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ISBN : 2081240920
Éditeur : Flammarion (13/09/2017)

Note moyenne : 4.27/5 (sur 48 notes)
Résumé :
Lorsque Jay Mendelsohn, âgé de 81 ans, décide de suivre le séminaire que son fils Daniel consacre à l’Odyssée d’Homère, père et fils commencent un périple intellectuel et émotionnel de grande ampleur. Croisant les thèmes de l’enfance et de la mort, de l’amour et du voyage, de la filiation et de la transmission, ce livre est le récit poignant de la redécouverte mutuelle d’un fils et d’un père.
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Critiques, Analyses et Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
michfred
  18 octobre 2017
L'Odyssée est mon livre-fétiche : lu et relu- dès que j'ai su lire, dans les Contes et Légendes d'abord, puis dans la version de Bérard, si douce à l'oreille, et enfin dans celle de Jacottet, en alexandrins magnifiques – traduit et retraduit - au lycée et , à plusieurs reprises, au cours de mes études classiques- joué et rejoué pendant presque deux ans, dans une « tournée théâtrale » et néanmoins scolaire qui fait partie de mes plus chers souvenirs– je faisais Nausicaa, lui Ulysse, une version hellénique de toi Tarzan, moi Jane… à quinze ans, ça ne s'oublie pas…
Bref, je ne vais pas vous raconter ma vie, mais l'Odyssée l'a marquée de son empreinte pleine de fantaisie et de sagesse, de ruses et de souffrances, de tours et de détours…et je n'ai pas été étonnée qu'encore une fois elle me retrouve, dans un tardif retour de boomerang…
J'avais adoré Les Disparus de Mendelsohn et, sitôt qu'elle s'est annoncée à l'horizon de la rentrée littéraire, cette « Odyssée, un père, un fils, une épopée » m'a, bien entendu, fait de l'oeil…Un vieil ami qui me connaît bien m'en a fait cadeau et la flamme s'est rallumée aussitôt ! Je viens de l'emmener dans mes bagages faire un tour sur une île –bretonne, pas grecque !- et ma lecture s'est terminée avec ce joli périple insulaire…
Pas déçue du voyage ! Quelle lecture ! J'ai ressorti mon Bérard et surtout mon petit classique Hachette orange, tout en V.O. Je suis même arrivée, de temps en temps, à lâcher Mendelsohn pour retrouver le poète grec dans le texte, picorer une expression, un hexamètre dactylique –dactyle, spondée, le rap des aèdes !- et me faire bercer par la vague vineuse tandis que l'Aurore aux doigts de rose mettait un peu de baume sur le corps d'Ulysse rejeté sur la plage de Phéacie par la colère de l'Ebranleur du Sol.
"Andra moi ennepe, Mousa, polutropov, hos mala polla plachthè , epei Troiès hierov ptoliethron eperse..."
Le livre de Daniel Mendelsohn court trois challenges à la fois : développer une analyse pointue et convaincante des subtilités de l'Odyssée qui sert de trame à un séminaire universitaire qu'il a donné en tant que professeur de lettres, à Bard College, renouer les liens avec Jay Mendelsohn, son père, un matheux exigeant et peu communicatif , plus craint qu'aimé, qui assiste chaque semaine au cours de son fils , et enfin l'emmener, à l'issue de cette session, dans une croisière qui se propose de suivre le périple d'Ulysse en Méditerrannée…
Relation philologique, pédagogique et filiale à la fois, « Une Odyssée » tisse avec une grande habileté, une vraie finesse aussi, ces trois trames ensemble : le fil de la navette, comme celui des trois Parques le fait pour la vie d'un homme, de sa naissance à sa mort, lie judicieusement le sens du livre, la quête d'une transmission et la découverte d'un père inattendu pour ce fils qui croyait être maître du périple au long cours qu'il a composé et proposé - et qui « apprend » de ses étudiants, ce qui est le propre de toute relation pédagogique, mais qui "apprend" surtout de son père jusqu'aux dernières pages du livre qu'il est train d'écrire …
C'est vrai que l'Odyssée est une épopée étrange, précédée qu'elle est par la quête de Télémaque au début, qui nous dérobe Ulysse jusqu'au chant V. Loin d'être un appendice rajouté ou superflu, la quête de Télémaque, qui n'a jamais connu son père et ne peut donc pas le « reconnaître », donne à l'Odyssée tout entière un éclairage particulier qui permet d'en délivrer l'apologue.
