichait une sorte de mépris, comme si le fait d’être souffrant était une défaillance éthique plutôt que physique. Quand il nous arrivait de devoir rester à la maison parce que nous étions malades, il passait la tête par la porte de notre chambre avant de partir travailler et soupirait d’un air las et excédé, comme si cette grippe ou cette varicelle signifiait le début de quelque irréversible décadence morale.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          220
fanfanouche24fanfanouche24   08 décembre 2017
"Sur les traces d'Ulysse" était une croisière "culturelle", et mon père, qui par ailleurs méprisait tout ce qu'il considérait comme un luxe inutile- les croisières, le tourisme et les vacances-, tenait la culture et l'instruction en haute estime. Ainsi, quelques semaines plus tard, en juin, encore fraîchement imprégnés de notre immersion dans le texte homérique, nous avons embarqué pour cette croisière de dix jours, un jour pour chaque année du long périple qui ramena Ulysse chez lui. (p. 15)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          190
michfredmichfred   17 octobre 2017
Quand on entend le heros de l'Iliade -poème qui célèbre le sombre éclat d'une mort précoce-expliquer au héros de l'Odyssée-poème qui célèbre avant tout l'instinct de survie- que la vie à tout prix, même comme domestique d'un paysan pauvre, est préférable à un règne glorieux sur un peuple de morts, c'est un revirement sidérant, qui en même temps a un petit côté humour noir. C'est comme si l'Iliade disait à l'Odyssée, C'est bon, tu as gagné.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          190
fanfanouche24fanfanouche24   10 décembre 2017
La rancoeur que m'inspiraient la dureté de mon père, son obstination à penser que la qualité ne pouvait naître que de la difficulté, que le plaisir était suspect et que l'effort était une valeur, m'apparaît aujourd'hui ironique, car, à mon sens, ce sont précisément ces qualités qui m'ont donné envie d'étudier les auteurs anciens. (p. 57)
Commenter  J’apprécie          210
fanfanouche24fanfanouche24   11 décembre 2017
J'ai toujours trouvé cette étymologie du mot "proème" fascinante, car, partant de l'introduction d'un chant, elle nous entraîne vers l'idée élémentaire de mouvement: l'idée, tout simplement, de "cheminer"; Pour les Grecs, la poésie était mouvement.
et de fait, elle est censée de mettre en mouvement le corps et l'âme: mouvoir et émouvoir. (p. 67)
Commenter  J’apprécie          160
Videos de Daniel Adam Mendelsohn (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Daniel Adam Mendelsohn
Pour feuilleter «Feuilleton» .Au sommaire du premier numéro de la revue "Feuilleton" (en librairie le 22 septembre 2011), on trouve Franzen, Orwell ou encore Daniel Mendelsohn. Une vidéo promotionnelle permet de le feuilleter.
autres livres classés : filiationVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Famille je vous [h]aime

Complétez le titre du roman de Roy Lewis : Pourquoi j'ai mangé mon _ _ _

chien
père
papy
bébé

10 questions
1003 lecteurs ont répondu
Thèmes : enfants , familles , familleCréer un quiz sur ce livre
.. ..