Qu'il s'agisse d'Ulysse pour Télémaque, ou, pour Ulysse, de Télémaque, des Phéaciens, de Circé, de Polyphème, du chien, du porcher Eumée, de la nourrice Euriclée, de Pénélope, et enfin du vieux Laërte , tout le « nostos »- retour- d'Ulysse est marqué par le processus de reconnaissance : qui suis-je ? qui es-tu ? à quoi me reconnais-tu ? es-tu bien sûr(e) qu'il s'agit de moi ? suis-je bien sûr que je puis te faire confiance, que tu m'es resté(e) fidèle ?
Pleine de tours et de détours, l'épopée de ce polutropos Odusseus – Ulysse aux mille tours- fait des retours en arrière étonnants : les récits merveilleux contés par Ulysse aux Phéaciens, l'histoire de sa blessure à la jambe, la chute de Troie narrée par les âmes des morts, etc..
Sans doute parce que, comme la connaissance de soi, comme celle des siens, récit et voyage tournent en rond , suspendus au bon vouloir des dieux - ce qui irrite particulièrement Jay qui trouve vraiment qu'Ulysse a la vie trop facile- mais surtout suspendus à l'identification – souvent douloureuse, lente, difficile- des quelques rares points fixes d'une existence, qui font, de tout retour, une suite d'épreuves mais aussi le suprême but, la plus haute félicité d'une vie. Du Bellay l'a bien dit :
Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage
Et s'en est retourné plein d'usage et raison
Vivre entre ses parents le reste de son âge…
Une Odyssée est un récit plein d'échos, de relais, de liens. C'est aussi une réflexion pleine de poésie, de philosophie et de tendresse filiale.
Comme Elpénor le marin d'Ulysse avec sa rame, le vieux Jay reçoit, avec ce livre, le plus beau « sèma » qu'un fils pouvait dresser à son père.
Bouleversant et diablement intelligent.
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Bazart
  11 novembre 2017
Jay Mendelsohn, mathématicien et universitaire à la retraite à toujours regretté d'avoir abandonné l'apprentissage du Grec et du Latin en fin de lycée. C'est donc tout naturellement qu'il décide de participer, en auditeur libre, au séminaire sur l'Odyssée d'Homère dirigé par son fils Daniel.
Une fois par semaine durant six mois le vieux monsieur de quatre-vingt-un ans quitte son pavillon de banlieue, prend deux trains successifs pour étudier le voyage d'Ulysse au milieu de jeunes gens d'à peine vingt ans. « J'irais au fond et ne poserais pas de question » Tu parles ! Á peine installé, le père écoute puis participe activement, chef de l'opposition des théories universitaires, il emporte avec lui l'enthousiasme des jeunes étudiants. Á l'issu de ce séminaire, le père et le fils partirons ensemble pour une croisière en mer Egée sur les traces d'Ulysse. Daniel et Jay vivrons des moments inoubliables.
Daniel Mendelsohn, romancier et professeur de lettres classiques est persuadé que les littératures grecques et latines et ses Mythes fondateurs nous parlent de nous au XXIe siècle, avec « Une Odyssée, (soustitré un père, un fils, une épopée )» il nous le prouve à chaque page.
Grace à Laërte, Ulysse et Télémaque, l'écrivain explore et questionne le lien père-fils qui se tisse tout le long du récit d'Homère pour essayer de comprendre Jay, ce père si distant, si strict, ce père taiseux et inflexible en famille.
Durant ce séminaire il va aussi découvrir un père motivé, impliqué, parfois un peu trop, remettant en question les théories de son professeur de fils pour le plus grand plaisir des élèves sous le charme de l'octogénaire.
Mendelsohn, depuis son roman « Les Disparus » (à lire impérativement) questionne l'identité individuelle et collective. Qui suis-je, qui sommes-nous au monde ? Qui suis-je pour l'autre, mon regard sur les membres de ma famille est-il juste ? Qui sont ces inconnus que nous croyons connaitre ?
Récit érudit et intime à la fois, récit poignant, l'histoire d'une vie d'homme de la petite bourgeoisie Newyorkaise, mais aussi autofiction profonde qui impressionne par sa sincérité.
L'Odyssée c'est un retour et Daniel Mendelsohn nous conte son retour au père et c'est formidablement émouvant.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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Henri-l-oiseleur
  22 septembre 2017
Malgré les remerciements finaux que l'auteur, francophile et amateur de Proust, adresse à ses traducteurs, j'ai parfois trouvé le texte français de ce livre lourd, maladroit, embarrassé à certains endroits. Ce sera la seule réserve que j'émettrai dans cette critique, car Babelio, avec son défi à la rentrée littéraire, m'a fourni l'occasion d'une excellente lecture et de la découverte d'un écrivain américain intéressant.
Ce livre est visiblement un récit autobiographique à la première personne, mais construit et conçu d'une manière très originale : la vie du narrateur s'efface devant la biographie de son père, laquelle est réorganisée en fonction des grandes parties de l'Odyssée d'Homère. Le narrateur, professeur d'université, dirige un groupe d'études sur ce poème grec avec ses étudiants, et son père âgé vient assister aux discussions et y participer. Ses remarques sur le texte et le héros Ulysse sont des tremplins pour la mémoire du fils professeur, qui revoit son père en diverses occasions de son enfance et de son adolescence. Les étudiants ont aussi leur mot à dire dans cet échange : après tout, ils sont les principaux interlocuteurs du cours. Le livre combine donc trois dimensions : l'enseignement du fils-narrateur sur l'Odyssée, avec les réactions des étudiants, les fragments de la vie du père racontés par ce même fils, et les souvenirs d'enfance du fils. Vers la fin, il mène une enquête pour mieux connaître l'enfance et le jeune âge de son père.
Tout le talent de Mendelsohn consiste donc à coudre ensemble ces récits et témoignages disparates, et à créer entre eux de profonds effets de résonance, d'émotion et d'échos. Le lecteur a le plaisir de juger des coutures, des transitions, de voir l'habileté de l'écrivain à passer d'un plan à l'autre ; de relire l'Odyssée par le filtre d'une lecture universitaire et de jeunes étudiants américains auxquels un vieil homme s'est joint ; de découvrir les heurs et malheurs d'une relation d'un père et de son fils, plus la chronique familiale et privée de l'auteur. Ce triple plaisir, littéraire, culturel et émotionnel, naît d'un livre à la trame riche et complexe (mais les coutures sont visibles et l'on n'est jamais perdu) qui nourrit son homme sans jamais l'épuiser.
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ivredelivres
  10 février 2018
Après avoir écouté tout l'été les chroniques de Sylvain Tesson j'avais ressorti l'Odyssée dans la traduction de Philippe Jacottet, celle que je préfère et de loin. du coup je n'ai eu qu'un petit geste à faire pour la rouvrir lorsque j'ai entamé le dernier livre de Daniel Mendelsohn.
C'est toujours un peu inquiétant d'ouvrir le livre d'un auteur dont on a admiré, lu et relu l'opus précédent. Lorsqu'on a été emporté par un récit, que l'on a parlé du livre autour de soi pour le faire lire.
Et si ce titre qui vient de paraitre était une déception ? Il vous faut quelques pages, mais quelques pages seulement pour savoir que non, vous ne serez pas déçu. Non le livre va tout naturellement trouver sa place dans votre bibliothèque, le plus difficile sera de décider où le glisser, comment le classer ……
les premières lignes de ce livre sont un petit clin d'oeil à la littérature grecque, ce type d'introduction porte le nom de proème nous apprend Daniel Mendelsohn, en quelques lignes l'auteur nous place au coeur du récit.
L'histoire du voyage d'Ulysse et de son retour vers Ithaque, l'histoire de Jay Mendelsohn âgé de 81 ans, qui a été ingénieur en aéronautique et enseignant en informatique et qui va comme tous les étudiants du séminaire mené par son fils, s'immerger dans l'oeuvre du barde mythique.
Quand je dis "comme tous les étudiants", ce n'est pas tout à fait vrai car malgré la promesse faite à son fils de rester silencieux, Jay Mendelsohn va mettre son grain de sel dans l'affaire.
Surtout parce qu'il n'aime pas Ulysse, il lui dénie l'appellation de héros. Jay Mendelsohn est un adversaire résolu du mensonge ce qui le rend hostile à Ulysse le menteur divin.
Ses positions trouveront parfois un appui auprès des étudiants, parfois seront en opposition frontale à celles de son fils au point de perturber quelque peu les cours.
Les étudiants s'amusent mais aussi profitent des échanges et les interruptions du vieil homme finissent par faire naitre discussion et réflexion.
La lecture du poème homérique devient très concrète, plus riche, l'interprétation du fils est remise en cause, discutée à travers des souvenirs partagés entre le père et le fils.
Après le séminaire, père et fils vont s'embarquer pour une croisière en Méditérrannée pendant dix jours sur les traces d'Ulysse. Il y a des scènes étonnantes et jubilatoires pendant cette croisière qui va mettre au jour des liens entre père et fils, l'occasion pour l'un et l'autre d'exprimer amour, exaspération, surprise ou colère.
Daniel Mendelsohn est un professeur compétent, sérieux mais pour notre plus grand plaisir il joue avec sa spécialité, avec la langue grecque.
Mimétisme est un mot grec, normal alors que la composition du livre soit l'occasion pour Mendelsohn de s'amuser à suivre les "circonvolutions dans le temps et dans l'espace " comme dans la littérature grecque. Parce qu'il s'amuse avec le lecteur, imbriquant pour notre plus grand plaisir, analyse littéraire, aperçu de ce qu'est un séminaire, et l'histoire familiale, l'histoire de ce père si proche et si lointain. Créant chez le lecteur cette sensation de circularité.
Le mélange entre analyse de l'oeuvre et souvenirs familiaux est parfaitement réussi, le tissage est serré, des thèmes comme celui du lit nuptial qu'Ulysse a construit, qui lui permettra de se faire reconnaitre de Pénélope, trouve un bel écho avec ce lit construit des mains de Jay et sur lequel il va encore coucher lors de sa venue chez son fils à l'occasion du séminaire.
Un lien indéfectible entre père et fils comme il est lien dans l'épopée entre Ulysse et Pénélope.
Il y a beaucoup d'émotion dans ce livre, quelques mois après le séminaire Jay Mendelsohn a fait une chute qui a entrainera son décès.
Ce livre est comme le Kaddish que le fils prononcerait sur la dépouille de son père, le séminaire et la croisière furent l'occasion de faire la paix.
Une Odyssée est un livre où l'on apprend beaucoup sur Homère et son oeuvre mais plus encore sur les liens qui unissent parents et enfants.
On retrouve dans ce livre toute la tendresse dont est capable Mendelsohn, l'érudition qui est la sienne qu'il cache parfaitement bien pour ne pas gêner le lecteur.
Ce récit très personnel est totalement intemporel et peut parler à tous.
Un livre à offrir à vos parents ou à vos enfants comme le trait d'union d'une génération à l'autre.

Lien : http://asautsetagambades.hau..
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topocl
  04 novembre 2017
Daniel Mendelsohn, professeur de littérature classique, héritier de générations de spécialistes de la littérature classique, entame un séminaire de première année au Bard Collège, pour un groupe de tout jeunes étudiants, naïfs et enthousiastes, sur le thème de l'Odyssée d'Homère. Une transmission intellectuelle qui reproduit celle que lui ont prodiguée ses maîtres, comme un cadeau à la génération suivante. Son père, un vieil homme dur, exigent, scientifique passionné de littérature, mort depuis – et dont la mort fait l'objet du bouleversant dernier chapitre - s'impose comme auditeur libre. Tout au fil des semaines, il va « ronchonner, pinailler et contester tout ce que je m'évertuais à leur enseigner », et le fils, quoique brillant professeur thèsé va souvent se retrouver « comme si j'avais 11 ans ». Quelques semaines après, ils vont partager une croisière thématique en Méditerranée « Sur les traces d'Ulysse », expérience qui vient couronner cette étude théorique.
On a dit que c'était un livre sur son père. Mais en fait, ça s'appelle Une odyssée, en référence à l'Odyssée d'Homère. Son père ? L'Odyssée ? Qu'importe ? N'est ce pas la même chose ? Car l'Odyssée, ne l'a t'on pas dit et répété, est un livre total, un de ces livres uniques et universels qui englobent tout, après lesquels il n'est plus besoin (possible ?) d'écrire quoi que ce soit, car tout est dit. Et cela, n'est ce pas la définition d'un être humain, unique, universel, in-reproductible ? L'analyse littéraire alterne avec le récit familial, l'un éclairant subtilement l'autre et ainsi, au fil des semaines, dans une traversée à haut risque qui le ramène au pays natal, l'Odyssée va lui donner en même temps les clés de son père et les outils pour sa propre remise en question.
Cheminant habilement, dans un acharnement érudit, entre fiction et réalité, Mendelsohn décortique, crée des liens, des correspondances, des résonances, part en digressions, réminiscences. L'Odyssée c'est la vie tout entière, à commencer par la transmission, la filiation, la fidélité, la ruse, la recherche du port d'attache et les difficultés de la vie. C'est un récit qui permet de tout comprendre, de « révéler les tendons d'Achille », un récit où le présent fait découvrir le passé (Mendelsohn appelle ça une composition circulaire) dans un miroir intellectuellement brillant et d'une incroyable émotion. On n'a plus aucun doute sur le fait que Daniel Mendelsohn a raison d'avoir consacré sa vie et son intelligence à décortiquer les textes antiques, puisqu'ils gardent cette actualité si prégnante, qu'on peut considérer ces fictions du passé comme une répétition générale de nos vies d'aujourd'hui.
Quelle audace bienvenue que d'offrir en partage ce décorticage chronologique et scrupuleux du texte ! Et quelle jubilation intellectuelle à suivre cette analyse progressive, intelligente, humaine, cette explication de texte en direct, vivante et accessible, tout à la fois rationnelle et subjective. Daniel Mendelsohn y mêle une sensibilité, au fil de la progression de sa quête, dans des détails touchants, ces relations implicites entre trois générations, des choses intimes qui se passent entre ce père et ce fils qui ne sont jamais parlé intimement et ébauchent un dialogue et une compréhension à travers la littérature.
Hommage magnifique à un texte unique et à un père unique, comme tous les pères, Une odyssée est un récit de transmission, palpitant et tendre, qui montre la littérature à l'oeuvre, indispensable, généreuse et porteuse de sens. Et si le père, Jay Mendelsohn n'en démord pas, plein d'aplomb et d'humour sous-jacent, de préférer le poème au réel, pour ma part, je dois dire que j'ai bien du mal à exprimer une préférence entre cette fiction et cette réalité, qui, étroitement entremêlées, s'unissent à lever le voile du mystère d'un homme.
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critiques presse (1)
LeMonde   20 octobre 2017
Pour son nouveau livre, qui mêle avec audace le poète antique et l’histoire familiale, l’écrivain et helléniste a relu l’« Odyssée » au prisme des relations filiales.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
BazartBazart   10 novembre 2017
Mon père détestait les signes de faiblesse, à commencer par la maladie, pour laquelle il affichait une sorte de mépris, comme si le fait d’être souffrant était une défaillance éthique plutôt que physique. Quand il nous arrivait de devoir rester à la maison parce que nous étions malades, il passait la tête par la porte de notre chambre avant de partir travailler et soupirait d’un air las et excédé, comme si cette grippe ou cette varicelle signifiait le début de quelque irréversible décadence morale.
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fanfanouche24fanfanouche24   08 décembre 2017
"Sur les traces d'Ulysse" était une croisière "culturelle", et mon père, qui par ailleurs méprisait tout ce qu'il considérait comme un luxe inutile- les croisières, le tourisme et les vacances-, tenait la culture et l'instruction en haute estime. Ainsi, quelques semaines plus tard, en juin, encore fraîchement imprégnés de notre immersion dans le texte homérique, nous avons embarqué pour cette croisière de dix jours, un jour pour chaque année du long périple qui ramena Ulysse chez lui. (p. 15)
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michfredmichfred   17 octobre 2017
Quand on entend le heros de l'Iliade -poème qui célèbre le sombre éclat d'une mort précoce-expliquer au héros de l'Odyssée-poème qui célèbre avant tout l'instinct de survie- que la vie à tout prix, même comme domestique d'un paysan pauvre, est préférable à un règne glorieux sur un peuple de morts, c'est un revirement sidérant, qui en même temps a un petit côté humour noir. C'est comme si l'Iliade disait à l'Odyssée, C'est bon, tu as gagné.
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fanfanouche24fanfanouche24   10 décembre 2017
La rancoeur que m'inspiraient la dureté de mon père, son obstination à penser que la qualité ne pouvait naître que de la difficulté, que le plaisir était suspect et que l'effort était une valeur, m'apparaît aujourd'hui ironique, car, à mon sens, ce sont précisément ces qualités qui m'ont donné envie d'étudier les auteurs anciens. (p. 57)
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fanfanouche24fanfanouche24   11 décembre 2017
J'ai toujours trouvé cette étymologie du mot "proème" fascinante, car, partant de l'introduction d'un chant, elle nous entraîne vers l'idée élémentaire de mouvement: l'idée, tout simplement, de "cheminer"; Pour les Grecs, la poésie était mouvement.
et de fait, elle est censée de mettre en mouvement le corps et l'âme: mouvoir et émouvoir. (p. 67)
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Vidéo de Daniel Adam Mendelsohn
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